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CHAPITRE PREMIER

ÉHIIPTIONS PBOFESSIOÎiflELLES DE CAUSE EXTEnNË PhOFESSIOSS PROVOQUANT DES COLORATIONS ANORMALES ET DES ALTÉRATIONS DE LA PEAU

Les déchireurs de bateaux, qui ont pour métier de déchirer les bateaux descendus de certaines rivières qu’ils ne doivent pas remonter; les ravageurs, ouvriers qui vont à la recherche des objets utiles ou précieux que les eaux, les neiges et boues de Paris entraînent dans la

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Seine; les débardeurs, ouvriers qui extraient le bois des trains arrivés à destination (Tardieu), sont sujets à une affection du derme qu’ils nomment grenouille.

Parent Duchâtelet l’a parfaitement décrite. Les grenouilles, dit-il, constituent une altération du derme caractérisée par un ramollissement, des gerçures, et souvent une usure, une véritable destruction des parties qui sont en contact avec l’eau. On les remarque sur les extrémités supérieures comme sur les inférieures, mais plus souvent sur ces dernières, et ici elles siègent de préférence entre les orteils, où elles déterminent de vastes fentes et crevasses dont la profondeur est quelquefois de plusieurs lignes. Il n’est pas rare de les observer sur les talons, et alors, tantôt la peau est fendue, gercée, crevassée en différents sens, tantôt comme mâchée, et chez quelques-uns, elle s’en allait par lambeaux, laissant à vif un fond rouge, pulpeux, d’une sensibilité extrême.

Cette affection, qui paraît n’étre que le résultat d’une macération du derme, détermine dans son état d’acuité une douleur et une cuisson des plus vives, mais seulement quand les parties étant hors de l’eau commencent â sécher. Cette maladie n’a par elle-même aucune gravité, elle se guérit par le seul repos et par la cessation de la cause ; mais il est des ouvriers qui, dans le cours des campagnes, sont obligés d’interrompre cinq ou six fois leur travail pour se reposer pendant quelques jours.

Les mains des blanchisseurs et des blanchisseuses offrent, dans un grand nombre de cas, un aspect caractéristique; elles sont rouges, gonflées, déformées; Tépiderme, macéré par l’eau froide, attaqué par l’âcreté des lessives alcalines, par le savon, l’eau de javelle, par les alcalis et les acides, perd ses propriétés normales. Ridé, gonflé et ramolli au moment du travail, il devient ensuite dur, sec, cassant ; de là des gerçures douloureuses, des callosités qui entravent le libre exercice des doii^ts, et parfois une véritable rétraction qui les tient dans un état de flexion forcée et permanente. En outre, on constate à la face cubitale de chaque avant-bras des callosités (une à gauche, deux à droite).

M, Armieux a signalé, chez les mégissiei's d'Annonaij en particulier, deux maladies des doigts : le choléra des doigis et le rossignol.

La première affection consiste eu une ecchymose qui envahit la partie interne des doigts, là où répiderme est très-mince ; cette ecchymose, noirâtre, persiste quelquefois assez longtemps sans provoquer de douleur; mais, lorscpi’il y a ulcération, les souffrances sont atroces. La seconde affection {rossignol) consiste en un petit trou qui se forme à l’extrémité de la pulpe des doigts; il est dû â ramincissement de la

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peau corrodée par la chaux. Cette affection est très-douloureuse. M. Armieux a conseillé contre ces deux accidents les gants huilés.

En outre, ces ouvriers, comme tous ceux qui manient journellement les peaux ou les poils des animaux, comme les tanneurs, criniers, pelletiers, marchands de peaux de lapins, peuvent offrir souvent des éruptions pustuleuses et ecthymatiques à la surface des doigts; ils sont en outre exposés à contracter une affection redoutable, la pustule maligne.

Chez les ouvriers des filatures de laine, ou du moins chez ceux qui sont préposés au triage, cardeurs travaillant le lin et la .soie, etc., des furoncles, des érysipèles, enfin toutes les formes de la dermite peuvent résulter du contact de poussières irritantes et malpropres sur la peau.

Les ouvriers employés au peignage ont à la main gauche des durillons, souvent d’une épaisseur considérable, situés à la partie externe du doigt indicateur; et qui résultent de la forte pression qu’ils exercent sur la laine placée entre ce doigt et le pouce correspondant.

