‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 195 sur 298 · A”,. OS · texte numérisé non relu

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lour obtenir une température à peu près uniforme dans toutes les pièces, M. Léon Duvoir a donc fait arriver l’air chaud par en haut; cet

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r.(TS IIAUITATIONS. — ÉDIFICES. — IIOI'ITADX ET MVTEP.MTÉS.

air descend par nappes horizontales, poussé d’un côté par l’arrivée de nouvelles niasses d’air chaud, et de l’autre, par l’aspiration qui se l'ail au niveau du plancher, à l’aide d’une bouche d’appel, communiquant avec le loyer du calorifère. On obtient de cette manière une température à peu près uniforme dans la pièce; mais, comme l’a constaté M. Grassi, la ventilation est insuffisante. Nous nous sommes déjà cxpli- (jué sur ce point plus haut.

Il ne suffit pas de produire et de répandre la chaleur dans les appartements, il importe de la conserver. Indépendamment de l’arrivée de nouvelles masses d’air, absolument indispensables pour la respiration, la déperdition qui s’opère par les parois des maisons soustrait plus ou mbins rapidement le calorique. Supposons une pièce fortement chauffée et plus ou moins hermétiquement fermée ; c’est surtout par les fenêtres qu’aura lieu la perte de chaleur. C’est, en effet, une plaque de verre de quelques millimètres d’épaisseur, qui sépare l’air intérieur de l’air extérieur. Aussi dans les temps froids voit-on des aiguilles de givre, des fleurs de glace se développer sur les carreaux, en raison de la condensation de la vapeur d’eau contenue dans l’atmosphère de la chambre. Dans les pays du Nord on obvie à cet inconvénient en établissant des fenêtres doubles, séparées par une certaine étendue d’air qu’on dessèche en répandant du sel ou tout autre corps hygrométrique entre les deux carreauxi

Quant aux parois dos maisons, leur résistance à la déperdition de la chaleur dépend de la substance dont elles sont construites et de leur épaisseur. 11 on résulte que dans la plupart des maisons de Paris, les étages supérieurs sont beaucoup plus difficiles à chaulfer que les étages inférieurs. Les architectes, en effet, proportionnent 1 épaisseur des murs au poids qu’ils ont à supporter, et telle maison dont les parois ont une épaisseur d’un mètre au rez-de-chaussée, ne présente que des murs de 0"‘,50 ou de 0““,25 à la partie la plus élevée. En un mot. la question a été résolue plutôt au point de vue de la solidité des bâtisses qu au point de vue de l’hygiène et do la santé des locataires. Il faudrait, pour tout concilier, construire les étages supérieurs avec des matériaux j)lus légers ou plus mauvais conducteurs du calorique. Sous ce rapport, les briques creuses dont rintéricur se prête à la circulation de l’air et qui présentent avec un poids inférieur une solidité égale à celle des briques pleines, sont appelées à rendre de grands services. On comprend, en effet, cpio les habitants des étages supérieurs, exposés par le peu d’é])aisseur qui les entourent a .senlii

fXLAIRAGE.

bien plus vivement les vieissitudes de la température extérieure, sont dans des conditions analogues à celles des climats extrêmes, le Japon, la Chine, la Sibérie, l’Américjiie du Nord, le Canada, où la chaleur des étés et le froid des hivers sont également insupportables, tandis que les locataires des étages inférieurs, mieux protégés par les parois épaisses de leurs habitations, se trouvent placés par le fait dans un climat tempéré, comme celui de la France, de la Californie ou du Chili. 11 faudrait étendre ces avantages à tous les habitants d’une seule et même maison. Tel est du moins le vœu que peut former un hygiéniste. C’est aux constructeurs qu’il appartient de le réaliser*.

ÉCI.AinAGE.

La question de V éclairage peut être étudiée à des points de vue extrêmement divers. La construction des appareils, la nature des substances employées comme combustibles, les procédés divers à l’aide desquels on parvient à augmenter, à modérer ou à répandre la lumière, sont des questions du plus haut intérêt, mais qui ne relèvent pas directement de l’hygiène.

En se plaçant au point de vue des résultats qu’il s’agit d’obtenir, on peut dire que l’on cherche à se procurer le plus de lumière possible, avec le moins de Irais possible, et dans les conditions les plus favorables à la santé. Ce dernier point il faut bien le dire, est celui dont on se préoccupe le moins en général. En effet, les constructeurs, tes architectes, les ingénieurs, qui s’occupent de l’éclairage des édifices publics, ne songent que fort médiocrement <à la question hygiénique. Cn peut ajouter qu ils ne possèdent pas en général les connaissances neces.saires pour la résoudre. Beaucoup de lumière à bon marché, telle est leur devise. Elle ne saurait être la nôtre, et l’on verra bientôt pourquoi.

Nous avons examiné dans plusieurs des chapitres précédents, les altérations diverses que fait subir à l’atmosphère la combustion des diverses substances employées dans le but d’obtenir de la lumière. Nous nous proposons donc de n’étudier ici que les effets produits par les diverses espèces de lumières sur l’appareil de la vision.

