I. — nAGE
La rage est une maladie se développant originairement sur l’espèce canine (chien, loup, chacal, etc.) et se transmettant, par inoculation, à l’homme, soit par la morsure du chien, soit par celle d’un animal d’une autre espèce, servant d’intermédiaire, tel que le bœuf. le moutou, le cheval, etc.; elle résulte doue toujours, chez rhomme. de la morsure d’un animal enragé. La dénomination d’hydrophohic est vicieuse, car tout homme hydrophobe n’est pas atteint de rage et. quant aux chiens rabiques, ils uc sont pas hydrophobes (Bouley).
Au point de vue pathologique |)ur, la rage présente nu grand intérêt, en ce qu’elle diffère, parmi certain nombre de points, des maladies inoculables, par sa longue incubation, ipii atteint et dépasse parfois
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une année, et enfin par sa symptomatologie même, qui ra[)pelle |»lutôt les névroses qu’une maladie inl'eclieuse. Mais n’em[)iétons [tas sur la pathologie.
11 est [tlus (pie doutcu.x qu’IIippocrate ait connu la rage. Aristote signale la rage canine et la possibilité de sa transmission dû chien à d autres animaux, mais, chose remarquable, il la déclare transmissible « à tous les animaux, saiil' rhomnie ». Celsc, en revanche, décrit la maladie, telle qu’on la constate chez l’homme, avec sa netteté et son exactitude habituelles : Miserriinum genus niorbi, in quo æger et sili cl aqua- metu crucialur. Il recommande, contre la morsure, la succion, les ventouses et la cautérisation. Galien etC. Aurelianus n’ajoutèrent guère à ces notions fondamentales, et pendant toute la durée du moyen âge et jusqu’au milieu du siècle dernier, l’étude de la rage ne réalise aucun progrès important. C’est aux remarquables travaux de Chabert, de J. limiter, de Youatt et de Meynell que l’on doit des notions plus précises, non-seulement sur les symptômes de la maladie observée chez l’homme, mais chez l’animal, et surtout sur les conditions ([ni président à la transmission, et que l’expérimentation [lermet d’établir. Magendie, Breschet, Faber, Boulcy, Virchow, etc., ont achevé d’élucider cette étude, si importante au point de vue de l’hygiène; .M. Bouley a résumé les travaux de ses prédécesseurs et les siens [>ropres, dans la magistrale monographie de la rage chez les animaux, qu il a publiée dans le Dictionnciive encyclopédique', mentionnons aussi 1 excellent article sur la rage humaine, paru dans le inèinc recueil, et dû à la plume de M. Brouardel.
liage canine. — Il est inutile d’insister sur la nécessité de reconnaître la rage chez le chien, surtout dans ses prodromes, alors qu’elle ne s affirme encore i[ue par des signes peu accusés. Le [uiblic et même un certain nombre de médecins vivent encore sur l’ancienne et déplorable erreur qui consiste à croire que la rage, chez le cbieii, se manifeste toujours par des syiiqitômcs formidables, [lar l’égarenient du icgard,! écume sanglante, etc., tableau smguli(u’ement exagéré, comme nous le verrons.
ha rage est propre aux races canines et félines, aux races canines surtout; elle esUm^joMrs transmise, par inoculation, aux berbivores, aux omnivores, aux oiseaux et à l’homme.
La rage peut-elle se dévelop[)cr .sponlanémenl, sans contagion préalable, dans l’espèce canine, tel est le premier point qu'il faut c.xaminer. On a admis que la rage pouvait apparaître chez le chien sous certaines influences telluriques, saisonnières ou de température ; la con-
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tiiienco forcée résultanl pour beaucoup de mâles de lAiilériorilé nuiiiériiiuc des i'cincllcs (Leblanc, Grave) ; ralimcnlalion insunisarile, les mauvais trailcmenis, ont été également invoqués; mais toutes ces données étiologiques sont plus que conle.stablcs. On a même admis que des chiens surexcités peuvent devenir temporairement enragés sous l’inlluence de la colère et transmettre par la morsure une rage mortelle, alors qu’eux-mèmes guérissent (Tardieu). Mais ces faits, très-e.\ceplionnels, sont suspects et comportent d’autres interprétations.
