SUBSTANCES GAZEUSES
A. A l’air libre, l’acide carbonique, l’oxyde de carbone, 1 bydro-
eène carboné, et d’autres substances analogues, sont jetés dans l’air par les volcans, par les usines, par les égouts, et par la respiration de l’homme et des animaux. Des substances, plus directement irritantes, sont fournies soit par les usines de produits chimiques, soit i-ar des causes naturelles de plusieurs espèce^; tels sont l’acide sulfureux, acide sulfurique, le sulfhydrate d’ammoniaque, le sulfure de carbone, l’acide chlorhydrique, les vapeurs nitreuses, rammoniaque et ses discrs composés, l’iiïdrogonc phosphore ; onli„, dos vspeors orgam.|Ocs ph.s ou moins tetidos donl la composilioil osl oslrômcincnl ïariahlo. Il nous suffira d’avoir signalé ces causes d’infection de l’air ; nous en a^ous déjà parlé avec assez de détails pour ne pas y revenir ici.
Indépendamment des causes que nous venons d’émimerer, i eu es
d’autres (lui méritent de fixer notre attention.
Dans le «oisinago des marais, l'air ronfermo loujours un csces d aeido carboni,uo(0,ü à 0.8 pour lOÜO). On y Iromc ^
uuanlilé de vapeur d'eau, de I hydrogeno sullure, de ^
boiié de rhïdrogènei.liosphoré el de l'ammonimpie. 11 parailr.iil que, l^,;:quhî exiL u.'e végéta 'ion aquaü,,uepuissaute. on trouve quelq-.s un eUs d'oxygène dans l'air recueilli immédiatement a l'eau CorlainI observateurs ont prétendu que l'air dos marais ne do pas la rtaelion de l'omiie. mais nous ne possédons que des docnniei
contradictoires a cet égard. • 1 1., maiièrcs orira-
11 est incontestable <iu’une quantité considérable de matières .
SUnSTAiNCES (iAZEIJSES.
niques se trouve ici répandue dans l’alinosplière. Vauquelin en a, le premier, signalé 1 existence en -1810. Les observations concordantes d’un grand nombre d’expérimentateurs sont venues depuis confirmer cette découverte, mais on n’est pas encore entièrement d’accord sur la nature de cette matière organique, ni surtout sur le rôle qu’elle joue dans la production des fièvres intermittentes.
L’air des villes est vicié par une multitude de causes diverses, qui ont pour résultat général de diminuer la quantité d’oxygène et d’’au<rmenler la quantité d’acide carbonique. Dans les villes bien constiuites, ces modifications sont à peine perceptibles, mais dans celles qui laissent à désirer sous ce rapport, Madrid, Munich, Glasgow, la quantité d acide carbonique peut s’élever à tandis que le clnïfre de l’oxy-
gene diminue en proportion. ^
On trouve aussi dans l’atmosphère des grandes villes de l’ammomaque et des matières organiques en quantités très-variables. On comprend, dès lors, l’immense importance des vents régnants dans une localité, au point de vue de la salubrité de l’atmosphère. Partout où Pair d une ville c.st battu et renouvelé, il sera plus favorable à la santé que dans les endroits où l’atmosphère est stagnante.
Il est important de remarq4ier que le voisinage des cadavres déveoppe dans 1 air des cites une quantité considérable d’acide carbonique ainsi que de 1 ammoniaque et des émanations quelquefois très-fétides.’ apres Ramon de Lima, l’air recueilli dans les cimetières, à la surface du sol, contiendrait de 0,7 à 0,9 pour 1000 d’acide carbonique et ne quantité très-appréciable de matières organiques. Il est doirévl
ii nlnc! d’une cité populeuse ont une
nnuence deletere sur la saute, et le Conseil municipal de Paris a sa-m-
ne»e“„l ,’lr ‘l'» »-l»l»nccs ga/cBC, ,,„i
fosses d aisances, les égouts, les caveaux funéraires, etc.
ne rêr d’aisances, et surlout des fosses fermées, qui
cxtrêll' excréments solides et liquides, Lt
cm Z",' dans lequel la composition
centésimale de 1 air était la suivante : .
