II. — PROFESSIONS INDUSTRIELLES
Toutes les industries sont insalubres à des degrés divers, toutes conspirent contre la santé de l'ouvrier et c'est à l'hygiène qu'il appartient de combattre les influences fâcheuses sous l'action desquelles il est obligé de vivre. Elle y est déjà parvenue dans de larges proportions mais il lui reste l>eaucoup à faire encore. Je ne puis étudier à fond tous les problèmes que soulève un si vaste sujet, dans un paragraphe qui doit être court; je me bornerai donc à en tracer les grandes lignes en traitant successivement de l'hygiène de l'ouvrier et de celle de son milieu.
A. L'ouvrier. — I. Hegrutement. — L'industrie emploie plus d'ouvriers que d'ingénieurs et de comptables et les ouvriers se recrutent surtout dans les classes inférieures de la Société. Malgré l'emploi de plus en plus larges des machines dans les travaux exigeant de la force, la part qui incombe au labeur manuel est encore assez grande pour exiger une bonne constitution, de la vigueur et de la résistance et ces qualités ne se développent qu'avec Tâge. Plus l'ouvrier est jeune et plus il souffre de l'atmosphère viciée des usines, du travail continu, plus son imprudence l'expose aux accidents de machines.
(I) J. Bertillon, Morhidité et mortalité par professions ^ Pari», 1891.