‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 244 sur 298 · MALADIES INFECTIEUSES ET CÜNTACIEUSES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

MALADIES INFECTIEUSES ET CÜNTACIEUSES EN GÉNÉRAL

redoutables, qui reconnaissent en partie les mêmes indications pro- |)liy lactiques et qui, tà ce titre, intéressent directement l’hygiéniste ; c’est d’elles que nous allons nous occuper.

S’il est, en effet, une classe de maladies où la prophylaxie, quand elle est bien entendue, peut surtout devenir efficace, c’est assurément celle des affecAions infectieuses et contagieuses; aussi leur étude estelle proprement du ressort de l’hygiène. Mais avant de l’aborder, pour l’intelligence de ce qui va suivre et pour éviter des confusions de mots qui trop souvent entraînent des erreurs de faits, nous croyons utile de bien définir la valeur des termes infection, contagion, miasmes, • virus, etc. Ces notions de pathologie générale bien posées, l’exposé des faits particuliers gagnera en netteté et en précision.

Kn se plaçant au point de vue étiologique, qui seul nous intéresse ici, les maladies qui atteignent l’homme reconnaissent des catégories de causes différentes. Les unes tiennent à l'action nocive des milieux, à l’influence du froid, de la chaleur, de l’humidité, à la mauvaise qualité ou à l’insuffisance des aliments, à la fatigue, etc. Ainsi naissent la plupart des maladies qui constituent le fonds commun de la nosologie, pour la production desquelles ces causes, 'dites ùanfi/cs, suffisent amplement.

Il est d’autres maladies où l’intervention des sollicitations extérieures est moins apparente, et qui paraissent surtout résulter d’une disposition générale de l’économie, héréditaire ou acquise, d’une diathèse en un mot; tels sont le cancer, la scrofule, la goutte, etc. Quelques-unes des conditions qui président au développement de ces diathèses ont pu être scientifiquement déterminées, et l’hygiène, à cet égard, fournit des données prophylactiques précieuses.

Enfin, il est une dernière classe de maladies, dont il sera uniquement question dans ce chaj)itre, qui évoluent d’une façon toute spéciale, qui naissent dans un foyer, plus ou moins restreint d’abord, <jui peuvent se propager ensuite par des modes de dissémination variables, et frapper les habitants de toute une contrée ou de tout un continent; qui, après avoir exercé ces ravages, s’éteignent ensuite, complètement ou imparfaitement, pour renaître plus tard, quand les conditions seront de nouveau favorables <à leur éclosion et à leur dissémination. A tous ces caractères on a reconnu la classe des maladies infectieuses et contagieuses. I.es anciens, frappés de leur allure en apparence si étrange, leur avaient attribué un c.iractère spécial de mystère et d’obscurité, aliquid obscurum et divinum. La science moderne, mieux avisée, a déterminé d’une façon rigoureuse la genèse et le mode de

MALADIGS VIRGI.GSTES ET MIASMATIQUES.

propagation de ces maladies et, en les dépouillant du voile mystérieux (jiii les envclojipait, elle nous a ap[)iis à les prévenir et à les mieux combattre.

Par maladies infectieuses on désigne des maladies [irodiiites à la suite de l’imprégnation, de Vinfeclion de l’organisme par certaines substances nuisibles, qui diffèrent des poisons ordinaires en ce qu’elles sont douées d’un pouvoir de reproduction et de multiplication pour ainsi dire indéfini. De là un mode de dissémination tout spécial de ces maladies, qui procèdent le plus souvent par endémie ou par épidémie ; de là aussi une symptomatologie, une marche particulière, un ensemble, en un mot, de caractères qui en font une classe de maladies à part.

Ce qui les distingue tout d'abord, au point de vue étiologique, c’est la spécificité. Une maladie est dite spécifique quand elle ne naît que sous l’influence d’une cause unique, nécessaire et suffisante pour la déterminer, et quand cette cause ne saurait amener d'autre maladie que celle en question. C’est ainsi que la syphilis, la variole, ne peuvent prendre naissance que par la contamination d’un individu par le poison syphilitique et variolique, et par nul autre agent; inversement, l’inoculation du virus syphilitique ne pourra engendrer que la syphilis, celle de la variole, la variole uniquement, etc. Ces maladies reconnaissent donc une cause unique et constante qui seule est capable de les engendrer ; bien différentes en cela des maladies communes, (elles que la pneumonie, la pleurésie, la bronchite, qui sont produites tantôt par le froid, tantôt par un traumatisme, ou bien par des irritations mécaniques, en un mot par les causes les plus variées et souvent en apparence les plus opposées.

De par leur spécificité, dans le sens que nous venons d assigner à ce mot, les maladies infectieuses se rapprochent des empoisonnements, où il s’agit également d’une cause bien connue, bien palpable, produisant des effets certains et toujours constants. Aussi, de tout temps, a-t-on attribué ces maladies infectieuses à la pénétration d’un poison dans l’organisme, et a-t-on parlé de poison typhique, poison syphilitique, etc. Mais quels sont les attributs de cette substance iiuisible, de ce poison? C’est là que commencent les divergences.

Comme nous l’avons dit en définissant les maladies infectieuses, elles diffèrent des empoisonnements proprement dits, d abord pari absence de poison sensible et tangible, chimiquement démontrable; elles en diffèrent encore et surtout par ce fait que les poisons n'agissent qu’en proportion de la dose à laquelle ils sont ingérés ; qu’ils bornent leur action au sujetqui lésa absorbés et qu’il ncsaurait pour eux être question

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