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III. — ENTRETIEN ET POLICE DE LA VOIE PUBLIQUE

I. Nettoyage des rues. — Les immondices que le service de U voirie est chargé d'enlever de la voie publique sont de deux sortes : celles qui se produisent sur la rue même et celles qui proviennent des maisons ; en d'autres termes les bou^ et les ordures ménagères.

i"" Les boues. — Elles sont la réunion de tout ce qui tombe sur la voie publique et proviennent de Tusure du revêtement, des feuilles des arbres, des débris d*aliments que les marchands ambulants y jettent, des excréments des animaux et parfois de ceux des hommes, de la terre qu'apportent les pieds des passants et des chevaux. Tout cela constitue une masse malpropre, pulvérulente pendant l'été, gluante et visqueuse pendant l'hiver. Il s'en produit trois ou quatre fois plus quand il pleut que lorsque le temps est sec. Heissor a montré, au Congrès de Francfort, que le pavé en bois en fournit cinq fois et demi plus que l'asphalte, le pavé de pierre cinq fois et le macadam douze fois plus. On estime que, pour une longueur de rue de 50 kilomètres, il y a chaque jour à enlever de 35 à 45 tonnes de boue par les temps secs et de iOO à 180 tonnes par les mauvais temps.

Balayage des rues. — L'enlèvement des ordures, comme l'arrosage des rues, doivent être assurés par le service de la voirie. C'est ce qui se fait à Paris, à Brème, à Mayence, à Hambourg, à Berlin et c'est le seul système qui assure la propreté de la voie publique. Elle est toujours imparfaite dans les villes comme Francfort, Hanovre, où les particuliers sont tenus de nettoyer le trottoir ; dans celles où ils sont chargés en même temps de balayer une partie de la chaussée comme à Munich, Breslau, Dresde, Leipzig, Stuttgard, Magdebourg, Cologne, Carslruhe, Wurzbourg, elle est encore moins assurée. A Londres, où le nettoyage s'opère d'une façon différente suivant les quartiers, les rues sont malpropres, tandis que celles de Paris où l'administration municipale se charge de tout, sont les mieux soignées du monde entier (1).

Le nettoyage des rues s'opère à la main, avec des balais, des râteaux, des pelles, ou à l'aide des balayeuses mécaniques. Ce sont de grandes brosses placées obliquement à l'arrière d'une charrette attelée d'un cheval et que la progression de celle-ci fait tourner. L'obliquité de la brosse repousse la boue sur les côtés de la chaussée. C'est la balayeuse Tailberg^ celle qui est en usage à Paris. La ville en a 345 à son service et emploie 3.290 balayeurs. Le fonctionnement est aidé par les torrents d'eau que répandent à ce moment sur la voie publique les bouches de

(1) Armould, La voie publique {Encyclopédie d'hygiène^ loc. cit., p. 108).

Utvage placées sur les trottoirs. Le balayage commence à quatre heures du matin et doit être terminé à sept ; mais les bouches de lavage sont de plus ouvertes le matin de 8 à iO et le soir de 2 à 4, pour le nettoyage des ruisseaux ; de plus, après quMl a plu, on voit les grands râteaux se promener sur Tasphalte et lé pavage en bois, en poussant la boue plus ou moins liquide dans les bouches d'égout.

L'enlèvement de la neige exige des mesures particulières. On estime qu'il faudrait 11.000 voitures pour en enlever une épaisseur de 15 centimètres tombée sur 50 kilomètres de rue ; il en faudrait par conséquent, en pareil cas, 198.000 pour déblayer les rues de Paris. C'est impraticable ; aussi se borne-t-on à balayer les trottoirs, à pratiquer des sentiers sur la chaussée, en amoncelant la neige dans l'intervalle et en attendant que rélévation de la température en amène la fusion. Cette disparition naturelle se fait quelquefois attendre longtemps. Alors toutes les ordures de la voie publique viennent grossir et infecter les tas de neige^ comme nous l'avons vu dans le rude hiver de 1879, et, lorsque vient la débâcle, les émanations qui s'en exhalent ne sont pas sans danger.