Oxygène „
Acide carbonique ^
'Jn trouve, en général, dans cette atmosphère, une quantité plus ou
DE 1,’AIU.
moins considérable d’hydrogène sulluré, de snllliydrale d’ammoniaque cl d'hydrogène carboné, ainsi qu’une énorme (juanlité de malieres organiques félidés. Dans l’une des expériences d'Angus Smilh, G'2 pieds cubes de l’air d’une fosse d’aisance ont réduit autant de permanganate de potasse que 176 000 pieds cubes de 1 air exléricm.
Il ne faut point se faire illusion sur le danger que présente un semblable état de choses pour les habitants d’une maison ou d une \ille. Il est démontré que les gaz d’une fosse d’aisances peuvent traverser les murs qui les entourent, et se frayer un passage soit à l’extérieur, soit, ce qui est plus grave encore, à l’intérieur des maisons.
Dans les égouts, les produits de la décomposition sont extrêmement variables, en raison même de l’immense diversité des matières qui y sont versées. En général, les gaz qu’on y rencontre sont les memes que dans les fosses d’aisances, mais dans des proportions dillerenles. L acide carbonique et l’azote prédominent, et, lorsque la ventilation est imparfaite, on y constate de riiydrogène carboné ; de temps en temps de l’hydrogène sulfuré et du sulfhydrate d’ammoniaque se dégagent ; enfin les matières organiques qui flottent dans l’air paraissent se rapnroeber par leur composition chimique des ammoniaques composées Dans les égouts où la ventilation laisse à désirer, on rencontre souven des quantités considérables de gaz des marais, surtout lorsqu on a lait usa<TC de l’acide pbénique comme désinfectant. En 1860, les egoutticrî, de Londres ont quelquefois mis le feu aux égouts lorsqu’ils y descendaient avec des chandelles allumées.
Lorsqu’un égout est obturé, la privation d’air fait naturellement c i- ,„i„ucr roïïgcuc; loraque. cqnUaiic, la vcntilalion oat boiinc a ,|„a..lUc d'o,,gÈ,ae osl prcaque égala à «lie ic ' i;'"! '
' Parcel-Duchàtclct, dans nn cgoul de Pans, a Ironve O pon, 100 d l.a di-ogéiie suiruro, cl sculemcnl 13,79 d osïgcnc dans 1 air. (.c Pn ^
absôlnmenl escepOonnel. Anjon.d-bnl, dans les egonts Incn aeus de îvtel do Lond.es, la con.posHion de l'aUnespl.éee es, p,esqno
■”ln reste, le n.eillen,- réaclif à eet égard est la santé des «..vriers qni invaillent dans ces condnits souterrains. En lliisc generale, la sanie Je r . es ne laisse pas l.eanconp à JésOer ; la profession qn .Is ese ■ , TeTï^e pas pa.‘n.i ens ponr éire insalnl.re, et, » '
r„pl,tl,al,„ie et de qnclqnes alleel.ons MIS souffrir de l’alniospliere qu ils respirent. Il faut 'en ;lipe qne certains onviers, dés le déin.t, ^
vailler dans les égouls, el se voient obliges de q.iillei
SUIISTANCES GAZEUSES. 341
(|iii icsislcnt à cette période de probation, si l’on peut ainsi parler, continuent indéfiniment leur travail sans en éprouver d’inconvénient notable. Il est bien évident d ailleurs qu’une bonne ventilation est une condition indispensable pour que le métier puisse être exercé sans danger.
Lorsque les émanations d’un égout ‘ ou d’une fosse d’aisances pénètrent dans une maison habitée, les conséquences peuvent être bien autrement fâcheuses. 0(i voit se développer alors les affections diarrhéiques, la dysenterie et peut-être la fièvre typhoïde. Dans un cas fort remarquable, à Clapharn, faubourg de Londres, on vit éclater une épidémie a la suite du curage d'une fosse d’aisances. Vingt-trois enfants hireiit^pris de vomissements, de diarrhée, de céphalalgie, de prostration générale et d’accidents convulsifs; deux d'entre eux moururent dans les vingt-quatre heures. On sait aussi ijiie les ouvriers qui nettoient un égout fermé depuis quelque temps sont exposés à des phéiionienes d’empoisonnement plus ou moins caractérisé. Herbert Dar- Ler a fait quelques e.vpériences sur les animaux pour apprécier les eliets de 1 air des égouts. Trois chiens furent enfermés dans une boîte imse en communication avec l’air d'une fosse d’aisances. Ils furent pris tous les trois de fièvre, de diarrhée et de vomissement ; une souris placée dans les memes conditions, mourut au bout de cinq jours.
