III. CLIMATS TEMPÉIIÉS
Les zones des climats tempérés sont comprises dans les deux hémisphères entre les lignes isothermes de -1- 15“ et de -1- 5“. Nous avons précédemment indiqué les limites de l’isolherme -t- 15“. Quant à l’isotherme -!- 5“, il commence, pour l’hémisphère nord, au 48“ degré de latitude (longitude 180“), s’élève immédiatement en laissant au nord les îles Aléoutiennes, pour gagner le littoral de la presqu’île Alaska, décrit ensuite une grande courbe à convexité dirigée vers le sud, atteint ainsi jusqu’au 47“ degré de latitude (longitude 90“j, et se relève pour gagner l’embouchure du Saint-Laurent (Canada). Après avoir passé par Saint-Pierre-Miquelon, cette ligne suit une direction rapidement ascendante vers l’Lurope, passe au nord des îles Feroë et descend par Christiania aux îles Aland, en passant au nord de Stockholm. De l’entrée du golfe de Finlande, une ligne menée vers le sud jusqu’au sommet de l’Altaï donnera sa direction à travers l’Europe et jusque vers l’Asie centrale; elle marche ensuite parallèlement au 50“ degré de latitude et va rejoindre son point d’origine en passant au nord des Kouriles.
La zone des climats tempérés de l’hémisphère nord renferme en Europe les îles Britanniques, la presqu’île Scandinave, le Danemark, la Belgique, la Hollande, la France, l’Italie continentale, l’Allemagne, la Suisse, la Russie méridionale et la Turquie d’Europe. En Asie, elle renferme le pays des Kirghizes, la Dzoungarie, la Mongolie, la Chine septentrionale et le Japon. En Amérique : les États-Unis du nord.
Dans l’hémisphère sud, elle est également limitée par les lignes isothermes, -f-15et-t- 5. Nous connaissons déjà la première. La seconde est sensiblement parallèle sur tout son parcours au 50“ degré de latitude; une seule fois elle s’inlléchit de quelques degrés pour doubler le cap llorn.La zone des climats tempérés de l’hémisphère sud comprend
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donc: en Amérique, le Cliili, les États de la Plata et la Patagonie; en Océanie, la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande.
Des différents pays compris dans la zone tempérée, l’Europe et en Europe la France nous occuperont plus particulièremeiit. I/Europe, dit de Ilumboldt, représente un prolongement péninsulaire de l’Asie; elle doit la douceur de son climat à sa configuration richement articulée, à l'Océan qui baigne ses côtes occidentales, au gulf stream qui déverse ses eaux chaudes dans la mer du Nord, à la mer libre de glaces qui la sépare des régions polaires, et surtout à l'existence et à la situation du continent africain, dont les régions intertropicales rayonnent abondamment et provoquent l’ascension d’un immense courant d’air chaud.
Ces heureuses influences vont en diminuant de l’ouest à l’est; et lorsqu’on parcourt sur un même parallèle la France, l’Allemagne, la Pologne et la Russie jusqu’aux monts Ourals, on voit les températures moyennes suivre une série décroissante. La forme du continent est devenue de plus en plus compacte, on sent moins l’influence de la mer et des vents d’ouest. Les vents deviennent au delà' de l’Oural des vents de terre ; ils ne sont arrivés dans ces régions qu’après avoir parcouru d’immences surfaces glacées. L’inlluence des montagnes est également évidente. Ainsi, sur la côte occidentale de la Norvège, Phiver est d’une douceur remarquable, tandis qu’au delà des Aljies Scandinaves on rencontre le climat âpre et continental qui caractérise la Russie.
D’nne manière générale, on peut rattacher les régions de l’Europe tempérée à deux groupes climatériques ; l’un qui renferme les contrées occidentales avec leur climat océanien, doux uniforme et humide; et l’autre, comprenant les contrées du centre et de l’est, dont le climat continental se ressent de plus en plus de l’éloignement de la mer et du voisinage de l’Asie centrale.
