CONSEIL D’IIYGIÈNE ET DE SALUBRITÉ DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE
Moi/cns d'assurer la salubrité des logements.
Aératio.x. - L’air d’un logement doit être renouvelé tous les jours, le matin les liis peut seulement par l’ouverture des portes it des fenêtres que l'on
£cXènt-.nss'’-®"?“'“n®"'®"- '«Sement : les cheminées y contribuent
pforndeur et , U sont méine indispensables dans les maisons simples en
L“oonn-ués • T) ‘l'^vraient toutes
V / <‘0>'C trop proscrire ta mauvaise habitude de boucher
ies ehemn ées afin de conserver plus de chaleur dans les chambres.
sorte quT duns^^!'!* possible, proportionné à l’espace du local, de
vidu ^nrlénon i ^ ‘'*‘“'"*'‘■0, il y ait au moins quatorze mètres cubes d’air par indi-
xiuu, indépendamment de la ventilation. '
œcnrnc d'dveTétV7l^”^'°^ “ü-
M>niinunicatio77 / Muo dans des cheminées, poêles et fourneaux qui ont une
de fumée 1a; rnke <^fj^rnur, même lorsque le combustible ne donne pas
Hier cas snm . ^o***®^ de charbon qui se trouvent dans cc der-
"lent brûlés P“'' •jomicoup de personnes comme pouvant être imiium'-
b.ules a découvert dan.s une chambre habitée. C’est là un des préjugés 1^.17
510 IIAIIITATIONS. - ÉDIIMCES. - IIUPITAL'X KT MATF.KMTKS.
riiclieux : il doniift lieu, tous les jours, aux accidents les plus graves; qucl-iue'ois iiihm;
il devient cause d6 mort. , , r a , ,
Aussi doit-on proscrire l’usage des hraserox, des poeles et calorifères iwrlatifs de mut eenre nui n'on pas de tuyaux d’échappement au dehors. Us gaz qui sont produiU pendant la combustion de ces moyens de chaulfage, et qui se répandent dans l’appartement. >!ont beaucoup plus nuisibles que la fumée de bois.
On ne saurait trop s’élever aussi contre la pratique dangereuse de fermer complètement la clef d’un poêle ou la trappe intérieure d’une cheminée qui contient encore de la braise allumée; c’est là une des causes d’asphyxie les ;plus communes. On conserve, il est vrai, la chaleur dans les chambres, mais c’est aux dépens de la santé et quelquefois
de la vie. . . , . ,
Soins de rnopnETÉ. — 11 ne faut jamais laisser séjourner longtemps les urines, les eaux de vaisselle et les eaux ménagères dans un logement. 11 faut balayer fré»iueininent les nièces habitées, laver une fois par semaine les pièces carrelées et qui ne sont i>as frottées les ressuyer aussitôt pour en enlever l’humidité. Le lavage qui entraîne à sa suite un état permanent d’humidité est plus nuisible qu’avantageux ; il ne doit donc p.is être
'^'^l^'orsque les'^murs d’une chambre sont peints à l'huile, il faut les laver de temps en temps, pour en enlever les couches de matières organiques qui s’y déposent et c|ui s y
accumulent à la longue. ,, , , ■
Dans le cas de peinture à la chaux, il convient d en opérer tous les ans le grattacC et
d’anidiqucr une nouvelle couche de peinture.
Tout papier de tenture que Ton renouvelle doit être arrache complètement , le mur doit être gratté et les trous rebouchés avant de coller de nouveau papier.
les cabinets particuliers d’aisance doivent être particulièrement ventiles, et, autant ([ue possible, à fermeture au moyen de soupapes hydrauliques.
Moyens d’assurer la salubrité des maisons.
Indépendamment du mode de construction d’une maison, quel que soit l’espace qu elle occûperoîille que soit la dimension des cours et des logèmenU. cette maison peut devenir insalubre :
1» Par l’existence de lieux d’aisance communs mal tenus ;
2- Par le défaut d’écoulement des eaux ménagères, le défaut d’enlevement d immondices et de fumiers, lé mauvais état des ruisseaux ou caniveaux ;
3» Par la malpropreté ou la mauvaise tenue du batiment, , ,
Cabinets d’aisance communs. — Il n’est guère de cause plus grave d insalubrité , un ^ul calÏÏ d’aisance mal ventilé ou tenu malproprement suffit pour infecter «ne maison tô t entière On évite, autant qu’il est possible, cet inconvénient en pratiquant a 1 un def mm‘s (lu cabinet une fenêtre suffisamment large pour opérer une ventilation et ,.our • llair en tenant, en outre, les dalles et le siège dans un éuit f *
is de de lavages fréquents. On doit renouveler souvent aussi le lavage du sol et cel i 1 aide de layag q ^ ^^3 c.abin. ls
îoit'ôtee ’clÔs au moyen d’une porte ; enfin il faut, autant que possible, éviter les angles
dans la au dévdî-seinent des eaux ménagères doivent
étreTarnie: de telle sorte que les eaux projetées .à nnterieur ne
Lire g «M /inhrtrQ 11 faut bicu SC tfardcr (Ic rcfoulcr îi truYcrs Ics ou^el lurcs dc la
J^rnTe'îufse teouve au fond d^s cuvettes les fragments solides dont l’accumulation ne tar-
Kî;.! avec la cuvette, afin d’empêcher l’ol.
