iO IIAHITATinNS. — ÉDIFICES. - IIOIMTVIIX ET MATEI'.NITKS
rolecloirc ol d’imljilalion. C’csl là, prôs do .son lit, que losoldal rôiinil loiil cc (ju’il possède, et l’on comprend (pic dans ces vastes pirèces dont la ventilation est toujours imparfaite les murs et les planchers ne Un dent pas à devenir des sources d’infection permanente.
Il faut exercer une surveillance spéciale sur la salle- di- police, qui est habituellement moins bien tenue que les dortoirs, et surtout sur les latrines qui peuvent facilement devenir un foyer d’infection par défaut de soins. Quel que soit le système employé, rien ne peut remplacer une propreté rigoureuse, et pour dire le mot, disciplinaire.
Prisons. — L’hygiène de ces établissements laisse beaucouji à désirer. On comprend d’ailleurs qu’un bâtiment construit au point de vue de la sûreté publique et destiné surtout à empêcher les évasions no peut pas remplir les conditions qu’on exige habituellement dans les habitations privées. Les portes, les fenêtres destinées à livrer largement passage à l’air et à la lumière, sont nécessairement bloquées et rétrécies, quand il s’agit de prisonniers. Il n’est pas jusqu’aux latrines elles-mêmes qui n’exigent des dispositions spéciales. Moreau Christophe a dit : n Tout ce qu’on peut, tout ce qu’on doit exiger d’une prison, c’est qu’elle ne tue point. » On doit cependant chercher autant que possible à concilier les exigences de police avec la santé des prisonniers. En général les prisons sont construites d’après un plan rayonnant; placé au centre, le surveillant doit jiouvoir plongei’ ses regards dans toutes les galeries qui correspondent à des secteurs.
Le préau, dans lequel les prisonniers prennent quelques instants d’exercice, offre une grande importance au point de vue de la sauté. 11 faut y répandre autant que possible l’air et la lumière, à la condition de ne point favoriser les tentatives d’évasion qui se produisent continuellement. Le système cellulaire, adopté dans divers établissements et plus encore à l’étranger qu’en France, a pour but d'isoler aussi complètement que jiossible le condamné. Dans certaines prisons, surtout en .Vmérique, les dispositions sont si habilement jirises, que |)cndant toute la durée de sa détention le condamné ne voit pas une figure humaine. Il porte des' chaussons de lisière jiour étouffer le bruit de scs pas, et lorsqu’il se rend à la cbapellc, la disposition des bancs lui permet de voir le prédicateur, mais en lui cachant scs codétenus.
Les effets de ce système sont très-rcmaripiables au point de vue hygiénique. Presque toujours ils se traduisent par une dépression générale au jiointde vue physique aussi bien (|uc sous le rapport intellectuel. Les facultés du prisonuicr s’émoussent, il dcAient moins intelligent, moins actif, moins cntreiircnant et surtout, dif-ou, il perd le
HOPITAUX
sens de l'ouïe. Certains détenus (inissent par être atteints d’aliénation mentale. Ce résultat pourrait se rattacher peut-être aux habitudes vicieuses qu une solitude absolue développe et favorise chez des natures primitivement grossières et pour la jilupart privées de toute culture intellectuelle. Le régime cellulaire est généralement abandonné, du moins en Europe, et, dans les établissements où on le conserve, on a mitigé la rigueur absolue du principe.
Les hôpitaux et les malernüés ont pour le médecin une telle importance, que nous croyons devoir entrer à leur sujet dans de beaucoup plus grands dévclo|)pements.
HOPITAUX
Historique. Les hôpitaux, dans le sens que nous attachons à ce mot, n existaient point chez les peuples de l’antiquité.
