NATURE ET DISPOSITION DES TERRAINS
brité (les villes, mais cjui joue un rôle beaucoup moins important que la nature et la disposition des terrains sur lesquelles elles sont assises.
Au point de vue géologique, M. Fonssagrives divise les villes en cinq catégories : villes rocheuses, villes sablonneuses, villes argileuses et alluvionnaires, villes assises sur des terrains artificiels, villes sur pilotis. 11 est incontestable (jue les villes assises sur le roc sont les plus salubres de toutes, pourvu que d’autres conditions ne viennent point altérer la santé des habitants. En effet l’imperméabilité du sol ne permet pas au terrain de s’imprégner de matières infectieuses. Quant aux villes assises sur un fond sablonneux, elles sont saines si le sous-sol est perméable. Lorsqu’au contraire il est argileux, la stagnation des eaux peut infecter le sol. On conçoit, par conséquent, que la salubrité de ces villes soit très-inférieure à celle des cités bâties sur le roc. Les villes situées sur des terrains d’alluvion présentent, comme nous l’avons déjà dit, tous les inconvénients des localités marécageuses. Leur position est incontestablement insalubre. 'Loutefois, c’est ici que l’art peut le plus aisément corriger la nature et l’on sait, par exemple, quel progrès ont fait faire à la santé publique les travaux entrepris à Calcutta par le gouvernement anglais. Les villes assises sur des terrains artificiels ont ordinairement un terrain poreux, humide et sujet à s’infecter soit par les détritus qui pénètrent dans le sol, soit par la nature même de ces terrains artificiels. Plusieurs quartiers de Calcutta sont bâtis sur des élévations de terrains produites par l’accumulation des immondices de celte ville. Mais, au dire de certains observateurs, ces détritus organiques mêlés de poussières minérales prennent très -rapidement l’aspect de la terre et perdent leurs propriétés délétères au bout d’un court espace de temps. 11 n’en est pas ainsi pour le sol factice constitué par les cendres des savonneries, sur lequel s’élèvent certains quartiers de Marseille. Ces résidus sont constitués par un mélange de sulfate de chaux, de sulfate de calcium, de craie et de fragments de houille. Dans un intéressant mémoire, M. le docteur Maurin caractérise de la manière suivante les effets produits par ces détritus industriels ; « Si l’on uliliseces cendres pour remblayer des terrains, toute trace de végétation disparaît, et pendant les premières années, de petits feux volcaniques apparaissent çâ et là sur leur surface. Les llammes résultent de l’excessive chaleur produite sur certains points, par la réaction qui s’opère sous l’inlluence de l’humidité et de la combustibilité du gaz sulfhydrique qui eu est le produit. Plus lard, ces volcans en miniature, ne se rencontrent plus.
dOü IIYÜIÈNE DES VILI.ES ET DES CAMPAOXKS.
Les sullurcs des résidus de la couche extérieure exposés à l’action de l’air ambiant, de l’humidité et de la lumière, perdent leurs caractères physiques et leur action spéciale. Les terres qui constituent cette couche extérieure désagrégée, blanchâtre, ne conservent pas moins, malgré cette transformation, des propriétés malfaisantes. »
Quant aux villes bâties sur pilotis, elles ne peuvent conserver un certain degré de salubrité, que grâce à des travaux incessants et à une police sévère, qui entretient une propreté absolument indispensable, dans de pareilles conditions, à la santé publique.
Une condition des plus importantes, nous le fait justement remarquer M. Fonssagrives, est la situation des villes par rapport aux eaux souterraines. Une ville placée au fond d’une cuvette, dominée par les hauteurs qui l’entourent, est nécessairement humide. Mais il en sera nécessairement de même, quelle que soit la situation de la cité, quand la première couche imperméable est superficielle. L’eau retenue à, une faible profondeur remonte aisément jusqu’à la surface où elle entretient une végétation d’ordru inférieur ; lorsqu’au contraire, la couche argileuse est profonde, les eaux souterraines sont assez éloignées de la surface du sol pour n’y exercer aucune influence fâcheuse. On peut donc dire, avec M. Fonssagrives, que la profondeur des puits d’une ville est la mesure de la salubrité du sol.
Occupons-nous maintenant des conditions que doit remplir toute ville, quel que soit le terrain géologique sur lequel elle repose, pour jouir d’une salubrité au moins relative.
Il est à peine nécessaire de rappeler que le premier de tous les éléments de l’hygiène est la propreté. Des soins assidus, une surveillance et un volume d’eau proportionné aux besoins de la ville, sont des conditions que rien ne peut remplacer. Ces données une fois établies, voyons quelles sont au point de vue théorique les meilleures dispositions à prendre.
Une ville se compose essentiellement de rues et de maisons. Nous avons déjà parlé des règles qui doivent présider, au point de vue hygiénique, à la construction des édifices privés et publics. Il nous reste à étudier les voies de communication qui les relient. Une rue est en général un intervalle laissé entre deux rangées de maisons. Des dispositions accessoires peuvent en modifier réêonomie générale. Mais d’une manière habituelle, les rues répondent à la définition que nous venons do donneT; leurs dispositions seront donc subordonnées en grande partie à la construction des maisons, aux mœurs des habitants et aux besoins du climat.