‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 64 sur 298 · TAILLE MINIMA DANS LES PRINCIPALES ARMÉES · texte numérisé non relu

TAILLE MINIMA DANS LES PRINCIPALES ARMÉES

Races germaniques,

Races celtiques mélangées

Races germano -slaves

Prusse, 5'2"

ou 5' exceptionnellement .

Amérique du Nord

Angleterre

Suède

Bade

France

Italie

Belgique

Espagne

Autriche

La taill^ varie avec l’àge. En Belgique, Quételet, mesurant 300 hommes de 19 ans, 500 de 23 et 300 de 30 ans, avait trouvé les derniers un peu plus grands que les seconds, et les seconds notablement plus grands que les premiers. En Autriche, M. Liharzik a observé l’accroissement progressif de la taille jusqu’à 23 ans. M, Dunant, faisant le relevé de la taille des jeunes militaires génevois, a aussi reconnu que la taille moyenne, qui à 20 ans était de 1“,674 , atteignait 1“,688 de 26 à 35 ans. M. Champouillon a fait en France les mêmes observations, en comparant la proportion des exemptés pour défaut de taille en 1864, 1865 et 1866, avec celle de ces mêmes hommes appelés devant le conseil de révision en 1868. 11 a ajouté que la durée de la croissance varie en France suivant l’origine des races : lente chez les Celtiques, elle est rapide chez les Romano-Celtiques et les Kimriques, plus encore chez les premiers que chez les seconds. En général, l’évolution de la taille est achevée, dans les provinces romano-celtiques, vers l’âge de 23 ans ; elle se continue jusqu’à 25 ans chez la population kimrique, et jusqu’à 26 chez les Kymro-Celtiques. La race celtique pure grandit jusqu’à 27 ou 28 ans.

11 serait important que, pour ces recherches statistiques, relatives à la répartition des divers caractères antlmopologiques, comme l’ont demandé .MM. Bergeron et Larrey, les documents fussent publiés par canton et non pas seulement par département ; c’est sur cette division cantonale que se sont appuyés MM. Broca et Guibert de Saint-Brieuc dans leurs études de statistique ethnologique sur la Bretagne. Celte étude compa-

Ces détails, comme le.i précédents, sont empruntés à l'excellent article de M. Morache sur l’hygiène militaire.

DÉMOGRAPHIE

ralive des cantons cl même des communes est d’autant plus néces.saire dans notre pays, que les tlesccndanls d’une population circonscrite occupent un seul canton, parfois môme une étendue beaucoup moindre. En outre, il faudrait que tous les jeunes hommes de 20 ans fussent réellement examinés ; M. Larrey demande avec raison que la visite des conscrits soit obligatoire pour tous.

Si les recherches anthropologiques dont nous venons de parler, jointes aux statistiques sur les infirmités dont nous allons nous occuper tout à l’heure, étaient faites, durant un nombre suffisant d'années, dans tous les cantons de notre pays, on aurait là des éléments précieux pour constituer pour la France entière une géographie anthropologique, qui, non-seulement mettrait en lumière les caractères physiques et les prédispositions morbides des différentes races ayant concouru à la formation de notre nation , mais encore permettrait d’ap précier les influences climatologiques, topographiques, mésologiques , sur ces divers éléments ethniques. On pourrait tirer de ces hases quelques données pratiques, imiter l’antique Rome, qui composait certains régiments d’hommes, géographiquement et ethnologiquement distincts. Il y a longtemps déjà que Périer a demandé, pour diminuer la mortalité des soldats en Algérie, que le corps d’armée destiné à ce nouveau département fût composé d’hommes recrutés dans des régions spéciales de nos populations méridionales.

Enfin, il serait désirable que, dans les comptes rendus du recrutement de l’armée, le poids du corps des individus fût exactement pris’ ; que la taille des exemptés fût indiquée d’une façon aussi précise que celle des hommes ayant plus de 1“,55, taille réglementaire actuelle. Il n’y aurait là aucun surcroît de tra\;ail, puisque, ainsi que le remarque M. Broca, les hommes passent sous la toise; et ce serait un moyen précieux, le seul possible , de connaître la taille moyenne des Français. De tels examens pourraient permettre également d’étudier les rapports de la taille, du poids et du développement du thorax et de vérifier les conclusions des travaux de MM. llirlz et Moillez.

Ces auteurs considèrent qu’on trouve toujours une coïncidence entre le rétrécissement de la cage pectorale et une diminution de la capacité vitale du fonctionnement du poumon. On sait aussi que M. Larrey, qui depuis longtempsa insisté sur l’importance du développement thoracique rolalivement à l’aplilude au service militaire, dit avoir souvent rcmar-

‘ un travail iiitcrcssaiil de M. Vallin sur In mcnsuralion du llioras et sur le poids du corps des Eraiiçais de 21 ans (Uec. des niéni. de inéd. cl de diirurg. milit., t. XVXII, Ji. iOl).

qué que la poitrine était proportionnellement moin.s développée chez des hommes de grande taille que chez des hommes de moindre stature.

Ainsi modifié, le conseil de révision pourrait devenir une source précieuse de recherches intéressantes des éléments de statistique pour apprécier une foule de questions ethnologiques qui ne se peuvent trancher que par un grand nombre de cas particuliers ; déjà nous avons été précédés dans celte voie par les Anglais et les Américains.

Page 1