Les Indiens, d’après les recherches de la Société de Calcutta sur les antiquités indiennes, possédaient des hôpitaux pour les chats, les chiens, les lions, mais n’en avaient point pour les hommes. Les Juifs, comme les Égyptiens, les Chaldéens, exposaient les malades dans les carrefours, sous les portiques à l’entrée des temples, pour recevoir de la pitié ou de l’expérience des passants des conseils plus ou moins salutaires'. Les Grecs* ignorèrent jusqu’au nom des hôpitaux. Nosocoinium fut formé par les Latins de Nooov.op.siov, mot si nouveau qu’on ne le trouve chez aucun ancien auteur grec. Les Prytanées que iliu\e appelle Gerusiæ étaient des établissements dans lesquels e» Aieillards qui avaient rendu des services éminents à la patrie étaient entretenus aux Irais du public. On ne trouve, chez les Grecs cl les Romains, jusqu’à l’époque du christianisme, d’établissemenls Pn 'hes ayant avec nos hôpitaux quelque analogie que les temples ' sculape. Remarquons toutefois que tous ces temples étaient ordinairement situes dans des bocages pittoresques, non-seulement qui cnqiechaienl l’approche des vents insalubres, mais dont les exhalaisons douces et agréables purifiaient l’air. Dans les lieux dépourvus de OIS, 011 foimait des jardins autour de ces édifices sacrés, et l’on re-
■irlVaHLmu I8lï"”’ '‘es sciiMicos, bell,.s-lellrcs et
Mongey. hissertalioii'aur /'uiilitjuilr cU» hOpilmix. 1 780.
’itnive. ArchUerlura, liv, II, cliaj), viii.
5'i2 IIAniTATIrtNS. — KniFICKS. — IIOI'ITAIIX RT MATRIiNITRS.
cliorcliail aussi avec soin le voisinage des eaux iiiitu'Tales et llierluales.
Tout liomme malade se prcsentail librement dans ces temples, et il recevait d’une main hospitalière tous les remèdes que la nature et l’expérience pouvaient faire juger alors utiles à scs maux.
Aussi, les malades, après leur guérison, faisaient faire, dit Sprengel, en or, en argent, en ivoire, ou autre chose précieuse, le modèle de la partie du corps où ils avaient souffert, et celte offrande, à laquelle on donnait le nom de ava0/ip.a-ïa, était conservée dans le temple avec soin. Dans d’autres endroits, on avait coutume de graver sur des tablettes de métal ou sur des colonnes les noms des malades, le genre de maladie, et les médicaments qui leur avaient procuré la guérison*.
Les Asiatiques eurent les premiers des espèces d’hôpitaux qui portaient le nom de marastins. Rhazès était à la tête de celui de Bagdad. Mais ces hôpitaux, quoique très-remarquables pour le temps, étaient loin de ressembler à ceux du nôtre. C’étaient des sortes de caravansérails dans lesquels, excepté quelques voyageurs et indigents, les malades n’étaient admis qu’en payant. La ville fournissait l’édifice, qui alors, comme de nos jours encore, était un palais et que l’on continue d’appeler en l’erse le palais de la santé et quelquefois, à cause de l’infidélité et de l’avarice des administrateurs, le Pahis de la morl^.
Ere chrétienne. — C’est à cette époque que remonte véritablement la fondation des hôpitaux proprement dits, ainsi que des autres maisons de charité; et on conçoit combien de tels établissements étaient devenus nécessaires à cette foule de prosélytes et de catéchumènes qui, ayant renoncé aux biens périssables d un monde auquel ils ne voulaient plus appartenir, non-seulement dédaignaient tout moyen d’acquérir des richesses, mais encore négligeaient de pourvoir .à leur subsistance et à celle de leurs familles, se reposant de ce soin sur les secours des fidèles et sur les abondantes aumônes des souverains devenus chrétiens, et des grands de la terre convertis a la foi ’.
Eu Ô50, l’empereur Constantin fil construin;un hospice à Byzance. L’empereur Justinien construisit à Jérusalem en 550, le fameux hôpital de Sainl-Jcau. Cet exemple lut s>iivi avec tant d’émulation par ses successeurs, qu’ou voyait à Conslanlinoplc, selon M. Ducaiige, dans sou
' Mural. Dr l'origine des Mi>ilaiijr, ^
l’crcy n Willauim-, loc. rit.