Bref, et sans entrer dans le détail, la spontanéité de la rage chez le chien est extrêmement douteuse ; la contagion seule est prouvée (Bouley) ; les causes mentionnées comme présidant au développement de la rage spontanée ne jouent que le rôle de causes prédisposantes. Il est important d’insister sur le peu de fondement de la théorie de la spontanéité, car c’est sur le fait de la nécessité et de la constance de la contagion que repose la prophylaxie de la maladie.
La rage, chez le chien, présente deux formes cliniques qui. quoique identiques par leur nature, diffèrent cependant notablement au point de vue symptomatique : c’est, d’une part, la rage commune, et, d’autre part, la rage muette ou mue, ou forme paralytique de l’affection. Nous allons étudier rapidement ces deux formes, car, nous le répétons, pour prévenir la transmission de la rage à l’bomme, il faut savoir la reconnaître chez le chien, non-seulement alors qu elle s'affirme par des signes évidents et incontestables, mais dans ses formes moins franches, et dès le début, alors que la maladie est encore mal exprimée, mais que la morsure est tout aussi virulente que dans les stades ultérieurs du mal.
La rage commune du chien présente, en effet, deux périodes : 1 une initiale, prodromique ; l’autre, période rabique proprement dite, période confirmée de la maladie.
La période initiale, appelée encore par les vétérinaires le stade de mélancolie, est caractérisée par une tristesse et un abattement particulier l’animal se cache, recherche l’obscurité, il est agité, inquiet, tressaille au moindre bruit, au moindre attouchement; parfois il éprouve de véritables hallucinations des sens, .se met en arrêt devant un objet imaginaire, mord l’air, aboie et .s’élance sans motif. Mais tou-,jours il reconnaît et caresse sou maître et parfois manifeste pour lui une affection démonstrative et outrée; du reste, ainsi que le fait re- . marquer M. Boulcy, même pendant la période rabique confirmée, l’a-j mmal est encore calmé par la voix du maître, il le mord rarement etj l'épargne en (juchpic sorte. Cependant, l'irritabilité de l’animal neî
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tarde pas à s’accuser, surtout chez les cliiens liargneux qui, dès ce premier stade, mordent volontiers, d’une façon sournoise et traîtresse. Fait important, loin qu’il y ait de l’Iiydrophobie, le chien boit avidement, et, d’une façon générale, l’appréhension des liquides n’e.xiste à aucun moment de la maladie.
L’anorexie est la règle dès le début; elle s’accompagne habitueilement de perversion de l’appétit ; les chiens avalent des pierres, du bois, du sable, de la laine, ils happent leur urine, et il faut toujours se méfier d’un chien qui présente ces dépravations de l’appétit.
Si l'on analyse le timbre de la voix, on constate, dès le début aussi, une modification caractéristique ; l’aboiement devient rauque, change de timbre et rappelle celui du chien « qui donne de la voix » (Bouley) ; cette modification est déjà pathognomonique pour une oreille exercée, autant que le sera plus tard le hurlement rabique.
.\ cette période, le chien, qui tolère encore la présence de l’homme, montre une irritabilité extrême à l’approcbe d’un autre chien, auquel il inspire une terreur étrange et profonde; le moindre roquet rabique met en fuite le plus puissant molosse; c’est ce qui a fait dire à M. Houley qu’un bon réactif de la rage, au début, est précisément cette crainte que l’animal rabique inspire à ses semblables.
La période initiale, ainsi caractérisée, dure de deux à trois jours ; puis la maladie s’affirme, elle passe au stade d’irritation, stade maniaque ou rabique proprement dit. L’animal devient méchant, furieux ; ses yeux, si doux d’habitude, s’allument et prennent une expression féroce; c’est alors qu’apparaissent les signes évidents et classiques de la maladie, le besoin insatiable et étrange de locomotion, les pérégrinations lointaines et désordonnées, le besoin démordre; l’animal parcourt les routes, mordant silencieusement les pierres, les bâtons qu’on lui tend, les animaux qu’il rencontre, plus rarement les hommes, épargnant encore son maître et les familiers. C’est alors que la voix ])rend un timbre caractéristique, effrayant, enroué, intermédiaire entre l’aboiement et le hurlement.
