‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 119 sur 298 · IMCUnETÉS DE I.’aIK · texte numérisé non relu

IMCUnETÉS DE I.’aIK

L’atmosphère peut être viciée par des mathircs suspendues, par des gaz, par des ])rodiiits organi(jucs. Commençons par nous occii|)er des poussières qui flottent librement dans ce milieu.

l’arlons d’abord de l’air extérieur.

A. On y trouve souvent des poussières inorganiques qui peuvent être transportées à de grandes distances. Elles se composent surtout de sdice, de silicate d’alumine, de sels calcaires et de peroxyde de fer. La poicssière de carbone y joue souvent un r(Me important. 11 se produit quelquefois dans diverses parties du monde des tempêtes de poussiènî et de sable, l'ihremberg a étudié an microscope la composition de ces

' Trnilc (l'/iyf/ii'iic mililnire.

DK I.'AIll.

poussières. Il y a trouvé des particules de saidc cl de lcr, mais suiioul uu grand uoiuhrc d’infusoires, des débris de plantes, des fragments d’insectes.

Les volcans vomissent dans l’air des (piantités considérables de carbone, de sable et de boue, qui peuvent être transportées jtar les vents à des centaines de lieues. Au reste, il a été démontré que les pou.ssières atmospbéri(jucs peuvent être lancées à des distances incroyables. On a ti'ouvé dans l’atmosphère de Berlin des produits organi(pies arraclié.s au.v régions tropicales, et les voiles des navires, à 2ÛÜ ou oOÜ lieues de la cote d’Afrique, sont quelquefois rougies par le sable que le vent enlève au désert.

On s’est demandé si les orages de poussière qui traversent si souvent notre atmosphère ne seraient point quelquefois d’origine cosmique, et si l’espace qui nous environne ne fournit pas à notre terre des nuages de poussière aussi bien que des aérolilbes. Cette question c.-t j pleine d’intérét. Mais il nous paraît impossible de la résoudre avec les éléments que nous possédons aujourd’hui.

Mais ce ne sont pas seulement les orages qui remplissent l’air de poussière minérale; des particules de silice, d’argile, de craie, llottenl constamment dans l’air, surtout par les temps secs; la pluie, en effet, paraît avoir le don de les précipiter. Dans le voisinage des usines, des chemins de 1er, on rencontre de la brique ou de la pierre pulvérisée ou des fragments de métaux dans l’atmosphère. Sidebotham a trouvé dans la poussière d’un wagon, près de Birmingham, d’innombrables particules de fer, pouvant être attirées par un aimant.

Nous nous arrêtons ici pour aborder un point qui offre une importance encore plus grande au point de vue de l’hygiéniste : il s’agit des matières organiques et des organisihes vivants, qu’on peut rcncoulrcr dans l’atmosphère, c’est-à-dire à l’air ouvert.

Des fragments de plantes, du pollen, des libres végétales, des .semences ailées, de petits fragments de bois ou de charbon, des libres textiles, enlin, une grande (piantité de granules d’amidon, .«e rencontient dans l’air, surtout au voisinage des habitations. Bouchet a trouvé des grains d’amidon dans l’air au sommet des Byramides. Dans les villes, traversées par un grand nombre de voilures, le fumier de cheval, écrasé par les roues, abaudonne à l’air pcmlant la sécheresse une l)oussière organique souvent fort alioudante, ce qui suflit pour montrer combien il est utile d’arroser les rues, surtout pendant l’été. Tichborne a trouvé d’énormes (luanlités de celle nialière dans !a poussière des rues de Dublin.

IMl'UlUiTÈS DE L’AlIt.

Milis, iiidépcndainmciit de ces substancps organiques, il cxislc des organismes vivants qui sont soulevés en l’air par les venis ou qui peutêtre llottent constamment dans l’atmosphère. Ehrembergy a découvei't plus de 200 espèces de rbizopodes, de tardigrades et de vibi'ions qui peuvent rester desséchés pendant des mois ou des années entières et reprendre leur vitalité dès qu’ils sont humectés.

Angus Smith a essayé d’en calculer le nombre d’après la quantité d’ammoniaque que renl'erme l’atmosphère. 11 arrive à déduire de scs calculs le cliilïre prodigiemx de 529,560 germes dans un pied cubique d’air puisé dans les rues d’une ville. Mais il est évident que ce sont là des données purement hypothétiques.

