‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 255 sur 298 · TYPHUS nÊCUKUElNT, A UECHUTE {UEI.Al'SING FEVEIl · texte numérisé non relu

TYPHUS nÊCUKUElNT, A UECHUTE {UEI.Al'SING FEVEIl

ÏYPIIO'IDE BILIEUSE

Le tijphus récurrent a été introduit récemment dans le cadre nosologiipie ; c’est en 1815 qu’un médecin d’Edimbourg, llcndcrsou, émit pour la première fois, d’une façon formelle, l’opinion « qu en dehors

lYPIlUS miCURRENT.

clc la fièvre typlioïcie cl du lyphus, il existe une autre maladie typhique distincte de la première par l’absence de lésions intestinales ; de la seconde par l’absence de pétéchies et caractérisée spécialement par des récidives survenant tout à coup après une apparente guérison. » 11 désigna la maladie sous le nom de relapsimj fever, qui lui est resté depuis. L’atlenlion une fois éveillée sur ce point, on reconnut dans les observations des épidémiologues anciens de l’Irlande et de l’Ecosse des descriptions se rapportant exactement au typhus récurrent (Berker, 1741 ; Cbeyne, 1810-1821 ; O’Beirn, 1820). De 1840 à 1848, le typhus récurrent sévit avec intensité aux lies Britanniques ; en 1847, on l’observa dans la llaute-Silésie et en Bohême. W. Jenner, en 1850, donna une excellente description des cas sporadiques et épidémiques recueillis à Londres. En 1804, une grande épidémie de récurrente sévit à Saint-Pétersbourg; elle fut observée par M.\I. Botkin et Ilermann; M. le professeur Charcot l’a fait connaître parmi nous*. A partir de ce moment, la maladie parait être restée endémique sur les côtes de la Baltique; en 1868 et 1869, elle règne à Breslau et à Berlin, où elle reparaît en 1872 et 1875. En 1867, M. J. Arnould a observé une petite é[)idémie de typhus à rechute au pénitencier d’Aïn-el-Bey.

Telle est, à grands traits, l’histoire du typhus récurrent. Nous n’avüus pas ici à exposer leS symptômes de cette maladie ; rappelons seulement qu’elle est caractérisée par un accès de fièvre intense, qui dure pendant plusieurs jours [five daijs fever des Anglais) pendant lesquels le sujet présente tous les symptômes typhiques ; puis la maladie paraît se juger définitivement par une rémission brusque et complète. Cette convalescence apparente dure 4, 7, 10, 20 jours, puis éclate un second accès qui se termine comme le premier et le plus souvent par la convalescence définitive ; un troisième accès est rare ; plus rares encore un quatrième et un cinquième. La mortalité est faible, 5 0/0 en moyenne, rarement au delà de 10 0/0; la mort survient ordinairement pendant le second accès.

Les lésions anatomiques essentielles sont la tuméfaction énorme et rapide de la rate, qui souvent est le siège d’infarctus et même de su|)puralion siégeant dans les follicides de Malpighi ; le foie est également congestionné ; les plaques de Peyer sont .saines, mais les ganglions mésentériques habituellement infiltrés.

L’ictère est un symptôme fréquent (mild yellow fever). Dans certaines épidémies, notamment dans celle que Larrey a observée au

* Gaz. hebdam., 1805.

MALADIES VIRULENTES ET MIASMATIQUES

Caire en 1800 et queCriesinger y a retrouvée en 1X53 ; dans l’épidémie de Kœnigsberg en 1850 et dans celle de Saint-I’éler.sbourg en 1865, les phénomènc-s ictériijues étaient très-accusés, au point de dominer la scène morbide et de simuler soit la rémittente bilieuse des pays chauds, soit l’ictère grave. C’est à cette variété qu'on a donné le nom de typhus bilieux, mais il faut bien savoir qu’elle n’est autre que la récurrente avec prédominance de symptômes ictériques et uro-cliolémiques.

Quoique le typhus récurrent soit pour ainsi dire inconnu parmi nous, il constitue cependant une maladie intéressante pour l’épidémiologiste, vu son étiologie et sa propagation. Pour ce (]ui est de Pétiologie, tous les observateurs s’accordent à reconnaître la misère comme la principale cause de la maladie; de là le nom significatif de typhus de la faim (hunger typhus) qui lui a été imposé. « Si une maladie typhoïde mérite le nom de typhus de famine, c’est bien assurément celle-là, » dit Griesinger; et Murchison n’est pas moins affirmatif. « Les épidémies de typhus récurrent, dit-il, se montrent toujours sous l’influence des privations et de la faim. » De là sa fréquence dans les foyers permanents de misère, tels que l’Irlande, l’Égypte et les côtes de la Baltique.

La fièvre récurrente est éminemment contagieuse, à un degré plus accusé que le typhus pétéchial (Murchison, Griesinger). La propagation de la maladie par foyers a été bien étudiée lor.s de la dernière épidémie de Breslau, par Bock et Wyss et par Lebert’. Elle frappe tous les âges, mais de préférence les enfants et les adolescents ; quand elle règne d’une façon épidémique, elle n’épargne pas les sujets vigoureux et bien nourris, et c’est uniquement à ce point de vue (jue Lebert a pu soutenir que la récurrente n’est pas une maladie de misère.

Chose remarquable, une première atteinte ne confère point 1 immunité; il arrive fréquemment, d’après Jenner, qn un individu soit atteint deux fois dansl espace de quelques mois ; Cliristison a été pris de la maladie trois fois dans l’espace de 15 mois.

Fréquemment, la fièvre récurrente règne en meme temps que le typbus exanthématique; aussi un certain nombre d auteurs 1 ont-ils regardé comme une simple variété de ce dernier, comme une. forme bénigne du typhus ; d’après eux, le typhus frapperait de préférence les gens riches, bien nourris; la récurrcnie, les sujets jeunes et les

* Voy. Imbert, art. lUickfallsIyphus, in Zicm.wn'n Handlmch, 1874, l. II, t" parlic,

MÉNINGITE CÉRÉliRO-SPlNALE.

pauvres. C’est là une erreur manifeste, le typhus et la fièvre récurrente sont bien deux maladies distinctes et non pas deux formes de la même maladie, tenant aux conditions individuelles des sujets atteints ; et ce qui le prouve, c’est le fait, souvent constaté, que dans une seule et même épidémie, un individu était successivement atteint de fièvre récurrente et de typhus et que l’une ne confère pas l’immunité vis-à-vis de l’autre. En Écosse et en Irlande, le typhus règne en permanence ; la récurrente, au contraire, n’y apparaît que de temps en tern[)s, pour disparaître ensuite (Griesinger). Cet auteur, tout en proclamant la spécificité de la fièvre récurrente, n’est cependant pas éloigné d’admettre qu’il puisse exister des formes mixtes, hybrides, de cette maladie combinée avec le typhus.

Le typhus récurrent comporte les mêmes indications pi ophylactiques que le typhus ; nous n’avons donc pas à nous y appesantir. La maladie, dans le centre et dans l’occident de l’Europe est le plus souvent irujtortée, les foyers originaires paraissant limités aux Iles Britanniques et au bassin méridional de la Baltique ; du reste, vu le peu de gravité relative de la maladie, elle ne nécessite pas la même sollicitude prophylactique que le typhus, ni surtout les mesures rigoureuses qu’exige le choléra, malgré cependant la grande contagiosité dont elle est douée. Si nous avons insisté sur son histoire, c’est surtout à cause de son importance comme maladie d’origine famélique, et de la possibilité de son importation dans des pays où, comme en France, elle a été à peu près inconnue jusqu’ici.

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