On croit vulgairement que la rage du chien s’accuse par une attitude particulière de la queue, tenue basse et entre les cuisses; il n’en est rien. La queue ne s’aflaisse (|ue dans le stade ultime, paralytique. L’hydrophobie, la photophobie font également defaut cliez le chien; enfin, l’écoulement de bave par la gueule et l’écume sanguinolente sont loin d’être aussi fréquents et aussi caractéristiques qu’on le pense généralement, et ne se manifestent aussi qu’au stade paralytique de la maladie.
MAI.AniES VIIUILENTKS KT MIASJUTIQL'ES.
C’csl, en effel, pai nn aiTail)lisscmeiil cl une vérilaljle paralyKi’e progiessive et eiixaliissante, débutant par le train postérieur, fpie sc lerniine la scène ; l’aniinal se couche épuisé dans un fossé où il demeure immobile, l’œil entr’ouvert, toujours inquiet et aux aguets, et prêt a mordre; dans quelques cas, comme poussé parmi instinct, il retourne au gîte, maigre, le poil sec, hérissé, l’œil enfoncé, avex un aspect lamentable et terrible. Peu à peu la paralysie gagne les mâchoires, la langue est pendante, la déglutition impossible, et l’animal succombe à une asphyxie graduelle, ou en présentant quelques con- Aulsions, paitielles ou générales, vers le quatrième ou cinquième, au plus tard vers le dixième jour de la maladie.
La rage-mue ou muette, plus rare que la première forme, plus insidieuse, est encore plus dangereuse pour l’homme, par cela même qu’elle est plus mal exprimée et qu’elle inspire moins de défiance. Dans celle forme, les phénomènes d’e.xcitation font défaut ; iln’exislepasde symptômes ralmjues à proprement parler, le stade mélancolique et de dépression passe graduellement au stade paralytique. L’animal est triste, son aspect inspire la pitié et non la terreur (Bouley) ; la paralysie s’installe rapidement, débutant toujours par les membres postérieurs, yagnant rapidement le tronc et les muscles de la tète ; la bouche et la langue pendent inertes, les masséters incapables de se contracter, ne permettent pas la morsure, l’aboiement même est impossible, l’animal est silencieux (rage muette) et la mort survient rapidement en moins de trois ou quatre jours.
Pendant toute la durée de la maladie, l’animal ne veut pas mordre, et le voulùt-il, qu’il serait dans l’impossibilité de le faire, vu l'alTaiblksoment des muscles des nitàchoires (Bouley). Et cependant, les approches de l’animal sont jdangercuses, car sa bave est virulente ; il exi.sle pins d’une observation de rage contractée à la suite de l’exploration de la gorge de l'animal, pratiquée par le vétérinaire ou par le maître de l’animal ; en effet, le tableau de la rage-mue rappelle souvent à s’v méju-endre celui du chien présentant l’arrêt d’nn os dans le fond du |)barynx ou de l’œsophage, et alors, pendant les manipulalions de l’e.xploration, la moindre écorchure existant sur les mains ou le simple fait d’être léché par l’animal, peuvent servir de porte d’entrée au virus.
Les animaux domestiques : le cheval, le bœuf, le moiilon. le porc, les animaux de basse-cour eux-mêmes, peuvent être alteiiiLs de rage, à la .suite de la mor.sure de chiens enragés; ils peuvent en outre, s’ils viennent à mordre riiommc, lui communiquer la maladie. Les espèces
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canines sauvages ; le loup, le renard, la martre, le chacal, l’hyène, présentent la rage, et peuvent la communiquer au chien et à riiomme. Mais ces faits, ainsi que la rage féline, quoique intéressants au point de vue de l’histoire générale des affections rabiques, ne sauraient nous arrêter, la rage du chien étant surtout utile à connaître au point de vue pratique et à celui de la police sanitaire.
iN'otre but ne saurait être également d’exposer les caractères de la rage humaine, ce qui serait faire une digression dans le domaine de la pathologie. Mais ce qui a trait directement à l’objet de nos études, c’est le mode de transmission de la maladie rabique des animaux et particulièrement du chien à l’homme.
