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Bulin, Il faut (|ue le pu,, lire soit ineliiio pour lire d'au moins ii) à
l-iiomme considéré comme individu.
inclinaison serait excellente pour écrire ; mais comme elle rendrait les inouvenients de la main et de la plume tres'dilliciles, on sera oblige de se contenter d’un angle de 20 degrés environ.
Ces conditions paraîtront peut-être difliciles à réaliser rigoureusement dans des écoles qui contiennent souvent des enfants d âge et de taille différents. C’est là une grave difficulté pratique. Le système américain dans lequel chaque enfant a son siège et son pupitre, faits à sa mesure, ou le système suisse qui admet un mobilier de sept grandeurs différentes, pour suffire à toutes les conditions de taille, sont et seront encore longtemps inapplicables en France. Il serait tout à fait inutile de les recommander. Mais en partant des données que nous avons indiquées, il serait facile d’améliorer les aménagements existants.
L’adjonction des dossiers, l’élargissement et la rectification de la j hauteur des bancs, l’inclinaison à donner aux pupitres, n’entraîneraient j pas de dépenses exagérées. On pourrait fixer la pente des tables à i
Celle figui'c l'oprése mobile, il se relève
2ft de-frés et munir chaque [ilace d’un support destine a ma
L’HOMME Al) POINT DE VUE DES PHOKESSIONS.
semblaient trop compliqués ou trop coûteux, on arriverait encore à obtenir des résultats très-satisfaisants en tenant compte de la taille moyenne des enfants destinés à séjourner dans chaque salle.
Quand l’éclairage et le mobilier scolaire seront aussi bien établis que possible, il faudra encore s’occuper de quelques points accessoires qui ont bien aussi leur importance.
On ne devra placer entre les mains des enfants que des livres imprimés en caractères assez gros et parfaitement nets; les caractères trop fins, ou indistincts, par suite de la mauvaise qualité de l’encre et du papier, ou encore dé leurs formes trop grêles, ne peuvent être distingués qu’en approchant le livre des yeux, et cnlrafnent ainsi des efforts exagérés d’accommodation. D’importantes réformes seraient nécessaiies a ce point de vue, dans 1 impression des livres classiques, trop souvent mauvaise, parce qu’elle est abandonnée à l’intérêt ou à la fantaisie des éditeurs.
Il sera avantageux d’habituer les enfants à placer perpendiculairement au bord de la table le papier sur lequel ils écrivent. On se privera peut-être ainsi des élégances de l’écritnre dite anglaise, mais la position du corps sera meilleure et l’on aura ces lettres droites, vi<Toureuses et facilement lisibles de la vieille écriture française.
La longueur des classes et des études ne sera pas exagérée, et l’on séparera chaque heure de travail assidu par des intervalles de repos
duii quart-d’heure ; le travail intellectuel n’y perdra rien, bien au contraire.
On renoncera aussi aux punitions consistant à priver les enfants de recréation ou de promenade au dehors, punitions bien plus corporelles en réalité que les coups mômes, puisqu’elles contribuent à enraver le développement du corps et à le déformer pour toujours, au heu de ne lui infliger comme celles-ci qu’une douleur passagère et vite
Enfin, les promenades au dehors et autant que possible dans la campngiie devront être multipliées. Rappelons-nous, en effet, ce que nous avons it e la fréquence plus grande de la myopie chez les pensionires toujours enfermés et de sa rareté relative chez les externes, qui, aetiouvanten plein air un certain nombre d’heures par jour, peuvent ue temps en temps relâcher complètement leur accommodation.
h hygiène particulière de la vue, loin d’être en désaccord avec l'hvg e genéialc de 1 enfance, ne donne aucun conseil que celle-ci ne d .»c Toul <i„„c d'.cc.rd foire
■lesirc, ,|ue cos considoralloii» si bic, cludiccs dans certains pa,s
2‘J8 L’HOMME CONSIDÈUÉ COMME INDIVIDU
licimeiit une place de plus en plus large dans l’orgaiiisation de nos
écoles.
