‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 110 sur 141 · HaUtudes h presque eonUaueil · texte numérisé non relu

HaUtudes h presque eonUaueil

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enfants du premier âge, loi à laquelle la reconnaissance publique a donné le nom de Téminent collègue qui en a été le promoteur.

La loi Roussel, dont nous regrettons de ne pouvoir reproduire in extenso les quatorze articles, assure la protection de Tautorité publique à tout enfant âgé de moins de deux ans, qui est placé, moyennant salaire, en nourrice^ en sevrage ou en garde^ loin du domicile de ses parents. Elle indique les conditions, les garanties et les formalités à remplir par les nourrices pour rendre cette surveillance possible et leur interdit notamment de se placer, lorsque leur enfant n'a pas atteint Tàge de sept mois révolus, à moins qu'il ne soit allaité par une autre femme. Elle réglemente aussi Findustrie des bureaux de placement.

f^e règlement d'administration publique rendu en exécution de cette loi a organisé le service d'inspection et de surveillance qui doit assurer la protection des enfants ; enfin, une ordonnance du Préfet de police en date du i^'' février 1878, a prescrit des dispositions spéciales pour le département de la Seine.

La loi Roussel n'a pas encore porté tous st)s fruits. Son exécution ne remonte, du reste, qu'au mois de février 1877, c'est-à-dire à l'époque où parut le règlement d'administration publique indiqué plus haut. Au début, elle n'a été appliquée que dans un petit nombre de départements, et la mortalité s'y est abaissée de façon à justifier complètement les espérances qu'elle avait fait concevoir. En 1891, elle n'était encore en vigueur que dans trente-deux départements ; les conseils généraux mettaient partout une grande parcimonie dans le vote des crédits qu'elle nécessite, et les préfets une grande mollesse dans l'emploi de ces derniers. Cet état de choses ne parait pas s'être sensiblement modifié depuis lors, car le docteur Charpentier dans le rapport qu'il a présenté le 13 novembre 1894, à l'Académie de médecine, au nom de la Commission permanente de Thygiène de l'enfance, n'avait eu à sa disposition, pour rédiger son travail, que 37 rapports émanant des inspecteurs départementaux (1).

La loi présente, du reste, quelques lacunes que l'expérience a dévoilées et que son auteur a reconnues lui-même. Au mois de mars 1891, lors de la discussion qui out lieu à l'Académie de médecine, sur le faible accroissement de la population en France ; il les signala dans la Commission dont j'étais le rapporteur et les formula en ces termes :

« Il faut que l'élevage mercenaire ne puisse plus se soustraire à la loi » sous le couvert de la parenté ; il faut que la surveillance du nourrisson » ne s'arrête qu'au seuil du foyer maternel.

» Il faut qu'une statistique irréprochable permette de mesurer exac-

(1) Charpentier^ Rapport sur Ips mémoires et travaux adressés à la Commission permanente de f hygiène de l'en fanée pendant l'année 1892-1893 {Bulletin de l'Académie de médecine^ n« 46, t. XXXII, p. 415).

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» tement les effets de la loi ; il faut que rinspeetion médicale soit plv » largement et plus solidement organisée partout ; il faut que la loi » règne partout et quelle soit obligatoire pour tous les départements (i).

Ce vœu a été compris dans les conclusions votées par rAcadéinie k i 5 mai 1891, et il est resté, comme les autres, à Tétat de lettre-morte; aussi la question a-t-elle été reprise en 1894 par la Société de médectiw publique, sur Tinitiative de son président, le docteur Pinard (2). Il avait été frappé du. sans-façon avec lequel on viole Tarticle 8 de la loi dans les bureaux de placement de Paris, où Ton ne trouve que des nourriofs accouchées depuis moins de quatre mois.

A Tappui de cette assertion, le docteur Ledé produisit une statistique d'après laquelle sur 24.100 nourrices sur lieu, il y en avait 21.373 dont l'enfant n'avait pas sept mois révolus. A la suite de cette discussion, le docteur Pinard s'adressa à M. Dupuy, ministre de Tintérieur, et obtint de lui une circulaire aux préfets dans laquelle il les rappelait à Texécution de l'article 8 de la loi du 27 octobre 1894 (3).