De la rage humaine. — Si la rage spontanée du chien est très-contestable, celle de l’homme peut être niée d’une façon absolue. Elle résulte toujours de Vinoculalion du virus raliique provenant d’un animal atteint de la même affection ; il faut donc une plaie, une solution de continuité du tégument externe ou des orifices muqueux permettant l’entrée et l’absorption du virus. 11 faut bien savoir que la morsure n’est pas nécessaire et qu’un chien atteint de rage, en caressant et en léchant la main de son maître, peut, en déposant une parcelle de bave sur une écorchure, lui communiquer la terrible maladie dont il e.st atteint.
La cause la plus fréquente, mais non exclusive, de la rage, chez l’homme, est la morsure du chien rabique; sur 796 cas de morts jiar rage recueillis en France, dans le Wurtemberg et dans le Milanais, 716 provenaient d’une morsure de chien, 50 d’une morsure de chat, 31 de morsures de loup, 19 de renard et 1 cas était consécutif à une morsure de vache. En Russie, en Gallicie, en Autriche, la proportion des cas de rage développés à la suite de morsures de loup est plus considérable ; dans l’Inde, la rage s'observe fréquemment à la suite des morsures de chacal.
Le virus réside dans la hâve de l’animal, qui, comme l’on sait, est un mélange de sécrétion salivaire et de mucus bronchique; il est probable que c’est la salive (|ui possède particulièrement l’aptitude virulente, quoique récemment M. Féréol l’ait revendiquée pour l’écume bronchique. 11 est douteux que les muqueuses saines, intactes, puissent absorber le virus.
La morsure d’un animal enragé n’entraîne pas fatalement la rage chez l’homme, soit que le virus ne soit pas absorbé, qu’il ait été essuyé par les vêtements, soit qu’il existe une immunité particulière de l’individu mordu. Du reste, cette immunité se constate aussi dans l’espèce
MAOADIES VinUI.RNTES ET MUSMATIQL’ES.
raninc, cl on 1 a maintes fois constatée chez fias chien? qui furent soumis, sans danger, et à plusieurs reprises, à la morsure d’animaux rabiques.
Le siège de la morsure, cliez l’homme, joue un certain rôle sur le plus ou moins de danger de contracter la rage. Sur 495 cas de rage recuedlis par M. Tardieu et Thamliayn, 265 résultaient de morsures aux extrémités supérieures (55 “/oK HO de morsures au visage (22 */,), 108 aux extrémités inférieures (22 »/„), et 14 au tronc (5 \). Le^ morsures exercées sur les parties découvertes, telles que le visage, les mains, sont bien plus fréquemment suivies de rage que celles qui portent sur les parties recouvertes de vêtements, le virus pouvant être retenu et essuyé par ceux-ci.
Il existe dans la science une observation d’un élève vétérinaire de Copenhague qui, faisant une autopsie de chien rabique, alors qu’il poitait une éraillure au doigt, succomba, six semaines après, de la rage’.
Les cas de rage s’observent plus fréquemment chez les enfants que chez l’homme, plus fréquemment chez l’homme que chez la femme (Tardieu).
La chair des animaux rabiques peut être impunément ingérée par le chien; M. Decroix pratiqua sur lui-même une expérience analogue et ingéra de la viande rôtie et même crue provenant d’un chien enragé ; il éprouva de l’insomnie, un peu d’agitation, une légère diflîcullé de la déglutition et de la phonation, mais tout se borna à cela*.
La rage est-elle transmissible de l’homme à l’homme? C’était une croyance généralement répandue autrefois, et qui fut la source de bien des pratiques cruelles.^ On admettait non-seulement la transmission par le fait de morsures, mais même à la suite du coït. Il n’existe que trois observations bien avérées de morsures provenant d’individus rabiques, et aucune ne fut suivie d’accidents. Cependant llusnout, Magendie, Breschet, en inoculant le liquide provenant des glandes salivaires de sujets atteints de rage à des chiens, purent ainsi communi- (juer la rage. Celle-ci est donc capable de faire retour de l’homme à l’animal.