On trouve aussi dans l’air de petites cellules ovoïdes, tantôt isolées, tantôt réunies sous forme de chapelet. Lemaire’ en a observé d’immenses quantités dans 1 air des prisons. On les rencontre cependant à 1 e.xtérieur; on leur donne généralement le nom de microzymas, qui a été appliqué, par extension, a d autres corpuscules organisés. Leur nombre est prodigieux.

On rencontre enfin des sporules de champignons en quantité considérable, surtout au mois de juillet et d’août; des cellules de protococcxis pluvialis, et d autres espèces voisines s'y trouvent aussi, mais en moins grande quantité.

Ajoutons, en dernier lieu, que c’est probablement par le transport de particules organiques dans l’air que la dissémination du choléra et de certaines maladies épidémiques a lieu le plus souvent. Toutefois, il ne paraît pas que le mode de propagation puisse s’étendre à des distances considérables. C’est ainsi que la variole, la rougeole, la scarlatine, ne semblent marcher que de pas à pas et de maison en mai.mn. Le choléra lui-même, comme on l’a depuis longtemps fait observer, chemine assez lentement et semble s’attacher aux pas d’un voyageur.

H- Les impuretés que renferme l’air confiné des appartements ou des espaces clos sont encore plus nondjreux que celles qui flottent librement à 1 extérieur et présentent, au point de vue de l’hygiéniste, une importance encore plus grande.

Dans tous les appartements habités, il existe au sein de l’air des cellules épithéliales, des libres textiles (coton, lin, laine, etc.), des fr.iginents de bois, de charbon, des p.oils et d’autres impuretés, (jui résultent nécessairement de la [)résence de l’homme ptdes animaux.

‘ Compte rendu de l’Académie des sciences. 1807.

DE L AÏU.

Les mcuhles (]ui reniplissenl un appai teinenl, les papiers qui en tapissent les murs, peuvent aussi fournir certains éléments à l’atmosplière. Nous avons déjà signalé l’influence nuisible des papiers colorés par le vert de Scheele ou de Schweinl'urt.

Pleck a démonlré que l’acide arsénieux contenu dans ces couleurs, lorsqu’il est en contact avec des matières organiques humides, donne de riiydrogène arsénié, qui, pour certains auteurs, est l’agent toxi- (|ue auquel il faut attribuer la plupart des accidents que produisent les papiers verts.

Dans les ateliers, on trouve des fragments de diverses substances qui se rapportent à l’industrie qu’on y exerce. Sigerson a démontré que dans l’air d’une imprimerie il existait de l’antimoine en quantité appréciable. Le même observateur a trouvé, dans un ampbithéâtre de dissection, des libres musculaires et nerveuses, des cellules de diverses espèces, et des débris de tissu provenant des cadavres, ce qui explique les cas d’empoisonnement qui se produisent si souvent chez les anatomistes (en dehors de toute piqûre), ainsi que la diarrhée dont ils sont si souvent atteints.

, Les chambres de malades, les hôpitaux, les casernes, enfin les étables d’animaux atteints d'affections contagieuses, renferment des produits qu’on peut à bon droit considérer comme spécifiques, f-halvet a démontré que la poussière recueillie dans une salle de l’hôpital Saint- Louis contenait une forte proporlioil de matières organicpies (de 50 a rO pour 1 00) . M. Gailleton prétend que l’air des salles où sont traitées des affections cutanées est rempli de sporules de tricliophylon. Cette assertion est confirmée par Tilbury Fox, qui a trouvé les sporules et le mycélium de ce parasite dans une salle d’hôpital où l’on traitait des enfants atteints de teigne tonsurante. On rencontre également 1 achorion dans le voisinage dos malades atteints de lavus.

Mais les alfections cutanées ne sont pas les seules (pii lournisscnl a l’atmosphère des éléments de ce genre. Sigerson a démonlré ipi a 1 air libre, comme dans l’air des appartements, on trouve des globules de mucus qui proviennent évidemment des voies aériennes de l’homme et des animaux. C’est ainsi que peut s’expliquer la contagiosité de plusieurs maladies; la pleuro-pneumonie chez le bétail, et peul-elre la phthisie tuberculeuse chez riioiume.

