I.’IIOMME AU POINT DE VUE DES PHOFESSIONS
nuire. L’ouvrier obligé, une pelle à la main, d'agiter la poudre encore brillante, en remplit des hottes ou des sacs; il est alors soumis à une atmosphère âcre et infecte, (jui pique les yeux, irrite 1a gorge, et provoque des suffocations.
A la fermentation en cases succède 1e tamisage, qui aujourd’hui est exécuté à la vapeur; malgré ce perfectionnement, ou respire le tabac qui voltige en poussière fine.
Les ouvriers des manufactures de tabac sont donc, si la ventilation n'est pas parfaite, exposés à l’absorption d’une énorme quantité de poussière, ce qui, chez certains d’entre eux, provoque le catarrhe pulmonaire et même la phthisie.
Zenker a déont., sous le nom de tabacosis, une pneumoconiose qui lui parait pouvoir être produite de cette manière. Ayant fait l’autopsie de deux siuvriers d’une manufacture de tabac, il trouva les deux poumons très-atrophiés, parsemés de petites tâches brunâtres, qui se mo.ntraient surtout dans les points où l’atrophie était le plus marquée.
« Jeji oserais décider, dit Zenker, en me basant sur cette observation, s il faut considérer le dépôt de pou.ssière comme la cause de l’état atrophique que favorise ce dépôt; et je ne puis attribuer jusqu’ici qu’une valeur relative à ces faits*. »
D autre part, un ancien directeur général de l’administration des tabacs, le vicomte Siméon, va jusqu’à attribuer au tabac une influence salutaire. Mélier, chargé par l’Académie de visiter la manulacture de Paris’, a constaté que la première impression ressentie par les ouvriers est toujours pénible. Tous éprouvent une difficulté plus ou moins grande à s’habituer au travail. Plusieurs même se voient forcés d’y renoncer. Les phénomènes qu’on observe consistent en une céphalalgie plus ou moins intense avec nausées e't .vomissements. En même temps les ouvriers perdent le sommeil, et souvent il survient de la diarrhée.
Au bout d un certain temps (huit ou quinze jours), ces accidents disparaissent, et ces individus subis.sent uu véritable acclimatement.
• ais plus tard ils semblent éprouver des effets plus profonds.
Saint-Antoine me portent à résoudre
royale
!70 L'HOMME CONSIDÉUÉ COMME INDIVIDI'.
D’après M. llcnrlaiix, médecin de la manufacliire de l’aris, le présonterail une diminution de la fibrine, cl il ajoute que les ouvriei-s employés au tabac sont fréquemment atleinis de congestion ayant un caractère passif. Toutefois une analyse du sang faite parM. Boudetn’a pas démontré de caractères particuliers.
MM. Ileurlaux, Boudet, Schneider, ont retrouvé la nicotine dans les urines. D’après Kostial, le lait, chez les ouvrières nourrices, a une odeur de tabac très-prononcée, quoique la présence de la nicotine n’y ait point été chimiquement démontrée.
Suivant cet auteur encore, les avortements par suite de la mort du fœtus ne seraient point rares chez les femmes employées aux fabriques de cigares ; et les recherches antérieures de Ruef, qui a constaté la présence de la nicotine dans les eaux de l’amnios, viennent à l’appui de cette opinion. Mais l’influence de l’alcaloïde serait poussée plus loin encore : Kostial* a remarqué la mort fréquente des nourrissons par suite de maladies du cerveau, et l’autopsie aurait démontré de la congestion cérébro-spinale, de l’hypérémie des méninges et de l'œdème
cérébral .
D’après Kostial, sur 100 confectionneuses de cigares, de douze à seize ans, nouvellement entrées dans la fabrique, 72 tombent malades dans les premiers six mois. La maladie dure une ou plusieurs semaines ; suivant M. Ygonin®, elle ne se montrerait que dans la minorité des cas.
Diverses expériences faites sur des animaux qui ont été soumis pendant trois mois à une atmosphère de poussière de tabac, ont donné des résultats négatifs. On peut en déduire que le dépôt des poussières de tabac, dans le poumon, ne peu.t s’observer qu’après une inhalation
prolongée.