La ligne de démarcation qui sépare ces deux groupes est assez exactement représentée par une courbe sinueuse qui part du fond du golfe de Rothnie pour aboutir à l’Adriatique, en {lassant par la Ralliquc et la mer du Nord, en suivant le cours du Rhin et des Alpes.
La France reproduit sur une moindre échelle les conditions que nous venons d’indiquer pour l’Europe. Les montagnes sont concentréesà 1 est et n’opposent aucun obstacle au passage des vents de mer. Elles cornent du nord-est au sud-ouest et forment la ligne de partage des eaux.
Le versant occidental les dirige vers le golfe de Gascogne, 1 océan Atlantique, la Manche etla mer du Nord ; l’oriental les porte à la .Méditerranée. La France a l’immense avantage de réunir toutes les variétés
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de climat dont les types e.\isteiil dans les pays voisins. C’est, dit M . Marlins, la cause la plus réelle de sa richesse, c’est le secret de sa puissance. La division donnée par M. Martins, qui partage la France en cinq régions climatériques, est devenue classique.
Elle comprend :
1“ Le climat vosgien ou du nord-est. Il embrasse toute la région comprise entre le lUiin, la Côte-d’Or, les sources de la Saône et la chaîne qui s’étend de .Mézières à Auxerre. La température moyenne est de 9°,() dans les villes. Les hivers y sont plus froids et les étés plus chauds, à latitude égale, que dans l’ouest. La différence moyenne entre ces deux saisons est de 18'*, le nombre des jours de gelée, de 7ü, année commune; la quantité moyenne de pluie, 669 millimètres, le nombre des jours de pluie, de 157. Les pluies d’été l’emportent sur celles d’au, tomne; on compte annuellement de 20 à 25 orages. Les vents du sudouest et du nord-est dominent.
2“ Le climat séquanien ou du nord-ouest. Il comprend toute la frontière du nord depuis Mézières jusqu’à la mer d’un côté, et de l’autre le cours de la Loire et du Cher jusqu’à Auxeiie. La température moyenne de l’année est de 10“,9; la différence entre celle de l’été et celle de l’hiver est de 15°, 6, moindre, par conséquent, que dans la • région précédente. Le nombre des jours de gelée est de 50 ; la quantité annuelle de pluie, de 548 millimètres, répartis entre 140 jours. On y compte de 12 à 20 orages; le sud-ouest y souflle pendant un tiers de l’année.
5° Le climat girondin, ou du sud-ouest, s’étend depuis la Loire et le Cher jusqu’aux Pyrénées. Il a pour moyenne annuelle 12“,7 ; la dil'lérence entre l’été et l’hiver est 15“,7. On y compte 150 jours pluvieux, 586 millimètres d’eau et 15 à 20 orages. Les vents du sud-ouest y dominent encore.
4“ Le climat rhodanien ou du sud-est, comprend toute la vallée de la Saône et du Rhône. .Moyenne annuelle de température : 11“; différence entre l’hiver et l’été, 18“,8 ; nombre annuel de jours pluvieux, 120 à 150; quantité d’eau que recjoil le sol, 946 millimètres. On y compte de 25 à 50 orages, et les tremblements de terre y sont plus Iréquenls ([ue dans le reste de la France. Les vents qui dominent sont ceux du nord et du sud.
5“ Le climat méditerranéen, ou provençal, comprend le triangle formé par Montpellier, Marseille et Viviers*. C’est le climat le plus chaud
* Nou.s avons parlé précédemmeiil, p. 078, de la pelile porlion du territoire français comprise dans la zone des clhmils chaïu/s.
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de la France; sa iiioyeiiiie annuelle de tenipéralure est de 14®,8; la dilïérencc entre l’été et l’hiver est de 16", 1 ; la quantité moyenne de pluie s’élève à 651 millimètres, mais on n’y compte que 55 jours pluvieux. L’été est d’une sécheresse extrême; les orages sont rares. Leur nombre varie de 11 à "25. Le mistral domine dans le côté oriental de cette région; le vent d’ouest dans la partie occidentale.