Watson a trouvé dans l’air d’une salle de phthisiques non-seuleinent des corpuscules purulents, mais encore des corps arrondis qui n’oxistaient point dans l’air extérieur et dans les appartements ordinaires, cl «lui ressemblaient beaucoup aux éléments anatomiques des tubercules.

IJIl'UllETÉS DE L’Alll. 55b

Etaiciil-cc dos Iragnionls do matière tuberculciiso ? Nous n’oscrioiis rafliriner, mais le lait nous a paru intéressant à signaler. Bakewell et d’autres auteurs ont trouvé des fragments de croûtes desséchées de la petite vérole dans l’air des salles de varioleux. Des observations analogues ont été faites par rapport à la scarlatine, à la conjonctivite granuleuse, et à d’autres affections également contagieuses.

Plusieurs observateurs, parmi lesquels nous citerons Drittan et Swaync, ont signalé la présence de champignons d’une espèce particulière dans Pair des salles de cholériques. D’autres médecins y ont trouvé des vibrions et des débris épithéliaux en assez grand nombre. Sans établir un rapport de cause à effet entre la propagation du choléra et la présence de ces petits organismes dans l’air, il est permis de croire que ces deux faits ne sont pas absolument étrangers l’un à l’autre.

Eulin, en dehors de toute contamination spécifique, l’air des chambres de malades contient un excès sensible dematièi cs organiques. L’odeur spéciale des hôpitaux et des casernes semble en fournir la jireuvc. Un prétend que la réaction de Pozonc ne se rencontre pas dans Pair ainsi contaminé.

Il n est pas sans intérêt de remarquer que les impuretés organiques qu on trouve dans la chambre d’un malade ne sont pas également répandues dans 1 air, et qu’elles séjournent surtout au voisinage du loyer morbide; c est ce que démontrent des analyses d’air ]>ris dans diverses parties de la même chambre. 11 en résulte : 1° que le danger de la contagion est plus grand lorsqu'on approche du malade, et surtout lorsqu’on partage son lit, que lorsqu’on habite seulement la même chambre; 2“ qu’il est difficile de chasser les émanations contagieuses par la ventilation, en raison même do cette torpeur, si l’on peut ainsi l'arler, qui les rend peu mobiles et les fait séjourner sur place. Il en est tout autrement quand 1 air est contaminé par des substances gazeuses, l’acide carbonique, par exemple. 11 suffit alors d’ouvrir les fenêtres pendant quelques instants pour renouveler Pair et rentrer dans les conditions normales, d’après Lassaigne, Pettenkoffer, et d’autres observateurs.

Il nous reste à étudier les altérations iiue subit Pair respirable, jiar eseul lait de la réunion de plusieurs individus dans un espace fermé e dans lequel Pair ne se renouvelle pas. Do toutes les modifications fini se pioduisent en pareil cas, la première, et la plus importante, est a présence en excès de l’acide carbonique. D’aiirès Amiral et Gavarret, «halation pulmonaire fournit, par heure, D litres d’acide carbonique ‘^l'ez l’enfant de 8 ans; 12 litres chez la femme adulte, et 2ü litres

DE 1,'AIK.

chez l’honiiiic. En inèine Icnips, il esl démonUc (|ue l:i peau cxliale une quanlitc encore mal déterminée de ce gaz.

On comprend donc que la respiration empoisonne rapidement l’atmosphère, et liût augmenter le chiffre d’acide carbonique dans une proportion fort considérable. Nous citons, d’après Parkes, le tableau suivant, qui résume les expériences d’un médecin militaire anglais, le docteur de Chaumont.

QUANTITÉ d’acide CARBONIQUE ANHYDRE DANS 1000 VOLUMES d’aIII

Casernes neuves à Gosport. .

— à Anglesey

— à Aldersliot

à Clielsea

Tour de Londres

Casemates au fort Elsoii . .

— au fort Brocliliui'tt.

Cû*

dans

i.’air EXTÉniEon.

Hôpital militaire de l’orisinoutli.

— civil de l'ortsmoulh. . .

Hôpital Herbert

Hôpital Hilsea

Cellules dans la prison militaire de Aldersliot ... ...

dans la prison mililairc de

Gosport

dans la in ison civile de Clia-

tliam j

— dans la prison civile de rcii-|

lonville (système Jebb) . . j non indique.

Cü- A LT.MÉR1EIR

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