‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 12 sur 298 · ETIINOGEME DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

ETIINOGEME DE LA FRANCE

L’origine africaine de la famille ibéro-ligure paraît probable. Toutefois l’runer Ley leur attribue une origine mongoloïde. Enfin, on considère aussi les Ibères comme de provenance atlantique, c’est-à-dire ayant eu pour point de départ ces îles Atlantides qui, submergées depuis, paraissent avoir été situées à l’ouest des Colonnes d’IIercule et de l’Europe actuelle, s’il est vrai qu'elles aient existé. Les habitants de ces îles. Atlantes ou Atarantes, mentionnés par Hérodote, Diodore de Sicile, Pomponius Mêla, Platon, auraient environ 9000 ans avant Solon (c’est-à-dire 9(300 avant .lésus-Clirist) étendu leur domination en deçà du détroit, sur la Libye jusqu’à l’Égypte et sur l’Europe jusqu’à la Tyrrbénie, c’est-à-dire dans toute cette partie sud-ouest de l’Europe qui semble en effet avoir été surtout peuplée par la race ibéro-ligure. M. Lagneau ajoute que selon \V. de llumboldt. Primer Bey et divers autres linguistes, de grandes analogies existeraient entre les langues parlées par certaines peuplades d’Amérique, au delà de l’Atlantique, et l'euskuara (langue basque), considérée comme la dernière langue vivante de la famille ibérienne.

Les Gai-ls, qui constituent la troisième race importante ayant servi à former la population française, présentent les caractères anthropologiques suivants : crâne dolichocéphale, volumineux, à diamètre antéropostérieur considérable, au diamètre transversal vertical peu considérable; coronal large, droit, non globuleux, un peu fuyant supérieurement ; occipital saillant postérieurement, horizontal inférieurement ; arcades zygomatiques peu écartées; face haute, longue, orthognathe, orhite haute, peu large ; os malaires peu saillants ; maxillaire supérieur haut; mâchoire inférieure haute, large, massive; os des membres longs et volumineux; humérus à fosse olécrànienne non perforée; fémur gros, long, peu courbé dans le sens antéro-postérieur ; cheveux d un blond-blanc dans l’enfance, jaunes ou roux à l’âge adulte, à section ovale régulière ; yeux bleus, au regard franc, quelquefois dur et larouche ; teint remarquablement blanc, frais et vermeil ; nez long, saillant, courbé au niveau de l’extrémité des os carrés, la pointe descendant plus bas que les ailes assez relevées ; visage ovale, allongé ; épaules larges; poitrine large et haute, mais peu saillante antérieurement, peu profonde antéro-postérieurement ; courbes rachidiennes peir prononcées, corps élancé ; membres longs, volumineux; poignets gros ; mains ortes , pieds grands; stature très-élevée; force considérable; courage impétueux; démarche raide, (ière, altière.

^ La distinction ethnique des Gaëls, FaXiTai, et des Celtes avait déjà etc remarquée par Diodore de Sicile. « On doit, dit-il, faire celte distinction : le nom de Celtes appartient aux peuples qui habitent au-

ANTimOPOLOOIE.

dessus de Marseille dans l’intcrieur des terres, celui de Gaulois ou do Gaëls aux peuples fjui sont établis au delà de la Celtique, soit dans les contrées inclinées vers le midi ou vers l’Océan, soit sur les monts Hercyniens, enfin, qui occupent tout ce vaste espace Jusqu'à la Scvthie. » Cotte distinction est encore faite au quatrième siècle après Jésus-Clirist par Julien l’Apostat, qui, dans ses récits, séparait les Celtes des Gaëls, et la Celtique de la Gaule.

Ces Gaëls, qui ont avec les Belges les rapports ethniques les plus intimes, ne semblent être que les Cimmériens les plus occidentaux et que les premiers émigrants vers l’Occident des populations cimmériennes. Ces Cimmériens (ou Cimbres), d’après Hérodote, Strabon, Pline, habitaient autrefois auprès du Pont-Euxin (mer Noire), près de la Méotide (mer d’Azof).

En résumé', la race germanique septentrionale comprenait les Germains, les Cimbres et les Belges ; les blonds Gaulois, les Gaëls, les ■\Vallons ont successivement occupé les pays maritimes baignés par la Baltique, la mer du Nord et la Manche; ils ont envahi en diverse.-^ migrations, poussés par leur humeur belliqueuse, notre pays.

De ces peuples de race germanique descendent les populations blondes de haute stature assez nombreuses dans le nord-est de la Erance.

D’après les documents statistiques recueillis par MM. Dévot, Sistach, et Boudin, et les recherches ethnologiques de M. Broca, nos départements du nord-est correspondant à rancicnne Gaule Belgique présentent très-peu d’exemptés pour défaut de taille, beaucoup moins que dans les départements du centre et de la Bretagne. H faut remarquer que la croissance, dans la race germanique, se prolonge bien au delà de la vingtième année; en Belgique, d’après M. Quételet, les habitants graudiss"ent au delà de la vingt-septième année; de 1"',675 à yingt-cinq ans, la taille moyenne de l’homme s’élèverait à trente ans a 1 ,664. Dans le duché de'Baden en 1840, selon M. Champouillon, les conscriL^ de 1858 exemptés pour défaut de taille, ayant de nouveau été mesurés, furent pour la plupart trouvés notablement grandis. En Autriche, M. Liharzik a également constaté l’accroissement progressif de la taille

Jusqu'à vingt-cinq ans.

En Alsace, la puberté est tardive ; il en est de meme dans toute la race germanique. D’après les documents statistiques relatifs à l’àgc inoven lors de la première menstruation, de 1941 jeunes filles blondes observées par M. Louis Mayer de Berlin, de 157 filles de Goëttiugue observées par Osiander. de 5840 filles de Copenhague observées par

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