u'ne^L'rialuairîîdÏ^^^ -la"s 'f ’l""' P":
11 ne la J’ , . , ,, i„ myaux aboutit à une pierre d’évier placée dans une
litm;;;e"rd,ins îim cuisine, on doit le tenir parfaitement fermé au moyen d’un tam-
'■"îry^f’toùjSravante à diriger les eaux pluviales dans les tuyaux de descente, de
'"LorsJuL- ics’teyàûx exhalent une luauyaise odeur, il faut les laver avec de I eau conlenanlau moins 1 pour UK) d’eau de javelle.
ÉDIFICES ininucs.
Une des pratiiiues les plus filclieiises dans les usages domestiques, et contre laquelle on ne saurait trop s’élever, c’est celle do déverser les urines daus les plombs d’écoulement des eaux ménagères.
l.es ruisseaux des cours et les caniveaux destinés au passage des eaux ménagères doivent être exécutés en pavés, eu pierre ou en fonte ; les joints doivent être faits avec soin, et les pentes régulières, de manière à empêcher toute stagnation d'eaux et à rendre facile le lavage de ces ruisseaux et caniveaux.
Les immondices des cours doivent être enlevées tous les jours; les fumiers ne doivcjit pas être conservés plus de huit jours en hiver et de quatre jours en été.
PiiopiiETÉ DU uATiMENT. — Rauyage. — Il faut balayer fréquemment les escaliers, les corridors, cours et passages; gratter les dépôts de terre ou d’immondices qui résisleni à l'action du balai.
11 est utile de peindre à l’huile les murs des maisons, façades, couloirs, escaliers; cette peinture empêche les murs de se pénétrer de matières organiques, mais il faut avoir soin d’en opérer le lavage une fois par an.
Lavage dd sol. — Les parties carrelées, pavées ou dallées, doivent être lavées souvent quand il s’ogit d’escaliers ou de sol de corridors; il faut les ressuyer aussitôt après le lavage, pour éviter un excès d’humidité toujours nuisible.
L'eau suffit le plus ordinairement à ces lavages, mais, dans les cas d'infection et de malpropreté de date ancienne, il faut ajouter à l’eau 1 pour 100 d'eau de javelle ou de chlorure d’oxyde de sodium. L’emploi du chlorure de chaux (hypochlorite) aurait l’inconvénient de laisser, à la longue, un sel hygroscopique (chlorure de calcium) qui entreliendrait une humidité permanente, contraire à la salubrité.
C’est en pratiquant ces soins si simples, d’une exécution si facile et si peu dispendieuse, que l’on tend à la conservation de la santé, en môme temps que l’on s’oppose aux progi’és des épidémies qui peuvent frapper, d'un moment à l'autre, toute une population.
ÉUIFICES PUBLICS,
L’hygiène ne pent intervenir dans la dispo.silion des édifices pu- Itlics (jue pour exiger que les conditions nécessaires au point de vue de la santé soient mises en rapport avec le but primitif que la société s’est proposé. Les actes publics, les cérémonies religieuses, l’instruction, la sécurité, la défense militaire, les plaisirs d’une grande ville, exigent des bâtiments construits et aménagés en vue d’un objet spécial. 11 s’agit pour l’hygiéniste de faire coïncider avec les règles de l’hygiène les dispositions exigées par la destination de l’édifice.
Edifices relûjicux. — Les magnifiques constructions monumentales qui de tout temps ont excité l’admiration des artistes, les calliddrales et les grandes églises du inogen âge, sont aussi mal construites que possible pour répondre aux besoins de l’hygiène dans nos climats Iroids et humides. L’immensité du vaisseau, l’absence de compartiments, le dallage en pierre, la forme en croix latine qui est généralement ado|)tée, tout en imjjrimantà l’ensemble un cachet de grandeur qui |tarle à l’esprit et qui satisfait lc.s yeux, .sont des obstacles absolument insurmontables aux règles prosaïijues du chauffage et de la ventilation. Comment échauirer l’énorme étendue d’une constiaiclion
M8 IIAItITATIONS. — KDIFICKS. — IKtI'ITAlIX KT MATEIlMTÉS.
pari'illc? Comment em])èchor des loiTenls d’air froid de lomber des voûtes sur les épaules des fidèles?