On .sait que la lumière solaire la mieux accommodée aux conditions

travail* 'loinbi-cux emprunl.s que nous avons laits ravail (leM. Coulier (Art. Chauffage, in Dicl. cnegelopé, ligue, etc.).

l’excellent

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de In vie, est constituée par des rajons de diverses réfrangihililés et doués de plusieurs propriétés : éclairante, calorifique et chimique. Les rayons qui se rapprochent de la partie jaune du spectre solaire sont surtout éclairants; d autres sont surtout échaufl’ants; ils se rattachent principalement aux rayons rouges, et l’on sait que dans la partie obscure du spectre qui s’étend au delà, on trouve des rayons possédant des propriétés calorifiques, exerçant une influence sur le thermomètre. D’autres rayons enfin ont surtout une action chimique. Ils se groupent principalement autour de la partie violette du spectre solaire.

Combinés dans de justes proportions comme ils le sont dans la lumière du soleil, ces divers rayons jouent un rôle des plus importants au point de vue de la vie et surtout au point de vue de l’excitation physiologique de l’appareil visuel. L’œil a besoin de lumière pour ne point s’atrophier et la clarté du jour Ipi fournit ce stimulant indispensable. Mais les divers appareils dont se sert l’homme pour remplacer la lumière solaire ont tous, au point de vue hygiénique, des inconvénients plus ou moins manifestes. Aussi les gens de la campagne qui n’abusent point de l’éclairage artificiel paraissent consener presque toujours jusque dans un âge très-avancé, une vue beaucoup plus nette que les habitants des villes.

Cependant les divers procédés d’éclairage, qui tous au point de vue hygiénique sont défectueux, ne présentent pas à ce point de vue les mêmes inconvénients. Les plus avantageux sont ceux qui fournissent la plus grande quantité de lumière jaune; les plus nuisibles sont ceux qui joignent à leur pouvoir éclairant une puissante action calorifique et chimique. En effet, si la lumière est le stimulant naturel de la rétine, la chaleur et le pouvoir chimique lui .sont inutiles sinon nuisibles, le dernier surtout, quand il se trouve en e.xcès ; et les propriétés physiques des milieux de l’œil correspondent au besoin physiologique de l’organe. On sait, en effet, que toutes les substances ne possèdent pas la mémo diathermanéité. Or les milieux de l’œil, loin d’être opaques, sont extrêmement transparents. Ils laissent passer les rayons éclairants; mais, comme l’a démontré M. Janssen, ils sont en meme temps notablement athermanes et fluorescents (J. Regnauld), c’est-à-dire (ju’ils protègent les parties profondes de l’œil contre l’invasion des rayons doués surtout de propriétés caloriques et de propriétés chimiques, dont l’action est inutile à la vision et ])cut même lui être nuisible. Or, de toutes les substances emjdoyées pour l’éclairage artificiel, celles dont la combustion donne le

KCI.AinAGE.

plus de lumière jaune, proportionnel lemcnt à la lumière rouge ou violette, sont les corps gras, d’origine animale ou végétale : la cire, l’huile, les hougics, etc. L’éclairage le plus parfait, à notre point de vue bien entendu, est donccelui d’une bonne lampe alimentée par une huile suffisamment pure, ou bien celui de plusieurs bougies stéariques. Toutefois le prix considérable et toujours croissant de ces substances tend à leur faire substituer de plus en plus la lumière obtenue par des hydrocarbures d’un prix beaucoup moins élevé. C’est ainsi que le pétrole, et surtout le gaz de l’éclairage tendent à se substituer aux anciens procédés. Or la lumière qu’on obtient avec ces diverses substances, et surtout le gaz, est extrêmement riche en rayons doués principalement de propriétés calorifiques, et tend, par conséquent, à congestionner le globe oculaire. Il n’est donc pas douteux que l’éclairage au gaz est une cause puissante d’affaiblissement de la vue. Qu’on fasse usage de ces moyens économiques et puissants dans les édifices publics, dans les théâtres, dans les vastes salles où se réunit un public nombreux, enfin sur nos places publiques et dans nos carrefours : le mal .est moins grand, on raison même de la diffusion extrême de cette lumière. .Mais nous ne saurions assez blâmer l’emploi du gaz, surtout s’il n’est pas soumis à un régulateur, dans les salles d’études, dans les amphithéâtres, et chez les particuliers qui travaillent le soir. Aussi est-ce avec le plus vif regret que nous voyons cette méthode importée d’Amérique se généraliser dans les pensions et les collèges, où l’on a cru sans doute réaliser un progrès, en substituant l’éclairage au gaz aux lampes à l’huile dont on se servait autrefois.

Quant à la lumière de l’arc électrique dont on fait un grand usage pour les travaux publics, elle soulève les mêmes objections, mais avec plus de force encore. Elle est riche, en effet, en rayons dont I action sur les milieux de l’œil est encore plus pernicieuse que celle des rayons calorifiques. Aussi bon nombre des ouvriers employés à ces travaux nocturnes ont-ils perdu la vue par suite de cet éclairage lirolondément dangereux Nous ne saurions donc nous ranger à l’opinion deM. le docteur Gallard, qui, dans un article récent*, se demande SI dans 1 avenir « on ne trouvera pas moyen de répartir la lumière électrique, ou magnésienne, ou toute autre analogue, de façon à ce qu’elle puisse être avantaqememanl substituée à celle du gaz pour l’éclairage public

Cette combinaison pourrait être avanlatjeuse sous le rapport pécu-

’ Dict. lie mrdccim; H de cUirurtjie pruHques («rt. Éclairage).

ri72 HABITATIONS. - ÉDIFICES. - IIOHTAI X ET MATEBMTÉS.

ninire; mais au point de vue de l’hygiène, elle ne préscnlcrail aucun avantage sérieux et pourrait multiplier le nombre des amaurotiques chez les habitants des villes où elle serait adoptée.

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