‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 115 sur 298 · I.'IIOJIME AU i’OINT DE VUE DES l'I'.OFESSIüNS · texte numérisé non relu

I.'IIOJIME AU i’OINT DE VUE DES l'I'.OFESSIüNS

trie a pris une extension considérable qui s’explique par les perf'eclionnemcnls qui ont eu lieu, dans ces derniers temps, dans les armes de guerre. Le fulminate de mercure est une combinaison de protoxyde de mercure avec l’acide fulminique formé lui-méme de cyanogène et d’oxygène.

Los conditions d’explosibilité du fulminate de mercure sont trèsimportantes a etudier au point de vue des questions de salubrité. Aussi il faut remarquer que l’explosion est d'autant plus facile sous l’influence du choc, que les corps choqués présentent plus de dureté. Le choc du bois contre du bois, ou même du fer contre du bois, n’amène pas l’explosion; elle ne se produit que très-rarement entre le fer et le plomb; plus souvent, quoique cependant avec difficulté, entre le verre et le verre, le marbre et le marbre ; elle se détermine toujours entre le fer et le fer, un peu moins facilement entre le fer et le bronze, le fer et le cuivre. Par le frottement, au contraire, on la provoque aisément entre deux plaques de bois; plus difficilement entre deux plaques de marbre ou de fer, ou entre le fer et le marbre ou le bois. M. Tardieu, auquel nous empruntons ces détails, fait observer que toutes ces circonstances doivent être bien connues des fabricants, des contre-maîtres, et, s’il se peut, des ouvriers, parce qu’elles fournissent des enseignements pour diminuer les dangers de la fabrication des poudres fulminantes.

Le fulminate de mercure présente dans sa préparation le double danger des émanations nuisibles et des explosions. £n effet, lorsqu’on ajoute 1 alcool à la solution de nitrate acide de mercure, il se produit dans la masse liquide une forte agitation qui s’accompagne d’un déf--agement abondant de vapeurs d’étlier nitreux. Ce sont ces vapeurs qui, d une part, en raison de leur inflammabilité e.xtrème, ont donné lieu Jilusieurs fois à des incendies terribles, et, de l’autre, e.xercentsur ceux qm s’y exposent une action des plus funestes, caractérisée par un mal de tete subit et violent, des vertiges, la jierte de connaissance, un engourdissement des membres et un sentiment pénible de constriction a la poitrine, avec cyanose de ^a face.

■M. Roussel lait observer que les accidents provenant de l’action des vapeurs sont devenus de plus en plus rares à mesure que la préparalon du fulminate de mercure s’est perfecCioniiée. M. Cbandelon (de

^'ege) a imaginé un appareil spécial destiné h empêcher la diffusion de ces vapeurs délétères.

M. lardieu conseille, comme moyen de prévenir les accidents, en premier leu, une bonne disposition dos ateliers, qui doivent être coin-

51g fllOMME CONSIDÉIŒ COMME INDIVIDU.

plctcnicnl isolés, construits eu nuitériaux très-légers, tels que des toiles et des planches, de manière à éviter, en cas d’explosion, la projection de niasses très-lourdes; et, enfin, chauffés par une circulation d’eau chaude. Il est bon que l’endroit où l’on fabrique le fulminate de mercure soit séparé des autres ateliers, mais il ne faudrait pas que ce corps fût transporté, après dessiccation, à grande distance, à moins de précautions toutes spéciales. M. Tardieu insiste sur l’attention extrême qu’exigent les procédés de conservation de la poudre, et signale dans la dernière opération, qui a pour but la charge des capsules, l’importance qu’il y a à préserver les ouvriers qui manœuvrent les mains à l’aide d’un bouclier de tôle qui les protège contre les explosions.

Les fabriques de fulminate de mercure, amorces fulminantes et autres matières, dans la préparation desquelles entre le fulminate de j mercure, ont été, par ordonnances des 25 juin 1825 et 50 octobre 1856, raimés dans la première classe des établissements insalubres, eh raison des dangers d’explosion et d incendie qu elles présentent.

Mécaniciens. — Chauffeurs. — Forgerons. — Chez les mécaniciens et chauffeurs de locomotives, il faut noter surtout le mouvement continu du corps, l’attention soutenue de la vue, de 1 ouïe, les courants d’air, la position debout, les changements de température ; aussi les affections les plus fréquentes, chez eux, sont-elles les maladies produites parle froid, comme le rhumatisme. Sur la ligne de Fribourg-Breslau, la durée de leur vie iTest que de trente-cinq

ans (Hirl). . .

D’après Labstorff, la durée moyenne de la vie des mécaniciens cl

des chauffeurs des bateaux à vapeur serait de cinquante-sept ans. Ils sont donc, d’après cette statistique, dans des conditions beaucoup plus favorables que les chauffeurs des locomotives.

M. Frank Smith vient de signaler chez les forgerons une paralysie liée à une altération des centres nerveux. Elle a toujours affecté la forme hémiplégique et s’est montrée du coté (^xposé a une fatigue exagérée par t’actîon professionnelle. Elle a été souvent compliquée d’aphasie, de ptosis, d’atrophie, de paralysie faciale et de surdité. L’auteur que nous venons de citer refuse de considérer cotte affection comme une hémiplégie d’origine vulgaire, car, dit-il, dans la plupart des cas (sou travail ne repose que sur dix observations), m l’àge, m les habitudes ni une svphilis antérieure, ni une prédisposition héréditaire ne poiivaicn confirmer celte manière de voir. Nous n’avons pas besoin de dire que

L’HOMME AU POINT DE VUE DES PHOFESSIONS

de nouveaux laits sont nécessaires pour permettre d’accepter l’opinion Je Frank Smith*.

ACCIDENTS AUXQUELS SONT EXPOSÉS LES OüVlUEHS ltAFFINtUl\S.

, Ces accidents consistent en affections cutanées, produites par l’action irritante du sucre, de la mélasse, action à laquelle s’ajoutent les effets d’une température élevée. Les ouvriers .sont, en outre, exposés aux affections catarrhales par suite des brusques variations de température auxquelles ils sont soumis. La clarification est également une source d’accidents. On se sert à ce moment de noir animal réduit en poudre fine et d'une matière, albumineuse coagulable par la chaleur, telle que le sang de bœuf. Ce sang est battu avec des verges, au moment de la saignée de l’animal, pour en séparer la fibrine. On le conserve dans des tonneaux préalablement soufrés, et contenant, pour lÜO litres, un décilitre d’acide sulfureux ou de sulfate de chaux. La putréfaction de ce sang répand une odeur infecte dans le voisinage des raffineries. Il se développe, dans ce travail, une grande quantité d’hydrogène carboné, d’acide carbonique, d’ammoniaque et une petite quantité d’hydrogène sulfuré. En outre, le sol s’imprègne de matières organiques en décomposition. Dans certaines localités, l’écoulement des eaux provenant des raffineries peut avoir des inconvénients réels. On doit donc exiger, indépendamment des précautions usitées quant aux chaudières, aux buées et à la fumée, que les eaux aient un écoulement souterrain jus([u’à l’égout le plus voisin. En outre, il faut défendre de se livrer, sans autorisation, à la révification du noir animal.

Nous noterons, en terminant, un fait qui a été signalé récemment au congrès de Bruxelles parle docteur Kuborn. Pendant l’épidémie de choléra qui a ravagé la Bobcnie, il y a deux ans, les ouvriei’s des sucreries n’auraient présenté aucun cas de cette maladie. Ce fait est trop difficilement explicable pour n’avoir pas besoin de confirmation ultérieure.

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