Melier a également insisté sur certains accidents observés chez les ouvriers qui^défont les masses, et qui, indépendamment d’un travail pénible, sont exposés directement à l’inspiration des produits de la fermentation de ces masses.
Ces accidents consistent dans des diarrhées séreuses, abondantes; de l’insomnie, de l’agitation, de l’inappétence, des nausées, dd’amai- ■rrissement et un teint gris caractéristique.
En résumé, on ne saurait considérer la fabrication du tabac comme étant absolument indilféreulc; et, si les effets qu’elle produit peuvent
' I.CS OIIVI
<-icn de In fabrique de cigares dlglau, Wocacnddalt di, k. k. GescUchafl
I/HOMME AU POIKT DE VUE DES PROFESSIONS
être diversement, appréciés, le lait de son inlUience fâcheuse' sur les ouvriers ne saurait être contesté
5° Affections pulmonaires succédant à l'inhalation des poussières de colon.
Byssinosis
BiBLTOGn.iPHiK. — GiiÉnAiiD. Sur la ventilation des filatures (An». d'Iiyg. publ.., t. XXX, H2. Juillet tS.i5). — Lévï (M.). Traité d’hygiène publique et privée, t. Il, p. 892. Paris, ISÜ'.l. — lltHT. Die Krnnkhciten der Arbeiter, drittes Capitel : Die der Einwirkung des Baumwnllenstaubes ausgesetiten Arbeiter und ilire Gesundsheitverhâltnisse . Breslau, 1871. — ViLLEiiMÉ. De la santé des ouvriers employés dans les fabriques de soie, de colon el de laine (Ahh. d’hyg., 1859, t. X.XI, p. 338. — Thouvexin. De. l’influence que l’industrie exerce sur la santé des populations dans tes grands centres manufacturiers {Ann. d’hyg., 184G, t. XXXVI, p. 20.
L’industrie cotonnière occupe en France plus d’un million d’individus parmi lesquels on compte plus de 150,000 enfants. Elle s’exerce dan.s de grandes manufactures ou filatures; les ateliers y sont habituellement vastes, bien aérés et présentent presque toujours une somme d’air de 20 mètres cubes environ pour chaque individu. C’est à Villermé et au docteur Thouvenin de Lille que nous devons la plupart de ces renseignements^.
Trois opérations se succèdent dans le travail ; le hallage, le cardage et le filage.
.apporté à l’état brut dans les manufactures, le coton est soumis d’abord au hallage. On obtient ainsi l’élimination d’une grande quantité de poussière.? et la désagrégation des filaments. Le battage se fait à la mécanique ou à la main. Le battage à la main est extrêmement fati-
II ré.sulle des expériences faites par M. Boudet, que de.s intoxications plombiques peuvent .se produire cljez les consommateurs de tabac, par suite de l'usag-e qu’ont adopté un ^and nombre de débiiants de livrer le tabac conlenn dans des sacs de plomb en lemlles. 11 se forme en effet du sous-acétate dè plomb en petites plaques très-friables, se uetaclianmacilemenl du métal et se mêlant au Ubac.
3vail signalé ces inconvénients, et c’est d’après scs conseils qu en l’administration des tabacs substitua aux feuilles de plomb dés feuilles d’étaîn. barrod a cité éplement une observation d’accidents saturnins graves, provoqués par I dans des boites faites entièrement de
s e p omb de 15 millimètres d’épaisseur.) Une traduction de cette observation a paru dans la üaz. des hôp., 1872, n» 108.
nini'* A *’®**’ou\é aussi dans le tabac, de l’orpiment, du cinabre destiné comme le mitreha I?** ‘l'^urses espèces. Enfin M. Chevallier a eu à examiner des tabacs de conci (iiii'nÜ <-Iu<ent fabriqués avec des feuilles ramassées dans des jardins publics,
• qui contenaient des immondices de toute nature.
liuliéro “ loi’t que llirt (p. 57, loc. cit.) écrit lyssinosis. Par une sin-
* allemand confond rage avec hweoi, coton.
sur les cl Ligeotte. Rapport fait au conseil de salubrité de Troyes,
«“''l’iers employés dans les filatures de laine
1,'IIOMMK CONSIDKHK COMMIS INDIVIDU.
gant. Ld coton posé sur dos claies, maintenu .sur des tréteaux, est l'rappé continuellcinent et à tour de bras, avec des baguettes d'osier, et laisse écliapper dans l’atelier des nuages de poussière irritante et de duvet cotonneux qui pénètrent dans la bouche, les narines, la gorge, les bronches ; on les voit également sur les vêtements, le visage, les cheveux des ouvriers. Pour remédier à ce danger, on a e.ssayé des ventilateurs mécaniques qui ne développent (|u’une petite quantité de duvet oü de poussière et 'dont l’usage n’est pas encore assez répandu.
