‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 258 sur 298 · VACCINE · texte numérisé non relu

VACCINE

puiser le cas échéanl,soil quand le virus jennérien vient à faire défaut, soit pour d’autres motifs que nous exposerons plus loin.

C’est par l'inoculation du virus cow-pox que Jenner et ses successeurs ont créé la vaccine commune, la vaccine jennérienne; c’est là l’origine principale, sinon unique, de la maladie. Le cow-pox est une zoonose de l’espèce bovine, se rapprochant beaucoup de l’affection varioleuse éruptive de l’homme. Cette maladie, peu grave et, somme toute, assez rare, est caractérisée par du malaise, de la fièvre et au bout de trois ou quatre jours par l’apparition sur les mamelles, les lèvres de la vulve, les naseaux de la vache, les bourses et le périnée du mâle, d’une éruption de pustules ombiliquées à leur centre, qui s’entourent d’une auréole inflammatoire,' puis crèvent, se dessèchent sous forme de croûtes laissant à leur place des cicatrices permanentes.

Le cow-pox est-il une maladie propre à l’espèce bovine ou bien provient-il d’une autre espèce animale ou de l’espèce humaine ellemême? Telle est la question qui a été longuement débattue et qui mérite quelques développements.

Pour Jenner, le cow-pox n’était pas une maladie autoclithone de la vache, mais résulterait de l’inoculation à celle-ci du virus d’une mala die équine, qu’il désigne sous le nom de sore-heals (mal de sabot), que les maréchaux, en Angleterre, nomment grease, et (|u’cn France on a cru reconnaître dans les maladies que les bippiatres appellent eaux-aux-jambes . Mais les recherches ultérieures ont montré que le cow-pox naît le plus souvent spontanément chez la vache, et qu’il n’est pas nécessaire, pour sa production, qu’il y ait promiscuité de chevaux et de vaches dans la même étable, ou que ces animaux d’espèce différente soient soignés par les mêmes personnes. Le cow-pox est bien une maladie d’origine bovine, et en outre, de toutes les zoonoses varioleuses, c’est celle qui se transmet le plus facilement à l’homme et qui lui confère l’immunité la plus grande contre la variole; c’est donc la vraie et la meilleure source du vaccin.

Le cheval, il est vrai, est sujet lui aussi à une fièvre éruptive pustuleuse, mais qui n’est pas ce qu’on appelle vulgairement les eaux-au.xjambes, sore-heals ou grease*, ainsi que cela résulte des observations de MM. Sarrans et Lafosse, de Toulouse, conlirmées par celles de

' La greaec ou eaux-aux-jambes est une maladie du cheval caractérisée par un engorgement considérable dos extrémités, et l’apparition de nombreuses vésicules qui en crevant laissent une surface rouge, dhagriiiée, donnant un liquide séreux et fétide. Ce liquide n’a aucune propriété vaccinogène.

On a aussi invoqué la clavelée des moutons comme source du cow-pox et par conséquent de la vaccine; c'est une erreur : jamais, malgré toutes les précautions employées, on n'a pu inoculer la clavelée à d’autres animaux qu’au mouton (Leblanc). La vac-

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