Dans tout ce qui précède, nous nous sommes toujours placés au point de vue spécial du jeune âge. 11 n’en est pas moins vrai que si après ou Sio ans un œil emmétrope ne risque plus guère de devenir myope, parce que ses enveloppes ont acquis une résistance suffisante pour résister aux elfets des efforts prolongés d’accommodation, la myopie n'en continuera pas moins à se développer sous l’inlluence des causes qui l’ont produite. Il faudra donc continuer à prendre, hors de l’école, les mesures protectrices que nous avons signalées. Les ateliers, en particulier, dans lesquels les ouvriers ont à se livrer à des travaux minutieux et assidus, devront être aussi bien éclairés et aussi bien disposés que possible pour éviter une fatigue exagérée de la vue.
Quoi qu’il en soit, les précautions les plus rigoureuses n’empêcberonl jamais tout à fait la production delà myopie, et celle-ci existant, qu’elle soit d’ailleurs congénitale ou acquise, une question importante autant que délicate s’impose : celle de la prescription et du choix des verres correcteurs.
Erisman remarque que, parmi les myopes examinés par lui, ceux qui portaient des lunettes depuis plus ou moins longtemps a^ aient, en général, une acuité visuelle moindre, un degré de myopie plus élevé et des lésions plus marquées des membranes profondes. Il en conclut que l’usage des verres correcteurs est peinicieux chez les myopes. C’est beaucoup dire : doit-on sur un simple renseignement statistique porter une condamnation aussi générale? Nous ne le croyons pas. N’est-il pas évident qu’on pourrait aussi bien retourner la proposition et dire que les personnes dont la myopie est la plus forte sont celles qui portent des lunettes, puisqu’étânt les plus gênées par leur mlirmite, elles doivent ainsi recourir plutôt que les autres aux palliatifs. Du reste, suivant la remarque de Colin, pour que l expérience lut démonstrative, il faudrait prendre uné série de malades dans des conditions à peu près identiques, donner des lunettes à un certain nombre, en priver les autres; l’e.xamcn des deux genres de malades au bout d un certain temps permettrait de formuler une conclusion plus positive. Aussi la question nous semble-t-elle devoir être posée autrement.
Si l’on veut déterminer exactement les cas dans lesquels 1 usage des verres est indiipié ou contre-indiqué clic/, les myopes, il faut tenir compte des divers éléments qui inlluerit sur leur vision ; la puissance d’accomniodatioii, l’état des muscles droits internes, la présence ou l’absence de lésions eboroidiennes.
L’IIOiniE AU POINT DE VUE DES PROFESSIONS.
Ceux qui n’ont pas de lésions notables du fond de l’œil, dont le mu.scle ciliaire et, par suite, l’accommodation, fonctionnent bien, qui, enfin, ont un bon système musculaire extrinsèque, n’ont rien à craindre. Les verres concaves les ramènent aux conditions dioptriques où se trouvent les emmétropes, et si on les leur prescrit dès un âge peu avancé, ils resteront toujours dans cette situation.
Il n'en est plus de même ([uand on a attendu un certain nombre d’années. L’œil a pris l’habitude de voir de près sans le secours de l'accommodation, le muscle ciliaire n’a pas fonctionné régulièrement et s’est atrophié en partie. Si on prescrit alors des verres nculralisant complètement la myopie, le sujet sera tout à coup obligé, pour voir de près, à faire des efforts considérables d’accommodation ; il ne pouri'a soutenir cette fatigue inusitée, et éprouvera les symptômes de l’asthénopie accommodativc. Dans ce cas, on prescrira, pour voir de loin, un pince-nez corrigeant totalement la myopie, ce qui n’a jamais aucun inconvénient. Pour voir de près, on donnera un numéro beaucoup plus faible; ou se contentera des verres qui permettent la lecture, sans fatigue, à la distance ordinaire. Si le muscle ciliaire est encore beaucoup plus faible, les autres conditions reslant les mômes, on prescrira des verres d’uii numéro encore plus éloigné du degré de la myopie, et on devra les sup|u imer complètement, si la moindre sensation de gêne apparaît.
Si le muscle ciliaire est bien constitué et l’accommodation puissante, mais que les muscles droits internes soient insuffisants pour maintenir longtemps le degré de convergence nécessaire des axes optiques, il faudra encore prescrire des verres correcteurs. Ceux-ci, en permettciut d éloigner de l’œil les objets à examiner, diminueront le degré de convergence nécessaire, et par suite soulageront les droits internes.