La deuxième opération, le cardcuje, a pour objet d’introduire graduellement et successivement dans plusieurs métiers une portion de colon qui s’allonge et s'amincit jusqu’à devenir propre au tilage. Les salles de la carderie sont les plus malsaines et les machines à carder celles qui donnent le plus de poussière. Les accidents éclatent soit immédiatement, soit dès le troisième ou quatrième jour ; celui qui a traversé impunément les huit premiers jours est susceptible d’un acclimatement qui est au contraire impossible chez l’individu qui, jusqu’à l’âge de 24 à 50 ans, a été accoutumé au travail en plein air. Certaines fabriques ont établi, dans la salle de carderie, des ventilateurs qui rendent un service incontestable.
Villermé signale deux catégories d’ouvriers plus gravement exposés ; ce sont les débourreurs et les aiguiseurs de cardes.
Les premiers sont chargés d’enlever les planches des tambours à carder et de les remplacer après en avoir nettoyé la carde intérieure. Ils aspüent et avalent une quantité considérable de poussière à laquelle viennent s’ajouter, pour les aiguiseurs, les parcelles métalliques (poudre d’émeri) que ces ouvriers projettent clans l’air. Ils rentrent ainsi dans la classe des polisseurs d’acier, sur lesquels nous aurons à revenir.
Le coton étant cardé, on le porte dans les ateliers de /ilage, où prend place la troisième opération. Les lileurs surveillent le métier, lui donnent l’impulsion nécessaire; des ouvriers appelés ;Y///flc7icHr.v s'occupent à rattacher les fils de colon qui se brisent. Le tilage exige l’absence de tout courant d’air et une température de 15 à 25 degrés, à défaut de laquelle les lils se briseraient à chaque instant.
La température doit être d’autant plus élevée ipi’ou fabrique dos fds plus fins; dans certains ateliers, elle s’élève jusquà 54, 57 cl même 40 degrés. Villermé a insisté sur les dangers d’une chaleur aussi intense qui expose les ouvriers à des refroidissements subits, danger d’autant plus grand (pie jees ouvriers, bras, jambes cl pieds nus, à
L’HOMME AU POINT DE VUE DES PROFESSIONS. 175
peine vêtus, sont constamment dans un état d’abondante transpiration.
Enlin une grande quantité de déchets, connus sous le nom de plocs de coton, déchets, imbibés d’huile ou d’un corps gras, sont réunis dans un espace souvent très-restreint et soumis au battage après le séchage plus ou moins parlait à l’air.
Les accidents produits sont ici les mêmes que chez les batteurs de coton. Mais l’alfcction la plus redoutable est celle qui naît de l’inlluence des poussières sur la respiration. Le catarrhe bronchique, qui persiste cliez l’ouvrier pendant les premières années de son métier, s’aggrave plus tard de symptômes plus inquiétants; la toux devient fréquente ; les crachats épais renferment des libres Je coton ; le malade tombe dans l’anémie et meurt dans un état de marasme. Cette affection particulière des poumons, qui a été considérée comme une pneumoconiose, est décrite sous le nom de bi/ssinosis. Coctsem, qui s’est occupé de cette maladie, l’appelle pneumonie cotonneuse et lui reconnaît trois périodes.
1° Période prodromique, caractérisée par un catarrhe chronique des bronches.
2° Période inflammatoire avec signes de pneumonie, mais avec crachats spéciaux contenant de petits corps floconneux visibles à la loupe.
3“ Période terminale. Le malade tombe dans le marasme et finit par succomber. La durée de la maladie serait de 16 à 22 mois. A l’autopsie, les poumons sont ratatinés, en partie fibreux, en partie réduits à l’état de bouillie gris-blanchâtre, résultat de la fonte du tissu.
