‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 61 sur 141 · Robinet lK>isseau (d*apn>s Bechmann · texte numérisé non relu

Robinet lK>isseau (d*apn>s Bechmann

Vlfs. 44. — Robinet à vis (d'après Fig. 45. — Robinet à repous- Bechmann). soir (d*après Richard).

gaspillage de l'eau tient à ce que les robinets ferment mal ou à ce qu'on oublie de les fermer. Ceux qu'on fabrique aujourd'hui remédient à ce double inconvénient. Ils sont étanches et se ferment automatiquement. Le robinet à repoussoir (fig. 43) a ce dernier avantage. Il s'ouvre en pressant sur un piston et débite tant que cette pression continue ; il se ferme par l'action d'un ressort en spirale, aussitôt qu'elle cesse. Pour ce motif il est généralement préféré aux robinets à boisseau (fig. 44) qui donnent lieu à des coups de bélier au moment de la fermeture et aux robinets à vis qui sont encore tr^*s répandus (fig. 45) (1).

La distribution de Veau se fait d'une façon différente suivant les points de puisage.

Dans les cours ou les vestibules, on installe une petite fontaine avec ou sans vasque, parfois ornée de sculptures et fournissant alors un motif de décoration.

Dans les cuisines, le robinet doit être placé au-dessus de l'évier, à une

(i) G. Bbchmanu (loc. cit,\ p. 463.

TRAITÉ D'HYblÈNE PUBLIQUE ET PRIVÉE.

distance suffisante pour qu'on puisse placer un seau dans l'intervalle. Ceux des offices sont semblables, mais la distance peut être moindre, il suffit qu*on puisse placer au-dessous du robinet un vase de 8 à 10 litres. Les robinets des cabinets de toilette ont un débit beaucoup moindre parce que les cuvettes qu'ils sont appelés à remplir ne contiennent guère plus de 2 à 3 litres. Un les place au-dessus de celles-ci de façon à ce qu'on puisse interposer un verre ou un pot à Teau, tout en évitant qu'en tombant de trop haut le jet ne se brise dans la cuvette et ne produise des éclaboussures. Ils sont plus petits et plus soignés ; parfois même on les argenté, on les nickelle et on y met une poignée en métal, en bois ou en cuivre. Le jet doit être dirigé vers le centre de la cuvette. Celle-ci doit être libre et accessible partout à l'inspection et au nettoyage. Il faut de plus qu'elle soit fixe (fig. 46). On doit se défier des lavabos, dans lesquels

bascule une cuvette hémisphérique dont le contenu tombe dans une caisse fermée, parce que cette caisse, difficile à nettoyer, s'infecte comme les tables de nuit en bois. Le départ de l'eau se fait par le fond, tu moyen d'une soupape qui se manœuvre par l'intermédiaire d'un bouton. Ce mode d'occlusion vaut mieux que la bonde rodée avec chaînette qui est au contraire préférable pour les baignoires.

Dans les salles de bains, la distribution

Fig. 46. — Uvabo (d'après Bechmann). ^^ ^'^^^ se fait autrement. L'eAu froidc

est amenée au-dessus du bord de la baignoire par un conduit qui aboutit à un robinet d'une forme spéciale placé à portée de la main. Son jet est dirigé verticalement de manière à éviter les projections désagréables et l'orifice est directement au-dessous de la clef. Quelquefois on fait arriver l'eau par le fond de la baignoire, de manière à ce que la même ouverture serve à l'alimentation et à la décharge, mais cotte disposition est mauvaise, parce qu'elle est exposée à faire rentrer Teau dans la canalisation.

L'eau chaude est amenée par un autre conduit à un robinet semblable au premier et placé à côté de lui. Il y a différents procédés pour l'amener à la température nécessaire. Le plus rudimentaire et le plus imparfait consiste à plonger dans la baignoire un foyer portatif dans lequel on brûle du charbon de bois dont la combustion est entretenue à l'aide de deux conduits montant le long des parois de l'appareil. Ce chauffage est très lent et remplit le cabinet des gaz de la combustion. Dans les salles de bains d'aujourd'hui, l'eau est chauffée dans une petite chaudière placée auprès de la baignoire, ou à l'aide d'un foyer latéral dont la chaudière est mise en communication avec la baignoire par deux tuyaux, Tun supérieur, l'autre inférieur. Une circulation continue

s'établit dans ce thermo-siphon en vertu de la différence de température. Un moyen plus perfectionné consiste à faire passer la conduite de distribution près du foyer de la cuisine. On utilise ainsi la chaleur perdue du fourneau, ce qui permet d*établir en outre une circulation d'eau chaude dans d*autres parties de la maison.

L'orifice d'évacuation est percé dans le fond de la baignoire et fermé soit par un large robinet, soit par une bonde rodée qu'on soulève à l'aide de la chaînette qui y est fixée. Le tuyau d'évacuation doit être d'un calibre assez fort pour que les 180 litres d'eau que contient en moyenne la baignoire s'écoulent très rapidement, en opérant une véritable chasse qui nettoie la canalisation. Il est en plomb et porte un petit siphon de même métal muni d'un regard pour les obstructions et d'un tuyau d'aération débouchant à l'intérieur.

Nous avons indiqué la nécessité d'avoir un tuyautage spécial pour faire parvenir l'eau dans les cabinets d'aisances ; elle leur est fournie directement par la canalisation,, ou bien elle provient d'un réservoir spécial établi à une certaine hauteur au-dessus du siège. L'alimentation est à haute pression dans le premier cas, à basse pression dans le second. Le fonctionnement de cet appareil est lié d'une manière intime à l'évacuation des matières fécales et des urines ; nous en parlerons dans le paragraphe où il sera question de celles-ci.

IV. Usages de l'eau dans la maison. ~ L'eau sert d'abord comme boisson et pour les usages culinaires ; elle sert ensuite à la propreté des personnes et des choses et enfin elle est utilisée comme moteur pour entraîner mécaniquement au dehors les matières usées.

Comme boisson, elle doit être irréprochable, et nous verrons dans le chapitre suivant quelles conditions elle doit remplir pour cela; nous étudierons en même temps tout ce qui a trait à la conservation et à l'épuration des eaux d'alimentation. Bornons-nous à dire en ce moment que. lorsqu'il existe dans une maison une distribution d'eau de la ville et que cette eau est de bonne qualité, on ne doit pas en boire d'autre. On se sert trop souvent encore de l'eau des puits dans l'été, parce qu'elle est plus fraîche et les boulangers la préfèrent parce qu'elle fait mieux lever le pain ; mais elle est toujours suspecte parce qu'elle renferme fréquemment des germes de maladies infectieuses. Le plus sur moyen d'empêcher le développement de ces maladies consiste à condamner le puits, le jour "où on introduit dans une maison la canalisation de la ville. Si la distribution est insuffisante et qu'on laisse subsister le puits, on ne doit se servir de son eau que pour les lavages et l'entraînement des détritus, et il est prudent d'appliquer sur les appareils de puisage de l'eau de la ville une étiquette avec cette inscription : Eau à boire. Quant à l'emploi de l'eau comme agent de propreté et comme moyen d'expulsion des immondices, nous allons nous en occuper dans le paragraphe suivant.

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