‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 90 sur 298 · I.'IIOIIMIÎ AU POINT DU VUE DES PIIOEESSIONS · texte numérisé non relu

I.'IIOIIMIÎ AU POINT DU VUE DES PIIOEESSIONS

Ifin

2” Afjections pulmonaires succédant à l'inhalation de poussières chez les carriers et les ouvriers employés aux fours à chaux.

Les accidents pulmonaires sévissent chez les plâtriers, engendrés surtout par la poussière irritante qui se développe durant le broyage à sec de la pierre calcaire et le tamisage du plâtre.

Chez les carriers, les inconvénients de la poussière sont atténués en partie par riiumidité de l’atmosphère qui empêche la suspension dans l’air de molécules pulvérulentes, et, d’après M. Tardieu*, les accidents résultant de blocs qui se détachent, d’éboulements, font plus de ravages chez eux que les affections pulmonaires et la phthisie.

Les ouvriers des fours à c/iawa; sont également soumis à ces influences, que M. Chevallier a résumées ainsi :

1“ Odeurdésagréable et incommode de la fumée de charbon de terre, odeur qui varie selon la nature des charbons employés;

2° Production d’une certaine quantité d’acide sulfureux, résultant . de la combustion des sulfures qui existent dans les houilles;

5“ Dégagement d’une très-grande quantité de vapeur d’eau, qui entraîne avec elle les produits de la décomposition des matières organiques qui se trouvent en petite quantité dans le carbonate calcaire destiné à la fabrication de la chaux vive ;

4“ Dégagement d’une grande quantité d’acide carbonique;

5° Enfin, continuité obligée du travail qui aggrave toutes ces mauvaises conditions.

5° Affections pulmonaires succédant à l'inhalation de ta poussière d'argile.

La poussière d’argile a été rapprochée de la poussière du plâtre et delà craie, bien qu’étant, en raison de la forme mousse de ses éléments, beaucoup moins dangereuse.

Nous pouvons observer ses elfcts chez le maçon et le charpentier qui paraissent tous deux vivre dans des conditions d’hygiène et de longévité à peu près identiques; chez les hrïqiietiers , les tuiliers, etc.

Enfin, nous avons surtout â étudier l’argile comme agent de la fabrication de \'A porcelaine et de la faïence, dont elle constitue un des éléments les plus im|)ortants.

Les argiles sont composées de silicate d’alumine hydraté; quclqucs-

) V *“'°**® produites par les éboulcinenls accidentels, Ann. d'hyg. pull.,

'■ x.vXVI, ‘i» série, 1871, i i

‘>üO l.'IIOMMK CdXSlDKIlK COMtlIi INDIVIUU.

unes rciirenneiit, eu outre, du salile, de la chaux cl de l’oxvde de fer. C’est ce corps qui leur donne la couleur rouge qu’on remarque dans les tuiles ou les briques.

Les préparations de l’argile dans les travaux de briquclevie et de tuilerie entraînent des efforts musculairss et exposent l’ouvrier aux refroidissements. Mais il n’y a dcvcloppenient de poussière que dans certaines briqueteries où la terre employée est très-sèche et se pulvérise à la batte. Les accidents engendrés sont ici encore les irritations des voies respiratoires et les blépharites.

VarçjV^ vlasiique appelée aussi terre glaise ou terre à potier, mélangée à l’eau, prend du liant et donne une pâte malléable, susceptible d’être taillée, et qui, solidifiée par l’addition de substances dégraissantes, avant d’étre durcie au feu, devient la base de la poterie et de la faïence.

Ces argiles ne doivent pas contenir de carbonate de chaux; ce sel, au feu, deviendrait de la chaux pure, qui, par son avidité pour l’eau, détruirait le vase pour peu que l’atmosphère fût humide.

Les poteries grossières se font avec des argiles communes et terres glaises que l’on cuit à petit feu ; comme ces poteries sont poreuses, il faut, pour qu’elles ne laissent pas filtrer les liquides, les recouvrir d’un vernis métallique que l’on applique par la fusion. 11 a ordinairement pour base l’oxyde de plomb. On laisse quelquefois sans vernis certaines poteries rouges que l’on fabrique, avec des argiles ferrugineuses, et auxquelles on donne la forme d’anciens vases étrusques.

La faïence fine est formée d’une argile blanche qui ne contient pas d’oxyde de fer; le vernis dont on la recouvre a pour base l’oxyde de plomb ou d’étain.