Enfin,, si 1 on a affaire à des yeux atteints de stapbylome postérieur étendu, de scléro-choroïdite, etc., il faudra redoubler de prudence. Quand les altérations seront assez légères, on pourra permettre la lecture et les travaux a.ssidus; mais on exigera que le malade prenne de temps en temps quelques minutes de repos ; qu'il travaille toujours sur un pupitre élevé et sans incliner la tète ; qu’il évite de lire le soir à la lumière. Si l’état du muscle ciliaire et des droits internes l’exige, on prcsi.rir.a par tâtonnement des verres correcteurs qui permettront la eclure à la distance ordinaire de 25 à 50 centimètres, mais ne devront jamais causer aucune fatigue.
Si les lésions sont très-accusées, s’il existe une atrophie progressive a choro’ide, le seul moyen d’éviter la perte totale de l’œil, amenée
L IIOMMR CONRinfiflÈ COMME INDIVIDU.
d’ordinaire par la produclion d’un décollement rétinien, sera de le placer dans un repos absolu .
Telles sont les conditions (fiii régleront l’emploi des verres correcteurs chez les myopes. Elles sont comple.\es, et l’on sera toujours obligé de laisser une certaine latitude au malade, seul juge de la fatigue qu’il éprouve.
Cependant, de ce qui précède nous retiendrons un point important : rinfluence heureuse exercée par les verres loi'squ’ils sont employés de bonne heure. Dès qu’on aura reconnu la myopie, même d’un faible degré, on devra prescrire des verres appropriés. L’utile gymnastique, à laquelle se trouve ainsi soumis le muscle ciliaire, conserve toute son étendue à l'accommodation et maintient l’œil dans le meilleur état anatomique.
Les efforts longtemps prolongés d’accommodation n’amènent d’autres lésions graves de l’œil que celles de la myopie, mais dans certaines circonstances ils peuvent produire différents troubles fonctionnels que nous devons signaler.
Il arrive quelquefois de voir apparaître, à la suite de travaux depuis longtemps soutenus ou de journées passées à lire et à écrire, un véritable spasme du muscle ciliaire. Ce muscle, surexcité pour ainsi dire par l’effort continu qu’on lui impose, se contracte tétaniquement, détend la zonule et imprime au cristallin une courbure exagérée. Le malade éprouve une douleur sourde, un sentiment de tension très-douloureux du globe oculaire. Il ne voit les objets éloignés que d’une façon brouillée et confuse, et ne distingue nettement que ceux qui sont trèsrapprochés de l’œil. Cette crampe accommodative, qui disparaît au bout de quelques heures de repos,' pour reparaître bientôt, si l’on se remet au travail, est immédiatement dissipée par l’usage des verres concaves. Elle offre donc tous les caractères d’une myopie passagère, mais il est rare de la voir survenir chez les hypennétropes ou les emmétropes; elle est surtout fréquente chez les myopes. Le spasme du muscle ciliaire vient alors surajouter ses effets à ceux de la conformation vicieuse de l’œil, et la myopie se trouve ainsi augmentée dans une forte proportion.
C’est ce qui explique comment on a cru guérir cette affection par des instillations systématiques de sulfate d’atropine. On sait que cette substance paralyse uon-sculemcnt les fibres circulaires de l’iris, mais encore le muscle ciliaire. Elle en fait donc cesser la contracture et peut ainsi diminuer d’autant la myopie chez certains individus; mais elle
L’HOMME AU POINT DE VUE DES PtlOFESRlONS.
ne change rien â la structure défectueuse de l’œil, ni aux lésions acquises. Un pareil traitement pouvait être essayé quand des observateurs distingués, comme Jæger, voyaient, dans le spasme du muscle ciliaire et l’excès de courbure du cristallin qu’il entraîne, la cause essentielle de la myopie; mais les travaux de Donders et dellelmholtz ont démontré que cette théorie n’est pas admissible.
Ce trouble fonctionnel tout passager n’a réellement aucune gravité ; quelques ménagements suffisent pour l’empêcher de reparaître; néanmoins on comprend qu’il puisse rendre très-pénible et même très-difficile l’exercice de certaines professions.
