‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 60 sur 141 · I. Branchements et · texte numérisé non relu

I. Branchements et

colonnes montantes. — Pour faire arriver l'eau dans les habitations, on établit, sur la conduite en fonte de la rue, un àranchemcnl en plomb. La prise se fait au moyen de colliers en fer, dits coWters I d lunettes (flg. 38].

Le branchement ainsi raccordé pénètre dans la maison, en traversant hori- FI,.3..-Co[ll.ràl«.eH,(J-.,«.»lcl,.rt!. „„„,j„„„, ,ç „„, ,,,

façade, à un mèlre environ au-dessous du niveau du sol; il se pro- (I) Vojei chapitra III, article l", g V. t. VII, Emploi de Feau, page 2S0)

longe, dans la m^me direction, sous la maison, soit en tranchée, soit eo traversant la cave, jusqu*au moment où il prend la direction verticale et devient la colonne montante. Dans ce trajet, le branchement porte deux organes importants : le robinet d'arrêt et le compteur.

Le robinet d'arrêt est un robinet à deux eaux, muni d'une clef à tète ou mieux d'un carré. Les bouts sont ordinairement unis et se* relient par des nœuds de soudure au tuyau de plomb sur lequel le robinet est disposé.

Fig. 39.

Fig. 40.

Le compteur est un petit moteur hydraulique qui enregistre automatiquement le volume d'eau qui le traverse. Les compteurs fonctionnent sous pression. Il y en a de deux espèces, les compteurs de vitesse et les compteurs de volume. Ces derniers sont généralement préférés aujourd'hui; mais nous ne saurions insister sur leur fonctionnement, saos nous écarter de notre sujet (1).

La colonne montante s'élève jusqu'au sommet de la maison et est fermée à son extrémité supérieure ; sur son parcours, sont greffés des branchements horizontaux qui portent l'eau sur tous les points où elle est nécessaire. Cette disposition simple ne convient que pour les villes où l'eau est laissée en tout temps à la discrétion du consommateur (fig. 39)

(l) Voyci Bechmann, Sahibriié urbaine, distribution (Veau^ assainissement (/oc. cit»)

n. Réservoirs. — Lorsque la distribution est intermittente, il est nécessaire d'établir des réservoirs pour emmagasiner Teau aux heures de distribution. L*installation est alors, plus compliquée. La colonne montante ne porte pas de branchement. Elle remplit un réservoir à fermeture automatique, muni d'un robinet à flotteur et placé dans les combles. Il en part une colonne descendante qui porte Teau aux points de puisage (fig. 40).

Pig. 41 .

Kig. 42.

On peut aussi faire servir la colonne montante comme colonne de distribution ; Teau arrive alors aux robinets, soit directement, soit après avoir passé par le réservoir. Dans ce cas, la pression varie à chaque instant dans la colonne (fig. 41).

On peut encore établir un réservoir à chaque étage. Chacun d'eux est alors alimenté par le trop plein de celui qui est à l'étage au-jdessus (fig. 42). Avec cette disposition on n'a jamais qu'une pression très faible, et on ne peut pas se servir du robinet à flotteur, ce qui occasionne une grande perte d'eau aux heures de faible consommation.

Les réservoirs sont habituellement en métal. Le plomb doit être proscrit pour les raisons que nous avons données plus haut ; le zinc ne convient pas parce qu'il est trop rapidement corrodé. La tôle galvanisée est gêné-

ralement préférée ; cependant le revêtement ne tarde pas à être enlevé et le fer mis à nu donne à Teau la couleur et môme le goût de la rouille: M. Bechmann conseille de recouvrir la tôle d'une couche de goudron appliquée à chaud. La peinture au minium doit être absolument proscrite pour rintérieur des réservoirs, parce qu'elle a donné lieu à des accidents saturnins. Diaprés Hellyer, les réservoirs d'eau à boire devraient tous être en ardoise (1).

Les réservoirs doivent pouvoir emmagasiner une quantité d'eau double de la consommation journalière, pour le cas de chômage imprévu; mais ils ne doivent pas en contenir davantage, car l'eau de boisson perd toujours de ses qualités, aussitôt qu'elle n'est plus en mouvement.

Les réservoirs sont un expédient, et Tun des plus grands inconvénients du service intermittent. Pour pallier ce mal nécessaire, il faut d'abord les tenir constamment couverts. Cette règle n'est que Tapplication de la loi générale qui veut que Teau soit toujours aveuglée depuis son point d'origine jusqu'aux appareils de puisage ; mais elle est rarement observée. Les réservoirs qu'on voit, même à Paris, n'ont généralement pas de couvercle, les poussières, les insectes y tombent en liberté ; et, comme on les nettoie rarement, l'eau qu'on boit recouvre une boue infecte. Nombre d'épidémies de maison ne reconnaissent pas d'autre cause.

En 1886, MM. Brouardel et Chantemesse ont trouvé le bacille typhiqœ dans le réservoir d'eau d'une maison où la fièvre typhoïde venait de sévir et qui n'avait pas été nettoyé depuis deux ans. Pour facititer ces nettoyages, il faut que Taccès du réservoir soit facile et qu'il soit muni, à son point le plus déclive, d'une bonde de fond pour la vidange.

On ne saurait prendre trop do précautions pour défendre contre toute souillure l'eau destinée à la boisson et aux usages domestiques. Il faut la mettre à l'abri des infiltrations qui pourraient se produire par les interstices des toits, du contact des gaz délétères qui s'échappent des tuyaux d'évent, des fosses d'aisances, des trop-pleins ou des tuyaux de chute en communication avec l'égout. C'est pour ce motif que les anglais préconisent si hautement la disconnexion des water-closets et proscrivent tout raccordement direct de l'orifice d'alimentation de ces appareils avec le réservoir principal de la maison ou avec la canalisation générale. Us craignent que, cet orifice venant à s'ouvrir à un moment où l'eau n'est pas en pression, Tair vicié ne soit aspiré dans la conduite. Le danger est moindre avec le service constant, tel qu'il existe chez nous; maison peut dire qu'il n'est jamais nul, puisqu'il suffit bien souvent d'ouvrir en grand un robinet pour déterminer une aspiration à Tétage supérieur (2).

Pour faciliter la surveillance et les réparations, les tuyaux doivent

(i) Hellyer, La plomberie au point de vue de la salubrité des maisons, tradoctioi Poupard, p. 297.

(2) G Becumànn, Salubrité urbaine, distribution d'eau {loc, cit.), p. 461.

toujours être apparents et pourvus de moyens d'arrêt à Torigine de chaque ramification, afin de pouvoir Tisoler à un moment donné.

III. Appareils de puisage. — L'hygiène a le plus grand intérêt à ce qu*on use largement de Teau ; plus on en consomme dans les maisons plus elles sont propres. Il faut qu'on puisse partout Tavoir à sa portée et pour cela il est nécessaire de multiplier les points de puisage. Ils doivent être établis dans la cour ou dans le vestibule du rez-de-chaussée et à chaque étage dans les cuisines, les offices, les cabinets de toilette, les salles de bains et les water-closets. 11 est inutile d'ajouter à cette nomenclature les buanderies et les écuries parce qu'on n'en trouve que dans un petit nombre de maisons. .

Quel que soit le point de puisage, les appareils doivent être disposés de façon à empêcher la perte de l'eau tout en facilitant son usage. Le

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