‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 172 sur 298 · HYDROTHÉRAPIE · texte numérisé non relu

HYDROTHÉRAPIE

En été, l’eau froide est d’un précieux secours pour corriger les mauvais effets de la trop grande clialeur; en hiver, elle maintient la chaleur propre en équilibre, en activant les combustions intérieures. Un des grands avantages, en outre, des applications froides quotidiennes, c est d’habituer le corps à supporter les brusques variations de température.

Il y a, pour toute application hydrothérapique, des règles générales dont on ne doit pas se déj)artir. 11 faut, en général, avoir chaud, que 1 application soit de courte durée, et se faire frictionner ensuite vigoureusement. Si l’on a recours à rimmersion, on doit se plonger rapidement dans leau; si l’on se sert de la douche, ou, si l’on fait des ablutions, il faut se faire mouiller rapidement toutes les parties du corps. Après les applications froides, il est bon de faire une promenade.

Lorsque le corps est en sueur, il n’y a pas contre-indication à l’emploi des applications froides, ainsi que nous l’avons dit plus haut en pailant des bains froids. Mais il faut qu’il n’y ait pas trop grande fatigue musculaire, ce qui amène toujours un abaissement de la cba- Icur propre. Aussi trouvons-nous lâcheuse d’une manière générale, tout en acceptant son application pour quelques sujets vigoureux, la méthode employée dans plusieurs établissements de gymnastique, où l’on fait suivre les exercices d’une douebe froide. Des applications tièdes ou tempérées auraient moins d’inconvénients, en ne provoijuant

pas de violentes réactions, et l’on serait à l’abri de tout accident fâcheux.

Chez les jeunes enlants, les applications très-froides doivent être rejetées, car ils se réchauffent avec difficulté. Une eau fraîche est préférable. Quant aux enfants à la mamelle, nous croyons que pour eux I eau lioide doit être absolument proscrite, en raison de la violence avec laquelle le froid les impressionne, et de la facilité avec laquelle ils contractent des rhumes et des phlcgmasies. On doit uniquement, dans ce cas, avoir recours à l’eau tiède.

Chez les enfants de sept à huit ans, les ablutions journalières modérément froides, mais très-courtes, sont d’une habitude très-salutaire; el CS aguerrissent les jeunes gens contre le froid, font fonctionner la pe.iu et é\itent les engelures. Avec la gymnastique sage, raisonnée et nen appropriée, elles constituent une pi'atique très-avantageuse pour développer le système musculaire, et empoeber le lymphatisme, ainsi que certaines névroses.

Chez les adolescents, il serait à désirer que, comme la gyninasi"|iie, l’hydrothérapie contribuât à l’éducation physique; elle ai-

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dorait an développement des facultés viriles cl de la force musculaire.

Chez les adultes, les pratiques liyclrotherapiqiics doivent être sijlmrdonnées à chaque constitution. Chez les personnes sanguines, leshains tièdes, renouvelés tous les huit jours, ou les affusions tièdes quotidiennes, nous semblent être la jiratique la plus avantageuse. Pour les tempéraments lymphatiques, il huit, au contraire, avoir recours aux bains froids, aux douches ou aux ablutions froides quotidiennes; en un mot, il faut employer tes moyens les plus excitants et les plus toniques. C’est pour cette raison que, dans ce cas, les bains de mer sont d’une gr.ande utilité.

Quant aux sujets nerveux, il faut craindre pour eux les moyens trop excitants, et souvent ils se trouvent mieux d’affusions tièdes que de douches froides. C’est ainsi qu’on devra, en général, leur défendre les bains de mer, dont la composition et la température produisent des effets contraires à ceux que l’on clierche pour ces sortes de tempéraments.

Les personnes prédisposées au rhumatisme ou à la goutte feront bien de s’habituer de bonne heure aux sudations et à l’usage de l’eau froide. Les sujets faibles, délicats, ceux que leur profession condamne à l’immobilité, doivent, pour entretenir le bon fonctionnement de la ]icau, faire chaque jour des ablutions froides. Il en est de même do ceux qui se livrent à un travail fatigant. Dans ce cas, l’eau modérément froide est préférable. Il est certaines professions dans lesquelles les ouvriers devraient se soumettre formellement, après le travail surtout, à des ablutions, ou prendre des bains; sans parler des professions fatigantespour le système musculaire, nous citerons les professions dans lesquelles les ouvriers sont exposés continuellement à l’influcncc dépoussiérés métalliques ou autres. Les poussières s’attachent à la surface de la peau et gênent son fonctionnement. Un lavage journalier serait nécessaire pour débarrasser l’épiderme do ces corps étrangers. Il serait donc à désirer que, dans cha(|ue usine, il y eût à la dispo!:ition des ouvriers une installation balnéaire (pii leur permit de se laver le corps chaque jour au sortir du travail.

Quant aux femmes, leur vie sédentaire et l’absence d’exercice musculaire trouveraient, pour leur hygiène, une compensation heureuse, dans des applications journalières d’eau froide ou fraîche à la surface du corps. Si, chez elles, ,1c système nerveux est prépondérant, cela tient à ce que l’absence d’exercice ne maintient pas dans l’ccononiie l’équilibre nécessaire au bon fonctioimcinent de Ions les organes;

n.viNs pum.ics.

njoiHons aussi que la fonction calaincnialo, la grossesse et l’allnileiMcnt conlril)iient également à Ijonleverser cet éipiilihre. L’Iiydrotlié- ♦ nipic pratiquée avec discernement peut donc, chez elles, aider à maintenir une harmonie convenable dans les fonctions.

A l’époque des règles, il est bon, quand il n’y a pas d’indication précise, de suspendre toute pratique balnéaire, bien qu’il ne puisse y avoir aucun, inconvénient, même aux applications froides, lorsque la femme y est habituée. Mais il y a dans le monde un préjugé à cet égard qui sera difficile à dissiper, ipie l’on peut respecter tant qu’il n’y a pas urgence, mais qui ne devrait pas arrêter le médecin dans certains cas. Nous nous abstiendrons d’insister, pour ne pas entrer dans le domaine de la thérapeutique.

Chez les femmes enceintes, les ablutions tièdes sont préférables aux applications froides. Ces dernières, employées imprudemment, pourraient provoquer des accidents qui ne sont pas à craindre avec des applications tièdes.

Quant aux nourrices, nous croyons devoir leur conseiller de s’abstenir de 1 emploi de 1 eau froide, car, appliquée inconsidérément, elle risque de ramener les règles; phénomène que l’on doit chercher à éviter. Chez elles, il faut donc se contenter de lotions on de bains tièdes.

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