Les effets des efforts prolongés d’accommodation sont loin d’être toujours les mêmes. Les ouvriers que leur état oblige à fixer continuellement des objets très-petits ; les personnes qui abusent de la lecture, lurtout la nuit; les malades obligés, pour se distraire, de passer leurs journées à lire au lit, dans une position défavorable, éprouvent souvent des troubles tout différents de ceux que nous venons de décrire.
Le muscle ciliaire surchargé de travail ne se contracte plus que d’une façon imparfaite, il devient douloureux et finit par cesser d’agir. Les malades éprouvent alors tous les symptômes de Vasthénopie accommodalive. Ils continuent à distinguer nettement les objets éloignés et pendant les premières heures de leur travail ils n’éprouvent aucune gêne; mais bientôt la fixation des objets rapprochés devient douloureuse, la tête est pesante, la vue se brouille et tout travail minutieux devient impossible. Ces accidents se renouvelant tous les jours dans les mêmes circonstances inspirent la plus vive inquiétude au malade, obligé de suspendre ses occupations habituelles.
Heureusement il est facile de les combattre. On prescrira l’usage de verres convexes pendant le travail ; ils suppléeront au défaut d’action du muscle ciliaire en augmentant la convergence des rayons lumineux, et rendront à la vision de près toute son acuité. On écartera toute cause de fatigue en évitant autant que possible toutes les occupations qui mettent l’accommodation enjeu ; enfin, des applications de courants électriques continus, le pôle positif étant placé sur la tempe et le pôle négatif promené sur les paupières fermées, pourront contribuer à rendre au muscle ciliaire son énergie primitive.
L’astliénopic accommodative uniquement causée par une fatigue exagérée ne doit pas être confondue avec celle qui est symptomatique • de I hypermétropie. Celle-ci apparaît soit chez les enfants lorsqu’ils commencent à aller à l’école, soit chez les personnes, ayant jusque-là
2ri2 i;i!OMME CONSIIIÉHÉ COMME I.MMVIhl .
joui iruiic vue cxcpllcnle, qui arrivent ù l’âge de (|iiaranle ou quaranleeiiu| ans. Dans le lireinier cas, elle indique sirripleiiient un état patlnrlogiciuc de l’œil qui jusque-là n’avait causé aucune gêne parce que le sujet n’avait pas eu occasion de se livrer à des travaux assidus. Itans le second, elle est causée par la presbytie, seule ou surajoutée à riiypermélropie déjà existante, pour la rendre manifeste de latente qu’elle était. Il est du reste facile de la distinguer du trouble fonctionnel qui nous occupe; la gêne de la vue existe en tout temps, et non pas seulement après plusieurs heures de travail; de plus, l’examen direct des milieux de l’œil révèle directement l’existence de l’hypermétropie.
En indiquant les diverses conditions sous rinducnce desquelles se développent des troubles de l’accommodation, nous avons signalé, sans les énumérer, toutes les professions exigeant des travaux minutieux et assidus. Une importante restriction doit cependant être faite à ce point de vue. Las, horlogers , les bijoutiers, les prauenrs, etc., se livrent à j des travaux extrêmement minutieux, mais ils le font avec le secours de j la loupe et ne se servent que d’un seul œil qu’ils placent de façon que l’image agrandie du point à examiner se peigne exactement sur la rétine, ils n’ont donc nullement à se servir de l’accommodation, ni de la vision binoculaire : aussi ne sont-ils exposés ni au spasme du muscle ciliaire, ni à sa parésie, ni à la myopie acquise.
II. — Les professions ou les habitudes qui, en modifiant l’état général de l’organisme, entraînent l’apparition de troubles oculaires, ne sont susceptibles d’aucune classification rationnelle ; aussi nous bornerons-nous à étudier ces troubles successivement, sans adopter aucun ordre particulier.
Cataractes des verriers, des ouvriers des forges, etc. — On a remarqué depuis longtemps que la cataracte est fréquente chez les ouvriers obligés de rester près des fours où le verre est en fusion, chez les ouvriers qui travaillent le fer incandescent, et généralement chez tous ceux qui sont exposés à l’action de foyers ardents. Ou pourrait être tenté d’expliquer cette prédisposition par l’inlluence directe de la lumière vive (jui frappe leurs yeux, mais cette interprétation serait insuffisante. Si on comprend, en effet, que les rayons émanés d un feu ardent puissent agir sur la sensibilité spéciale de la rétine, on ne voit pas comment ils modifieraient la nutrition du cristallin. Il faut, croyons-nous, chercher une explication dans une voie toute dilTérente.
