‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 178 sur 298 · DE LA GYMNASTIQUE · texte numérisé non relu

DE LA GYMNASTIQUE

plicnoinènes cliimiques dont ils sont le siège; chez les hommes, a;s phénomènes ont pour limite les conditions premières de la respiration pulmonaire, trcs-insuflisantc chez les individus qui n’ont pas été accoutumés à la respiration méthodique, ou dont les tissus surchargés de matières hydro-carburées fournissent au moindre clfort une masse énorme de carbone à la combustion respiratoire.

L’homme tient le milieu, au point de vue de l’activité de la respiration, entre les oiseaux et les insectes, qui, pour un poids donné de matière organique, absorbent le plus d’oxygène et qui sont capables des e.n'orts les plus inouïs S et, d’autre part, les reptiles et les poissons, dont l’activité musculaire est bien moins considérable. ^ ;

La contraction musculaire est donc, en raison de 1 importance des phénomènes biologiques qu’elle provoque dans l’intimité du tissu le plus général, la fonction animale la plus importante de l’économie; celle qui est en quelque mesure la régulatrîtse de la respiration et de la circulation. En effet, bien que subordonnées dans leurs forces propres aux incitations du système nerveux, ces deux grandes fonctions dépendent quant à leur intensité et à leur régularité du travail qu’elles ont à accomplir, et ce travail, c'est la contraction musculaire qui leur en fournit les éléments.

Tout individu convenablement exercé doit pouvoir régler la consommation du poumon et le travail du cœur, et ce règlement s’e.xecule spontanément quand l’encombrement des tissus utiles par les détritus ne vient pas ajouter à la déperdition organique un excédant mtole-

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Mais au cœur et aux poumons no se limitent pas les effets de 1 exercice. Les fonctions de la peau provoquées par ses propres mouvements non moins (lue par le calorique dégagé suscitent imo perspiration sensi m ou insensible qui vient heureusement suppléer les poumons et les reins.

Tels sont les effets physiologiques (lue l’on doit attendre do la mise en pratique régulière des exercices corporels. 11 faut bien rcconnai rc que jusqu’à ce jour on n’est pas entré dans l’analyse rigoureuse de ces effets et que l’instinct comme l’expérience ont plus lait pour leur pro

pasation que la science de l’hygiéniste.

C’est en faisant sortir la théorie de la gymnastique du vague ( . lequel elle s’est tenue jusqu’à présent que l’on en hâtera le

Des exercices fonctionnels spontanés. - Quoique, en dcfinitixe.

• M. l'iatc.'.u a calculé .[u’un lion dcvrail faire de.s Donds une force égale a celle des grillons, dos sauterelles el des puces {lone ,nu.n. ■insectes. Itcriir des Iku-e Mondes, 18üÜ).

RXERCICtS.

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toiilc gymnastique fasse appel à l’innervation et à la contralion musculaire, il importe élans la pratiepic (le distinguer l’exercice particulier (le certains appareils pour distribuer le sujet avec quelque méthode.

Gynuiastique respiratoire. — On sait qu’à l’état normal la moyenne des inspirations chez l’homme adulte est de dix-huit par minute, et que chez les personnes non exercées ce chiffre peut être rapidement quintuplé; or, l’hahitude des exercices respiratoires doit permettre d’exécuter les plus grands efforts sans dépasser quarante inspirations par minute. Tout exercice cjui entraîne plus de cinquante inspirptions par minute n’est pas en proportion avec les forces de l’individu qui l’exécute. Tels sont les préceptes généraux relatifs à l’exercice de la respiration. 11 faut recommander aux gymnastes d’y apporter le plus grand soin et d’en faire l’objet d’instructions spéciales, et cela d’autant plus qu’ils ne figurent sur aucun des nombreux programmes qui ont été publiés par les gymnastes et adoptés pour l’instruction publique.

Le chant, la lecture à haute voix ['ioùïéruGions des anciens), doivent être considérés comme d’importants exercices pulmonaires; mais nous ne sommes pas partisan du vieux système, encore en usage dans les écoles primaires, de l’association du chant aux autres exercices. 11 ne faut pas dérober l’attention qui doit se porter sur le mouvement que l’on exécute, d’une part; d’autre part l’exercice suffit à la consommation de tout l'air inspiré, et il est dangereux d’y joindre une cau.se d’essouiflement aussi intense que le chant. L’exercice du chant et de la lecture à haute voix doit s’associer aux préceptes que nous venons de développer sur la gymnastique respiratoire.