Les conditions météorologiques des climats tempérés contrastent par leur mobilité avec le caractère uniforme que nous avons observé dans la zone torride et qui se retrouve sous les climats polaires. Placé.s à égale distance des pôles et de l’équateur, ces pays ne connaissent en effet ni les chaleurs énervantes de la zone torride, ni l’action dépressive des froids polaires; cette mobilité des éléments météorologiques fait qu’il est impossible de .soumettre l’amplitude des variations à des lois générales. Ainsi, tandis que dans certaines localités les moyennes des mois extrêmes présentent à peine une différence de 7°, il en est d’autres où l’écart va jusqu’à 40". La même variation s’observe dans les oscillations quotidiennes. Les saisons offrent une ligne de démarcation bien évidente, et leur durée est à peu près semblable. Sous la zone torride et dans les climats polaires, ■ l’automne et le printemps ont une courte durée. Sous les climats tempérés, ces deux saisons sont l’époque des perturbations atmosphériques.
Les climats tempérés sont situés au-dessous de la limite des grands courants généraux, dans la zone des vents variables; et, parmi ces derniers, il en est qui l’emportent de beaucoup sur les auties. La prédominance des vents du sud-ouest se fait sentir dans 1 hémisphère nord jusqu’au pôle boréal; ils dominent dans toute lEuiope. Dans l’hémisphère sud, la marche des vents généraux est diamétralement opposée. Les pluies sont moins régulières et beaucoup moins abondantes que dans les régions plus rapprochées de l’équateur. Ainsi, tandis qu’entre les tropiques il tombe en moyenne 24o6 miliimètres d eau par an, dans la zone tempérée de l’iiémisphère nord il n’en tombe que 947, et 676 seulement dans celle de riiémisphère sud.
Les climats tempérés n’ont point de règne pathologique spécial; il s’y modifie suivant les inlluences saisonnières, et présente une mobilité qui suit celle du climat. Aussi les conslitulious im’chcalcn y sont nettement accusées; le froid et riunnidité font prédominer les affrelions inlhunmalnires et catarrhales, dans les régions buiindes et pendant les saisons froides. 'Loutefois, les pays tempérés sont, d une manière générale, remarquables par leur salubiité.
CLIMATS TLMl'ÉRLS.
C'est SOUS leur inlliieuce que notre race se développe dans toute sa puissance, subissant la mortalité la plus faible, présentant la natalité la plus considérable.
Ils présentent toulelbis certaines L’infection palustre que
nous avons vue régner avec des caractères redoutables sous les climats torrides, et même sous les climats chauds, fait ici encore un grand nombre de victimes.
En Hollande, les lièvres de marais se développent surtout et sont plus dangereuses dans les régions situées au-dessous du niveau de la mer; ainsi, dans les provinces de Groningue, de la Frise, en Zélande, aii.x embouchures de la Meuse et de l’Escaut, on voit de vastes marais nommés polders, qui sont des sources incessantes de miasmes paludéens. Amsierdam, Rotterdam, souffrent de la lièvre.
L Italie est un des pays où la fièvre paludéenne se rencontre sur un plus grand nombre de points. Nous la trouvons à l’état endémique dans la haute Italie, surtout dans les pays plats, où se fait sur une giande échelle la culture du chanvre et celle du riz. De Livourne jusqu’à Naples e.xiste sur le bord occidental de l’Italie la fièvre en jiermanence.
A partir des marennnes de Toscane s’étend une plaine, depuis Sienne jusqu’au.v anciennes frontières des Etats de l’Église et jusqu’au pied de l’Apennin, dans laquelle régnent les lièvres paludéennes les plus graves. La campagne de Rome qui fait suite aux maremmes commeuce à Ronciglione, se joint dans le sud aux marais Pontins et comprend tout le littoral entre l’embouchure de la Marta et Terracine. C’était autrefois une contrée florissante ; depuis plusieurs siècles, la fièvin y règne en souveraine. Üslie, Rome, Albano, ont la lièvre intermittente; elle existe aussi à Frascati, Palestrine et Frosinone.