Ces altérations se rencontrent dans les lobes supérieurs, plus souvent dans le poumon gauche, llirt avoue qu’il n’a pas encore été donné de démontrer chimiquement la présence du coton dans le poumon. Or c’est cette seule démonstration qui permettrait d’accepter ce qu’il appelle la pneumoconiose byssinosique. Cependant le fait clinique existe. La pneumonie ou la phthisie cotonneuse ont été observées.
M. Picard* dit à ce sujet : « Les affections pulmonaires chroniques, que nous sommes appelés à traiter, ont toutes les apparences de la phthisie tuberculeuse; mais nous croyons que, dans la grande majorité des cas, ce ne sont pas des tubercules; ce sont des inflammations et ulcérations de la muqueuse bronchique et des vésicules. Cette phthisie serait analogue à celle des tailleurs de pierre, des aiguiseurs, etc.
Les autopsies nous manquent pour démontrer notre proposition, et
‘ tic l’hygiène des ouvriers employés dans les filatures.
L’HOMME CONSIDKIÎÉ COMME INDIVIDU
au début le diagnostic est bien diiïicile; mais ce qui confirme notre opinion, c’est que nous avons vu bien souvent des individus présentant les symptômes de la phthisie pulmonaire, .se réüiblir comjilétement apres avoir quitté la filature, et retomber malades quand ils reprenaient leurs travaux. »
, En effet, la plupart des ouvriers batteurs à la main quittent ce genre de travail dès qu’ils trouvent de l’ouvrage ailleurs. Il est rare qu’on les garde plus de deux ou trois ans ; généralement cette besogne est accomplie successivement et à tour de rôle par tous les ouvriers de la fabrique.
La ouate est formée par du coton réduit en poil à l’aide du battage et du détirage. On le carde en le faisant passer sous le rouleau d’une machine à bras qui lui donne la forme d’une large galette carrée. L’une des surfaces est enduite à la brosse d’une solution de colle de Flandre. On unit les deux galettes par le côté poilu et on forme ainsi une pièce de ouate. Ces pièces sont mises à sécher dans des étuves. On teint la ouate en noir, en bleu et en rose par les procédés ordinaires de la teinture.
effilochage et Vëcabochage de la ouate dégagent des poussières d’autant plus incommodes que l’on opère fréquemment sur des cotons teints. Cette fabrication engendre une poussière très-ténue qui oblige bientôt les ouvriers à interrompre leurs travaux. Presque tous souffrent de la poitrine.
4” Des accidents pulmonaires succédant à l'inhalation des poussières de lin et de chanvre. — Rouissage.
DiULioGKAPiiiE — Dissertation sur les avantages et l’emploi de la broie mécanique rurale de M. Laforél pour teiller les chanvres et les lins sans rouissage préalable, et sur la confection du j)apier avec la chenevolte du chanvre et du lin non roui sans addition d’aucune autre substance. Paris, 1824. — Maiic. Consultation sur les qucslinns de. salubrité relatives au rouissage qmès de Galleville. Paris, 1828. — Robicqckt. Rapi>ort à l’Académie de médecine sur les inconvénients que jmurrail avoir le rouissage du chancre dans l’eau qui alimente les fontaines de la ville du Mans. — Daiihcel. Observation sur le. rapport précédent. — P.\iiest-Di:ch,\tei.et. I,c rouissage du chanvre. Paris, 1852. — Gir.vudet. Recherches sur l’in/luence que peut avoir sur la santé publique l'opération du rouissage du chanvre.
De mémo que l’induslrio du coton, le travail du chanvre ol du lin a pour objet la transformation de la matière première en fil ca[)ablc d’étre tissé. Ces plantes doivent au préalable être soumises au rouissage, opération qui constitue une question d’hygiène Irès-importantc et dont, pour ne pas scinder notre étude, nous nous occuperons ici. (|uoiqu’elle appartienne bien plutôt à la partie de l’Iiygiène publicpic qui a trait à l’altération et à la corruption des eaux.
