‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 26 sur 298 · MARIAGES · texte numérisé non relu

MARIAGES

Presque partout la probabilité du mariage est plus grande pour l'homme que pour la femme : en Hollande et en Angleterre, ce rapport est comme 52,8 : 61 ,9, soit comme 100 est à 117, c’est-à-dire que, dans ces deux pays, le même nombre de gens mariables, qui donne 100 mariages annuels si ce sont des femmes, en fournit 117 .si ce sont des hommes. En France, ce rapport est annuellement comme 100 e-Aà 103. M. Bertillon montre que cette différence tient a celle des

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seconds mariages, trois ou quatre fois plus frequents pour les hommes que pour les femmes.

La proportion des mariages de veufs est approximativement double de celle des mariages de veuves jusqu’à l’âge de 50 ans, et est triple de 50 à 60 ans. En 1872, les mariages des veufs de l’un et l’autre sexe ont été plus nombreux qu’en temps ordinaire, les événements de 1870-71 avaient accru considérablement le nombre des veufs et des veuves. En Autriche, en Angleterre, en Hollande, en Belgique, le contingent fourni par le second mariage est très-considérable et beaucoup plus important qu’en France ; les veuves se remarient rarement en Suède et en France, et plus souvent, d’après M. Bertillon, en Angleterre, en Hollande et surtout en Autriche.

La distribution mensuelle se répartit très-inégalement et subit l’influence des rites religieux (le carême), de certaines habitudes rurales, des usages locaux.

Les résultats de la statistique varient suivant la différence des cultes ; de 1859 à 1861, les chrétiens dits évangélistes donnaient 8,5 mariages par 1000 ; les juifs, 8 ; les catholiques, 7,8. En Allemagne, on a constaté la plus grande fréquence des mariages mixtes. Ainsi, en Bavière, de 1855 à 1840, on en comptait 2,7 pour 100 mariages. Le nombre en a triplé de 1860 à 1862.

On a longtemps cru que la proportion de la mortalité était en raison de la fréquence des mariages ; M. Bertillon a montré qu’il y avait là une erreur provenant de la confusion faite entre la mortalité générale, qui s’accroît évidemment par le plus grand nombre de naissances résultant du plus grand nombre de mariages, et la mortalité à chaque âge.

Les unions hâtives et largement fécondes sont, au contraire, le salut des nations à mortalité rapide, qui, sans ce renouvellement constant opposé à la décimation, seraient nécessairement condamnées à disparaître, danger qui menace actuellement la colonie islandaise.

Le tableau suivant qui indique le nombre des mariages par état civil de 1869, que l’on peut considérer comme l’année ordinaire la plus récente, donnera une idée de la proportion relative des mariages entre garçons et filles, garçons et veuves, veufs et filles, veufs et veuves, et montrera sur quelle base cette statistique est établie.

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