‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 235 sur 298 · CI.IMATS CHAUDS · texte numérisé non relu

CI.IMATS CHAUDS

M. Vauvray a signalé en ! 871 , à Port-Saïd, une épidémie de fièvre des dalles, ainsi nommée, sans doute, parce qu’elle se présente au moment de la récolte de ces Iruits; pour lui, cette maladie n’est autre chose que la dengue.

D’après les écrits de Primer, la maladie existe dans la basse Égypte. Selon le chroniqueur Gabarti, elle a régné l’an 1193 de l’hégire (ère chrétienne 1779) au Caire et dans ses environs, avec une grande intensité; on l’y voit encore en août 1845, et plus tard elle se montre à Alexandrie. Primer l’avait vue en 1835 sur la côte arabique (Hirsch).

Les affections cutanées s’observent également sous les climats chauds. A Biskra et dans toute la région des Zibans on observe, particulièrement à l’époque des grandes chaleurs, l’affection tuberculoulcéreuse connue sous le nom de boulon de Biskra ou des Zibans; elle attaque les hommes de toutes les races, elle règne endémiquement au Maroc et dans un grand nombre de localités de l’Algérie, aux environs de Daya, à Laghouat, à Tuggurt, dans le Sahara (J. Rochard).

En Égypte, le bouton du Nil ou stamoun el Nil est fort commun. D’après Godard, cette maladie ne doit p.as être désignée par un nom unique, car elle présente deux formes principales très-différentes : l’une amène une sorte d’ulcère, qui paraît être l’ulcère phagédénique des pays chauds ; l’autre est constituée par de petites vésicules ; c’est un herpès de nature fugace, survenant brusquement, disparaissant de même. Cette affection n’est durable que chez ceux qui font des excès de régime. Tous les sexes, tous les âges, les indigènes comme les Européens, peuvent en être atteints. Cette éruption n’est pas générale : elle survient surtout au front et à la tête chez les personnes chauves, à la partie antérieure du cou, au dos, sur l’abdomen, à la face interne du bras, au poignet (E. Godard).

Le bouton dit bouton d'Alep règne cndémiquement dans cette ville, ainsi qu’à Bagdad, sur les bords du Tigre, de l’Euphrate, dans toutes les villes situées entre Bagdad et Alep, telles que Mossoul, Diarbékir, Mesdin, Orla.

La gale bédouine (lichen tropicus) s’observe en Algérie, où elle atteint principalement les hommes vigoureux, les tempéraments sanguins. Le lænia solium est également endémique dans toute l’étendue de nos possessions algériennes; il y est 23 fois plus fréquent qu’en France (Boudin).

Dans certaines localités de la Perse on rencontre une espèce de

CUMATOLOOIE.

lupus (Inpua Ijipinis benUpitiH) (Müliry), exlrêmernfut répandu à Ispaliau, Cascliau cl Tcliérau; la maladie est contagieuse, elle ne s’attaque qu’une fois au meme individu, et sa durée est d’environ une année, d’où le nom de salek, qui veut dire mal d'un an.

A Téhéran, la maladie cutanée appelée houlon d’Alep est très-fréquente. J’ai vu à Bakou un bouton oITrant aussi les mêmes caractères.

Polak décrit une forme d’urticaire qui serait particulière à la Perse; elle serait due à la piqûre d’une petite mouche des sables. Cette maladie s’appelle dans le pays nabot el leyl et aussi ili7\

Le filaire ne se voit en Perse que cliez ceux qui l’ont contracté sur le littoral du golfe Persique.

.-V Bokhara, le vem de Médine, appelé rislhe dans le pays, atteint environ im dixième de la population (A. Yambéry).

Au Pérou, il règne en toute saison une endémie spéciale connue sous le nom de vei'ruga; il y a à peine vingt-six ans que cette maladie a été étudiée, mais il n’est pas douteux qu’elle n’ait toujours existé dans les vallées des Andes : la tradition indienne conserve le souvenir de plusieurs personnages célèbres qui en furent atteints (Dounon).

A la Plata, la chique est fréquente; le rouget, très-commun dans l’Entre-Bios, est plus terrible encore, couvrant le corps, les jambes surtout, et déterminant des démangeaisons insupportables.

A la INouvelle-Calédonie, d’après Girard, les maladies de la poilriticel de V abdomen sont fréquentes chez les Canaques, en raison de leur costume qui ne les garantit en aucune façon des intempéries des saisons; ils sont en général nus jusqu’à la ceinture, et ne portent pour tout vêtement qu’un langouti ou une pièce d’étoffe très-petite destinée à cacher leurs parties sexuelles (Rey).

On n’observe pas d'endémies palustres dans la Nouvelle-Calédonie; on a cherché à expliquer, par la présence de l’eucalyptus, l’innocuité des nombreux marais de ce pays et de quelques îles océauicuncs où poussent les espèces voisines de V eucalgplus : le melaleuca vit'idijlora et le melaleuca leucodeiuh'on, par exemple, qui, sans avoir la croissance rapide de l’eucalyptus, et par suite son pomoir absorbant, émettent les vapeurs d’une essence connue sous le nom de niaouli, el qui rappelle toutes les propriétés de l’huile de cazéput.

Le longa, affection propre aux Néo-Calédonicus, a été vu par Rochas aux îles Figgi, peuplées par la race noire; il l’a observé egalement aux îles AVillis et Touga-Tabou, habitées par la race jaune polynésieuuc. Le longa se rapproche beaucoup du frambrœsia, du piau, cl paraît devoir être rattaché aux affections syphiloïdes. Ce soûl de larges

(JUMATS TEMPÉRKS.

papules qui laissent suiiiler un liquide séreux, lequel se concrète et forme une pellicule jaune, épaisse, parcheminée (Rochas et Le Roy de Méricourt).

Aux îles Gambier (Océanie), sous le nom générique de cohivi les indigènes désignent un grand nombre de maladies, et plus particulièrement des douleurs lombaires et spinales d’un caractère particulier. Le Boi'gne pense que cette affection est de nature rhumatismale ; il considère que la pêche de la nacre n’est pas sans influence sur son développement.

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