COMPOSITION DE L’AI U
nients. Et celn est vrni, noii-seuleninnl de l’oxygène qu’il renlermc, niais de tous les éléments qui le composent à l’état normal. Toute variation, tout changement dans sa composition, lorsqu’ils dépassent certaines limites, deviennent une cause de mort. L’oxygène en excès devient liii-méme un poison, connue l’ont si bien démontré les travaux remarquables de -AI. P. Bert.
Nous allons nous occuper de cette (juestion, l’une des plus importantes en hygiène, en étudiant d’abord la composition normale de l’air, et les conditions dans lesquelles il convient ci l’entretien de la santé; nous étudierons ensuite les perturbations qu’il peut subir, et, chemin taisant, nous jetterons un coup d’œil rapide sur les états pathologiques qui peuvent en être la conséipience.
On sait que l’air est un mélange d’oxygène et d’azote dans les proportions de ‘il volumes du premier pour 79 du second. Il est impossible de donner une approximation plus exacte sans entrer dans quelques détails. Le tableau suivant, que nous empruntons à M. V. Régnault', indique la quantité exacte d’oxygène que renferme l’air pui.sé dans divers milieux.
TEKEUli EN OXYGÈNE rOL’U 100 VOLUMES d’aIIÎ
Mt.NIML’M.
M.\XI)|[ il.
lüOéchantilIonsd’air de Paris ou des environs.
de Montpellier, Lyon. Norman-
die
.50 — (l'air de Oerlin
*0 — d’air de Madrid
-'ï — d air de (ienéve et de Cliamounix. .
— O’air des bords de la Méditerranée
(Erance)
0 — d’air pris sur mer (voyage de Liver-
pool à Vera CruzI. . . .
- — d’air de l’Équateur (Amérique du
sud)
- — d’air du sommet de l’icliiiiclia.
Airdes mei-s arctiques recueilli parle capitaine Ross.
20/Jl
On voit que la composition de l’air atmosphérique ne peut pas éire considérée comme conslaute. Nous ajouterons que la pro[)ortion d’oxygène peut varier dans des limites assez étendues. D'après .Mori’en, l’air recueilli a la surface des flaques d’eau recouvertes d’une végétation
‘ ail», c/iini. phijx. (5), I. XXXVI, p. .58.5.
DF, I.’AIIt.
.ViO
aliondnnte peut contenir 25,(17 d’oxyfçène pour 100. Cette énorme aU"nientation est évidemment due à la décomposition de l'acide carlmnique par les végétaux. D’autre part, les reclierclies de Moyle et de Leblanc ont démontré que l’air des mines peut souvent contenir une quantité d’oxygène très-inférieure à la moyenne, sans que la production d’un excès d’acide carbonique puisse rendre compte de ce phénomène. Moyle a vu la proportion d’oxygène tomber à 14,55, et Leblanc à 0,0 pour 100; ce dernier observateur attribue cette altération de l’air à l’absorption de l’oxygène par les pyrites. D’après Théodore de Saussure, l’air des montagnes contient un peu plus d’acide carbonique que celui de la plaine. Enfin, les recherches si intéressantes de Lewy ont montré que la composition de l’air subit de notables variations, suivant les localités, l’altitude et l’humidité plus ou moins grande de l’atmosphère. j
L’air contient aussi de la vapeur d’eau, O <à 16 millièmes, et de j l’acide carbonique de 5 à 6 dix-millièmes. 11 renferme, en outre, de l’ammoniaque, de l’acide nitrique, des nitrites et des nitrates, des poussières inorganiques, des sels, des traces d’iode, de l’ozone, enfin, des corps organiques et même des êtres organisés, qui jouent un très-grand rôle au point de vue de l’hygiène, et qui sont probablement la source principale de l’hydrogène carboné qu’on trouve en très-petite quantité dans l’atmosphère.
L’une des premières questions qui s’imposent à 1 attention de 1 hygiéniste est celle de la quantité d’air nécessaire pour l’entretien de la vie chez un adulte en bonne santé. On admet généralement qu un homme adulte absorbe par heure de 19 à 25 litres d’oxygèue et qu’il exhale de 15 à 20 litres d’acide carbonique. 11 fait pénétrer dans ses poumons 10,000 litres d’air par jour, soit, par conséquent, 117 litres par heure. 11 faut donc qu’une chambre, dans laquelle 1 air n est point renouvelé pendant la nuit, c’est-à-dire environ huit heures, ait un cubage d’au moins 50 mètres par tête. 11 n’est pas impossible de vivre dans des conditions inférieures; mais il y a toujours la uu daijgerpour la santé, car il est démontré que l’acide carbonique à la dose d’un sept millième produit déjà des effets toxiques appréciables. Au reste, la ventilation, l’aération et les autres moyens de renouveler l’air attemient dans une certaine mesure les inconvénients des appartements trop étroits. Nous reviendrons d’ailleurs sur ce point en parlant des modifications qui peuvent survenir dans la composition normale le
air.
IMPÜHETKS DE l.'Ain. "31
Il ne faiil point, d’ailleurs l’oublier; pour n’èlre pas foudroyants, les effets de l’air confiné n’en sont pas moins nuisibles ; la santé de rbomme et des animaux s’altère promptement sous cette influence, et des laits nombreux nous en fournissent la preuve.
I,a cavalerie française, avant 1856, subissait une mortalité énorme. D’après Rossignol les perles annuelles s’élevaient à la proportion (l’un cinquième environ (do 180 à 197 pour 1000). L’agrandissement des écuries réduisit cette énorme mortalité à 68 pour 1000.
Pendant la guerre d’Italie, en 1859, M. Moulin, vétérinaire en chef, garda 10,000 chevaux pendant plusieurs mois dans des campemenis .ouverts. Il n’y eut chez ces animaux presque aucun cas de maladie*.
On sait, au contraire, combien est déplorable la santé des vaches confinées dans des étables où elles succombent presque toujours à la tuberculisation. Et si le cheval est infiniment moins prédisposé à la phthisie, cela tient sans doute à la différence de ses habitudes.
Ou ne sera donc pas étonné de voir la phthisie pulmonaire exercer ses ravages surtout chez les individus qui habitent des locaux trop étroits, chez les soldats casernés dans des baraquements insuffisants, chez des ouvriers qui travaillent dans de petits ateliers, chez les classes pauvres, enfin, dont les habitations n’offrent qu’un espace très-insuffisant.
Voyons maintenant quelles sont les modifications (jue peut subir la composition normale de l’air, soit au point de vue des impuretés qu’il l)cut renfermer, soit par rapport aux éléments normaux dont la proportion peut varier.