Ce n’est pas tout encore. On enterrait autrefois sous les dalles de l’église les corps de scs Lienfaiteurs, et les vivants venaient au.v heures des offices respirer les émanations de la mort. Cet usage est aujourd’hui coinplélcment abandonné, du moins en France, mais on continue à décorer par des vitrau.v magnifiques les fenêtres qui devraient servir à renouveler l’air, à donner de la lumière, et qui restent éternellement fermées, manquant ainsi à leur but primitif et à leur destination rationnelle. Aussi, nul endroit n’est plus propice au développement de certaines maladies, et il paraît à peu près impossible de concilier avec les exigences du confortable moderne les règles architecturales qui ont présidé à la construction de ces grands monuments de l’art et de la foi de nos ancêtres.
Sans doute on retrouve des dispositions analogues dans les temples antiques et plus spécialement dans ceux de l’Égypte, qui dépassent par leurs proportions colossales tout ce que la civilisation a pu enfanter depuis : de vastes espaces destinés à recevoir des foules immenses et qu’il est impossible d’amener artificiellement à une température égale. Mais les conditions climatologiques étant absolument opposées, ce qui constitue chez nous un défaut devient au contraire ici un immense avantage. On cherchait en Égypte à fuir ce soleil dévorant qui brûlait 1a plaine, on cherchait avant tout l’ombre, l’espace et la fraîcheur. Ces conditions se trouvaient admirablement réunies dans ces temples majestueux où des forêts de piliers massifs abritaient sous leur ombre le troupeau des fidèles. Quant aux temples souterrains, destinés sans doute à des cérémonies mystérieuses, ils échappaient évidemment aux regards des profanes et ne s’ouvraient selon toute apparence qu’aux seuls initiés. On le voit, ces vénérables prédécesseurs des civili.>^ilions modernes avaient admirablement concilié les règles du plus grand art avec les exigences hygiéniques de leur climat, et ce ne sera pas leur moins grand titre de gloire que d’avoir .su entretenir dans d’excellentes conditions de santé, suivant le témoignage unanime des historiens, une population de plus de vingt millions, dans un pays qui en nourrit à peine aujourd’hui trois millions dans les plus misérables conditions de l’existence.
Théâtres. — Dans nos théâtres modernes la disposition de la salle permet beaucoup mieux de remplir les conditions voulues ; mais il faut l’avouer, on semble bien souvent n’avoir qu’une préoccupation unique, trouver dans nu espace déterminé le pins déplacés possible. 11 est nvi-
ÉDIFICES Pimucs.
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(lent (|u’aucun arlifico de construction ne peut prévaloir contre une disposition seniblal)le. Néaninoius, pour opérer une ventilation convenable, il est des procédés qui sont connus depuis longtemps et qui sont appliqués partout avec plus ou moins de bonheur. Nous étudierons plus loin les moyens qu’il convient d’employer dans ce but.
Écoles el lycées. — Dans ces établissements, il faut pour réunir les meilleures conditions de salubrité pourvoir largement au renouvellement de l’air et à l’arrivée de la lumière. Les salles d’études et les classes devront offrir un espace en rapport avec le nombre d’élèves qu’on y rassemble, condition, pour le dire en passant, qui n’est presijue jamais observée.
La même remarque s’applique au\ dortoirs. L’infirmerie doit spécialemcni attirer l’attention. Elle doit être située dans un corps de bâtiment séparé, pour éviter la propagation de certaines épidémies qui se développent avec tant de facilité pendant les premières années do la vie. Il n’est pas moins important de veiller à ce qu’une température convenable règne partout dans l’établissement. Les enfants, comme on le sait, sont particulièrement sensibles à l’influence du froid. Nous no saurions donc approuver le précepte des médecins anglais qui conseille d’ouvrir les fenêtres des dortoirs pendant la nuit. Au reste, des cours et des jardins devront être annexés à l’établissement, toutes les fois que les circonstances le permettront, pour servir aux jeux, aux exercices et aux promenades des élèves.
Casernes. — Les principes que nous venons d’exposer s’appliquent plus rigoureusement encore aux casernes. La ventilation, l’air et la lumière y font presque toujours défaut par un motif fort simple, c’est que l’économie a présidé à toutes les dispositions adoptées. On cherche à utiliser de vieux bâtiments, transformés avec le moins de frais possible. On achète des terrains mal placés, mais d’une faible valeur ; enfin, la caserne une fois établie, on y entasse une population beaucoup tro|) nombreuse. Aussi peut-on dire avec M. Morache, qu’en règle générale, une caserne sera d’autant plus si^lubre qu’elle renfermera moins de soldats. Cette règle élémentaire, qui, sous une forme naïve, eX|)rime une 'erité très-importante, devrait être, scrupuleusement observée quand les besoins du service public ne s’y opposent pas formellement. Mais d serait possible, étant donné un certain espace, de l’utiliser plus avanlageuscmcut qu’on ne le fait. En France les chambrées sont trop vastes, elles contiennent de quarante à cinquante lits. En Prusse on ne réunit que huit à dix hommes, ce (pii est préférable à tous les égards. En tout t;as il est regrettable de voir la même pièce servir de dortoir, de