II. ROUGEOLE
La rougeole, comme la scarlatine, est loin d’offrir, pour l'hygiéniste, l’importance qui s’attache à la variole ; aussi pourrons-nous être plus .sobre de détails.
Lu rougeole parait avoir fait son apparition en Europe à peu près <à la même époque que la variole ; elle était bien connue et elle est bien décrite par les Arabes et notamment par Rliazès, sous le nom de llasbah ; elle n’a cessé d’être endémique dans nos pays. C’est une maladie Iranchement contagieuse, et son origine spontanée, sans contagion préalable, n’a jamais pu être rigoureusement démontrée. Aussi existe-t-il des pays où son existence n’a pas encore été constatée, témoin l’Australie. Dans d’autres contrées, elle n’a présenté que quelques épidémies, puis s’est éteinte pour ne reparaître qu’à là suite d’une nouvelle importation; c’est ce qui a lieu pour des îles éloignées, telles que l’Islande, les îles Feroë qui, en raison de leur éloignement même, n’ont que des relations restreintes avec le continent. cet égard, l’épidémie qui a régné en 1847 aux îles Feroë, et qui a été décrite par un médecin danois distingué, l’anurn*, est particulièrement instruc-
doulcux que si la vaccine animale venait à se répandre dans la même pruporlion que la vaccine jennérienne, on n'ait à déplorer des accidents de ce genre. Même à ce point de vue donc, le virus jennérien mérite la préférence.
' Elle l’est en Allemagne, ainsi que la revaccination à l’ûge de douze ans, dans les écoles.
* Virchow's Arcit., 1848,1. 1.
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MALADIES VlItlJLENTES ET SIIASMATIQLKS.
livp. Oepiiis 05 ans, la rougeole n’y avait été observée; aussi fit-elle de grands ravages quand, importée par un cas provenant du ajutinent, elle se répandit sur une population vierge de cette maladie ; tous les individus âgés de moins de 65 ans et qui n’avaient pas acquis l’irrirnunité par une atteinte antérieure, lurent frappés, et sur 778‘2 habitants, 6000 tombèrent malades.
Cotte épidémie des îles Feroë établit très-nettement qu’aucun âge ne fait cesser l’aptitude à contracter 1a rougeole; et si, parmi nous, c’est surtout une maladie de l’enfance et de la jeunesse, cela tient uniquement à ce que les sujets plus âgés ont déjà payé leur tribut à la maladie et ont ainsi gagné l’immunité.
La rougeole, en effet, frappe rarement deux fois de suite le même individu, quoique des faits authentiques d’une seconde atteinte aient été signalés par Rayer, Home, Stiebel, Bébier, etc.
La rougeole est inoculable, par le produit de l’exfoliation épidermique, par la sécrétion des éruptions miliaires si fréquentes dans cette maladie, par la sécrétion de la muqueuse nasale ou conjonctivale insérée sous l’épiderme ou simplement déposée à la surface de la membrane pituitaire, par la salive même, dit-on. Le sang rubéoleux inoculé transmet également la maladie, ainsi que le prouvent les e.\périences de Home, de Speranza, deLocatelli, de Mayer et surtout celles de Michael (delvatona). Ce médecin hongrois, se trouvant, en lSi7. en présence d’une épidémie étendue et grave de rougeole, pratiqua un grand nombre (jusqu’à 1122) d’inoculations à l’aide de sang rubéoleux. 7 0/0 seulement des inoculations ne furent pas suivies d’effet; les autres amenèrent toutes une rougeole très-bénigne, sans aucun cas de mort; il n’hésite pas à recommander l’inoculation par ce procédé, comme un moyen prophylactique utile en temps d épidémie, surtout quand celle-ci affecte un caractère sérieux. L’incubation de la maladie inoculée est de 7 jours ; elle est un peu ])lus prolongée (10 à 14 jours) dans la marche naturelle de la rougeole.
11 serait puéril, à notre sens, d’insister à l’égard de la rougeole sur une prophylaxie trop sévère; car si, par l’isolement, on parvient a sauvegarder un enfant pendant une ou plusieurs épidémies, il n’en sera i)as moins presque fatalement exposé à toutes les chances d une contagion ultérieure, puisqu’une première atteinte seule met à l’abri du mal.
SCAHLATINE.