En Allemagne, elle occupe des contrées immenses, elle règne sur une étendue considérable de la plaine du nord, spécialement dans sa partie occidentale. Sur la côte oceidentale du Ilolstein et du Sleswi»-, elle est connue sous le nom de fièvre de chaume.
En Russie, les lièvres de marais régnent endémiquement sur les cotes de l’Esthonie, et, dans les parties bas.ses de la Livonie, il existe une vaste région de lièvres: c’est la grande plaine de l’ouest au milieu de laquelle sont les marais de Pinsk. Cette région comprend les gouvernements de Grodno, .Minsk et Volhynie. Les lièvres sont communes en Pologne; elles régnent dans le sud, sur les bords des grands lleuves, Dniester, Dnieper, Don, Volga. J’ai observé la lièvre paludéenne sur les bords de la mer Noire, de la mer Casiiienne; elle revêt dans ces régions des formes très-graves connues sous le nom de fièvre de Crimée,
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fièvre de Tauris, fièvre du Caucase-, en parcourant le sud du Caucase, depuis Bakou jusqu’à l’oli, et passant par Tillis, j’ai pu constater que toute cette région était le siège de l’infection palustre.
Dans la vallée de la Dobrutcha en Turquie, à Bassowa. près de Varna, tous les habitants, tlepuis l’enfant à la mamelle jusqu’au vieillard, portent les signes de la cachexie paludéenne.
En Chine, également, les Européens ont beaucoup à souffrir, à l’époque des chaleurs, des lièvres de marais; ^Vong relate une épidémie de fièvre palustre qui fut très-intense vers la fin de 1858 à Canton ; il insiste sur la fréquence des liydropisies, suites de cachexies palustres.
Pendant les années 1864-1865, Saint-Pétersbourg et quelques provinces voisines présentèrent une épidémie de fièvre récurrente. Déjà celte fièvre à rechute s’était montrée en Russie. En 1840, elle avait sévi à Moscou ; Bernstein l’avait observée à Odessa. En 1861, à Saint- Pétersbourg, elle se développa en juin et juillet et continua de sévir pendant l’automne et l’hiver. 11 y eut 12 777 entrées aux hôpitaux, et 1623 décès, ce qui donne une mortalité de 12,7 pour 100. M. Morache a observé à Pékin une épidémie de fièvre récurrente ou fiè\re à rechutes (relapsing fever).
Malo'ré les progrès de la civilisation moderne, et bien que nous soyons'^sous les climats tempérés, et même en Europe, une épidémie de famine a désolé les Flandres en 1846-1847. Ces malheureuses populations étaient réduites à faire des repas avec des aliments qu’auraient dédaignés les derniers animaux. Celte épidémie de famine a coûté aux deux Flandres 25 000 décès supplémentaires et les a frustrées d’un nombre au moins égal de naissances. La famine elle-même a été )mur les trois cinquièmes dans ce mouvement rétrograde de la population. Le reste est l’effet des épidémies que la famine a traînées à sa suite : dysenterie, typhus et variole. On se serait cru dans l’extrême Orient, ou les déprédations des bandes de Taïpings, où la destruction des récoltés, amènent parfois des famines affreuses dans certaines populations très-condensées de la Chine. ^
La pellaqre, qui existe aussi sous les climats chauds, sobscnc ici avec une fréquence qui a varié suivant les lieux et suivant les années dans six départements qui appartiennent à la région sud-ouest
de la France. ,
La constatation de ce fait date de 1820, et, quoique certaines obser-
valions permettent d’en reculer l’origine jusqu’au commencement de ce siècle, il n’a été mis dans tout son jour qu’a partir de 18-*o. Les
pays à pellagre du sud-ouest de la France peuvent être partagés en trois contrées particulières ; la première, -qui comprend plusieurs cantons de la Gironde et les deux tiers du département des Landes, est limitée par le cours de la Gironde au nord, par celui de l’Adour au sud, à l’est par les collines du Bazadais et de l’Agenais. C’est la région de la pellagre des Landes.