'■ IVrey et Witimime, loc. rit.
HOPITAUX
coinmeiilaii'o sur l’Iiistoiro l)y/aiilino, jusqu’à Irenle-ciiiq iHal)lisseiiieuts do cimrité. Aucune espèce d’hos[)ice ou d’iiùpital n’avait clé oubliée' : les malades, les pauvres, les vieillards sains ou infirnios, les étrangers, tout âge, en un mot, et tout sexe, y trouvaient des soulageinents et des remèdes.
Julien, neveu de Constantin, tit non-seulement reconstruire les deux magnifiques hôpitaux fondés parSampron et Eubule, et qui avaient été brûlés, mais encore il en fit bâtir deux autres. 11 consulta, disent Percy et Aâ illaume, sur le projet et sur la distribution de ces deux pieux édifices, Oribase, son médecin qui, l’ayant accompagné à Lutèce, était retourné avec lui en Asie, s’en rapportant bien plus aux lumières de ce savant qu’aux talents de l’architecte, pour tout ce qui concernait la salubrité : en quoi il montra, sur les siècles futurs, une grande supériorité de raison et de sagesse.
L’an 580 ou 581 vit en Occident le premier hôpital proprement dit*. D’après saint Jérôme, Fabiola, dame romaine, construisit, jorD/m omnium, un hôpital (maison de campagne destinée à rassembler les malades et les infirmes qui étaient étendus auparavant sur les places publiques et à leur fournir tous les secours et aliments nécessaires). Cet établissement fut élevé hors de la ville et dans un air pur.
En France, les hôpitaux apparaissent vers le sixième siècle à Lyon, Autun, Paris, Reims. Dès lors ils se multiplient à l’infini. Les épidémies régnantes alors, puis bientôt les croisades, les rendent de plus en plus nécessaires.
C’est après son premier voyage en terre sainte que Louis IX agrandit l’Ilôtcl-Dieu de Paris fondé par saint Landry, et qu’il ouvrit l’hospice des Qninze-\ ingts à trois cents de ses guerriers, devenus aveugles. Nous devons faire remarquer que si, dans l’antiquité, on trouvait quelques .salles, garnies de lits, contiguës aux temples d’Esculape, on voit les premiers hôpitaux s’élever autour des églises.
Eiyl862, on comptait en France 1405 établissements hospitaliers’. Aujourd’hui, le nombre des maisons dépendant de l’ad-
' Koiocomium. Recept.iculum ægrotorum.
!‘obolrop/iium. l'eregrinorum et exetorum reccptaculuin.
Omlwn'ni l'tochulropliium. l’auperum et ineiidicantium liospitiiim.
<p>iumo trophmm. Locus üi'|)liaiiis sacer.
^rcpholropkium. Locus infantium |)aupcruiii educaüone dicatus.
aluntur'""’ ‘lue tum valctudinc luiu .scuio conlecii
l‘‘»«toc/uçum. Üiversorium gratuitum, imnc caravanserais.
^I^roiroplumn. Ameiitiuui et nepotum receptaculum.
Moiigey, ior. cit.
’ llrocldn. mcHomiaire encjclopédiqw des sn'enrrs mMicah,.
r.‘>4 IIAIIITATIONS. — ÉDIFICES. - IIOPITAI X ET MATEliMTÉS.
minislralion de l’As-sistancc j>ul)li(|iie e.sl de 17, dont 8 liôpilaiu généraux destinés au traitement des alTections aiguës, et 0 liôpitaux spéciaux où sont traitées les maladies d’une nature particulière'.
nONTAUX CÉNÉEtAÜX
2“ Hôpital de la Pitié ....
3° — de la Charité . . .
5üi — » »
4» — Saint-Antoine. . .
5° — Nodier
0° — Cocliin
7“ — Boaujon
8" — Lariboisière. . . .