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ETIINOGÉNIE DE LA FRANCE

MM. Rawn et Leog, de 1249 Alsaciennes observées par MM. Stoltz et Lewy, cet âge moyen de la puberté féminine devrait être approximativement d’au moins seize ans.

Cette particularité explique pourquoi en Saxe la loi ne permet pas le mariage des filles avant di.v-huit ans, et celui des hommes avant vingt et un.

Il résulte des observations de MM. Martin et-Folley, que les Français de nos départements septentrionaux présentent en Algérie une mortalité plus considérable que les Français des départements méridionaux, la plupart d’origine ibérienne.

M. Bertillon a également insisté sur la grande mortalité et la minime natalité des immigrés allemands dans notre colonie d’Afrique : tandis que 1000 vivants d’origine espagnole présenteraient 46 naissances pour r>0 décès, 1000 vivants d’origine allemande ne donneraient que 31 naissances pour 56 décès.

MM. Rouis et Laveran ont montré qu’en Algérie les Français du Nord étaient deux fois plus prédisposés que ceux du Midi aux abcès du foie; et M. de Sémallé a établi que nos soldats des départements du N. E. étaient beaucoup plus sujets aux accidents cérébraux déterminés par l’insolation que ceux des autres départements.

Si l’on lient compte de ces faits, ditM. Lagneau, si l’on se rappelle que, dans les Indes, les Anglais, en partie de race germanique, présentent une mortalité considérable, et ne parviennent pas à se reproduire au delà de deux générations, selon MM. Boudin, Wise, Bernard Davis, Broca, on est amené à reconnaître avec M. Beddoe que, de nos jours, comme au temps de Tacite et de Tite-Live, les descendants des Germains et des Gaulois sont gravement éprouvés par les grandes chaleurs , et, par suite , sont peu aptes à s’acclimater dans les pays chauds.

Les trois races que nous venons de passer en revue ont été les trois races fondamentales de la population française ; mais on se ferait une idée incomplète de l’ethnogénie de la France si l’on considérait qu’elles seules ont constitué notre nation.

Un grand nombre de peuples ont aidé à la former, et doivent, à des titres divers, être examinés à ce point de vue.

Du treizième au dixième siècle avant J. G., les Phéniciens ont établi des comptoirs sur les côtes de la Méditerranée. Nîmes leur doit sa fondation.

Du dixième au septième siècle avant J. G., les marins hellènes de Rhodes se sont substitués aux Phéniciens, et ont fondé Rhodonontia, à

ANTIinOPOLOGIE.

l’embouchure du fleuve qui leur doit son nom et le conserve encore. Les habitants de certaines villes où se fixèrent des Grecs phocéens semblent encore révéler leur origine hellénique par la régularité de leurs traits.

Arles, Tarascon, Bcaucaire, Saint-Remi, Orgoii offrent encore en ce /moment un type particulier, remarquable par la pureté des lignes du visage et du corps, et par la noblesse sans égale du geste.

A Arles, on retrouve à l’état de pureté non -seulement le type grec, mais les types romain et sarrasin, et de nos jours, les Arlésiennes que l’on distingue sous le nom de llauturcnques, de Placenque* et de Ro- • quettières, paraissent encore offrir des caractères différentiels assez prononcés. Au lieu de la noble stature, de la régularité de traits, que présentent les premières, les femmes du faubourg de la Roquette, aux yeux pétillants, aux formes gracieuses, se font remarquer par leur air riant et espiègle.

L’influence anthropologique des Rotnains est plus difficile à apprécier, peut-être à cause de la diversité de leurs éléments ethniques (Pélasges, Sicules, Étrusques, Ligures, Grecs, Volsques, Ambrons).

Cependant, dans une commune de l’ancienne Franche-Comté , il existe aujourd’hui des descendants de colons romains, se mêlant peu avec les habitants des localités voisines et se faisant remarquer par leurs noms propres; par exemple, celui de Lenlules.

Les Vandales, \es Alams et les Suèves ne firent guère que traverser .la France pour se jeter sur l’Espagne. Cependant quelques colonies durent se fixer dans les Gaules ; il est certain que les Alains occupèrent les campagnes désertes des environs de Valence, qui avoisinent le Rhône. C’est de la nation suève que, descend en grande partie le ipeuple alsacien.

Aujourd’hui encore, sur nos côtes de l’Ouest et du Nord, les habitants de certaines localités se distinguent par des mœurs, des professions ou des caractères ethniques différents de la population qui les entoure ; tels sont ; dans le département de la Charente, certains individus étiolés et très-roux, la plupart potiers de terre ou d étain; dans celui de la Loire-Inférieure, les grands et vigoureux paludiers des marais salants de Guérande, de Ratz et de Saillé ; et dans le tinistère, les marins-;jardiniers de Roskoff ; les paysans à la haute stature, à la figure longue, au teint basané, aux cheveux d’un blond brûlé, aux yeux d^un bleu foncé, qui habitent la presqu’île de Pontusval et de Plouneour-Trez; enfin, les insulaires de Balz et d’Ouessant, qui faisant partie d’un département où le nombre de conscrits exemptés pour de-

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