Le kaolin ou terre à porcelaine ‘est une des argiles les i)lus réfractaires, mais qui fait difficilement pâte avec l’eau. Il est formé de silicate d’alumine hydraté, à peu près pur.

Mélangé au pétunzé ou feldspath fusible, le kaolin fait, avec le pétunzé qui lui sert de fondant, la base de la pâle de porcelaine. Les vases travaillés avec cette pâte sont en outre recouverts d’un vernis, sorte d’émail blanc produit par le pétuuzé seul.

La pâte ordinaire deSèvres est formée de: kaolin, 04; sable quarlzeux, ‘20; sable feldspathique, 10; craie, G.

Celte pâle est abandonnée ])endant plusieurs aimées dans des caves humides où elle subit une .sorte de putréfaction ijui dégage des gaz et notamment de l’acide sullliydriiiue, ce ipii donne plus d’homogénéité au mélange. .

1,’IIOMJIK AU POINT DE VUE DES PHOFESSIO.NS

On la Iravaillc cnsnilc par trois procédés : le tournage, le moulage ou le coulage ; puis on lui fait subir deux cuissons*.

La labrication de la poterie et de la porcelaine entraîne, pour les ouvriers, les conditions hygiéniques généralement déplorables d’ateliers mal aérés, mal ventilés, peu spacieux : riiumidité résultant du lasage de 1 argile et du kaolin, et, par-dessus tout, l’action funeste des poussièics minérales produites durant le broyage des matières premières. Les ouvriers appelés nseurs de grain, et qui doivent, lorsqu une pièce est sortie du four, gratter les particules siliceuses qui lésident à sa surface, sont particulièrement exposés à l’inbalation poussiéreuse.

Le service des étuves expose l’ouvrier au rayonnement d’une cbaleur excessive, et amène des déperditions sudorales continues, pi’ovoquant un affaiblissement considérable, des maladies aigues des poumons et du tube gastro-intestinal.

M. Duperet-Moret signale ces iiiconvénients et insiste surtout sur cette influence désastreuse des poussières fines, nombreuses, qui, régnant en permanence dans les ateliers et recouvrant les murs, cloisons, planchers, appareils et instruments de travail, d’une couche épaisse que la moindre impulsion dissémine dans l’atmosphère, pénètrent dans rorganisme, et souvent même sont introduites dans le tube digestif par le fait des repas pris dans l’atelier.

Les ouvriers porcelainiers sont sujets à la toux, à la dyspnée, à la fréquente récidive des bronchites, des laryngites, des pneumonies qui aboutissent par une pente plus ou moins rapide, mais presque fatale, à la phthisie.

4» Affections imlmonaires succédant à l'inhalation de différentes poussières (bien d'outre-mer, bichromates).

I our obtenir le bleu, dit bleu d'ouire-mer, on eni|)loie la soude caustique liquide saturée de silice, à laquelle on ajoute de l’alumine en gelée.

Le produit est pulvérisé, puis projeté dans du sulfure de so^dium londu au leu. On chauffe pendant une heure et demie et on refroidit.

iliicouverle des gisemenls de kaolin n’avait pas poui base 1 argile, ta composition de la pâte était :

Sable de Fontainebleau

Nitrc

Sel marin

Alun

Soude d’Alicante . .

Gypse de Montmartre

ÜO.O

I/IIOMMIC CONSIDKHi; COMMIC INDlVIIil-,

La masse pulvérisée est, Irailéc par l’eau houillaiile pour enlever le suH'ure de sodium ; ou lave avec la soude le résidu qui est déjà Lieu. On cliaurfc celte poudre Lieue dans un creuset pour lui enlever un excès de soufre qu’elle contient; on la Lroic cnlin avec de l’eau et on la soumet à la dilution et à la décantation pour l’oLlenir de la plus grande finesse cl de la plus Lcllc couleur possible.

Cette fabrication développe une assez grande quantité de poussière bleue très-fine. Elle varie de composition et de forme suivant la préparation. Aussi les ouvriers sont-ils exposés aux bronchites cl aux pneumonies chroniques. Hirt fait observer que les amas de poussière trouvés dans les poumons n’ont pas de couleur bleue*.

Los fabriques d’outre-mer sont rangées dans la première classe des établissements insalubres, en raison de l’odeur fétide qu’elles développent.