L’HOMME AU POINT DE VUE DES PROFESSIONS.1
Le rouissage a pour objet de détruire la matière résineuse et gommeuse qui se trouve naturellement dans l’écorce du chanvre. On obtient ce résultat par la fcrmenlation putride au moyen de divers procédés qui presque tous donnent lieu à des émanations gazeuses désagréables, souvent nuisibles et susceptibles de se répandre au loin dans l’atmosphère.
Trois procédés sont surtout usités :
\.Le rouissage par l'exposition du chanvre étendu en couche mince sur le sol, et soumis aux influences atmosphériques pendant une durée de quinze à dix-huit jours; ce procédé, très-inférieur, au point de vue industriel, à celui de l’immersion, a sur lui l’avantage de ne causer aucune infection, les émanations qui se produisent se perdant immédiatement et au fur et à mesure dans la masse atmosphérique.
II. Le rouissage à l'eau stagnante. Le chanvre, lié en javelles, est placé dans le routoir, puis recouvert par l’eau jusqu’à son entière submersion. Lorsque la fermentation, qui ne tarde pas à s’établir, aproduit son effet, le rouissage est achevé; on répand l’eau sur le sol ou dans les eaux environnantes s’il existe une pente d’écoulement, et le chanvre est enlevé du routoir pour sécher à l’air. Ultérieurement, on extrait la vase- ainsi que les dépôts produits par le rouissage.
Chacune de ces phases donne lieu à des dégagements gazeux trèslétides : souvent aussi il arrive que le routoir n’ayant pas d’écoulement naturel, les eaux infectées y séjournent indéfiniment.
III. Le rouissage à l’eau courante dans un routoir isolé. Le chanvre est placé dans le routoir, alimenté par un courant d’eau continu, ordinairement dérivé d’un cours voisin. Une partie de l’eau est renouvelée par le courant, une partie est stagnante. Le rouissage se fait plus lentement que dans l’eau stagnante, et d’autant plus lentement que la portion d’eau renouvelée par le courant est plus considérable.
Ce procédé est incontestablement le plus avantageux au point de vue industriel, en raison de la qualité des produits; mais il est incontestablement aussi le plus nuisible au point de vue de l’hygiène publique. 11 infecte 1 air autant ou presque autant que le deuxième procédé; la sortie du routoir, la dessiccation à l’air, l’extraction de la vase, ont tous es inconvénients signalés ci-dessus, et de plus, tant que le chanvre reste dans le routoir, 1 eau qui en sort infectée est déversée dans un Cüuis d eau [irincipal, qui répand en aval, sur tout son parcours, l’odeur caractéristique et ses influences malfaisantes, .\joutons que tout ce flu il y de fretin dans ces cours d’eau est détruit inévitablement et
L'HOMME CONSIÜÉUÉ COMME INDIVIDU
iiieurl asphyxié, par suite du manque d’oxygène nécessaire à sa respiration, et qui a été détruit par le mélange à l’eau de matières organiques.
C’est à tort qu’on a nié l’inlluence du rouissage sur la santé puhli(jue, et particulièrement sur la production des fièvres intermittentes. Mais des améliorations sont possibles; elles consisteraient dans l’établissement de bassins étanches, dont le fond se trouverait d’au moins 1 mètre supérieur à la surface du cours d’eau destiné à son alimen- tation, laquelle s'effectuerait à l’aide d’un barrage ou, à défaut, au moyen d’une machine élévatoire. L’eau qui servirait à la macération des plantes textiles contenues dans le bassin y arriverait par sa partie supérieure, par arrosage de la masse, et s’écoulerait par le bas, de manière à former un courant plutôt intermittent que continu. L’eau contaminée par la fermentation émergerait dans une citerne contiguë, où elle serait traitée et désinfectée par du lait de chaux. Après quelque temps de repos, cette eau, s’étant éclaircie plus ou moins complètement, serait employée à l’irrigation des prairies environnantes, ou rendue au cours dont elle provient, en lui faisant parcourir un trajet d’une certaine longueur, à l’aide d’une rigole creusée dans le terrain, où elle achèverait de se pui’ifier.
Les dépôts du routoir et ceux du bassin d’épuration mélangés, formeraient un très-bon engrais d’un emploi facile, peu coûteux et presque ÿioffensif pour ceux qui seraient chargés de l’enlever.