On emploie, depuis quelques années, à Paris, pour hâter la fonte de la neige, le sel marin à raison de 50 grammes par mètre carré de surface et par centimètre de hauteur. On obtient ainsi une boue fluide qu'on peut faire cheminer dans les caniveaux et passer par les bouches d'égout ; mais ce mélange réfrigérant glace les pieds des passants et les sabots des chevaux ; il imprègne le cuir des chaussures, le bas des pantalons et des robes qu'on ne parvient pas à faire sécher ensuite, parce qu'ils demeurent imprégnés de sel. 11 est inutile d'insister sur les inconvénients hygiéniques de cette humidité glacée. Aussi a-t-on renoncé à ce procédé, assez dispendieux du reste, en Angleterre et en Allemagne. On a essayé, à New-York, un moyen bien plus coûteux encore et qui consiste à faire fondre la neige sur des plaques de fonte chauffées au gaz d'éclairage (1). Le plus simple est encore de faire comme à Milan et à Turin et de confier l'enlèvement des neiges à un entrepreneur auquel on fournit les pelles, les balais et les brouettes et qui y emploie des légions d'ouvriers sans travail, comme il y en a tant en hiver.

Arrosage des rues, — La poussière est un des fléaux des villes. Elle pénètre partout et est aussi nuisible aux personnes qu'aux objets. Elle cause des ophthalmies, des bronchites ; elle salit la peau et sert de véhicule aux germes des maladies infectieuses. On la combat par l'arrosage qui se fait au tonneau ou à la lance.

Les tonneaux d'arrosage fonctionnent comme les balayeuses mécaniques. Au lieu d'une brosse, ils ont à l'arrière un tube métallique en communication avec un réservoir et qui laisse tomber l'eau en pluie fine par les petits trous dont il est percé, ou sous forme d'une nappe extrô-

(1) The tanitary Engineer, New- York, iBl mare 1888 et Revue d'hygiène ^ t. X, p. 538,

mement mince et développée en éventail, qui s'obtient par la projection de IVau sur un disque plan faisant office de soupape (i).

L*arrosage à la lance est plus économique et plus simple ; mais il nécessite Tinstallation de bouches d'eau analogues aux bouches de lavage^ noyées comme elles dans le trottoir et auxquelles on adapte un tuyau flexible armé à son extrémité de la lance de projection, tube conique en cuivre pourvu d'un robinet et dont on dirige aisément le jet avec le doigt. L'arrosage à la lance s'emploie surtout sur les grandes voies macar damisées ou pavées en bois ; il sert également à l'irrigation des plantations et des pelouses. Pour ces dernières, on substitue parfois à la lance des appareils automatiques qui pulvérisent l'eau et la font tomber en pluie fine sur le gazon (2),

L'arrosage des rues doit être pratiqué plusieurs fois par jour en été, surtout sur les chaussées macadamisées. A Paris, l'arrosage coûte 18 centimes par mètre carré et par an, mais il est beaucoup mieux réussi qu'à Londres où il ne coûte que 10 centimes. Dans cette immense ville, le service public d'eau est parcimonieux; pas de lavage des ruisseaux, peu d'arrosement, pas de fontaines publiques (3). A Paris, malgré le luxe d'arrosage, les chaussées sont souvent très sèches et la poussière incommode pendant l'été, tant Tévaporation est rapide. Pour remédier à cet inconvénient, on a proposé à diverses reprises de se servir, au lieu d'eau pure, d'eau de mer ou d'une solution de sels déliquescents. L'eau de me-r qui est encore recommandée par Manfredi (4), a été mise en usage dans quelques villes du Midi et de l'Algérie, notamment à Bône et à Alger; mais on a renoncé à son emploi. On a également eu recours au chlorure de calcium dont l'avidité pour Teau est connue et que les fabriques d'acide pyroligneux livrent à très bas prix. Des essais dans ce sens ont été faits à Dieppe, dès 1854 et à Glascow dans l'été de 1863. L'arrosage au chlorure de calcium a été mis en usage à Rouen pendant quelques années ; des essais ont été tentés à Paris de 1855 à 1863 et, en 1881, le docteur Vallin a proposé de les recommencer. Il n'a pas été donné suite à cette proposition et on a renoncé à des procédés qui ont pour effe^ Je substituer à la poussière une boue gluante et ne séchant jamais.