On attribue en Angleterre une grande importance aux émanations des matières fecales, au point de vue du développement de la fièvre iphoide. Deux opinions sont en présence : celle de Budd, qui sou- .ent 1 existence d’un virus particulier à la fièvre typhoïde qui serait pi nise par les selles et rendrait infects les lieux habités par les maades; I autre, qui paraît plus généralement adoptée, et qui rattache cet e maladie aux émanations des fosses d’aisances en général II est cptain quedes laits très-remarquables paraissent démontrer que la pnetralion d un air impur dans des maisons habitées a été souvent point de départ d’une épidémie typhoïde. On a établi que des mopatioms apportées au régime des fosses d’aisances ont fait dispa-
mi iL d "'1 r ^«droits où elle régnait à l’état eiidé-
villa«p<! années. Mais il est certain que dans des
,es ou tous les inconvénients possibles se trouvaient réunis, aucun
màtiïrSoSosTerù'èfJnc,^ ■'««oivent ou non les
e Inyan de cliute des l.nlnnes de cli uj'^ie ^ l'cgonl, , -10(11101 vient iibonlii-
'''-'■is.Oi, con.;oiUaci^ " " «^Uâ-néi-aleineiit pas de niêine
i"-odui«enl des elTels dirféienls. ‘-'"■■"'«Iioii.s, dans ces dr-us sysléines d epoiils.
DE L’AlIl.
cas de fièvre typhoïde ne s’étail développé pendant de longues années : l’arrivée d’un seul malade a sulfi pour provoquer une épidémie qui a décimé la population. Parkes se rattache à l’opinion de Hudd, tout en faisant observer qu’elle soulève encore de nombreuses objections, et que certains faits ne peuvent que difficilement se concilier avec celte théorie. Après avoir lu le résumé très-sage et très-impartial de tous les faits connus que nous trouvons dans cet auteur, il est dilficilc de ne pas admettre que les deux causes dont il s’agit ont chacune leur paît de responsabilité.
Les caveaux funéraires renferment une atmosphère extrêmement viciée, et qui contient de fortes proportions d’acide carbonique, de carbonate d’ammoniaque, d’azote, d’hydrogène sulfuré, de suHhydrate d’ammoniaque et de matières organiques. aller Lewis a constaté que le gaz qui s’échappe d’un caveau qu’on vient d’ouvrir éteint les bougies allumées. On y trouve une quantité considérable de sporiilos de champignons et de germes d’animalcules. Il paraît démontré ,,ue les principes morbides de certaines affections peuvent s’y conserver pendant longtemps, et l’on cite des cas où l’ouverture d’une tombe
a donné lieu à l’explosion d une épidémie. ^
Il nous reste à parler maintenant des gaz qui sont lances dans 1 air nar la combustion. Ces émanations se répandent quelquefois dans l’atmosphère (usines, fabriques, cheminées), d’autres fois elles séjournent dans l’intérieur des appartements. Nous nous contenterons de signaler les produits développés par les principaux combustibles qui sont en
usage.
Le charbon de terre produit dé la poussière de carbone en suspension dans la proportion d’environ 1 pour 100 de son poids; de 1 ac.de carbonique, de l’oxyde de carbone en quantité d auUmt oue la combuslion est moins complète, de l’eau, enfin de ammoniaque et des produits sulfurés (acide sulfureux, ac.de sulfurique liydro^rène sulfuré, sulfure de carbone, sulfhydrale d ammoniaque^ .. „uanlilé de soufre que renferme la houille est exlré.nemenl vanah e de 0,5 à 7 i-our 100). Le bois produit une grande quanlilc d acide carbonique et d’oxyde de carbone, ainsi .pie de 1 eau, mais ne fou. ni point de composé sulfuré. Le charbon de bois fourmi par la comlu^^ lion les mêmes éléments, sauf l’eau, mais la quaulilo d acide carbonique est nalurcllcmenl beaucoup plus considérable, le chai ion t a
réduit à l’état de carbone prcs.iuc pur.
I c -17 d’éclairage, dont l’usage se répand de plus en plus, a le ^
a= ifiAr dégager da,.a Vair d'«„ a|„.a,.en,e,U les g,.-