Le travail des hrunisseuses imprime à leurs mains des altérations particulières ; la main droite, qui tient le brunissoir, est calleuse, noirâtre à sa face palmaire; la main gauche sert à fixer l’ouvrage, qui, placé entre le pouce et l’index, est fortement appliqué contre la table ; aussi les faces correspondantes de ces deux doigts, ainsi que la face palmaire du pouce, sont-elles dures et semées de callosités.

Des lésions épidermiques siègent à la main gauche du marbrier : c’est la main qui tient le ciseau. Elles existent sur les deux points dans lesquels la pression et le frottement sont le plus énergiques, c’està-dire à la partie postérieure et externe du petit doigt et à la partie interne du pouce, près de leur racine. Sur le petit doigt, du côté de l’espace interdigital, c’est une tumeur ovalaire, dure, saillante, d’un volume parfois considérable, mobile avec les téguments qu’elle entraîne avec elle, d’une indolence complète ; au pouce, et dans l’endroit indiqué, existe une tumeur généralement plus petite et offrant les mêmes caractères ; une série de callosités plus ou moins prononcées s’étend de l’une à l’autre, le long des tètes des métacarpiens. Ces durillons commencent à apparaître dans le cours de la première année de travail, et croissent ensuite avec lenteur.

La main droite du maréchal ferrant, main qui tient le marteau, est hérissée à sa face palmaire de durillons disposés suivant une ligne transversale; le plus large et le plus épais occupe l’éminence hypothenar ; un autre, moins prononcé, est situé à la racine du pouce. A la main gauche, qui tient les tenailles, on trouve une callosité, large.

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diffuse, au niveau de l’espace interdigilal du pouce et de l'index, vers y la face palmaire; loule la région est d’ailleurs inégale, rugueuse, ' épaissie par les rudes contacts auxquels elle est incessamment soumise

Les mineurs, les houilleurs, étant obligés de marcher pieds nus, sur un sol inégal, des fragments de charbon, de pierre se glissent entre i les orteils et y provoquent des irritations parfois très-douloureuses; ; des pustules, des ampoules se forment sur dilTérenles parties du \

On observe sur les mains des garçons épiciers, particulièrement à la face dorsale, une éruption papulo-squammeuse qu’en raison de sa i fréquence et de sa forme on a désignée en Angleterre sous le nom de / gale des épiciers. Cette éruption, mélange de lichen et d’eczéma, est due à l’action des alcalis et autres matières irritantes. La peau est ■ rougeâtre et sillonnée par des gerçures sèches et douloureuses, qui ' correspondent surtout aux plis articulaires. • *

Les cuisiniers et les cuisinières sont exposés, par le fait de leur profession, à des lésions cutanées, dont le siège spécial est à la face dorsale des mains, aux poignets, aux avant-bras et parfois à la face; le ^ plus souvent c’est un eczéma qui ouvre la scène, mais un eczéma d’une ■ nature particulière : les vésicules sont épaisses, disséminées sans ordre sur une surface rouge érythémateuse. Le derme ne tarde pas à s’altérer : dans sa texture. A l’état aigu succède un état chronique; les surfaces j sont sèches, rudes, recouvertes de squammes minces, adhérentes; la ! coloration générale est rougeâtre ; l’épiderme est cassant, fendillé ; la ; membrane papillaire devient épaisse et se hérisse d’éminences papu- i leuses et de plaques lichénoïdes. Cette affection a pour cause principale I la manipulation de substances irritantes et malpropres, et l’exposition ■ des mains â la chaleur des fourneaux.*

Les ébénistes, les graveurs, les maçons, sont également exposés à des affections vésiculeuses et papulo-squammcuses déterminées par le contact irritant des substances : chaux, vernis, ciment romain.

Chez les foulons occupés à dégraisser les draps, chez les ouvriers employés au blanchiment des tissus au moyeu de la vapeur de soufre, l’état des mains est caractéristique. La peau est ramollie par le contact de l’acide sulfurique qui imprègne les étoffes; répiderme est hiauchi, ridé, ratatiné, soulevé et détruit par places, surtout aux faces correspondantes du pouce et de l’index, ces deux doigts saisissant et tendant les pièces au fur et à mesure qu’elles se déroulent.

