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ETIINOGÉNIE DE LA FRANCE. IV

MM. cl’Omalius d’Halloy, Péricr et Lagneau ne retrouvent en Orient aucun vestige de l’origine asiatique des Celtes.

Il y a là un problème très-complexe dont nous avons voulu rassembler les éléments sans en formuler la solution*.

La plupart de nos populations du S. 0. qui occupent le pays au midi de la Garonne semblent devoir être rattachées aux Ibères, Aquitains, Ligures, aux cheveux noirs et aux yeux bruns. Ces peuples paraissent avoir parlé des langues voisines de l’euskuara, encore actuellement en usage parmi les Basques des Pyrénées. Les habitants de la basse Navare, du pays de Sonie, dans le département des Basses- Pyrénées, sont regardés comme les descendants les moins mêlés de cette race ibéricnne. Ils ont gardé longtemps, en France, leurs fueros.

Les Basques, et surtout leurs femmes, qui souvent mieux que les hommes conservent leurs caractères ethniques, se font remarquer parleurs yeux grands, vifs et expressifs, par leur bouche et leur menton finement dessinés, par leur visage un peu étroit inférieurement, par leur système musculaire bien développé, bien que leur stature soit moyenne, par leurs mains et leurs pieds petits et bien modelés, le cinquième doigt étant presque aussi long que le quatrième, enfin par la belle conformation du cou et des épaules, par suite de la voussure antéro-supérieure du thorax et des courbures rachidiennes alternatives, fortement prononcées dans les régions cervicales et dorsales, comme dans lesrégionslombaires etsacrées, courbures i-achidiennes qui donnent une grande souplesse aux mouvements, une extrême agilité, une grande aptitude aux exercices d'adresse, une belle prestance, une certaine distinction à l’homme, beaucoup de grâce et une véritable élégance à la femme.

Ces divers caractères donnés par Lagneau sont basés sur les recherches de MM. de Quatrefages, Luneman, Elisée Reclus etDuchenne de Boulogne.

Diodore de Sicile représente les Ligures comme des individus maigres, petits, mais robustes par suite d’un constant exercice. Tite- Live, Tacite en parlent comme d’une race aguerrie, agile et habituée a la fatigue. Dans les Alpes-Maritimes, anciennement occupées par les Ligures, les habitants sont d’un tempérament nerveux ; ils sont secs et musculeux, leur physionomie est très-mobile; les femmes sont en général réglées de très-bonne heure, mais vieillissent prématurément. M. Lagneau détermine ainsi les caractères de la race ibéricnne (Ligu-

‘ Celte question est traitée avec soin dans les Bulletins de la Société d' anthropologie et dans l’article de M. Lagneau.

pnoaST, ikciAne. o

ANTHROPOLOGIE

res, Aquitains, Basques) : un crâne plus ou moins bracliycéplialc, à sutures simples, peu volumineux, arrondi , à diamètre vertical et bimastoïdicn relativement considérable, à occiput large, sans protubérance occipitale, à apophyses mastoïdes peu développées, à arcades /ygomatiques larges, à région frontale peu large, mais avec bosses frontales saillantes, séparées par une légère dépression des arcades sourcilières; une face large et peu haute, les orbites larges, les os malaires assez saillants, un maxillaire inférieur peu élevé, des dents extrêmement petites, des os généralement peu volumineux, la fosse olécranienne de l’humérus fréquemment perforée, des cheveux noirs, bouclés, raides ; des yeux bruns, grands, vifs, expressifs ; yn teint plus ou moins basané; un nez presque droit, faisant suite au front, suivant une ligne plutôt convexe que concave, une bouche bien dessinée ; un menton court, mais peu large; un cou et des épaules bien développées; une poitrine convexe dans sa partie antéro-supérieure.

Il résulte des recherches statistiques faites par MM. Boudin et Broca sur la proportion relative des exemptions du service militaire i>our défaut de taille, et celles de Boudin sur la proportion relative des recrues déliante taille (1"',752, taille des cuirassiers), que dans la plupart de nos départements du Midi, situés soit le long du littoral méditerranéen, anciennement occupés par les Ligures, soit au N. des Pyrénées, entie ces montagnes et la Garonne, que la population virile est d une taille moyenne. M. Bertillon a signalé une mortalité proportionnelle considérable chez les enfants de un à cinq ans dans nos départements du Midi, surtout dans la partie occupée par les Ligures, et moindre dans

la région habitée par les .\quitains.

M. Lagneau a insisté sur la fréquence relative de la myopie dans la plupart des départements situés au S‘. de la Durance, du rarn et de la Garonne, région peuplée de Ligures etd’Aquitains de race ibérienne. 11 paraît établi, d’après MM. Martin et Folle^ que les individus de race ibérique doivent être préférés pour la colonisation de 1 Algérie, ces individus présentant dans ce pays une faible mortalité. MM. Bonis et Laveran ont fait remarquer que les abcès du foie étaient deux fois moins fréquents en Algérie chez les Français du Midi (lUC chez ceux du Nord ; la prospérité des colonies hispano-américaines vient encore eUiblir l’aptitude à racclimatement de la race ibérienne dans les pays chauds Cette observation paraît meme être applicable aux climats froids, 'puisque en 1812 Larrey a constaté en BiKsie une plus grande mortalité chez les individus des contrées septentrionales que chez ceux des contrées méridionales.

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