Il est à craindre que cette circulaire n'ait pas plus d'effet que la loi elle-même: mais il ne faut pas se lasser de réclamer rexécution de celle-ci, car les mesures d'hygiène, dans notre pays, sont plus souvent imposées par lopinion publique que par l'autorité gouvernementale.

II. Sociétés protectrices de Tenfance. — La loi Roussel ne protège que les enfants éloignés de leurs mères ; elle remplace la surveillance maternelle ; les femmes pauvres qui gardent leurs enfants près d'elles par affection ou par impossibilité d'acquitter les frais de nourrice celles-là n'ont pour les aider que les petits secours donnés par les mairies et l'assistance des sociétés privées et des institutions de bienfaisance dont nous allons dire quelques mots.

La Sociètc de Charité ynaternclle est la plus ancienne de celles qui viennent en aide à l'enfance. Elle a été fondée à Paris en 1784, et depuis elle a pris un développement considérable. Des sociétés semblables se sont formées dans cinquante départements ; beaucoup d'entrVlles sont subventionnées par TElal, les départements et les communes (4).

La Société protectrice de Venfance, fondée en 1865 par l'initiative de plusieurs familles de médecins a été reconnue d'utilité publique l«* 15 mai 1869. Elle a pour but d'assister les mères pauvres au moment de

(1) Jules KocHARb, Rapport sur le faUtlc accroissement de la France, \\i le !0 mars 1891. au nom d'une commission coniposi'c de MM. Drouardcl, Th. Housself Gucniot, Jafiil. Lftgneau cl J. Rochard [Bulletin de l'Académie de médecine, t. X\V, p. 367).

(2) Société de médecine puhlujue, séance du 28 février 1894 (Revue (fhyyièfie^ l. XVI. p. 246).

(5) Revue d'hygiène, l XVl, p. 101»5i.

(4)'>i'oir le tableau de ces sociétés, leurs statuts, leur bud^^ct et dans Puuvrage de H. Napias et A.-J. Martin (Enn/clopédie iV hygiène^ t. V, p. 224).

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l'accouchemeiU, de ses secours et de ses aides pendant la période de rallaitement. Modeste à ses débuis, elle étend aujourd'hui son action bienfaisante sur 1,500 familles et leur distribue plus de trente mille francs par an, sans compter les dons en nature. Elle a trouvé des imitateurs dans une trentaine de villes de province. Elle a surtout pour but d'encourager rallaitement maternel. Elle est aidée dans cette partie de sa tâche par la Socicté pour la propagation île C allaitement maternel^ fondée le 14 février 1876, autorisée le 21 avril de la même année et déclarée d'utilité publique en juillet 1880 (1).

H convient d'ajouter à cette liste : la Socicté des berceaux de Paris, la Société des layettes de Lyon, Y Association des mères de famille fondée en 1836 par M™« Bademer, V Œuvre maternelle de Sainte-Madeleine fondée en 1846 par Firmin Mirbeau, YQJuvre de la crèche à domicifequi appartient aux sœurs de Saint-Vincent-de-Paul.

III. Crèches. — Les crèches sont des établissements dans lesquels on garde, pendant la journée, les enfants dont les mères travaillent hors de leur domicile. Cette institution est l'œuvre d'un homme de bien dont le pays garde précieusement le souvenir, de Firmin Mirbeau qui la fonda en 18^14. Son fils continue avec ardeur à perfectionner l'œuvre paternelle. Elle a grandi depuis un demi siècle ; elle s'est étendue à toute la France (2) puis à l'Europe et aujourd'hui on trouve des crèches dans toutes les parties du monde, même en Chine où il vient d'en être créé deux, une à Hong-Kong et l'autre à Canton.

l/institution des crèches est régie par le décret du 26 février 1862 et par le règlement du 30 juin de la même année (3), qui a déterminé les formalités à remplir pour en fonder une, les conditions que l'établissement doit remplir, son mode de gestion, la composition de son personnel et ses attributions.

