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PUSTULE MALIGNE, CHAIIDON, ŒDÈME MALIN

Liunaladic charbonneuse est une affection toujours identique à cllcrnéme au point de vue étiologique, se développant chez le cheval (où elle est décrite sous le nom de fièure f/mi’ùonnçH.sc), dans l’espèce bo-

* Grisolle, Traité de palhol. interne, 9' édit., l. II, p. 115.

M.UADIKS VIIiUI.li.NTKS ET MIASMATIQl’ES.

vine {fièvre alaxiquc)^ clioz le inonloii («««/■/ de la rate), et Iransiiiissiblc de ces animaux <à l’Iiomrnc.

La maladie charbonneuse des animaux se développe sous l’influcncc de certaines conditions encore mal connues, telles qu’une alimenUition défectueuse, l’usage de fourrages humides ou avariés, etc. La maladie est surtout tréquente dans certaines localités, en Bourgogne, en Champagne, dans la Beaiice, en Russie, en Sibérie, en Hongrie. Ln Bu-ssie, dans le seul gouvernement de Novogorod, de 1867 à 1870, 56 000 individus de l’espece chevaline, bovine et ovine et 5"28 hommes succombèrent au charbon (Grimm).

On sait aujourd’hui, grâce surtout aux beaux travaux de M. Bavaine. que le principe carbonculeux est constitué par un élément figuré, du genre des protistes, par une bactérie spéciale, immobile, bactéridie (Davaine), bacillus anlhracis (Colin). Ces éléments se rencontrent eu nombre infini dans le sang dès animaux atteints de charbon, aussi bien que dans le liquide des localisations de la maladie. .M. Davaine a montré que c’est à la présence de ces protorganismes que les produits carbonculeux empruntent leur virulence; la température de 60®, l’eau chlorurée, l’acide phénique, détruisent leur activité; il en est de même de la fermentation putride, qui donne naissance à d’autres éléments bacillaires, capables d’engendrer la septicémie, mais non le charbon (Davaine, Pasteur).

Cependant, il faut reconnaître que si les remarquables travaux de M. Davaine ont été confirmés par les recherches de Poilender. de Brauell (de Dorpat), de Cohn, de Raimberl, de Bollinger, la spécificité étroite de la bactéridie a été contestée par les expériences de M. le professeur Vulpian et celles de M. Signol, qui a retrouvé les memes algues dans le sang des solipèdes atteints de la maladie dite des jeunes chevaux, et même dans le sang de chevaux tués sinq)lemcnt par asphyxie. Mais si la bactéridie n’est pas spéciale à la maladie charbonneuse, ce qui ressort cependant des recherches de M. Davaine, c’est la constance de ces protorganismes dans le sang des animaux ainsi que de l’homme atteints de charbon; il est donc difficile de ne pas admettre entre cette altération bématologique et la maladie elle-même une certaine relation.

Un fait très-important au point de vue de l’étiologie, de la maladie et de son mode de propagation, c’est l’énorme ténacité dn virus. Du sang charbonneux, après vingt-deux mois do dessiccation, reproduisit la maladie par inoculation. Le vétérinaire Einikc, cité par Bollinger*,

* ZiciitJisen's Ilattdb. dcv. Palh. und Titer., :u'l. Milibvand, I, III. p.

PUSTULE MALIGNE. — ClIAnUON.

relate un fait significatif et qui établit bien la terrible ténacité du virus : un bœuf succombe au charbon dans l’automne de 1852; deu.x personnes ayant mangé de la chair de l’animal, meurent de la même alTection ; au printemps suivant, la peau de l’animal est plongée pendant quelque temps dans l’eau d’une mare, puis manipulée par un sellier qui en confectionne des harnais de clievaux. Le sellier est atteint de charbon; un troupeau de moutons s’étant baigné dans la mare, vingt d’entre eu.v furent enlevés par le sang de rate ; enfin, deux chevaux qui portèrent pendant quatre jours les harnais en question, périrent du charbon en moins de deux jours !

Du charbon chez l’homme. — La production spontanée du charbon chez l’homme, quoique soutenue par Bayle, doit être définitivement rejetée; il s’agit toujours de cas de transmission, soit immédiate, soit médiate, de la maladie de l’animal à l’homme. Le mode le plus fréquent d’infection est l’inoculation du sang charbonneux frais ou desséché et fixé sur des substances le plus souvent d’origine animale. De là la fréquence de la maladie chez les bergers, les bouchers, les tanneurs, les matelassiers, les ouvriers en laine. Fournier, dès 1769, signalait la fréquence du charbon chez les ouvriers d’une manufacture de tapis de laine à Montpellier; Trousseau cite le cas d’une femme qui fut atteinte d’anthrax malin, en préparait des crins provenant de Buénos-.\yres. M. le professeur Broca a observé un certain nombre de cas de pustule maligne chez des ouvriers tanneurs ; ces pustules siégeaient, le plus souvent, sur les parties latérales du cou, régions sur lesquelles ces ouvriers placent les peaux qu’ils sont en train de transporter *.

Les piqûres des mouches dont les pattes ou les suçoirs sont imprégnés de virus peuvent transmettre la maladie; c’est là un fait que les expériences décisives de MM. Davaine et Raimbert ont mis hors de doute.

L’usage de la viande d’animaux charbonneux produit, quoique exce|)tionnellement, la maladie chez l’homme, la cuisson détruisant en général le principe virulent. Enfin on admet des cas de charbon infectieux proprement dit, dans lesquels le virus serait absorbé sans inoculation, soit par la peau intacte, soit par les muqueuses respiratoires ou digestives. On sait que, dans ces derniers temps, Buhl, Waldeyer, Wagner ont publié, sous le nom de iniicosis inteslinal, des affections des organes digestifs, avec état septicémique concomitant, et

' Bulletin de ï Acad, de méd., 18li8, t. XXXIII, p. 307.

PROCI.T, HYGIÈNE.

MALADIES VIRULENTES ET MIASMATIQUES

(jui, pour certains observateurs, ne seraient autres que des cas de charbons internes. Quoi qu’il on soit, c’est par inoculation que, dans l’immense majorité des cas, la maladie est transmise à l’homme, ainsi que le prouve le siège meme des accidents, qui, 84 fois pour 100, d’après Virchow, occupent les parties habituellement decouvertes.

Nous n’avons pas à décrire ici les symptômes ni les lésions qui caractérisent le charbon humain dans scs trois formes cliniques (pustule maligne, œdème malin, charbon interne, mycosis intestinal); qu’il nous suffise de rappeler que, chez l’homme également, c’est la bactéridie qui constitue la caractéristique anatomique du mal. 11 ré.sulte des belles recherches de M. Davaine, que ces organismes inférieurs s’observent d’abord au niveau et dans le voisinage immédiat de l’accident local; ce n’est que plus tard, quand les symptômes généraux éclatent, que le sang lui-même en est infesté, et alors l’issue fatale est certaine.

La prophylaxie est exclusivement du ressort de la police vétérinaire. Des que la maladie éclate dans une contrée, il faut procéder à l’abatage des animaux atteints et prescrire leur enfouissement. Il faut surtout lutter contre la cupidité ou l’incurie des propriétaire et interdire l’usage, non-seulement des viandes contaminées, mais encore et surtout celui des peaux, de la laine, etc. Les professions énumérées plus haut doivent ôlrc l’objet de la sollicitude spéciale du médecin ; alors que, chez ceux qui les exercent, l’on voit apparaître une alfection pustuleuse ou furonculeuse, une cautérisation immédiate et énergique est nécessaire.

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