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Dans la plupart des villes d’Orieiit, des couloirs étroits, tortueu.v, irréguliers et malpropres séparent les maisons qui n’ont point accès sur la rue, si ce n’est par une porte basse, et dont les fenêtres donnent sur une cour intérieure. Cet état de choses, qui se rattache en partie au climat, en partie aux mœurs et à l’état de civilisation ne diffère pas sensiblement de celui que présentaient au moyen âge les cités les plus importantes de l’Europe. Des maisons irrégulièrement construites, souvent disposées de manière à empiéter, par leurs étages supérieurs, sur le peu d'air et de lumière que laissaient les parois par trop rapprochées, une chaussée non pavée, des immondices partout, telle était la physionomie de la plupart des villes, môme les plus célèbres, il y a quelques siècles, et les vestiges de cet état de choses nous entourent encore aujourd’hui. Parcourez les vieux quartiers d Edimbourg, ou les quartiers pauvres de Londres, et vous y trouverez, à quelques pas des constructions les plus splendides, les restes d’un état de choses qui tend à disparaître. A Paris même, malgré les améliorations incontestables qui s’y sont produites depuis quelques années, on trouve encore des mes étroites, au point de nous paraître inhabitables, au centre des quartiers les plus opulents. Nous nous contenterons d en citer un seul exemple ; la rue Visconti, où mourut Jean Racine, ne semble guère faite maintenant pour loger un honnête bourgeois de Paris.
Aujourd’hui, dans toutes les villes d’origine nouvelle, ainsi que dans les quartiers nouveaux des villes anciennes, on s’est occupé de donner un développement suffisant aux voies de communication qui servent à la circulation urbaine et l’on a cherché, par des travaux régulièrement poursuivis, à améliorer les dispositions déjà existantes. Pour étudier cette question dans tous les détails qu’elle comporte, nous suivrons la division adoptée par M. bonssagrives, et nous examinerons successivement la longueur des rues, leur largeur, leur profondeur, leur forme, leur pente, la nature de leur revêtement, enfin, les accessoires.
La longueur habituelle des rues dans les grandes villes varie de 50Ü mètres à 1 kilomètre. Il en est cependant plusieurs, soit à Paris, ondres, Saint-Pétersbourg, etc., qui dépassent considérablement ces proportions, surtout si l’on tient compte des rues, qui, s’ajoutant les Unes aux autres et poursuivant toujours la même, direction, finissent par constituer, sous des noms divers, un canal d’une longueur presque Indéfinie. Cette disposition n’est pas sans offrir quelques inconvénients pour 1 hygiène. La ventilation se fait mal dans ces longs couloirs, maigre les rues transversales qui les coupent. 11 faudrait, sous le rapport
IIÎGIÉNE DES VILLES ET DES CAMI’AGNES
(le l’hygiène, (jue des jardins, des squares, des places vinssent interrompre de temps en temps la continuité de cette ligne droite. Cette condition, qui se trouve à peu près remplie pour la rue de Rivoli, n’est que très-imparfaitement observée pour la plupart des longues rues de Paris .
Si la longueur des rues peut, dans une certaine mesure, être abandonnée au.v inspirations individuelles, il est évident que leur largeur est soumise cà des règles plus étroites. Il est incontestable que dans le Nord, des rues spacieuses sont indispensables à la salubrité d’une ville, leur ouverture favorise l’évaporation, vient en aide à la ventilation et permet à la lumière dont le climat est avare, de pénétrer jusqu’au fond des cours et des maisons. Des conditions différentes semblent être préférées dans le Midi. Ici l’on recherche, là, on évite le soleil; aussi les rues des villes méridionales sont-elles en général beaucoup plus étroites que dans les pays du Nord. 11 est cependant probable qu’avec le développement de la civilisation et l’augmentation du mouvement, on tendra toujours de plus en plus à élargir le diamètre des voies urbaines. D’après M. Fonssagrives, dans les pays chauds, le maximum de largeur d’une rue ne doit pas dépasser 12 mètres; lorsqu’elle est portée au delà de ce chiffre, elle doit être bordée d’aicades latérales, comme celles de la rue de Rivoli, qui ménagent aux passants un abri contre les ardeurs du soleil. Dans les pays froids, il ne saurait évidemment y avoir aucune limite hygiénique à la largeur de^ voies publiques. Quant aux impasses et aux passages, qui jouent encore un très-grand rôle à Paris, l’hygiène doit les proscrire, ce sont des réservoirs d’air confiné, qui ne présentent, au point de vue de la salubrité, que des inconvénients sans aucune compensation.
La profondeur des rues est déterminée par la hauteur des maisons. Comme le dit M. Fonssagrives, « les maisons transforment une rue en une vallée plus ou moins creuse, dont le fond est figuré par la chaussée, le gave parles ruisseaux, les collines adjacentes par les maisons. » Or, comme les vallées encaissées sont notoirement insaluhres, on doit évidemment établir une proportion convenable entre la hauteur des maisons riveraines et la largeur de la chaussée. En thèse générale, les maisons les plus élevées se trouvent dans les villes dont la population, pour un motif quclcompie, a dû se concentrer sur place sans pouvoir s’étendre librement en plaine. C’est ce qui arrive, par exemple, a Genève, à Lyon, à Edimbourg. Cette dernière ville est, dans le monde entier, celle qui a les maisons les plus haulcs, surtout dans les vieux quartiers. La proportion adoptée à Paris, (|ui est extrêmement varia-