Les crèches qu*on élève aujourd'hui sont ventilées, chauffées avec soin. Elles renferment des salles pour les berceaux dont le cube doit être calculé à raison de 10 mètres par enfant. Un local |>our les jeux, une petite pièce avec des lits de camp pour la sieste, une cuisine, un réfectoire, une salle de bains, un vestiaire, des cabinets pour la directrice et le médecin, une buanderie, un séchoir, des caves pour les provisions, un jardinet ou une cour plantée, pour faire jouer les enfants en plein air.

Toutes les crèches sont loin d'être aussi complètes. Ce confortable n'est réalisé que dans les établissements riches et au prix de sacrifices

(1) H. Napias et A -J. Martin, liytjiène hospitalière et ansiftance publique (Etneyrlo^ pédie (Vhyt/iène, l. V, p. 231}.

(2) Il en existe 52 dans le département de la Seine et 122 villes de France en soot pourvues (Voir leur nomenclature dans VKncyclopédie dhygiène, t. V, p. 239).

(3) N'AFiAs et V.-J. Martin [loc. cit.) {Encyclopédie d'hygiène, t. V, p. 242).

considérables. Un grand nombre de crèches sont mal tenues, malpropres, les enfants n*y sont pas convenablement soignés et le service médical même laisse à désirer. On ne saurait trop insister sur la nécessité de surveiller ces établissements avec le plus grand soin..

Il est une condition que toute crèche doit remplir, c^est que les enfants qui sont à la mamelle soient séparés de ceux qui peuvent marcher. Les premiers sont en effet les plus intéressants. C*est pour eux que les crèches ont été instituées. Les mères les apportent le matin avant de se rendre à Tatelier et viennent les reprendre le soir, en sortant du travail. Elles doivent venir leur donner le sein deux fois par jour ; mais cette obligation n'est pas toujours remplie. L*éloignement de râtelier, la difficulté d'en sortir, ne leur permettent le plus souvent qu'une seule visite à la crèche, à l'heure de leur repas. Elles en profitent pour donner le sein à l'enfant. Dans l'intervalle on y supplée par Tallaitement artificiel ; mais il est dirigé par des personnes expérimentées qui savent en conjurer les dangers.

Les enfants ne doivent être remis dans les crèches qu*à partir du 15^ jour de la naissance, et n'y rester que jusqu'à deux ans ; mais dans quelques villes de France on' les garde jusqu'à trois et beaucoup plus tard en Angleterre. Les crèches ont aussi une tendance fâcheuse à se transformer en garderies^ où les enfants à la mamelle sont en faible minorité. Quoi qu'il en soit, et malgré les imperfections qu'elles présentent encore, les crèches telles qu'elles sont rendent de grands services aux familles ouvrières. Les enfants y trouvent toujours un miliea plus confortable que le logement de leurs mères. Celles-ci peuvent les y déposer en toute sécurité et ne sont plus dans l'alternative de les abandonner aux hospices ou de les livrer à tous les risques de la séquestration solitaire. Les enfants s'y portent bien et les médecins attachés à ces établissements ont constaté qu'ils s'y fortifiaient rapidement. Les crèches exercent également une influence très heureuse sur les familles. Le contact permanent des directrices et des surveillantes contribue partout à la transformation morale des ménages populaires.

IV. Salles d'asile. — Garderies. — Les enfants, avons-nous dit, ne peuvent être admis régulièrement dans les crèches que jusqu'à deux ans, exceptionnellement et par tolérance jusqu'à trois. Cet âge une fois passé les mères n'ont pas d'autre moyen de faire veiller sur leur enfant que de les placer dans les salles d'asile ou dans les garderies jusqu'à Tàge scolaire.

Les salles d'asile sont à la fois des institutions de charité et d'éducation commune. Elles ont été fondées par Tiniliative privée, dans le but de réunir les enfants du peuple qui croissaient abandonnés et exposés à tous les dangers du vagabondage. La surveillance de l'Etat ne fut exercée sur eux que longtemps après la création. V\\ décret impérial en date du

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31 mars 1855 en a réglementé le fonctionnement. « Aux termes de :» Tarticle 4 consacré à Fhygiène, les salles doivent être situées au rez- » de-Kïhaussée, planchéiées, éclairées autant que possible des deux côtés » par des châssis mobiles. Les dimensions doivent en être calculées de » manière qu'il y ait au moins deux mètres cubes par enfant ».

