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CHAPITRE PREMIER

COMPOSITION UES EAUX POTABLES

Classikication des eaux. — Toutes les eaux iicuvenl être classées dans ruue des divisions suivantes:

courantes.

1» Eaux douces

stagnantes.

2» Eau de mer.

5» Eaux minérales.

Eaux douces. — La pluie tombant sur le sol est l’origine de diflérentes espèces d’eaux dont l’ensemble peut être réuni sous la désignation A'eaux douces ou dieaux potables. Ce sont les seules dont nous aurons à nous occuper. L’eau de mer n’est pas une eau potable. Quant aux eaux minérales, leur étude n est pas de notre ressort ; elle appartient de plein droit à la thérapeutique, dont les sources tbermales constituent l’un des agents les plus précieux. Nous allons étudier les eaux potables en commençant par les eaux courantes.

eaux courantes

Eau.v de sources. — Les eaux de pluie peuvent couler à la surface du sol ou pénétrer profondément à l’endroit même où elles sont tombées. Si le sol est perméable elles s’y infiltrent peu à peu jusqu à une profondeur plus ou moins grande. Mais, à un niveau variable, elles rencontrent une couche infranchissable sur laquelle elles s’étendent, obéissant ainsi aux lois d'équilibre des liquides. Si cette couche iniperinéable existe sur un vaste espace, il se forme une espèce de lac souterrain. . , r . .

Pendant son trajet, l’eau se charge de principes minéraux divers.

Aussi les eaux de sources sont-elles de composition variable. Les eaux qui traversent les terrains secondaires sont les nieilleurcs. Les sources proviennent souvent d’une eau ipii a traversé des terrains calcaires et siliceux. Elles conlicnnent alors une cerUiiiie quantité de carbonate de chaux en solution, grâce à de l’acide carbonique libre, un ,,cu de silice et des chlorures de sodium et de magnésium, ainsi qu une , otite quantité de sulfates. Ces eaux peuvent être bonnes. Cependant, avant de i.énétrcr dans le sol, l’eau se charge quelquefois dune -raiide quantité de matières organiipics et d'acide carbonique ; 1 eau de la source coiiticnl alors trop de bicarbonate de chaux; quant aux matières organiques eu présence des sulfates, elles ilonnent naissance,

COMPOSITION DES EAUX POTABLES

par réduction, à des sullures qui à leur tour peuvent dégager de l’Iiydrogène sulfuré. Ces eaux sont évidemment mauvaises.

Les eaux de source ont ordinairement l’avantage d’être toujours lini- ])ides et d’offrii' une température constante. Certaines d’entre elles présentent même une température fort élevée. C’est ce qui a lieu, surtout pour les puits artésiens. On pourrait évidemment les utiliser dans l’industrie.

Si l’excès d’acide carbonique qui maintient le carbonate de chaux en solution se dégage, le sel se précipite. Cependant, lorsque les eaux sont captées à la source même, les dépôts se produisent moins facilement qu’à l’air libre. Ce n’est d’ailleurs qu’un simple retard, car l’incrustation se faisant peu à peu, les conduits finiront par être obstrués, comme on l’a vu, en moins de vingt ans, à Grenoble et à Lyon. D’ailleurs, en s’éloignant de son lieu d’origine, l’eau acquiert des propriétés physiques et chimiques de plus en plus différentes. Voilà pourquoi, sans doute, des rivières qui, près de leur source, paraissent impropres aux usages alimentaires, peuvent fournir, au contraire, à la population des villes qu’elles traversent après un long parcours, une boisson aussi saine qu’abondante. C’est ainsi que l’Isère, à Grenoble, le Rhône, à Lyon, donnent aux habitants une eau parfaitement salubre, tandis que ces mêmes rivières, à leur origine, traversent des vallées où règge le goitre endémique, dont la provenance est attribuée à la composition chimique de leurs eaux.

11 ne faudrait pourtant point supposer que les eaux de source ont toujours des propriétés nuisibles à la santé. En donnant la préférence aux sources dont la composition chimique ne laisse rien à désirer, on obtient une boisson qui, sous bien des rapports, est préférable aux eaux de rivières, presque toujours empoisonnées par des matières organiques dans un état de décomposition plus ou moins avancée.

11 est donc généralement admis que les villes, les établissements publics et les simples particuliers peuvent user sans scrupule des eaux de sources qui se trouvent à leur portée, à la condition que celles-ci ne présentent pas une richesse trop grande en matières minérales. Une bonne eau de source ne doit pas marquer plus de 20“ à l'iiydrotirnèlrc ; elle ne doit pas renfermer une proportion trop forte de sels calcaires et magnésiens, ni surtout de sulfate de chaux. Lorsipic la température est trop élevée, il suffira de la laisser refroidir pour en faire usage sans inconvénient. Nous ne parlons pas, bien cnlendu, des sources qui [irésentent des propriétés actives au point de vue médical, et qui doivent etie classées parmi les eaux minérales. On sait que la composition clii-

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