La cataracte est une lésion de tissu à laquelle contribuent le plus souvent les altérations séniles des fibres cristalliniemies, mais qui est
L’HOMME AU POI?(T DE VUE DES PROFESSIONS
loin (l’on dépendre uniquement. Elle se développe souvent sous l’inlUience de lésions intra-ocnlaires préexistantes, ce qui n’a rien d’étonnant, si l’on songe que le cristallin, dépourvu qu’il est de vaisseaux, ne se nourrit qu’à l’aide des milieux qui l’entourent et l’imMhent.
Souvetit aussi la cataracte dépend d'un état général pathologique de l’organisme. Les modifications morbides du sérum .sanguin entraînent des modifications parallèles dans la composition des milieux de l’œil, et par suite dans celle du cristallin. Bowmann a montré que du carbonate de litliine ingéré par un malade, peu de jours avant l’opération de la cataracte, se retrouve dans le cristallin extrait. De même, si pour une raison quelconque la densité du sérum sanguin s’élève, celle de l’humeur aqueuse et du corj)s vitré s’élèvera aussi, et en vertu d’une loi physique bien connue, le mouvement endosmotique, en vertu duquel se nourrit le cristallin, se ralentira, tandis que le mouvement e.xosmotique correspondant deviendra plus actif. Cet organe perdra ainsi une certaine quantité de son eau au profit des milieux environnants, et il en résultera l’apparition d’opacités.
L’expérience démontre que les choses se passent réellement ainsi. Kunde a produit la cataracte chez des animaux dans les veines desquels il injectait des solutions satines de manière à élever la densité du sang ; il est arrivé au même résultat en plaçant des grenouilles dans une étuve. Quand elles avaient perdu par évaporation une grande quantité d’eau, les opacités apparaissaient; elles disparaissaient bientôt quand l’animal était replongé dans l’eau.
Les mêmes causes, introduction de substances étrangères dans le sérum sanguin, grandes déperditions d’eau, ne se retrouvent-elles pas dans le diabète sucré, le diabète insipide et la polyurie, affections souvent compliquées de cataracte? Ne faut-il pas leur attribuer aussi les cataractes dont nous avons à nous occuper ? Tous les ouvriers qui travaillent devant un feu très-vif sont constamment couverts de sueur; ils évaporent par la surface cutanée des quantités considérables de liquide, qu’ils ne remplacent qu’imparfaitement par les boissons: d’où I élévation de la densité du sang, et une prédisposition marquée aux opacités cristalliniennes.
Peut-être pourrait-on expliquer par la même raison la fréquence relative de la cataracte à la campagne. Les travaux agricoles, et en particulier la moisson, se font pendant les plus chaudes journées ; rien ne protép le paysan contre les rayons d’un soleil ardent ; il est donc soumis à des sueurs profuses et à des causes d’évaporation cutanée à abri desquelles se trouve l’ouvrier des villes. Il y aurait lieu de re-
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cherclicr si la fréquencp, de la cataracte dans certains pavs ne peut être ratlaeliée à une ca\ise analogue.
Les opacités développées dans ces conditions ne présentent du reste rien de particulier; leurs caractères sont ceux de la cataracte sénile ordinaire; aussi leur étude rentre-t-elle dans le domaine de la pathologie. Il en est de même du traitement curatif, qui ne peut être que chirurgical. Quant au traitement préventif, il relève sans doute de l’hygiène, et l’on voit bien ce qu’il pourrait être, mais il est bien difficile de le formuler. Écarter la cause possible de la cataracte, c’est exiger que les ouvriers soient soustraits à une chaleur trop élevée, ce qui est malheureusement impossible, à moins de rendre l’exercice de leur profession impraticable.
Amblijopie par abus de l'alcool et du tabac. — Nous venons de voir que certaines modifications des humeurs entraînait souvent des altérations du cristallin ; de même l’introduction dans le sang de- I certaines substances toxiques peut provoquer du côté de l’œil des troubles fonctionnels graves. Ces troubles ne s’accompagnent de lésions matérielles sérieuses qu’au bout d’un certain temps ; ils sont désignés sous le nom assez vague d’amblyopie.
