TAILLE
Des diverses conditions de l’aptitude physique au service militaire, la taille est celle qui a peut-être le plus occupé les législateurs. Après Sadowa, le gouvernement français, voulant augmenter le nombre de ses soldats, présenta au Corps législatif la loi de 1807. A ce moment, la question du minimum de la taille exigée pour chaque soldat fut discu-
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DEMOGRAPHIE.
tée. L’influence de Quételet et de Villermé prévalait encore; la force, la puissance, l’aptitude militaires d’une nation étaient considérées comme étant en rapport avec la taille de ses soldats. On se rappelle les discussions qui eurent lieu dans les sociétés savantes, à l’Académie de médecine, à la Société d’anthropologie, et les travaux de Boudin et de M. Broca montrèrent que la taille est surtout une question de race, et qu’on ne doit établir aucun rapport entre les exemptions pour défaut de taille et les exemptions pour infirmités.
Les départements de l’Ardèche, du Tarn, des Côtes-du-Nord, du Lot, du Finistère, qui offrent le plus de petites tailles, ont au contraire les numéros les plus faibles dans l’échelle de proportion des exemptions pour infirmités ; le Jura, la Côte-d’Or, les Ardennes, l’Aube, la Somme, l’Oise, départements à hommes de haute stature, présentent des conditions inverses. M. Broca a même montré que, si l’on divise la France en deux parties par une ligne oblique du N. 0. au S. E., partant du département de la Manche et passant au nord de la Sarthe, du Loir-et- Cher, du Loiret et de la Nièvre, pour se terminer au département de l’Ain, l’ensemble des départements où la taille est moins élevée est au sud de cette ligne, tandis que la taille est supérieure dans les départements placés au nord. Or l’étude ethnogénique de la France nous a montré que les premiers départements sont ceux où la race celtique est en grande majorité, tandis que les autres départements sont, au contraire, ceux où s’est fixée la race kimrique fortement germanisée qui envahit la Gaule à l’époque des grandes migrations.
Au voisinage de la ligne de démarcation, existent des départements intermédiaires ; ce sont les départements kimro-celtiques où les deux races se sont plus ou moins mélangées.
La taille est donc d’abord une question de race ; mais si nous avons affaire à des individus de même race, la différence de taille devra alors être prise en considération. Lorsque, par exemple, dans un même département, deux cantons voisins composés d’une race commune présentent une grande proportion d’exemptions chez l’un, un nombre trèsfaible chez l’autre, il faut bien admettre l'influence, sur la taille, du sol et du milieu. M. Bertrand, dans le département de l’Indre, a signalé le canton de Levroux, fertile, salubre, aisé, donnant 50 exemptions pour défaut de taille sur 1000 examinés, tandis que celui dcMézières, situé au milieu des marais, à sol improductif, à population misérable, a donné 145 défauts de taille sur 1000 ; des faits analogues ont été cités dans l’Aude, la Vendée et la Haute-Loire.
Cependant, si les législateurs du 27 juillet 1872 ont été obligés d’a-
AIUIEE. - liECUUTEMENT.
baisser le minimum de la taille à 1“,54, lorsqu’cn 1691 ce minimum était à cela ne veut pas dire que la France ait perdu son apti-
tude au service militaire.
La fixation d’une taille minima pour le service militaire a au contraire le grand inconvénient d’amener inévitablement une répartition inégale des e.xemptés, et l’on sait que partout où se trouvent les races germaniques on peut exiger du soldat un minimuin de taille élevé.
11 n’en est pas de même dans les pays à races mixtes ou dans les pays à race latine ; mais si dans ces dernières races la taille est moins élevée, la proportion des exemptions pour infirmités est moins considérable que dans les races germaniques. Il résulte, en effet, de divers documents, que le nombre des e.veraptions pour infirmités est, en France, de '28,80; en Autriche, de 56,20; en Prusse, 58; dans le Wurtemberg, 41,50.
Si do(ic, sur les 500,000 inscrits obtenus par notre loi militaire, nous n’avons que 150,000 soldats, il ne faut pas s’effrayer do ce ebif- Irc de 50 pour 100 de non-valeurs; la France est à cet égard, aussi bien, sinon mieux partagée que la plupart des États de l’Europe.
Le minimum de la taille peut être abaissé également pour la cavaloric. On réservait autrefois les hommes de haute stature, non-seulement aux régiments de cuirassiers, mais encore à ceux de dragons. A ce moment, on donnait à la cavalerie un rôle presque exclusif ; on voulait la faire agir par le choc et le désordre qu’elle pouvait imprimer à des masses d infanterie; 1 introduction des armes à longue portée et à tir rapide rendant à peu près impossible l’accès de toute infanterie encore intacte, \a modifier complètement le rôle de la cavalerie dans les opérations de guerre; elle devra servir presque exclusivement à éclairer au loin la marche de l’armée ; comme sa qualité principale sera la vitesse, la rapidité à se transporter d un point à un autre, il sera peu imjiortaiit que le cavalier soit grand; il sullira qu’il soit agile, et un cavalier de petite taille aura meme, à cet égard , l’avantage de moins fatiguer sa monture.
UlMUDiS DE TAILLE EXIGÉE DANS LES AHMÉCS ROMAINES
Taille minimum du temps de Marius 1“ 72t
— présenté par la loi valentinieime du 25 avril 507. I“i703
— du temps de Végèce, eu 5U0 l“,64ü
l'iioosr, iiïoiÈSE.
DÉMüGUAI’IlIE,
MIWIMUMS DE TAILLE EXIGÉS DANS l’aUMÉE FRANÇAiSE DEPUIS 1C91
2 décembre 1691, minimum de l’infanleric. j • •
I temps de guerre.
27 novembre 1765, minimum des milices
25 mars 1770, minimum de l'infanleric
22 juillet 1792
8 fructidor an VllI.
11 mars 1818
11 décembre 1830
11 mars 1832
1" février 1868
27 juillet 1872