‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 10 sur 298 · ETHNOGÉNIE DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

ETHNOGÉNIE DE LA FRANCE

d’un bleu clair, face large et menton arrondi, tandis qu’il est ordinairement petit et étroit dans la race ibère, et que la face allongée se termine inférieurement par un menton assez long dans la race germanique septentrionale ; teint frais et coloré, mais non pas basané, ni d’une blancheur éclatante comme dans la race germanique ; cou assez court; épaules larges et horizontalement placées; poitrine large et développée; courbes rachidiennes, cervicales, dorsales et lombaires peu prononcées, tandis que, dans la race ibérienne, le cou est allongé, le thorax est bombé à sa partie antéro-supérieure, les épaules sont légèrement déclives et les incurvations rachidiennes, très-prononcées, donnent de la souplesse, de l’élégance à la démarche, tandis que, dans la race germanique, le cou est long, les épaulés larges, le thorax développe surtout verticalement, aplati antérieurement, et les incurvations rachidiennes, peu prononcées, donnent à l’attitude une certaine raideur non dépourvue de noblesse; membres bien musclés, formes du tronc et des membres un peu courtes et trapues, tandis que, dans la race ibère, avec un certain développement muscnlaire, les formes sont sveltes et les extrémités Gnes, tandis que dans la race germanique l’ossature est grande et massive, les membres sont volumineux, le tronc est long et élancé, les extrémités sont fortes et grosses ; taille petite, plus petite que la taille moyenne des populations de race ibérienne, mais surtout beaucoup plus petite que la taille très-élevée des populations de race germanique.

D’autres observations sont encore intéressantes au point de vue plus spécial de l’hygiène.

MM. Sistach, Boudin, Bertillon et Lagneau ont remarqué que les habitants des départements de la Bretagne différaient de ceux de la Normandie par leur petite taille, par une mortalité beaucoup plus considérabje, par une moindre proportion d’exemptés pour myopie, hernie et mauvaise denture. Selon MM. Martin etFolley, les soldats originaires de la zone centrale de la France, c’est-à-dire de l’ancienne Celtique, seraient ceux qui, dans l’armée d’Afrique, fourniraient, relativement à l’effectif, le moins de malades, mais qui, une fois atteints par les maladies, présenteraient la plus forte mortalité proportionnelle.

Mais, après avoir reproduit les traits principaux qui paraissent caractériser la race celtique, une nouvelle question se présente.

D’où viennent les Celtes? Ont-ils une origine et une histoire antérieures à celle que nous avons esquissée? Ont-ils occupé exclusivement les régions que nous avons décrites? Y sont-ils autochlhones ? Ou bien les Celtes ne seraient-ils que le rameau le plus anciennement sé-

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paré des Aryas, peuple qui, dans la plus liaule antiquité, aurait occupé les vastes régions de l’ancienne Bactrianc, entre la mer Caspienne, à rO. et la chaîne de l’Indo-Koush (Turkestan actuel)? Les travaux de Renard et de Piclet tendent à appuyer cette opinion.

Pictet a voulu exprimer graphiquement les rapports linguistiques existant entre les membres de la grande famille indo-européenne et les Celtes, leur rameau le plus occidental, et il a tracé l’ellipse allongée suivante, dont l’un des foyers figure le point de départ de la race aryenne, d’où auraient émigré les populations celtique, latine, grecque, germanique, lithuano-slave de l’Europe, indienne et iranienne de l’Asie.

Germains. Lithuano-Slaves.

L’importation du bronze en Occident par les Celtes, et des haches de bronze, est invoquée à titre d’argument par les partisans de l’origine asiatique.

Cependant MM. d’Omalius d’ilalloy, Périer et Lagneau, qui mettent en doute l’origine aryenne des Celtes, considèrent que la fabrication du bronze en Orient, son importation en Occident, ne peuvent établir une démonstration en faveur de l’origine orientale des Celtes ; que même , en rapprochant, avec les linguistes, le mot coijremor (cuivre, dans la langue celtique gaélique) de kramala nn sanscrit', on peut remarquer qu’un peuple, qui reçoit d’un peuple étranger un produit nouveau, lui emprunte souvent, en le modifiant plus ou moins, l’expression qui sert à le désigner. Ils ont ajouté que puisque, d’après les linguistes, les Aryas primitifs connaissaient le fer avant que les Celtes eussent quitté les régions voisines de l’Indo-Koush, il est au moins étrange qu’en Europe le fer, d’une utilité bien supérieure à celle du bronze, soit resté inconnu durant la longue période archéologique du bronze, dont les Celtes auraient été les importateurs.

* D’après Piclet, les différences entre Iç celtique et le sanscrit sont exclusivement litnitées à la permutation des consonnes initiales et à la composition des pronoms personnels avec des prépositions, et le fonds des racines celtiques est en grande partie identique à celui des radicaux sanscrits.

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