CHAPITRE V
UÉMNGITE CÉnéBRO-Sl’lNALC
La rnénimjile cérébro-spinale épidémique est évidemment à ranger parmi les maladies infectieuses, où elle occupe une place intéressante vu la localisation exceptionnelle des lésions anatomiques sur les méninges cérébro-rachidiennes. La première mention de la maladie est due à Yieusseux, de Genève, et remonte à 18U5. Depuis lors elle a été observée à différentes reprises et dans divers pays, mais en France particulièrement (Comte de Grenoble, Boudin, Faure-Villars, Chauffard, Simonin, lourdes de Strasbourg, L. Laveran, etc.).
MALADIES VIRULENTES ET MIASMATIQUES
L iiffcclioii A ct(3 constatée particulierciricnt dans Farinée^ sons forme d’épidémies localisées dans une caserne on disséminées dans toute une garnison. Plus récemment, la maladie a sévi en Allemagne, en Angleterre, en Italie, en Espagne, en Algérie, dans l’Améri(iue du Nord, en Suède, où, en 1854 notamment, elle présenta une gravité exceptionnelle.
Actuellement encore, pour ce qui est de l’étiologie et de la nature même de la maladie, nous pouvons maintenir l’opinion formulée par M. Chauffard : « L’étiologie de cette aflection est enveloppée d’ombres impénétrables. » Un seul point est hors de doute : la nature contagieuse du mal. Mais, quant à la constitution du poison et à la place précise à assigner à la maladie dans le cadre nosologique, nous ne possédons aucune donnée sérieuse.
On a voulu faire de cette affection une variété des maladies typhiques ou typhoïdes, à tort assurément, car rien dans les principaux symptômes, non plus que dans les lésions, ne rappelle ce ([ui se passe dans les maladies proprement typhiques (pas de lésions de la rate ni des appareils lymphoïdes, pas de marche typique de la température, etc.).
L’origine maremmatique de la maladie est encore moins soutenable. Il faut donc se résigner à y voir une espèce spéciale et exceptionnelle de maladie infectieuse.
Récemment, un jeune médecin distingué, M. Laveran, a cru pouvoir considérer la méningite cérébro-spinale comme une forme fruste et maligne de scarlatine ; mais les arguments qu’il donne sont loin de nous paraître satisfaisants. Les conditions de climat, de sol, de température, ne sauraient davantage être invoquées, puisque la méningite cérébro-spinale épidémique a été observée sous toutes les latitudes et chez les l’aces les plus diverses.
Les épidémies les plus fréquentes sont celles d’hiver et de printemps, et le jeune âge est particulièrement prédisposé. L’cncomhrcinent, la fatigue, les privations jouent un rôle analogue, ce qui explique la grande prédominance de l’affection chez les soldais et surtout chez les recrues.
Vu l’ignorance com[)lctc où nous sommes sur l’origine réelle de la maladie, les réllexions prophylactiques (pi’ellc suggère rentrent dans le cadre banal des précautions que nécessite toute maladie contagieuse, et nous n’avons pas à insister.