ETHNOGÉÎSIE DE LA FRANCE
taul de taille est très-considérable, présentent néanmoins le minimum d'exemptions (Broca). Doit-on les considérer comme des colons cambriens, saxons ou autres?
Dans l’antiquité, les Carthaginois ont établi sur diverses côtes, surtout dans nie de Corse, des colonies de Libyens , de Gétules et de Numides, qui avaient plus d’un rapport ethnique avec quelques-unes de celles auxquelles on donna plus tard le nom de Sarrasins.
Les Sarrasins, en effet, ou Maures d’Espagne, étaient un peuple composé non-seulement d’Arabes musulmans, mais aussi de Berbères idolâtres auxquels s’étaient joints quelques Juifs. Dans la vallée des Bauges (entre le lac d’Annecy et Chambéry), vallée alpestre longtemps occupée par les Sarrasins, on retrouve encore de leurs descendants devenus chrétiens (Aubusson, dans le département de la Creuse, a aussi été peuplé en partie de Sarrasins).
Le peuple jia'/' est très-inégalement dispersé dans nos départements; tandis que dans les départements du Lot et de la Mayenne il n’y en a pas un seul, les Juifs sont nombreux dans ceux de la Seine, de la Gironde, des Boucbes-du-Bliône, dans l’ancienne Lorraine et surtout dans l’ancienne Alsace.
Le département du Bas-Bhin en comptait 20 935. Ils se font généralement remarquer par la couleur noire de leur chevelure, de leur barbe, de leurs longs cils, de leurs sourcils épais, saillants et bien arqués ; par leurs yeux foncés, grands et vifs ; par leur teint mat et par leur nc7, fortement aquilin et étroit à sa base; les os carrés étant excavés supérieurement et arqués inférieurement. Cependant on observe dans nos provinces de l’Est de nombreux Israélites, blonds ou roux, qui olTrent des caractères anthropologiques tout différents. On les désigne généralement sous le nom de Juifs allemands.
Ce type semble résulter du croisement des races germaines et slaves avec les anciens Juifs ; d’autres ne paraissent être que des restes de ces races germaines et slaves ayant adopté le judaïsme vers le neuvième siècle. Il n y a pas de blonds parmi les Juifs du Midi, dits aussi Juifs portugais, foutelois il y avait déjà des blonds parmi les Juifs de l’ancienne Judée, et la tradition représente Jésus-Christ sons les traits d’un homme blond.
Les Juifs algériens fournissent une mortalité relative inférieure nonseulement à celle des Européens, mais encore à celle des Arabes et des Maures.
En Allemagne, on a remarqué également que la population juive
\NTIIUOPOLOGIR.
s’accroît beaucoup, et (juc cet accroisscincul ne dépend |»as de la supériorité du chilTrc des naissances, mais du peu de mortalité.
On rencontre en France, dans nos provinces du Midi, près de Nîmes et de Perpignan, un certain nombre de Bohémiens, appelés aussi Gilanos, Zingares, qui paraissent provenir de l’Inde, où ils auraient constitué une tribu de parias vivant sur les rives de l’indus ; ils sont assez nombreux dans l’arrondissement de Mauléon (Basses-Pyrénées).
Je n’insiste pas sur le rôle ethnogénique des Anglais, des Espagnols, des Italiens, dont j’ai implicitement déjà parlé en traitant des races qui ont servi à les constituer eux-mêmes.
Quant aux Vaudois, aux Andorrans, aux Cagols, ils ont trop peu d’importance pour nous arrêter plus longtemps.
Il est impossible de terminer un article sur l’ethnogénie de la France sans parler du peuple qui a donné son nom au pays que nous habitons.
Les Francs n’étaient pas un peuple unique, mais une confédération de plusieurs tribus (Sicambres , Saliens, Bructères, Teuclères, Usipètes, etc.). Ils présentaient les caractères ordinaires des races germaniques. Cependant, pour plus de précision, nous rappellerons ces caractères qui ont été découverts par l’exploration de divers tombeaux de l’époque mérovingienne.
Les Francs présentaient une tête allongée, sous-dolichocéphale, avec un indice de-—^ (Broca), la face longue et ovale, les cheveux blonds, généralement une très-haute stature.
En Auslrasie les Francs se fixèrent en plus grand nombre ; aussi le type germanique y est-il plus prédominant qu’en ÎSeustrie.
Cependant les Francs, relativement peu nombreux, ont exercé une immense influence par le fait même de la conquête, ils ont constitué par leurs descendants une fraction considérable de l’aristocratie militaire au moyen âge et leur type se retrouve chez un grand nombre de familles et même chez beaucoup de Français qui sont loin de porter un nom historique et qui n’élèvent aucune prétention à la noblesse de race.
Nous ajouterons un mot sur quelques populations autrefois étrangères à la Franco, mais qui lui sont rattachées depuis longtemps.
La Corse renferme une population très-ancienne, à peine modifiée par les colonies étrangères qui se sont implantées sur le liltoi-al et dont
KTllNOGÉNIE DE LA FRANCE, les caractères ethnologiques paraissent se rattacher aux races ligure et ibérienne.
L'Algérie, qui lait aujourd’hui partie intégrante de la France, contient un grand nombre de races diverses : les unes récemment implantées par la colonisation, les autres en possession du sol depuis de longs siècles.
Nous n’énumérerons ici que les races que l’on peut dire autoclithones ou du moins antérieures à la conquête de 1830.
La race la plus ancienne est représentée par les Berbères comprenant les Gélules, les Numides, les Maures, etc. : c’est la population dont les descendants, comme étaient autrefois leurs ancêtres, sont sédentaires. Les Arabes, au contraire, immigrés surtout au moment de la conquête sarrasine, se font rcmanjuer encore aujourd’hui par leur vie nomade.
Enfin nous citerons les Nègres (de diverses provenances), quelques Turcs et les Coidouglis, c’est-à-dire les descendants des Turcs et des femmes indigènes.
Aujourd’hui encore la population se divise en Kabyles, qui représentent la population berbère, et en Arabes d’origine sarrasine. Les Maures et les Juifs constituent surtout la population des villes.
Les Européens habitant notre colonie sont principalement des Français, des Espagnols et des Maltais.
Quant aux autres colonies, l’étude de leur population nous entraînerait fort au delà des limites que nous nous sommes imposées.