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INFLUENCE DES CLIMATS SUR LE TRAUMATISME

Tout récemment, l’ua des élèves de la Faculté de Paris, M. Maurice Longuet, sous l’inspiration de M. Veriieuil, insistait sur l’inlluencc que les maladies du foie exercent sur la marche des traumatismes. Or, nous savons que dans certains pays la tendance aux affections hépatiques est infiniment plus prononcée que dans d’autres. Ces réserves une fois établies, il n’est point douteux que l’influence des climats, qui constitue a la longue le piâncipal lactcur dan.s l’évolution des races humaines, se fait sentir aussi chez les individus momentanément transplantés d un pays dans un autre. Aussi voit-on les Européens qui fréquentent les diverses régions du globe éprouver des accidents fort différents, suivant les latitudes sous lesquelles ils se trouvent momentanément placés. M. Rochard vient de communiquer à l’Académie de médecine un intéressant travail sur la géographie médicale au point de vue des blessures.

Pour obtenir des résultats plus tranchés, il les a étudiées sous les latitudes extièmes, dans la région polaire et dans la zone torride.

Dans la région polaire, le froid seul entre en ligne de compte, et ce froid continu est très-nuisible à la marche des plaies. Les érosions, les blessures légères s’irritent, s’ulcèrent, se compliquent souvent d’érysipèle et d’angioleucite, et souvent le scorbut vient en augmenter la gravité. L’évolution des plaies et leur cicatrisation sont très-lentes. Les pertes de substance qui succèdent aux congélations mettent un temps fort long à se réparer. Toutefois la guérison est la règle , les complications ne sont pas à craindre et le tétanos, quoi qu’on en ait dit, n’est pas plus commun dans ces régions que sous les latitudes tempérées. Ce qui a accrédité Popinion contraire, c’est l’extrême fréquence du trismus des nouveau-nés en Islande. L’auteur appuie son opinion sur des exemples empruntés aux expéditions polaires, et notamment à celle que les Anglais viennent d’effectuer.

L’influence des climats lorrides est plus complexe; il faut y tenir compte de la température, des maladies endémiques et de la race.

L’action d’une température élevée est trèâ-favorable à la marche des blessures. Sous les tropiques, les plaies se cicatrisent plus rapidement, les opérations chirurgicales réussissent mieux qu’en Europe. L’auteur le prouve à l’aide d’exemples empruntés à nos expéditions du Sénégal, à celle que les Anglais ont récemment accomplie contre les Ashantis et à la guerre des Hollandais contre l’empire d’Alchin. Les complications qui emportent les blessés ne sont pas les mémos. En Europe, ils meurent le plus souvent d’infection purulente ou d’accidents inllamniatüires; sous la zone torride, c’est le tétanos qui les enlève, ou bien les

CUMATüLOGIB.

héinorrhiigies. M. Rocliard donne des chilTres qui élahlissenl rexlrêine fréquence du lélanos dans les régions équatoriales, surtout à la Guyane et dans l’Inde, et cite des exemples qui prouvent le danger des hémorrhagies. La lièvre traumatique y est moins intense et dure moins qu’en Europe. Les érysipèles, les phlegmons diffus, l’infection purulente, y sont extrêmement rares; pourtant Fauteur en a trouvé quelques observations dans les documents qu’il a dépouillés.

L’influence des maladies endémiques sur la marche des traumatismes avait pour M. Rochard un intérêt tout particulier, en raison des observations importantes faites dans ces derniers temps par M. Verneuil. Ses recherches lui ont donné les résultats suivants : dans les contrées paludéennes, les lésions traumatiques ont pour résultat fréquent de faire reparaître les accès de fièvre intermittente chez les blessés qui en ont été antérieurement affectés. Chez eux, la fièvre traumatique revêt très-souvent le caractère intermittent. Ces accès entravent la cicatrisation des plaies et leur donnent un fâcheux aspect. La chloro-anémie avec infiltration des extrémités est plus fâcheuse encore. Sous son influence, les moindres érosions aux jambes donnent lieu à des ulcères interminables, et quelques observateurs pensent que les ulcères phagédéniques des pays chauds ne reconnaissent pas d'autre cause. -M. Rochard ne partage pas cette opinion. La dysenterie chronique affaiblit l’économie et ajoute ses chances de mort à celles du traumatisme. Quant aux maladies du foie que M. Verneuil regarde connue particulièrement fatales, dans le cas où il survient une blessure, M. Rochard n’a pu trouver ni dans les écrits des médecins de nos colonies, ni dans ceux des médecins de l'Inde anglaise, aucune observation, aucune remarque relative à cette corrélation, que M. A^erneuil aura le mérite d’avoir découverte, si l’exactitude s’en vérifie.

En ce qui a trait à la race, M. Rochard a borné ses observations aux nègres de la côte d’.4frique et des .Vntilles, aux Chinois, aux .tnnanntcs et aux Kanaks de l'Océanie. Elles lui ont permis de vérifier un double fait signalé depuis longtemps par 1ns médecins do la marine : la force de résistance que les races des colonies op|)oseut aux traumatismes et le peu d’intensité de la réaction (jui en résulte. Eu w. qui louche au premier fait. Fauteur a accumulé, pour le démontrer, les chiffres et les exemples. En ce (jui concerne le second, il |)cnse qu ou a été trop loin en niant l’existence de la lièvre traumatique chez les races colorées. Il cite des observations dans lesquelles la température axillaire a été notée avec soin, et où ou a constaté o!)“8, •U)" et même i0®8, cl cela pendant plusieurs jours.

ACCLIMATEMEKT.

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