De ta marche, de la com'se efdu saut. — Nous ne parlons pas ici de la marche, bien qu’à vrai dire elle constitue un important exercice. Mais elle rentre trop dans les usages de la vie quotidienne pour qu’il soit nécessaire d’en étudier les applications gymnastiques. Disons toutefois que l’attitude du corps et des pieds [doit être l’objet d’un véritable enseignement, car les enlànts et les jeunes gens prennent fréquemment des habitudes vicieuses qui engendrent des déformatiori ’, souvent définitives. Ainsi le pied se pose trop sur l’un de ses bords: les pointes sont trop en dehors ou trop en dedans, et ces défauts d'éducation de la marche sont graves; outre qu’ils ne permettent pas de supporter la fatigue, ils engendrent à la longue de véritables piedsbots. L habitude de renverser le corps en arrière favorise la formation des reins creux (ensellure lombaire) et l’obésité. Un homme adulte en bonne santé doit pouvoir aisément parcourir 90 mètres par ■uiiiute, et soutenir cette marche pendant huit heures. Le pas dit

DF. I.A r.YMNASTIOÜE.

accélfiré de l’infanlcrio est, d’après Michel Léw, de 110 par minute mesurant 71 mètres. Lcipas maximum est de 1D5 pas, soit n kilomètres à l’heure, avec une charge de 70 kilog. Ces chilfres sont bons à donner aux personnes indolentes qu’effraie la moindre marche.

La course est un véritable exercice gymnastique, trop abandonné en France. A lire les traités modernes de gymnastique, il semblerait qu’il n’en est plus question ; et cependant cet exercice est en quelque sorte fondamental. On sait qu’il jouait un rôle important dans la palestrique des anciens, et qu’il constituait l’épreuve suprême des jeux olympiques.

Physiologiquement, la course modérée, celle qui permet de parcourir 200 mètres par minute, est l’im des moyens les plus propres à développer les organes thoraciques, et à permettre aux poumons de fournir sans fatigue tout leur travail utile. Il est évident que ce n’est que par un entraînement pratiqué pendant la jeunesse que l'on peut arriver à acquérir les qualités du coureur, et encore faut-il les entretenir de temps à autre par un exercice progressif. Les coureurs anglais, que nous ne donnons pas comme modèles d’hygiène, sont parvenus à parcourir 50 lieues en 15 heures et à répéter cette performance après une nuit de repos. En 1858, Ilospool a parcouru 1 mille (1609 mètres) en 4 minutes 23 secondes. 10 milles ont été courus par Levelt en 53 minutes, soit plus de 4 lieues en 1 heure. Les coureurs arabes, les Rekas, qui sont maintenant disparus, couraient 20 heures par jour plusieurs jours de suite. Les Sais actuels du Caire courent devant les voitures aussi longtemps que les chevaux eux-mêmes et sans fatigue.

Ces faits prouvent que la course iCest pas une allure aussi étrangère à l’homme que l’on pourrait le supposer d’après nos lourdes habitudes. 11 serait du plus haut intérêt d’habituer nos jeunes gens à des exercices de ce genre, et de faire tenir une place dans l’éducation physique à des excursions gymnastiques qui seraient plus [intéressantes et plus utiles que les monotones promenades de leur collège. Pour celui qui sait courir, la marche n’est qu’un jeu, et il est d’ailleurs a noter que la course au milieu d’une marche, c’est-à-dire un changement d allures, repose le marcheur et lui permet de reprendre aisément un pas accéléré.

Mais il importe d’enseigner l’art de courir, et pour cela il faudrait que les gymnastes fussent eux-mêmes de bons coureurs; il faudrait qu’ils pussent suivre les élèves et les corriger quand ils jirennent de mauvaises attitudes. On veillera à ne jamais dépasser certaines limites au début de rentraîiicment, à ne pas lever les genoux trop haut, a raser le sol .sans y ])Oser le talon, a allonger la jambe aelivc, à tenir

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