2*^ Les ordures ménagères, — Elles comprennent les balayures de la maison, les débris culinaires et alimentaires et les déchets de toute sorte que produit la vie domestique. Le volume de ces détritus s'élevait, à Paris, en 1891, à 1.021.562 mètres cubes par an (5), soit 2.798 par jour.

(1) G. Bkchmakn, Salubrité urbaine, Distribution d'eau, Assainissement, Paris, 1888, p. 395.

(2) Voir pour tout ce qui tient aux appareils d'airosage et à leur fonctionnement, Becs- MANlf. Distribution cTeau (loc. cit.), p. 395 et suivantes.

(3) Barabant, Note sur les questions de viabilité (Extrait de la Revue d'hygiène^ 1885, p. 342).

(4) Luigi Manfredi, Sulla contaminazione délia super/iciale stradelta nelle grande cita, dal punto di vsta deltigiene et dell ingegniora saritaria^ Mapoli, 1891.

^5) Annuaire statistique de la ville de Paris pour 1H91, p. 30.

L*adininistration se charge de les faire enlever, en même temps que les boues. Elle a traité avec 16 adjudicataires qui emploient, pour ce travail, SSO tombereaux, et ce service coûte près de deux millions par an. Les récipients sont déposés de grand matin sur le trottoir par les concierges ; les tombereaux passent au moment où le balayage vient de finir, el les ordures y sont chargées.

Les entrepreneurs sont tenus, par leur cahier des charges, de les transporter hors de la ville, à cent mètres des routes et à deux cents mètres des habitations. Ces distances sont insuffisantes et cependant elles ne sont pas respectées. Les boues sont versées, dans la banlieue, sur le bord des chemins, au milieu des centres de population. Elles s'y putréfient à l'air libre, pendant cinq ou six mois, en attendant qu'elles passent, de l'état de gadoue verte à l'état de gadoue fai(e pouvant servir de fumier et, pendant ce temps là, on les arrose avec l'eau de vidange pour augmenter leur richesse et leur donner le parfum que recherchent les agriculteurs (1).

Ce sont là les dépôts de voirie qui, de concert avec les dépotoirs, soufflent sur Paris les exhalaisons empestées dont tout le monde souffre pendant l'été. Toutes les communes de la banlieue se plaignent de cette infection ; à diverses reprises, le Conseil de salubrité de la Seine a signalé ces infractions, et la préfecture de police a cherché à les réprimer ; mais elle a toujours échoué devant la force d'inertie des entrepreneurs et l'insuffisance de la pénalité qui pouvait leur être appliquée (2).

. En 1884, au Congrès de Blois, le docteur 0. Du Mesnil proposait de transporter les ordures ménagères au loin, chez les cultivateurs, soit par eau, soit par voie de terre, au fur et à mesure de Penlevage, ainsi que cela se pratique à Bordeaux et à Bruxelles (3). La commission d'assainissement de Paris reprit la question en 1885, et quelques-uns de ses membres émirent l'avis qu'il y avait lieu d'organiser le transport des gadoues par chemin de fer dans la direction des plaines delaBeauce, de la Sologne et de la Champagne. A la suite des travaux de cette commission, des démarches furent faites près des compagnies de chemins de fer pour obtenir de transporter les gadoues à prix réduits jusqu'aux régions de grande culture de la Champagne et de la Beauce, où ces matières auraient pu être utilisées. La Compagnie d'Orléans avait consenti à transporter ces produits à une distance de 103 kilomètres, au prix de 2 fr. 50 la tonne ; mais l'application de ce tarif était subordonnée

(i . Du Mesnil, Les fiépôtt de voirie, dans la banlieue de Pans {Revue et hygiène et de police sanitaire, 1882, t. IV, p. 37).

(2) Revue djiygiène et de police sanitaire , 1882, t. IV, p. 69.