Les routoirs, pendant l’opération, devraient être couverts par des panneaux mobiles bien adaptés, afin non-seulement d’einpêcber l'exhalaison et la dispersion des vapeurs infectes et méphitiques provenant de la fermentation, mais encore Je s’opposer à la diminution de la température du routoir, qu’il serait bon, pour le même motif, d’encastrer dans des murs de terre; car il est de principe que l’opération marche avec d’autant plus de rapidité que la chaleur est plus élevée.
IV. Plusieurs moyens de rouissage par les inachines'onl été proposés et même appliqués sur une grande échelle, sans (pie ces essais aient paru en amoindrir suffisamment l’insalubrité'. MM. Léonce et Coblentz ont même essayé de supprimer complètement le rouissage; le chanvre, saisi en nature, est transformé immédiatement en filasse. Ces procédés coûteux semblent aujourd’imi abaudonnés par les industriels, qui préfèrent acheter les lins et les chanvres tout rouis et teillés d'après
' Payen. Rapport adresse au ministre du commerce, inséré au Moniteur du 4 octobre 1801).
L'HOMME AU UOI.N'r DE VUE DES PROFESSIONS.
les anciens procédés agricoles, qui donnent des produits de meilleure nature.
Après que la plante a élé e.vposée au rouissage, la tige textile doit éire débarrassée de ses parties ligneuses ; pour cela elle est soumise au teillage, c’cst à-dirc à une succession de broyages et battages mécaniques, qui donnent lieu à un dégagement considérable de poussières nuisibles.
Le peignage, celui du chanvre en particulier, est extrêmement dangereux, en raison de la quantité considérable de particules siliceuses qui s’échappent avec les filaments textiles.
Enfin, nous ne ferons que mentionner la dernière opération du lilagc, qui s'effectue pour le chanvre et le lin, dans les mêmes conditions et avec les mêmes inconvénients que pour le coton et la laine.
Ajoutons cependant que l’action nuisible de la température élevée des ateliers de filage s’accroît, dans l’industrie linièrc, d’une surabondance de vapeur et d’une aspersion d’eau continuelles.
NoussignaleronsencoreunesingulièreaffectionqueM. Toulmouche*,
de Rennes, a décrite le premier chez les filcurs de chanvre. Elle consiste en une inflammation spéciale de la bouche, et surtout de la langue. Cette affection aurait pour cause une mauvaise coutume des filcuses, qui, se servant de leur salive pour mouiller et façonner le fil, provoquent ainsi un contact incessant de la langue avec les doigts ou avec la filasse même, chargés de matières âcres et irritantes.
à» AffecÜom pulmonaires succédant à l'inhalaüon de la poussière de bois ~ de bois colorants de campêche, de santal. - de chicorée. - de garance. - de
de fantw. {Scieurs de bois. — Menuisiers, — Ébénistes. Tour-
neurs. — Tonneliers. — Charpentiers. — Batteurs en grange. - Vanneurs. — iioulangers.)
La poussière provenant de bois durs est plus fine que celle du beis mou ; elle est constituée par de ,)etits éléments, la plupart aigus et areres; les ouvriers particulièrement exposés à l’inhalation de cespous- ^lores sont les scieurs de bois, les menuisiers \ ébénistes, tourneurs, tonneliers et charpentiers.
L influence de la poussière chez les scieui's de bois est généralement plus nuisible pour l’ouvrier qui se trouve placé en bas.
occasionnées par le chanvre, el sur une Marc liopi'harr! U f, ' ^ouclic chez le.-î hlcurs de chanvre, Gaz. tned. 1852. d’après le docteur Maladies des menuisiers et des ébénistes ;
JUOUST, IIVOIÊXE.
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Chez les charpentiers*, il faut noter les plaies produites par les scies mécaniques et par l’emploi de l’herminette*.
Quant aux tonneliers, les statistiques ont montré que la durée de 1a vie chez eux est au-dessous de la moyenne (llannover). C’est que, pardessus tout, et en dehors de toute influence de milieu, ces ouvriers sont essentiellement des hommes de peine.
On a remarqué aussi que la fabrication des crayons développait une quantité assez importante de poussière.
Le tableau suivant, emprunté à Hirt, indique l’influence de quelques professions sur la production de certaines maladies.