Les forgerons, les verriers, les pâtissiers, que les besoins de leur travail obligent à s’exposer constamment à une chaleur intense, sont

corps.

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IVéquenmient atteints de lésions eutanées sur les mains et la face. Au début, il y a de l’érythème sous l’influence de la vascularisation exagérée delà peau; plus tard, la sécrétion épidermique augmente; les surfaces deviennent sèches, farineuses; des gerçures se forment; les bords des crevasses sont durs; le fond en est saignant, surtout pendant la saison froide.

Chez les boulancjers se joindre à l’influence d’une température élevée l’action des contacts multipliés et intimes de la pâte fermentée avec les mains qui la pétrissent; cette affection, qui siège surtout à la face dorsale, a reçu le nom de psoriasis des boulangers .

Les parcelles calcaires qui s’échappent incessamment de la meule ou de la pierre qu’on brise peuvent agir sur la peau des meuliers et des caillou leurs ; de là des lésions cutanées diverses ; de là encore des conjonctivites douloureuses et très-opiniâtres.

11 en est de même chez les ouvriers en nacre de perle. La poussière si ténue, si abondante, qui s’échappe de la coquille que l’on scie ou que l’on travaille au tour, irrite la peau des mains, y détermine des gerçures et provoque des conjonctivites que la continuité de la cause tend à perpétuer.

Los ouvriers qui apprêtent la toile destinée à la fabrication de feuilles artificielles, à l’aide des verts arsenicaux, ont les ongles colorés en jaune. Cela tient à ce qu’ils donnent d’abord une teinte jaune à l’étoffe on la plongeant dans une dissolution d’acide picrique dans l’alcool pur.

Le dévidage des cocons plongés dans une bassine remplie d’eau bouillante provoque chez les ouvriers, dans les premiers temps surtout, un gonflement, un ramollissement et souvent même des crevasses et des abcès de l’extrémité des doigts.

M. le docteur Potton, de Lyon, a décrit une éruption vésico-pustuleuse qui survient chez les Pileuses de cocon de vers à soie. Cette éruption a été désignée sous le nom de mal de ver ou mal de bassinet Pour se rendre compte de la cause, du mode de développement de la maladie, il faut savoir que les ouvrières sont assises auprès d’une bassine pleine d’eau chaude, et qu’elles déroulent et réunissent les lils provenant de cocons détrempés et ramollis qui surnagent sur le liquide.

M. Potton distingue des accidents de deux espèces : les uns sont légers et n’offrent rien de spécial ; on les observe indistinctement dans toutes les filatures; ils sont dus uniquement au contact incessant de

* Recherches sur le mal de ver ou mal de bassine, éruption vésico-pusiuleuse qui attaque exclusivement les Rieuses de cocons de vers à soie, par le docteur Potton, de Lyon. {Bulletin de l'Acad. de méd., t. XVII, p. 808.)

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l’eau chaude sur rcxircmité des doigls, dont répidcrme, ramolli et comme macéré, sc gonfle, s’épaissit, se soulève en phlyctènes; des fissures, des crevasses se forment ; de petits abcès »c développent autour de l’ongle dans les cas les jilus graves ; ces diverses lésions guérissent assez facilement.

Les autres accidents constituent le mal de ver proprement dit. Ils ne sévissent guère que dans les grandes filatures, entretenus par des cocons anciens. Une cause spéciale préside à leur développement, et cette cause, M. Potton l’a trouvée dans le cocon lui-même, ou mieux, dans le ver qu’il renferme. C’est après huit jours à peu près d’un travail non interrompu que débute le mal de ver. La main droite est surtout affectée; on voit d’abord à la racine des doigls et dans les espaces interdigitaux se dessiner une rougeur érythémateuse accompagnée de démangeaison et dégonflement, et sur cette rougeur ne tardent pas à s’élever des vésicules arrondies, variables en volume et en nombre. La douleur devient cuisante et s’exaspère au moindre contact. Deux choses alors peuvent arriver : ou bien les vésicules crèvent, la rougeur s’éteint et tout rentre dans l’ordre ; ou bien le mal progresse, les vésicules deviennent purulentes, des pustules volumineuses sc forment d’emblée dans leurs intervalles et jiarfois même se répandent sur toute la surface de la main, la douleur est aiguë, les mouvements souvent impossibles, surtout dans le sens de la flexion; l’éruption est à son apogée vers le troisième ou sixième jour et les vésico-pustules, arrivées à leur terme, laissent en se rompant des surfaces ulcérées et tuméfiées ; cependant toute douleur cesse brusquement, et les fileuscs peuvent, dès lors, reprendre sans inconvénient leur travail interrompu. Tous ces phénomènes se sont passés dans l’espace de quinze ou dix-huit jours