Au premier rang des substances qui les provoquent se placent l’alcool et le tabac. Les malades éprouvent tous les symptômes d’une atrophie commençante des nerfs optiques. Peu à peu la vision des objets de faible volume perd de sa netteté ; leurs contours semblent confus et indistincts ; bientôt ils ne distinguent plus qu’avec peine les gros caractères; la lecture et l’écriture deviennent rapidement impossibles. Cependant l’ophthalmoscope ne montre rien ou presque rien d’anormal au fond de l’œil; tout au plus y a-t-il un degré de vascularisation un peu exagéré de la papille, rarement une' congestion véritable.
Dans ces conditions, il faut s’enquérir avec soin des habitudes du malade. En général, la recherche est facilitée par le faciès particulier, l’aspect général et surtout l’odeur alcoolique qu’exhale le sujet. 11 est à remarquer, en effet, que ces accidents ne surviennent guère que chez les individus qui ont subi une véritable inqirégnation alcoolique. On découvrira ainsi que le malade se livre depuis longtemps à l’abus du vin ou des Lupieurs; de plus, qu’il est grand fumeur et se sert d’une pii>e à tuyau très-court, de sorte que le jus de tabac mélangé à la salive arrive facilement dans la bouche. Une fois qu'on aura •obtenu ces aveux, la (piestion sera jugée. Il faudra avertir le malade que, s’il ne, change pas ses habitudes, il perdra la vue, et, en effet, à ramblyopic succède souvent une afrophic véritable et ]irogressive dos nerfs opti-
L’HOMME AU POINT DE VUE DES PROFESSIONS. 235
ques. .4u contraire, s’il s’abstient complètement de fumer, s’il ne boit (le vin que modérément et pendant les repas seuls, on verra l’amblyopie disparaître rapidement. L’acuité visuelle remontera de jour en jour, et sera en peu de temps revenue au chiffre normal. On aura ainsi la preuve directe de l’inlluence des causes que nous avons invoquées.
L’introduction dans l’économie de diverses autres substances, telles que Vopmm, la belladone, b\ quinine, Vitrée, a quelquefois amené des troubles visuels analogues à ceux que provoquent l’alcool et le tabac; toutefois ces manifestations sont trop rares et encore trop imparfaitement étudiées pour que nous puissions y insister.
On a également accusé le plomb : il est certain que dans l’intoxication saturnine il y a quelquefois des lésions oculaires appréciables à l’ophthalmoscope; on a signalé notamment, dans un certain nombre de cas, l’existence de la névrite optique. 11 est probable qu’il y avait là plus qu’une simple coïncidence; mais, en tout cas, cette affection est bien rare eu égard au grand nombre des saturnins. •
Héméralopie essentielle. — Sous l’inlluence de travaux excessifs, d’une nourriture insuftisante, de la misère, de l’encombrement, de toutes les causes, en un mot, qui amènent l’affaiblissement général des lorces, et produisent les maladies de surmenage, on voit apparaître une affection singulière. Sans qu’il existe au fond de l’œil aucune lésion appréciable àd'ophthalmoscope, la vision, normale tant qu’il fait grand jour, baisse brusquement au crépuscule au point ([ue les malades peuvent à peine se conduire. L’héméralopie, tel est le nom qu’on donne à ce trouble particulier, se produit quelquefois isolément ; le plus .souvent elle affecte la forme épidémique et frappe des individus réunis en grand nombre et soumis aux mêmes conditions hygiéniques défavorables. On 1 a signalée surtout dans les casernes, les navires de I hlat,\(2s prisons, les orphelinats, ]es pensions. D’après quelques auteurs, elle serait plus commune dans les pays froids; Grosz la dit fré- •luente en Hongrie et en Roumanie, ce qui tient peut-être à la pauvreté des populations. Suivant de Weeker, elle ne se produit jamais chez les peuples a teint basané, ce qui ferait croire que la présence d’un pigment abondant exerce sur elle une certaine influence. En tout cas, sa coïncidence avec le scorbut, signalée plusieurs fois, indique d’une façon suffisamment significative l’importance des conditions hygiéniques générales sur son développement.
La vision des individus atteints d’béméralopic baisse subitement, non-seulement au crépuscule, mais encore dès que, pour une cause