L'INDIVIDU ENVISAGÉ SUIVANT LE SEXE
tüire pathologique aussi bien que physiologique de la femme est surtout caractérisée par la prédominance extrême de l’influence génitale ; la ponte ovulaire périodique, la menstruation, la gestation, l’allaitement, constituent pour la femme une manière d’être toute spéciale et surtout une hygiène toute spéciale.
L’hygiène de la femme grosse doit particulièrement nous arrêter.
L’imprégnation imprime à l’organisme maternel des modifications qui intéressent, pour ainsi dire, tous les organes et toutes les fonctions. Quelques-unes de ces modifications ne dépassent jamais les limites physiologiques; il y a suractivité fonctionnelle et voilà tout; mais d’autres vont au delà du but et empiètent sur le domaine pathologique. Nous nous occuperons particulièrement de ces dernières.
Du côté de l’appareil de la circulation, nous avons à examiner le cœur et le sang.
Quand le cœur est sain, le ventricule gauche est le siège d’une hypertrophie en rapport avec la fonction plus intense de l’organe. Cette hypertrophie de circonstance n’est que passagère, et on n’a jamais observé, croyons-nous, des symptômes morbides résultant de cet état. Lorsque le cœur est malade avant l’imprégnation, l’on sait, depuis les travaux de MM. Peter\ üurosier*, Berthier’, Marty*, combien la femme peut être exposée à de graves accidents. Mais ces faits relèvent de la pathologie. Relativement aux qualités du sang, les auteurs sont encore loin d’être d’accord. Autrefois, la femme enceinte était réputée pléthorique par tous les accoucheurs ; aussi, ces derniers pratiquaientils de larges et de nombreuses saignées pendant toute la durée de la gestation. Mais après les recherches de MM. Gavarret et Andral, Becquerel et Rodier, la femme enceinte fut considérée comme anémique, ou plutôt comme présentant une diminution de la densité du sang, des globules, de l’albumine et une augmentation de fibrine, surtout dans les derniers mois. Naturellement la thérapcuti([ue ne fut plus la même, on renversa la médication, et au lieu de pratiquer des saignées, on administra aux femmes enceintes des toniques et en particulier du fer. Aujourd’hui, une nouvelle réaction Commence à se produire, et on tend à admettre que, pendant la grossesse, il y a augmentation de la masse totale #du sang, mais avec hypoglobulie, ,4ussi, sans revenir encore à la saignée, a-t-on des tendances à moins administrer le fer*
' Peter, Leçon) cliniques.
* Durosier, Archives de tocologie, 1875.
* Berlhier, Thèse inaugurale. 187G.
* Marty, Thèse inaugurale, 1876.
L'HOMME CO.NSIDÉUÈ COMME tM)iVII)i:.
Parmi les modilicalions de l’iirinc, il en est (|iii doivent nous arrêter spccialcinenl. Souvent, ainsi que l'a démontré le premier Itayer, et depuis MM. Plot et ImPert-Gonbeyre, les urines des l'emmcs enceintes, et en particulier des primipares, renferment de l’albumine. Le mécanisme suivant lequel cette albuminurie se produit n’est pas encore connu. Ce que l’on sait, c’est que ce symptôme est grave, puisque clie/. les femmes albuminuriques, une sur cinq devient éclamj)tique. .\ussi doit-on, chez toute femme enceinte, examiner les urines pendant tout le cours de sa grossesse. Si l’analyse décèle la présence de l’albumine, il faudra employer le traitement préconisé par M. Tarnier : la diète lactée ' .
Du côté de l’appareil digestif, les troubles sont plus ou moins nombreux, variés et intenses. En dehors du pyrosis, on observe souvent des vomissements, les uns pour ainsi dire physiologiques, les autres pathologiques. Les premiers, esscntiellementsympalhiques, apparaissent surtout dans la première période de la grossesse, et, en dehors d’une fatigue plus ou moins accusée, ne retentissent guère sur l’état général. Il en est de même de ceux qu’on observe quelquefois dans la dernière période de la grossesse, et qui sont dus à la pression que subit l’estomac entre le fond de l’utérus et le diaphragme. Quant aux vomissements dits incoercibles ou opiniâtres, ce n’est point ici le lieu de faire leur histoire.
Quoi qu’il en soit, la femme enceinte ne doit pas changer de régime. La perversion de l’appétit est une chose si commune et si compatible avec un bon état de santé, qu’on ne peut formuler aucune règle à ce sujet.
On observe souvent chez les femmes enceintes de l’odontalgic; suivant un dicton populaire très-accrédité, chaque enfant coiite une dent. D’après M. M. Pinard*, la gingivite serait très-fréquente pendant la gestion (1 sur 2 environ). Dans quelques cas, le ramollissement des gencives serait tel que toutes les dents seraient ébranlées. Le badigeonnage des gencives avec une solution de chloral au ^ a sufli à ces auteurs pour enrayer et faire disparaître cette affection.
Les vêtements de la femme enceinte ne doivent pas être serrés ; l’usage du corset sera proscrit. Les varices des membres inférieurs, et en particulier du membre inférieur droit, doivent être protégées avec le plus grand soin, car, outre la phlébite, ou doit craindre l’ouverture d’une de ces veines, qui amène toujours une hémorrhagie extrêmement grave et quelquefois mortelle.
‘ Tarnier, le HKffÔrnl. 1870. ,
> Uc la f/iiujivilc (les femmes enccinles cl de son Iratlcmcnl {üullclin de th^r.jpnUc (J UC, 1876).