iM. Poitou a vu le mal de ver revêtir des formes plus graves. L’inflammation avait envahi la peau dans toute sou épaisseur et jusqu’au tissu cellulaire sous-cutané. Le gonflement était devenu énorme. Il y avait des traînées de lymphangite le long du bras; les ganglions axillaires étaient pris; de petits phlegmons circonscrits s’étaient formés,'; et cependant, malgré cet aspect plus sérieux, dès que la

* Mclchiori, qui a observé eu Ilalic, a trouvé les proportions suivantes dans la manifestation des symptômes : inflammation superliciclle avec ou sans sécrétion séreuse. 80 fois sur 100; excoriations, môme proportion; pustules et grosses lui) les, î> pour 100; abcès sous-cutanés, 8 pour 100; inflammation et abcès profonds, I pour 100 et peut-être moins. 20 fois sur 100 on constate une congestion irritative et permanente du derme, un état subinllammatoire indolent, n'inconnnodant les femmes que par tm certain degré de chaleur qui s’élève un peu pendant le travail.

L’HOMME AU POINT DE VUE DES PROFESSIONS, peau érodée a donné issue au pus, tout l’éréthisme est tombé, et après dix-luiit ou vingt jours la guérison était parfaite.

M. Potion a remarqué que l’ouvrière, une fois atteinte, peut espérer n’avoir plus à redouter, sinon la maladie, du moins ses accidents les plus graves; il y aurait là presque un acclimatement. M. Poitou attribue l’affection à la présence du ver, à sa décomposition, à une altération qui s’est faite lentement dans l’intérieur du cocon. D’après Melchiori et Duffours, le mal de bassine peut être engendré par toute espèce de cocons, n’étant pas attribuable à la décomposition, mais à l’enduit gommeux et âcre que renferment tous les cocons.

Une des éruptions professionnelles les plus importantes est l’éruption à laquelle sont su jets les ouvriers qui manient les verts arsenicaux. Les médecins qui se sont le plus occupés de cette question sont MM. Blandet', Cbevallier®, Follin®, Imbert-Gourbcyre*, Beaugrand, Vernois'. M. Bazin a consacré un article important à cette question dans son ouvrage sur les affections cutanées artificielles.

M. Bazin a établi expérimentalement que les composés arsenicaux, employés en friction, exercent sur la peau une action irritante spéciale, en vertu de laquelle se produisent de l’érytbème, des vésicules suivies d’ulcérations. L’érythème paraît constituer le premier degré de la dermite arsenicale; il existe quelquefois à l’état de lésion simple, mais le plus souvent d’autres éléments viennent s’y ajouter®.

Ces ulcères ont un autre mode deformation. Ils succèdent aux piqûres que se font au doigt les ouvriers employés au séchage des étoffes. L’inoculation du sel arsenical s’ensuit; la peau s’irrite et rougit; une vésicule, puis une large pustule recouvrent la piqûre et subissent, in situ, toutes les transformations qui produisent la suppuration et

‘ De V empoisonnement externe produit par le vert de Sckweinfurt, ou de Tœdéine, de l’druplion professionnels des ouvriers en papiers peints.

‘ Essai sur les maladies qui attaquent les ouvriers qui préparent le vert arsenical et les ouvriers sur papiers peints qui emploient dans la jiréparat ion de ces papiers le vert de Schweinfurt ; moyens de les prévenir. (Annales d'hy/j., t. XXXVII, p. 96, ami. 1847.)

* Arch. gén. de méd., 1837.

* Moniteur des hôpitaux, décembre 1837.

“ Ann. d'hyg., ann. 1859, p. 419.

