ARTICLE I. - LES VILLES
En France, on donne le nom de ville à tout contre de population qui a plus de 2.000 habitants. L'ensemble de ces agglomérations constitue la population urbaine ^ la population rurale comprend tout ce qui se trouve au-dessous de ce chiffre. Nous avons vu dans le premier chapitre quelle était la proportion respective de ces deux éléments, comment le premier s'accroissait sans cesse aux dépens du second dans la plupart des pays civilisés et notamment en France. Toutefois, le nombre des grandes agglomérations est assez restreint chez nous. Nous n'avions en 1894 que 117 villes dont la population dépassait 20.000 habitants et 12 seulement dans lesquelles elle excédait 100.000 âmes. Elles se sont formées et accrues lentement : les progrès de Fhygiène n'ont pas suivi ce développement d'assez près pour conjurer les dangers que de pareilles concentrations ne pouvaient pas manquer de faire naître. Elle s'efforce aujourd'hui de régagner le temps perdu ; elle y parviendra sans nul doute si l'opinion et les pouvoirs publics la secondent dans sa tâche.
Le fait de se réunir pour vivre en société et de grouper les habitations pour rendre les relations plus faciles, crée des conditions nouvelles et des causes d'insalubrité que ne connaissent pas les populations rurales. Aussi l'hygiène des villes est-elle plus compliquée que celle des campagnes, et les règles qu'elle impose doivent être d*autant plus sévères, que les habitants sont plus nombreux et plus agglomérés. Tous les éléments prennent dans les grands centres de population une importance de premier ordre et doivent être étudiés avec le même soin. C'est ce que nous allons faire en nous occupant successivement de la topographie urbaine, de la voie publique, de la canalisation souterraine, des maisons, des habitations collectives et det> établissements publics.
232 TRAITÉ D'IlYlilÈNE PUBLIQUE ET PRIVÉE.