(3) 0. Do Mesiol, Nettoiement de la voie publique, enlèvement des ordures ménagères {Comptes-rendus de la 13* session de l'Association française pour l'avancement des sciences, 1884, p. 285.

à une garantie de transport d*un tonnage déterminé, et la ville n'a pas pu fournir cette garantie.

En 1892, les Compagnies d'Orléans, de TEst, du Nord et de TOuest ont consenti à transporter les gadoues à 100 kilomètres de Paris, d'après un tarif réduit, à la condition que la ville se chargerait d'établir, à ses frais, les gares d'embarquement. La dépense prévue était de 300.000 francs, et le conseil municipal a ratifié cette convention le 18 juillet 1892 (1).

On exporte aussi les gadoues par les voies fluviales sur différents points du territoire ; mais les moyens de transport qu'on possède aiH jourd'hui ne suffisent pas pour enlever des quantités aussi formidables que celles que la ville de Paris produit chaque jour, et on a cherché d'autres procédés.

Dans ces dernières années, on a fait de nombreux essais pour détruire les immondices ou pour les transformer. Le faubourg d'Ealing, à Lon dres, a le premier tenté d'incinérer ses ordures ménagères en même temps que la vase produite par les procédés d'épuration chimique. Cet exemple a été suivi dans d'autres villes d'Angleterre, telles que Manchester, Birmingham, Brackburn, etc. On a inventé pour cet usage des fours spéciaux qui portent les noms de Frijer, de Healey, de Thwaiter, etc. En 1893, cinquante-cinq villes anglaises détruisafent par le feu et en totalité les produits du balayage et les ordures ménagères à l'aide de 570 fours de ces différents modèles. Les desiructors servent également à brûler les objets de literie contaminés et les cadavres d'animaux suspects.

L'incinération des immondices s'est également répandue en Amérique. A New-York, on se livre d'abord à un lavage et on ne brûle que les substances qui restent à la surface de l'eau, telles que la paille, les cuirs, les débris végétaux. A Nottingham, on fait avec les matières végétales et les débris animaux un compost qui est enlevé tous les jours. On sépare les chiffons et les métaux ; les débris de faïence, de porcelaine sont utilisés pour la fondation des chaussées ; le reste est mis dans un destructor à tirage énergique et converti en une masse pierreuse qui sert à revêtir les routes.

A Saint-Louis on a poussé plus loin l'industrie de la transformation des détritus. La ville vient de dépenser plus d'un million pour installer un four sur lequel V American Journal donne les renseignements suiv.ants : Les tombereaux chargés de gadoues arrivent par un plan incliné au sommet de l'appareil et versent leur contenu dans d'énormes cylindres verticaux entourés d'une enveloppe dans laquelle arrive un courant de vapeur surchauffée. Lorsque les ordures sont desséchées sous l'influence de cette température, on remplit les cylindres de pétrole. Celui-ci dissout les matières grasses, puis il est pompé et distillé pour servir de

(4) Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 29 juillet 1892, p. 1778,

nouveau. Son résidu graisseux et brunâtre est mis en barriques et sert à la fabrication des savons. Ce qui reste ensuite dans les cylindres en est extrait sous la forme d'une masse brune sans odeur qui contient encore de Tazote et des phosphates. C'est un excellent engrais qui est vendu au prix de 45 à 60 francs la tonne aux agriculteurs qui en font un très grand cas.

A Chicago on avait établi, il y a quelques années, un crématoire municipal qui avait coûté 10.000 dollars et on s'apprêtait à en construire d'autres, lorsqu'on fût arrêté par le nombre de tombereaux qu'il faudrait avoir pour y transporter les immondices d'une ville aussi étendue ; mais le superintendant, M. Weller, a tourné la difficulté en imaginant des appareils crématoires ambulants qui vont brûler les ordures sur place (i).

Paris a bien tardé à imiter l'Angleterre et l'Amérique. Cependant, en 1885, un entrepreneur de voirie, M. Alasseur, proposa à la ville un procédé d'incinération qui permettait d'utiliser les cendres et les résidus. B fut repoussé, parce que les ingénieurs, MM. André et Journet, prouvèrent qu'il faudrait 200 fours, à 30.000 fr. chacun, pour brûler toutes les ordures ménagères dh Paris et que la dépense annuelle de leur fonctionnement s'élèverait à 3.500.000 fr.