Ce dernier article se ressent de Tépoque à laquelle le décret a été rédigé. On exigerait aujourd'hui au moins six mètres ; on demanderait un jardin ou une cour sablée pour les jeux et les exercices ; on se rapprocherait, en un mot, des règles posées pour les écoles primaires dont nous nous occuperons dans le prochain chapitre. Les asiles communaux rendraient de grands services s'ils étaient plus multipliés ; mais il n'en existe qu'un petit nombre et faute de mieux les mères, dans la plupart des localités, sont obligées de confier la garde de leurs enfants à des femmes qui en font une industrie et se chargent, moyennant une faible rétribution, de veiller sur eux et de leur faire prendre, à des heures régulières, le petit repas dont ils ont apporté les éléments en y venant le matin.

Ces garderies qui échappent à toute surveillance sont en général si mal tenues, si mal aérées et de dimensions tellement insuffisantes que les enfants s'y étiolent dans une sorte de méphitisme nauséeux.

La question des garderies a été traitée à l'Académie de médecine en 1894 à l'occasion d'un mémoire adressé par M. le D' Guyot (de Calais) et dans lequel ce confrère signalait les dangers provenant de l'absence de toute surveillance sur ces établissements souvent insalubres. Le docteur Charpentier chargé du rapport, après avoir reconnu que les 173 garderies de Paris laissaient tout autant à désirer que celles de la province, proposa à TAcadémie d'appeler l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité de réglementer les garderies d'enfants et les surveiller au même titre que les crèches et que les écoles (1).

Les institutions que nous venons de passer en revue ne sont pas les seules par lesquelles l'assistance publique et la charité privée manifestent en France leur sollicitude pour Tenfance.

L'Etat prend à sa charge les enfants trouvés, les enfants abandonnés et les orphelins pauvres compris sous la dénomination générale d'e/i/anto assistés. Le décret du 19 janvier 1811 et la loi du JS mai 1869, y a pourvu (if). La loi du 24 juillet 1889 a étendu sa protection sur les enfants maltraités ou moralement abandonnés (3). L'Etat entretient également l'établissement des pupilles de la marine, fondé à Brest en 1862, réor-

(1) Charpentier, Rapport sur un mémoire du Z)** Guyot (</« CalaU) concernant les gardeuses d'enfantt. Séance du 9 janvier 1894 (Bulletin de l* Académie de médecine^ t. XXI, p. 48).

(2) H. Napias cl A.-M. Martin, Hygiène hospitalière et ambiance publique {Encyclopédie d'hygiène^ l. V, p. n*>).

.3) Id., p. 205.

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ganisé par décret du 26 août 1882 et l^orphelinat Hériot (enfants df troupes) qui relève du ministère de la Guerre.

La charité privée a fondé de son côté de nombreux (établissements d^assistance pour les enfants. En 1893, le chiffre s'en élevait à 177 ;1). 11 convient d'ajouter à cette liste l'Union française du sauvetage de Tenfance, TOEuvre des enfants tul)erculeux, TOEuvre des hôpitaux marins, etc., etc.

ARTICLE II. - SECOHDE EHFANCE. âDUGATIOH

La seconde enfance est moins difficile à traverser que la première. Les fièvres éruptives sont plus rares, la diphtérie également : mais la tuberculose menace les ganglions et les articulations ; les déformations du squelette se prononcent si Ton n*y prend garde, et c'est aussi l'époque où éclatent les premières névroses : l'hygiène conserve donc toute son importance pendant cette période de Texistence.

Le genre de vie dans la seconde enfance doit se rapprocher peu à peu de celui de la jeunesse et de Tàge mur, il faut toutefois qu'il soit plus simple et plus en rapport avec les forces.

La sobriété, qui est une vertu à tout âge, est une nécessité pour les enfants. Leur régime doit être plus frugal que celui des adultes, leur repas moins longs, mais plus fr('*quents que les nôtres, parce que le besoin de réparation est plus impérieux, Tappétit plus vif, les digestions plus rapides. Il leur faut une cuisine moins savante et des menus plus uniformes. Le vin pur, la bière forte, le thé et le café ne leur conviennent pas.