La seconde région, celle de Cauraguais, s’étend dans l’.4ude sur une |)artie de l’arrondissement de Castelnaudary, et dans la Haute-Garonne, sur une grande partie des cantons de Villefranche et de Caraman.
La troisième, ou région sud pyrénéenne, comprend au pied de la chaîne des Pyrénées, et à partir du massif de la Maladetta, le bassin supérieur de l’Adour et le bassin du Gave de Pau, entre Bagnères de Bigorre et la plaine de Nay (Tb. Roussel).
La pellagre s’observe également en Roumanie, où les premiers faits bien constatés ont été observés vers 183ü’ par Biirensprung.
Vergotisme passe pour endémique en Sologne. C’est en effet la province où on l’observe le plus fréquemment. Mais on l’a vu régner également en Touraine, en Picardie, dans l’Aunis, l’Angoumois, l’Artois, le Dauphiné, la Savoie et la Haute-Savoie. H n’est guère de partie delà France où il ne se soit montré (J. Rochard).
Le sibbens d Écosse, le scherlievo, la radesyge, ne paraissent être que des manifestations syphilitiques dans différents pays.
Le sibbens d Écosse est une maladie particulière à la région occidentale de ce pays, et surtout aux provinces de Galloway, d’Airshire et de Dumfries; elle y règne depuis la lin du di.\-septième siècle, et les soldats de Cromwell sont accusés de l’y avoir importée. Gilchrist en a parlé le premier en 1 754, John Bell l’a décrite d’une manière très-complète, elle attaque surtout les enfants, qui la transmettent à leurs nourrices, et présentent pour symptôme particulier une excroissance fongueuse de couleur cuivrée avec une inflammation du voile du palais, accompagnée ou non d’ulcérations et d’apbthes de la muqueuse buccale. 'Tous les médecins qui ont observé cette maladie, et notamment Swediaur et Wills, la rapportent à la syphilis.
C est en Istrie qu on a signalé la sypbilide endémique, désignée sous le nom de sdierUevo, ou mal di lirenla. Scherlievo est le nom du village situé à huit milles à l’est de Fiume, à trois milles des cotes de l’Adriatique, où cette maladie fut observée en mai 1800. Cambieri, envoyé par le gouvernement pour l’étudier, ne douta pas do la nature syphilitique de la maladie. Toutefois, il paraît résulter d’observations
TBOUST, OVCIÈXE. , ,
CLIMATOLOGIE
rcccnl(îs que des maladies très-diverses, et principalement plusieurs alTeclions scrofuleuses ou scorbutiques, sont coiifomlues par les gens du pays avec le scherlievo (.1. Rollct).
La province de Balius, située le long des côtes de la mer du Nord, est connue depuis longtemps pour être le siège principal de la maladie désignée sous le nom de radesyge. Cette maladie dont le nom, d’après Kjerrulf (1850), signilie en langue norvégienne maladie impure, n’aurait rien de commun avec la syphilis ; mais aujourd'hui la radesyge est considérée généralement comme une maladie syphiloïde. Bœck lui-même, en 1844, a soutenu que la radesyge était une maladie particulière, bien distincte de la syphilis ; il a depuis reconnu son erreur. Cette forme morbide se retrouve, mais sous un autre nom, dans le Jutland, dans le llolstein, suivant Van Deurs, et eu Esthonie, d’après Erdmann.
Le rimjworin de Londres, auquel Ozanam consacre un chapitre spécial, est un herpès tonsurans (J. Rochard).
On observe en Pologne cette singulière affection du cuir chevelu et des cheveux qu’on appelle la plique polonaise. Guensburg découvrit en 1848 le rmjcoderme ou Iricliomaplujle de cette maladie, espèce du genre tricophyton.