Le sulfate de baryte, la withéiHte, la pierre ponce et Vliéinatite exercent également, en raison de la finesse et de la dureté de leurs molécules pulvérulentes, une action très-nuisible sur les poumons. Quant à la poussière formée par la pierre composée d’oxyde de fer et de chrome, elle produit plus rarement d’accidents du coté des voies aériennes, mais elle provoque le catarrhe des fosses nasales et la perforation de la cloison chez les ouvriers. Ce faita été établi par èlM. Delpech et llillairet, qui ont démontré, en outre, que tous les ouvriers chromaleurs étaient exposés aux mêmes accidents et présentaient des ulcérations de la gorge, des céphalalgies fréquentes, de l’amaigrissement ’.

MM. Chevallier ctBécourt avaient déjà remarciué que lorsqu’on transforme, par le moyen d’un acide et par l’ébullition, le chromate neutre de jmlasse en bichromate, la vapeur entraîne avec elle une infinité de molécules pulvérulentes de ce produit, qui se répandent dansl atelier. Ces molécules aspirées en abondance par les ouvriers donnent au palais une saveur métallique très-désagréable, mais elles n’agisseut pas d une manière fâcheuse sur la bouche. 11 n’en est pas de même pour la muqueuse du nez. H se développe un coryza très-intense suivi de la destruction delà cloison cartilagineuse.

• Ccpemianl Merkel cite une autopsie ayant démontré le dépôt de bleu d ouli-e-mcr dans les poumons ipii étaient d’une teinte bleu-noir:itre. L'individu avait été occupe a la nrénaration de l'outre-mer. 11 avait succombé à une pneunonne chronnine.

s Voyez pour plus de détails rimiiorlant mémoire de MM. Delpecb et llillairet, Ara- (Iruls auxqiu'h sont soumis lis ouvriers employés à la fobnrntion des il'hiw t XXXI et Xl.V). Ces savants liygiéinstes insistent surtout siii ladioii untau te t’ou te locale des chroinates, et ils notent cette particularité

servation de l'odorat et même de sa lines.se plus pi-ande chez certains mm ni. qui étaient affectés de perforation de la c'oison cari ilapmense des fosses nasates.

L'HOMME AU POINT DE VUE DES PROFESSIONS

On a remarque que les priseurs de labac étaienl indemnes. Lese.veoriations en rapport avec le bichromate deviennent le siège d’une véritable cautérisation très-douloureuse pénétrant quelquefois jusqu’à l’os. Les parties découvertes peuvent devenir le siège d’éruptions pustulo- ■ ulcéreuses; il faudrait obtenir un isolement complet des parties de peau ulcérée, et, au moyen d’un appareil d’interception, empêcher l’action sur les fosses nasales.

De toutes les poussières minérales auxquelles sont exposés les ou\riers, c est la poussière de çjraphile qui paraît être la plus inolfcnsivc; les ouvriers travaillent des années sans ressentir aucun trouble du côté des organes de la respiration.

Affections pulmonaires succédant à V inhalation des poussières de plomb.

Nous réservons pour l’article dcl' intox irai ion saturnineVaclion des poussières de plomb. Nous remarquerons ici toutefois qu’elles produisent sur les poumons une irritation mécanique semblable à celle des autres molécules pulvérulentes. Les altérations engendrées sont les mêmes, et nous avons affaire à une véritable pneumoconiose métallique.

G* Affections pulmonaires succédant à l'inhalation des poussières de cuivre.

L action du cuivre sur l’économie sera traitée au chapitre des professions agissant par intoxication, et nous ne nous occuperons que des poussières provenant de ce métal.

Que 1 on SC transporte, ditM. Bailly, dans un atelier de et

de limeurs decuivre; pour peu qu’un rayon de soleil vienne lilircr à travers 1 ouverture et traverser l’atmosphère chargée de poussière, on voit dans cette traînée lumineuse les p,1rliculcs cuivreuses briller et reluire, et déceler ainsi, par leur miroitage, leur présence dans l’air; ces particules métalliques voltigent sans cesse et pénètrent dans la bouche des ouvriers.

Ce.s poussières peuvent agir sur les poumons ; le danger varie suivant e volume de leurs particules. Les poussières les plus nuisibles sont celles qui proviennent du limage du laiton. Les ouvriers qui sont sui tout atteints sont les chaudronniers, les tourneurs et surtout les ouvriers qui fabriquent les couleurs de bronze, industrie dans laquelle

se eveloppe une pou-ssière cuivreuse formée par du laiton, poussière '|ui est d’une extrême ténuité.

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