INHUMATIONS ET CIMETIÈRES
L’accroissement de la population, depuis celte époque, a sans doute augmenté la quantité de ces débris.
Transportés à \'ahaUoh\ les animaux vivants sont assommés, leur sang est recueilli, desséché dans des chaudières de fonte, et vendu à l’état de poudre inodore aux fabricants de produits chimiques. Les animaux morts sont déposés immédiatement dans des stalles d’abattage; les peaux sont enlevées pour être expédiées aux tanneries; les intestins sont crevés pour en extraire le crottin, que l’on mêle aux engiais labriqués; les chairs, les os et les viscères subissent une cuisson de 8 à 9 heures, dans de grands cylindres de fonte verticaux qui reçoivent la vapeur s’échappant d’un générateur commun. Celle-ci, condensée, redescend dans un double-fond avec la graisse liquéfiée qu’on recueille dans des barils ; le bouillon s’écoule dans la rivière. Quant aux résidus solides, ils sont transformés en sels ammoniacaux, en gélatine, en huile, en noir animal et en engrais.
On reproche à 1 abattoir municipal les e.xlialaisons infectes qui s’en dégagent; on 1 accuse aussi de représenter une industrie des plus insalubres. Les animaux morts donnent lieu, pendant leur dépècement, à des exhalaisons putrides d’une grande puissance. D’ailleurs, les chevaux atteints de morve ou de farcin, les animaux morts du charbon y sont amenés en grand nombre et produisent des accidents d’infection, quelquefois mortels, chez les ouvriers.
Enfin, il est des voiries placées dans des conditions infiniment plus défavorables; celles, par exemple, où l’on recueille le sang pour le putréfier, celles surtout où l’on expose les intestins des animaux à l’air libre pour engendrer les asticots destinés à la pêche à la ligne. Ces industries devraient être prohibées par les règlements de police. Quant aux cadavres d’animaux, il serait peut-être préférable de les détruire mimediatement par la crémation ou par le contact de la chaux vive •
1 industrie y perdrait, mais la santé publique y aurait tout à ga-mer! c sont la, d’ailleurs, des questions encore à l’étude, et qui n’ont point (douve jusqu’à présent leur solution défiiuTivc.
INHUMATIONS ET CIMETIÈHES.
Dans tous les pays du monde, et à toutes les époques de l’histoire, in lumation des morts a clé une cérémonie solennelle, entourée de pompes funèbres en rapport avec la position du défunt. Les prescrip lions de l’hygiène se trouvaient ici complètement en accord avec les u»ecs religieuses et les coutumes politiques, car il est évident que toute
0Ü8 HYGIÈNE DES VILLES ET DES CAMPAGNES
aggloméralion de vivants doit faire disparaître le cadavre des morts. .\u reste, il ne se présente ici de diflicultés sérieuses qu’aux époques où la population s’est multipliée et a pris une densité comsidérable. Les peuplades qui traversent de vastes espaces à peine habités n’éprouvent aucune difficulté à disposer des cadavres; mais dès l’antiquité la plus reculée, nous trouvons des populations fort denses et relativement civilisées, en Egypte, en Chine, en Assyrie et ailleurs.
Dans tous les pays primitifs, à l’aurore de la civilisation, c’est la religion qui a fixé le mode des funérailles. Ce sont les idées de chaque peuple sur la vie future qui déterminent le genre de sépulture qu’ils choisissent pour les leurs. En Egy pte, du plus loin que l’histoire puisse remonter, la pratique des embaumements nous apparaît comme une coutume officielle et consacrée par d’antiques traditions. Cette méthode d’ensevelissement, quelle que soit son origine, se trouvait admirablement en rapport avec les conditions physiques du pays, son étendue et son climat. Une bande étroite de terrain cultivé sur les deux rives du fleuve, entourée de tous côtés par des déserts arides, devait suffire à l’alimentation d’une population beaucoup plus nombreuse qu’elle ne l’est aujourd’hui. Il fallait donc de toute nécessité éviter les dangers de la décomposition des corps sous un climat torride et transporter les sépultures dans le désert, en dehors de la zone cultivée, pour économiser un terrain précieux. Telles sont les conditions fondamentales qui ont présidé au système égyptien. Quant aux additions qui, dans le cours des siècles, s’y sont ajoutées, et qui ont transformé de modestes sépultures en palais souterrains, il laut y voir 1 empreinte des idées religieuses qui ont dominé ce pays célèbre pendant plus de six nulle ans.
En Chine, le culte des ancêtres, qui parait aussi ancien que les rites funéraires de l’Egygte, a déterminé l’emplacement et la disposition des tombeaux, ainsi que les soins assidus dont ils sont l’objet et qui profitent directement à l’hygiène, tout en donnant satisfaction au sentiment naturel des familles. Si nous remontons plus loin encore dans l’iiisloirc de l’espèce, à une époque antérieure à toute civilisation connue, nous voyons les peuplades préhistoriques de l’Europe entourer de cérémonies bizarres l’inhumation de leurs morts et les ensevelir d’apres des règles déjà |)arfaitemcnt fixées, ainsi (lue l’altestcnt les caveaux funéraires qu’il nous ont laissés. Ce (]ui se passait alors, nous pouvons eu juger par ce ijui se pratique encore aujourd’hui chez les peuplades dont la civilisation semble être parvenue au même degré que celle des habitants primitifs des pays où vivent les européens d’aujourd’hui. En résumé, c’est la religion; c’est, si l’on veut, la mythologie qui, a