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CÉRÉALES. - CONSERVATION, ALTÉRATIONS

accordée au soldat. Il est plus convenable d'augmenter la puissance des aliments de calorification sous un volume normal que de l'accroître en fatiguant les organes par l'ingestion de trop grandes masses alimentaires.

Conservation des céréales. — Les ravages des insectes, l'invasion des mucédinées, voilà les deux grandes causes des altérations des grains dont il importe de les garantir. Les insectes qui ravagent les grains sont particulièrement : le charançon et Valucite. Les blés attaqués par ces insectes donnent un pain désagréable, dont la valeur nutritive est diminuée. Des médecins suédois avaient prétendu que les pains préparés avec ces blés possédaient une action'analogue à celle des cantharides : celle assertion a été démentie par des expériences de Parmentier. MM. Chevallier et Lassaigne ont eu à examiner des blés dont les grains étaient en partie vidés, la matière alimentaire était remplacée par des i illusoires.

Les moisissures des grains sont plus à redouter, parce que ces grains peuvent fournir des farines nuisibles; pour préserver les céréales de ces altérations et de ces ravages, il faut les conserver dans des silos métalliques, parfaitement garantis de l'humidité. Les grains doivent y être introduits aussi secs que possible. Si des charançons ou des alucites y apparaissent, il faut les détruire à l'aide du sulfure de carbone en vapeur, comme l'a conseillé Doyère. Les grains qu'on doit conserver sont les blés durs et le riz ; ces grains résistent mieux à toutes les attaques, puis moulus ensemble à parties égales, ils donnent une farine avec laquelle on peut faire un pain excellent.

Altérations des graines, des farines et du pain. — Les altérations des céréales peuvent dépendre de graines nuisibles mêlées, ou de l'invasion de divers parasites.

L' ivraie vient au premier rang parmi les graines incriminées; elle est fournie par le Lolium temulentum, de la famille des Graminées. Déjà Galien avait énoncé dans son ouvrage sur les aliments que le pain mêlé de farine d'ivraie causait de la céphalalgie, une ivresse spéciale, rendait la marche chancelante et, ce qui est plusdouteux, déterminait des ulcères. Les chevaux nourris d'ivraie ont les mouvements incertains, la pupille dilatée, le pouls ralenti, la respiration accélérée; les souris soumises à cette alimentation exclusive meurent. Gmelin a noté, chez des individus ayant pris de l'ivraie, des vertiges, des tintements d'oreille, un affaiblissement de la vue et de l'intelligence, avec une respiration anxieuse. Bailliet et Filhol ont constaté que le principe actif se développe par la fermentation, que la chaleur le dissipe, et qu'il détermine le délire et le coma. On sépare l'ivraie du bon grain à l'aide d'un crible spécial.

Nielle des blés. — C'est la semence de YAgrostemina Gilhago, delà famille des Caryophyllées. Une ancienne opinion attribue des propriétés nuisibles au pain préparé avec une farine provenant de grains mêlés de nielle. Malapertet Rousseau ont vu que 16 grammes de nielle en grains tuent les poulets; 10 grammes en poudre, un clnen. L'animal qui ingère cette poudre présente les symptômes suivants : Il est d'abord triste, abattu, il s'assoupit; il éprouve des tremblements, des convulsions, de l'affaiblissement du train de derrière, des vomissements, des selles sanguinolentes, du coma. A la dose journalière de 2 grammes, les animaux succombent. Le docteur Bellaud a soigné cinq individus empoisonnés par la nielle; il a noté le pouls accéléré, puis déprimé, la peau chaude, de la céphalalgie et des vertiges. Le principe actif est de la saponine ou un principe immédiat de cet ordre.

Ravenelle. — Graine du Raphanus Raphanislrum, de la famille des Crucifères, accusée par Linné d'avoir produit, par son mélange avec le grain destiné à la fabrication du pain, des épidémies désignées sous le nom de raphanie. Mais je crois que cette maladie était plutôt déterminée par l'avarie des farines ou par l'ergot du seigle, les symptômes relatés par Rotham me paraissant se confondre avec ceux de l'ergotisme ou de l'acrodynie.

Altération des graines. — Les principales altérations des graines se rapportent aux graines ergotées, au maïs envahi par un parasite spécial, aux farines et aux graines envahies par des moisissures suspectes. Nous reviendrons sur ces sujets en parlant des Mucédinées nuisibles. Nous allons nous borner à dire ici quelques mots sur la rouille et le blé niellé.

Rlé niellé. — Maladie du froment causée par le parasitisme de VAnguillula Tritici, ver nématoïde qui ne vit point en parasite chez les animaux. Il a été découvert en 1743 par Turberville Xeedham, et depuis étudié par Davaine. Ce parasite a le corps filiforme, de 2 millimètres de longueur et de 0mm,4 de largeur. La femelle est plus volumineuse que le mâle. Il offre une vie active et une vie latente par la dessiccation. Il présente le phénomène de la révivilication. 11 est digéré sans modification chez les animaux à sang chaud, diminue la valeur du pain. On en débarrasse les graines en les immergeant dans l'eau acidulée.

Rouille {Uredo, Rubigo, Carbo, Caries). — Parasite extérieur qui diminue la valeur du blé par la substitution de cellules cryptogamiques noires. Les batteurs de blé rouillé éprouvaient des inflammations, des muqueuses bronchiques et oculaires. Le blé rouillé donne un pain coloré désagréable. Les expériences de Tessicr sur les animaux établissent que le blé rouillé n'est pas nuisible ; d'après Costallat, il faudrait être plus réservé pour se prononcer sur l'innocuité du blé rouillé intervenant en grande quantité dans l'alimentation de l'homme. La rouille faisait jadis beaucoup

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