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SITUATION

Les causes qui président à ce grand déplacement sont de l’ordre de celles que l’on constate sans pouvoir les modifier. Qu’on applaudisse à celte concentration, ou bien qu’on la déplore, il est impossible de remonter le courant. 11 s’agit pour l’hygiéniste d’en régulariser les effets et d obtenir les meilleurs résultats que comportent les circonstances dans lesquelles il est placé.

Lorsqu’on étudie l’hygièue des villes, il faut en considérer tout d’abord la situation, 1 altitude, la constitution du sol, la distribution des eaux et la prédominance des vents régnants. Chacune de ces considérations exerce une influence considérable sur la santé des habitants.

D après M. Fonssagrives, on peut les diviser en villes de plaine, villes de vallée, villes pélasgiennes ou maritimes, villes Iluviatiles, villes lacustres et villes paludéennes.

Les villes de plaine sont celles qui reposent sur un sol peu élevé au-dessus du niveau de la mer et qui, se trouvant en pays plat et à une assez grande distance des cours d’eau, ont pu se déployer à l’aise sans obéii à des nécessités de configuration. On pourrait indiquer Chartres comme un type, à cet égard, bien que la présence de l’Eure puisse le ranger parmi les villes fluviatiles. Mais ce cours d’eau n’a pas en cet endroit 1 importance qu il aura plus tard. En thèse générale, les villes de plaine jouissent de conditions hygiéniques favorables, la condition

que le sol y soit disposé de manière à empêcher la stagnation des eaux.

Les villes de vallée sont situées dans des couloirs plus ou moins étroits qui ne reçoivent que très-imparfaitement les rayons solaires. Plus la vallée est étroite et profonde, plus elle est insalubre, et il n’est pas douteux que le crétinisme et le goitre, que l’on rencontre des degrés divers dans toutes les localités de cet ordre, ne soient dus en partie à 1 action de cette cause fondamentale.

Los villes maritimes se trouvent placées au contraire dans des conditions absolument opposées. Elles offrent, comme le dit M. Fonssagnves, les avantages et les inconvénients du bord de la mer sous le rapport de la température, de la pureté et de l'humidité de l’air, du régime des vents et des émanations pélasgiennes. Les villes maritimes sont tantôt placées .sur des mers qui offrent de grandes variations de niveau, tantôt au contraire, dans des endroits où la marée ne se fait pas sentir. Le mouvement de l’eau occasionne un grand apport de malercs organiques, qui sepulréficnt sur le rivage en empoisonnant Fatmosphère. Elles sont plus malsaines que celles qui sont situées aux "ords des mers qui n’ont pas de marée, à moins cependant que la

58ü IIYCIÊNE DES VILLES ET DES CAMPAGNES.

disposition du port ne soit un obstacle à ramcnagcinent convenable du régime des égouts. C’est ce qui existe à Marseille jtar exemple, où l’infection du port est devenue l’une des principales préoccupations de la cité.

Les villes fluvialiîes sont quelquefois situées sur un seul coté d’un fleuve, quelquefois sur les deux côtés, quelquefois au milieu sur une île environnée par les eaux. Telle a été l’origine de Lutèce qui, se développant plus tard sur les deux rives du fleuve, est devenue Paris. En thèse générale, la présence d’un fleuve est pour une ville un élément de salubrité; il crée, en effet, dans le sens du courant un déplacement d’air qui correspond à une cheminée d’appel, et constitue un agent de ventilation des plus énergiques. En même temps la présence d’un cours d’eau est une ressource précieuse pour l’approvisionnement de la ville, aussi longtemps que son développement ne devient pas disproportionné aux dimensions du fleuve qui la traverse. Mais lorsque le fleuve est converti en égout par toute les déjections d’une population nombreuse, par toutes les immondices d’une grande ville, il devient une cause d’insalubrité, non-seulement pour les villes qu’il traverse, mais encore et surtout pour les localités situées au-dessous du grand foyer d’infection. Nous avons eu l’occasion d’étudier ce sujet à propos de la pollution toujours croissante de la Tamise à Londres, et de la Seine à Paris.

Les villes lacustres, situées au bord d’un lac ou construites sur pilotis comme Venise, se rapprochent beaucoup des villes paludéennes, avec cette différence que l’humidité y est bien plus grande et l’absence des poussières beaucoup plus remarquable. Ces influences, évidemment fâcheuses au point de vue de f’hygiène, peuvent être combattues par l’activité des vents et c’est précisément ce qui arrive à Genève, où l’action successive des vents du nord et du sud produit un climat rude, mais relativement sain. Au reste, l’influence de la température doit entrer ici en ligne de compte, car plusieurs des villes de la Hollande, situées dans des conditions presque identiques à celles de A cuise, ne présentent point la même insalubrité. On critiipic cependant tresséricusemcnl la condition hygiénique de Lille et celle d’Amiens, qui sont aussi des villes de canaux, et (jui peut-être n'offrent point tontes les ‘garanties que devrait présenter une bonne administration.

Quant aux villes palustres, il est inutile d’insister sur Tiusalubrile de leur situation; mais ce qu’on ne sait pas généralement, cest (]uc presipie toutes les villes situées a 1 embouchure des fleuves se liouviut plus ou moins complètement au milieu d’un marais. Du reste, il n est

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