‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 262 sur 298 · SCAIILATIMÎ · texte numérisé non relu

SCAIILATIMÎ

La scarlatine se recommande à notre attention mallicureusemcnt plutôt par la gravité de la maladie que par la puissance des moyens prophylactiques dont nous disposons pour la combattre ; maladie essentiellement variable dans ses manifestations ; tantôt d’une bénignité rare, tantôt d’une gravité redoutable. Sydenham lui contestait même le nom de maladie. Les médecins écossais de la lin du siècle dernier, Bretonneau, Trousseau, nous ont appris « à la redouter à l’égal du typhus et de la peste ».

La scarlatine est particulièrement une maladie anglaise. Elle sévit cruellement <à Londres, et elle a une part très-importante dans la mortalité générale de cette ville.

Jamais cette maladie ne naît spontanément, toujours elle est engendrée par contagion. C’est un fait dont on a pu surtout s’assurer pour les contrées reculées, pour les îles lointaines, et peu en communication avec le continent. Ce n’est que depuis 1827 que la scarlatine a été observée en Islande. En 1848, elle fut importée au Groënland ; en 182!), dans r.-\mérique du Sud; actuellement elle a gagné les Indes et l’iVustralic.

La réceptivité pour la scarlatine est loin d’être aussi grande que pour la rougeole. Presque tous les humains ont payé leur tribut à cette dernière maladie. La plupart échappent à la scarlatine. La contagion s’opère par le contact médiat ou par la voie miasmatique. Un très-court séjour auprès ou dans le voisinage des sujets contaminés suflit pour l’infection. L’inoculation du liquide de l’exanthème et des produits épidermiques a réussi (Williams, Miquel, Stoll). Des objets inanimés (lettres, châles, linges de corps, pianos) peuvent servir d’intermédiaire. Des personnes saines, sans être atteintes de la maladie, ont transmis la scarlatine. Il n’est pas encore bien prouvé que les squames, les lamelles épidermiques, lors de la période de desquamation, soient doués de l'aptitude virulente. Le contage est d’une grande ténacité : des appartements, des lits, évacués depuis trois mois, ont déterminé des infections nouvelles.

De toutes les fièvres érui)tives, la scarlatine est celle dont l’incubation est la j)lus variable; parfois très-courte (un jour, Trousseau); le plus souvent de quatre, cinq, douze ou quatorze jours.

L’enfance constitue une prédisposition notable. La maladie est sur-

MALADIES VIIIULEXTES ET MIASMATIQUES.

tout li'équenlc vers 1 âge de deux à cinq :m.s. Les tiourri.s.s<jtis cl les vieillards sont très-réfraclaircs. La puerpéral ilé y prédispose, et fournit des cas généralement très-graves. L’irnrnunilé conférée par une première atteinte est presque absolue.

La prophylaxie de la scarlatine mérite une sollicitude toute spéciale; en effet, nous avons vu que, contrairement à ce qui .se passe pour la rougeole, tout le monde ne subit pas la scarlatine. La réceptivité pour la maladie est laible en dehors de l’enfance, quoique cependant elle soit loin d’épargner toujours les adultes. Il y a donc intérêt à écarter des jeunes enfants les dangers de la contagion de la scarlatine, auxquels ils auront grande chance d’échapper plus lard par le seul fait de leur âge plus avancé. La gravité de la maladie est un motif de plus de chercher à y soustraire les jeiiues sujets. Lors donc qu’un cas de scarlatine se déclare dans une famille, et surtout dans une école, il est essentiel d’isoler le malade ; le |)lus sage, s’il s’agit d’un étahli.s.<ement public, sera de fermer momentanément l’école, pour éviter une épidémie qui toujours, même dans les conditions les plus favorables, compte des cas malheureux.

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