La plique polonaise est donc une affection parasitaire. On la rencontre sur les territoires de l'ancienne Pologne, depuis la Aistule jusque dans les monts Karpathes ; elle est surtout très-répandue à l’ouest, dans le grand duché de Posen, et à l’est de la Pologne, en Lithuanie; elle règne également dans la Gallicie, la Volhynie, 1 Ukraine; elle a été observée à l’état sporadique en Silésie, en Bohème, en Souabe, et en Saxe ; elle est si répandue en Pologne, que La l'ontaine la trouvait eu •1808 chez les paysans, les mendiants et les juifs, dans la proportion de '2 sur 10 ; chez les nobles et chez les riches, dans celle de 2 sur 50 ou 40. En 1844, Szokalski est arrivé, à l’aide de calculs très-approximatifs, à établir que le nombre des cas de plique pour la Pologne tout entière devait osciller entre 100 000 et 150 000. On ne sait pas d’une manière précise à quelle époque elle y est apparue. (Juelques autem-s prétendent qu’elle y a été importée de l’Orient à la suite de la troisième invasion desTartarcs, et qu’elle y est comme depuis I8'25 (J. Rocliard).
Le bothriocéphale est très-répandu dans la Botlmie septentrionale. On l’observe particulièrement cliez les liabitants des cotes du golfe de Botlmie. La maladie suit le bord de la mer et remonte le long des rives des neuves, jusque dans riiilérieiir. Elle disparaît aux liinitcs où commence le pays montagneux. Les indigènes l’attribuent à 1 alimentation, composée presque exclusivement de poisson et surtout de sau-
mou. C’est uii fait très-remarquable que lapréscucedu bothriocéphale, à l’exclusion du læuia, sur les bords de la Baltique et du golfe de Bothnie; cet eutozoaire est fréquent en Esthonie, en Livonie, en Finlande. A Pétersbourg, d’après l’estimation d’Altenliofer, 15 pour lOü des habitants en sont atteints. 11 est plus rare dans l’intérieur ; on l’observe également en Pologne (Hirsch). Le bothriocéphale est trèsfré(|uent dans la Suisse occidentale.
La trichinose a régné à l’état épidémique lonytemps avant l’époque où on a pu lui assigner une cause ; la découverte du Irichina spiralis fut faite à Dresde, par Zenker, en 18(30. De 1860 à 1865, on ne compte pas moins de 40 épidémies de trichinose, ayant .sévi dans plusde 50 localités différentes ; la plus meurtrière a été celle de lleldersleben. D'après Lebert de Breslau, on y a observé 400 malades et enregistré 100 décès, sur une population de 2000 âmes environ. La dernière a eu lieu à la fin de 1869 à Schœnbeck. Hamon émet l’opinion que la trichinose est devenue endémique en Allemagne. Les statistiques les plus modestes portent à 2000 au moins les cas de tricliiirose qui se sont produits de 1865 à 1870. C’est d’ailleurs le seul pays où elle se soit montrée sous forme épidémique.
Sa fréquence tient d’une part à ce que l’usage de la viande de porc y est très-répandue, surtout parmi les classes ouvrières, qui la mangent le plus souvent à l’état cru, ou après une cuisson insuffisante pour faire périr les trichines, et que de l’autre ce parasite est assez commun chez les porcs de ce pays. Or, il a suffi d’un seul porc trichiné pour causer l’épidémie d’IIeldersleben (J. Rochard).
Le senki du Japon est une maladie qui n’est connue que par les descriptions de Kaempfer (1715) ; on ne sait au juste quelle est la nature de cette affection, et les médecins de la marine qui ont étudié les maladies du Japon depuis quelques années n’ont vu, d’après M. Rochard, aucune trace de senki.
Lebérib(^ri s’observe à Nagasaki; au dire des Japonais, des centaines d’individus succomberaient annuellement à celte maladie. On prétend qu’elle est surtout fréquente dans le nord-est du Kiou-Siou.