Ce régime un peu sévère est difficile à suivre dans les familles riches où la table est toujours servie avec un luxe tentateur. C'est pour cela qu'il est bon de faire manger les enfants à part dans les maisons à réceptions fréquentes, et qu'il devient quelquefois nécessaire de les mettre eu pension.

Les vêtements des enfants des deux sexes sont faits pour les couvrir et non pas pour les parer. La première condition qu'ils doivent remplir, c'est de ne pas gêner les mouvements. Ils ne doivent pas être trop chauds pour ne pas provoquer la sueur au moindre mouvement. Ceux (les petites filles doivent remplir les mêmes conditions ; mais un peu plus de recherche leur est permis, et Thygiène ne doit pas se montrer trop exigeante, sous peine de ne pas être écoutée. C'est Tàge où il faut habituer les enfants aux exigences rigoureuses de la propreté corporelle à laquelle ils répugnent par insouciance et par paresse : c'est aussi le

Ml Knryrlopédif* (Vhf/giAnr, t. VIII, p. 308 ol suivanl<*s.

moment où il faut leur donner le goût de Teau froide et les habituer à braver les vicissitudes atmosphériques.

Il est un principe qui domine tous les autres dans l'éducation des enfants, c'est celui de ne pas les élever avec trop de mollesse. Sans adopter d'une manière exclusive Tuli des deux systèmes d'éducation que nous avons exposés dans la préface, il faut faire prédominer l'endurcissement dans l'éducation. L'enfant dont la constitution est flexible, prend vite le pli qu'on veut lui donner, il faut l'aguerrir contre les difficultés de la vie et surtout contre les influences climatériques auxquelles il ne pourra pas échapper.

Les mères qui redoutent pour leurs garçons le froid, l'humidité, les courants d'air, qui les gardent à la maison lorsque le temps n'est pas à leur convenance, qui les couvrent do vêtements de laine et leur enveloppent le cou dans des cache-nez, ne se doutent pas des dangers qu'elles leur font courir. Au lieu de jeunes hommes vigoureux, alertes et résistants, elles créent ces organismes souffreteux, frêles, esclaves de leurs habitudes, inquiets de leur santé et rendus impuissants dans la pratique de la vie par la préoccupation constante de la préserver de tout péril.

Les bons esprits de tous les temps ont été convaincus de ce péril. Montaigne disait il y a trois cents ans : « Endurcissez votre enfant, à la » sueur et au froid, au vent, au soleil et aux hasards qu'il lui faut mé- » pri^r ; ôtez-lui toute mollesse et délicatesse au vestir et au coucher, » au manger et au boire ; accoutumez-le à tout ; que ce ne soit pas un » t)eau garçon ou dameret, mais un garçon vert et vigoureux. Enfant, » homme, vieillard, j'ai toujours cru et jugé de même ».

Ces préceptes sont aussi vrais aujourd'hui qu'au seizième siècle ; ils sont même d'une opportunité plus grande parce qu'au temps de Montaigne on était libre de choisir sa carrière, tandis qu'aujourd'hui tous les jeunes gens sont obligés de passer sous les drapeaux.il faut, lorsqu'ils y arrivent, qu'ils soient habitués à supporter les privations et la fatigue, sous peine de passer tout leur temps de service entre l'infirmerie, Thôpital et le congé de convalescence.

La seconde enfance est l'âge de l'éducation. Elle a déjà commencé dans la famille ; elle va se continuer dans le milieu scolaire, et c'est là qu'il importe de l'étudier.

Les établissements consacrés à l'éducation des enfants sont do deux sortes : d'une part, les écoles dans lesquelles ils reçoivent l'instruction primaire; de l'autre, les lycées, les collèges, les pensionnats, consacrés à renseignement secondaire. Au point de vue de l'hygiène, il y a entr'eux une différence capitale. Les premiers sont des externats que les enfants fréquentent quelques heures par jour, tout en vivant dans leurs familles; dans les autres, ils sont le plus souvent internés et par conséquent soumis aux influences des habitations collectives. Il y a donc lieu de les étudier à part.

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