* Sur la surface érythémateuse s’élèvent soit des papules qui s’élargissent et s'étendent, en se recouvrant de squammes minces et d’une teinte sale et verdâtre, soit des vésicules fines et transparentes, soit enfin de véritables pustules ; ces pustules forment des saillies coniques, rouges à la base, rapidement purulentes à leur sommet; elles ne tardent pas à se recouvrir de croûtes d'un jaune verdâtre, opaques, assez minces. Deux clinscs alors peuvent arriver. Si l’ouvrier cesse aussitôt son travail, la pustule, abandonnée â elle-même, s’affaisse et se guérit sous la croûte ; dans le cas contraire, et sous I infiuence de la continuité de la cause, elle devient parfois, mais non toujours, le point de départ d’une ulcération qui, au contact du sel arsenical, s’étend en surface et en profondeur.

ir.8 1,'IIOMME CONSIDÉRÉ COMME INDIVIDU.

Sûuvenl la gangrène. Aii-clessons d’elles se développe une ulcération prol'onde et douloureuse, d’autant plus lente à se cicatriser que l'inoculation SC renouvelle chaque jour. La l'oriiie de cette ulcération est arrondie et souvent d’une régularité parfaite; ses bords sont Uiilh» à pic, non décollés, et mesurent parfois plus d’un centimètre de hauteur ; le fond est grisâtre et rougeâtre, légèrement humide. Cet ulcère ne provoque autour de lui aucune réaction inflammatoire et semble taillé comme à l’emporte-pièce, au milieu de tissus parfaitement .sains; quelquefois il. s’indure dans ses bords et dans son fond, et donne aux doigts qui le saisissent la sensation d’un disque solide interposé. C’est alors qu’il a pu être confondu avec le chancre spécifique.

Les accidents produits par les verts arsenicaux se manifestent de préférence sur les parties découvertes, partout, dit M. Vernois, où l’agent peut se déposer directement ou indirectement par les doigts. Là se retrouve presque fatalement son empreinte et jamais ailleurs. On le rencontre aux extrémités des doigts et à leur racine, dans les espaces interdigitaux des mains et des pieds, aux plis des coudes, aux avantbras, au pourtour des lèvres et des ailes du nez, au front, derrière les oreilles et sur la région cervicale.

Le scrotum et la partie interne des cuisses sont presque toujours atteints chez les hommes, ce qui explique le besoin de la miction; c’est là surtout que la lésion se montre sous forme de larges papules humides et suintantes, ressemblant à des plaques muqueuses. Le siège de prédilection des ulcères est aux doigts, quelquefois à leurs extrémités (séchage des étoffes), le plus souvent à leurs racines; l’eczéma est frequent aux lèvres, aux ailes du nez et au sillon naso-labial, aux plis des coudes et derrière les oreilles.

L’aspect de la main chez les opprôteurs d'étoffes est caractéristique. M. Vernois donne la description suivante :

A la teinte d’un vert jaunâtre de presque toute la peau et surtout de la face palmaire des mains, à la croûte verdâtre qui remplit la cavité sous-onguéale, se joint la coloration jaune des ongles, due à l’acide picrique ; ajoutez un érythème vaguement déterminé, puis une série de points noirs et de pustules enflammées, quelquefois un panaris, etc.

Les peintres, les teinturiers, les appreteurs de couleur se servent de plomb, d’arsenic, de cuivre, de fer, de mercure, substances qui, pour la plupart, fournissant des matières colorantes pour la peinture, ont une action locale irritante et produisent dos éruptions multiples, des érythèmes, des vé.sicules, des pustules, des squainmes. Les barbouilleurs et les broyeurs de couleur sont ceux qui sont le plus

L’HOMME Ali POINT DE VUE DES PROFESSIONS.

fréquenimenl atteints; les teinturiers sont également très-exposés aux aflédions cutanées; les éruptions siègent surtout aux mains et aux avant-bras; les mains sont habituellement rouges, gondées, fendillées et les gerçures sont imprégnées de matières colorantes que ne peut enlever le lavage.

Les ouvriers employés à V étainage des glaces ne semblent point exposés aux éruptions par cause locale, quoiqu’ils soient en contact permanent avec le mercure. Cependant les doreurs au mercure ayant leurs mains en contact incessant avec divers acides, avec le nitrate acide de mercure et avec le mercure métallique, offrent sur la face dorsale des mains et dans les espaces interdigitaux des éruptions eczémateuses remarquables par leur ténacité, entretenues qu’elles sont par une cause dont l’action est incessamment renouvelée.

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