En 1892, le conseil municipal, revenant sur sa décision, autorisa un ingénieur, M. Gustave Delafosse, à incinérer, à titre d'essai, les immondices du X* et du X1X« arrondissement. Enfin, au mois de juillet 1894, le préfet de la Seine a demandé à la ville un premier crédit de 25.000 fr. pour installer un appareil d'incinération dans l'usine de Javel, où Tadministration a déjà établi la fabrication des pavés de bois et des balayeuses mécaniques.

Tout ces procédés sont ingénieux ; mais comme nous l'avons vu déjà, il est impossible de leur confier la destruction ou la transformation des 2.800 mètres cubes que Paris fournit chaque jour. On peut en dire autant des autres méthodes. Il faut donc en employer plusieurs et celle qu'il faut développer, même au prix de quelques sacrifices, c'est l'utilisation agricole. Il faut que les détritus des villes servent à fertiliser les campagnes qui en ont fourni les éléments et, pour opérer cette restitution, il suffit d'en faciliter le transport. Ce système est en vigueur à Bruxelles, à Lyon, à Bordeaux ; les gadoues y sont immédiatement utilisées. L'intermédiaire des dépôts de voirie n'est en effet qu'une complication fort inutile et l'hygiène doit les repousser d'une façon absolue.

n. Police des rues. — L'administration municipale n'a pas seulement pour devoir de nettoyer la voie publique, elle doit également assurer la sécurité des passants et la tranquillité des habitations.

l^ Accidents, — La circulation dans une grande ville expose à des

I) Cet appareils sont décrits ei figurés dans le Cosmos du 20 janyier 1894, p, 235.

dangers contre lesquels il est bien difficile de prémunir les passants. Les piétons ont sans doute les trottoirs pour leur usage exclusif ; mais il leur faut souvent traverser la chaussée ou les places sur lesquelles ils ne trouvent que des refuges insuffisants et cela au milieu de voitures lancées à fond de train, de tramways, d'omnibus, de fiacres, de voitures de maître, sans compter les lourds tombereaux, les fardiers, les véhicules de toute sorte qu'emploie l'industrie, sans compter les chevaux emballés qui renversent tout sur leur passage et les innombrables vélocipèdes qui glissent rapidement et sans bruit au milieu de tout le reste. Ce mouvement est surtout dangereux pour les vieillards, pour les infirmes, pour les femmes faciles à s'effrayer, pour les gens de la province qui ne sont pas habitués à louvoyer au milieu de ces écueils.

La police fait ce qu'elle peut pour protéger les passants. Sur les boulevards, aux carrefours très fréquentés, ses agents forcent les voitures à suivre la file et les arrêtent de temps en temps pour laisser passer les piétons ; mais il leur est impossible de conjurer tous les dangers qui les menacent. Cependant, les accidents sont plus rares qu'on ne serait porté à le croire. A Paris, on en compte chaque année de mille à quinze cents, dont le tiers à peu près est suivi de mort. Cela ne fait guère plus d'un décès par jour. Mais les écrasements causés par les voitures ne sont pas les seuls accidents de la voie publique ; il faut y joindre les chutes de cheval, celles qui ont lieu par les fenêtres ou du haut d'un échafaudage, les victimes des attentats, des rixes, de l'ivresse, les suicides, les morts subites par suite d'apoplexie, de rupture d'anévrismes, et enfin les noyades, qu'elles soient volontaires ou le résultat d'un accident (1).

2^ Secours aux blessés et aux noyés, — Dans presque toutes les grandes villes, un service de secours est organisé pour remédier à ces accidents. Â Paris, tous les postes de police sont munis d'une boite de secours, dont la composition a été déterminée par une commission du Conseil d'hygiène

^1) Pendant les années 1885, 1886 et 1887, la préfecture de police a enregistré 11.275 accidents dont 1.152 suivis de mort. Us se décomposent comme il suit :

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