Quelles sont les conclusions i)rophylactiques et les indications de police sanitaire qu’il importe de tirer des détails dans lesquels nous sommes entrés; telle est la dernière et la plus importante partie de cette élude.
* Tidskrip. for vétérinaire, ISM), l. VIII, p. 270.
’* Hecucit de méd. vilér,, 1S04, p. 171.
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Si l’on envisage la fréquence relative de la rage humaine, et surtout l’effrayante gravité de cette maladie, on comprendra que tous les moyens capables de la restreindre et de la prévenir méritent la plus grande sollicitude. En tète de ces moyens, il faut placer une police sanitaire rigoureuse sur la race canine.
D’une façon générale, le but de l’administration doit être de restreindre, autant que possible, le nombre des chiens; celui-ci est incontestablement trop grand pour les besoins réels de la vie sociale actuelle, si l’on réfléchit que, dans l’Europe centrale, on compte 1 chien par 16 habitants. L’imposition des ebiens de luxe, appliquée avec une rigueur croissante, est le seul moyen de lutter contre cet excès, qui constitue un réel danger.
La police sévère, la recherche et l’extermination des chiens errants et de tout chien non muni de collier est également une mesure essentielle ; tout chien errant est un chien suspect qui doit être capturé et dont il est prudent de se défaire.
La muselière obligatoire portée ]iar tout chien libre, ou non tenu en laisse, constitue un moyen très-efficace, à condition cependant, ainsi que le fait observer M. Bouley, que' la muselière soit bien construite et que le musellement soit effectif et non uniquement une pure lormalité. C’est à tort que l’on a contesté l’utilité de cette mesure, en invoquant la prétendue immunité de la rage des pays où la police sanitaire des chiens n’existe pas, de la Turquie notamment; la vérité est que la rage existe à Constantinople (Fauvel). Le musellement fut imposé d une façon rigoureuse ,à Berlin pendant neuf ans, et aucun cas de rage ne fut observé pendant cette longue période de temps. Il est clair que le musellement, utile en tout temps, est surtout indiqué en temps d’épidémie rabique.
Dès qu’un ebièn présente des jihénomènes propres à faire redouter la rage, il faut l’abattre, ainsi que les chiens et les animaux sur lesquels il a exercé des morsures. Que si, au contraire, c’est un homme qui a été mordu, il sera bon de séquestrer l’animal pour l’observer tout à l’aise et s’assurer si réellement on a affaire à un cas de rage.
Vu la longue durée de l’incubation rabique, chez le chien aussi bien que chez l’homme, il est jirudent de mettre à mort tout animal mordu |)ar un chien enragé ou soupçonné simplement de rage. Si le propriétaire s’oppose h ce moyen radical, il faudra séquestrer le chien pendant plusieurs mois et rendre le propriétaire responsable do tonte infraction à la mesure de séquestration.
On a encore propo.sé l’émasculation obligatoire des chiens, d’après
MALADIES VmULENTES ET MIASMATIQUES.
l’idée erronée de la genèse spontanée de la maladie sons l’infliience des désirs vénériens inassouvis et de la continence forcée. Ce inoyen e.st tout aussi inapplicable et tout aussi inefficace que la proposititm qui a été également émise d’user les canines des chiens, pensant ainsi rendre leur morsure inoffensive.
La rage canine se renouvelle, pour ainsi dire, indéfiniment par suite de la transmission de la maladie des espèces sauvages, du renard, du loup, du chacal, au chien. La desiruction de ces espèces nuisibles à tant de titres est un remède malheureusement plus facile à recommander qu’à appliquer.
Mais, par-dessus tout, il est nécessaire de redresser les idées erronées que l’on se fait des signes de la rage chez le chien, symptômes qui sont loin d’offrir constamment la physionomie outrée et violente qu’on se plaît à leur attribuer.
C’est par la notion plus exacte des symptômes réels que la rage présente à ses différentes [)ériodes et dans ses formes diverses (jue l’on constatera à temps le danger et que l’on pourra le prévenir. C’est surtout en vue de cette notion fondamentale que nous nous sommes étendu si longuement sur la description de cette redoutable maladie de l’espèce canine.