partie supérieure sert de siège et est percée d'un
trou que recouvre un couvercle à charnière. Le
tout est en acajou ou en bois dur et ciré. Cette
disposition convient aux habitations privées dont
le personnel est peu nombreux et les domestiques
bien styléi, où tout le monde a des habitudes de
propreté ; mais ce n'est pas le cas des habitations
collectives, où il faut des installations plus simples
et demandant moins d'entretien.
Autrefois, dans les casernes, dans Us hôpitaux,
; dans les lycées,on ne connaissait que les latrines
n liMne acironni par ^ j^ turriue dans leur immonde simplicité. Leurs
le poidfdu vttiteur ijs- '. , ,11 1
icDw Aimaoïi). Irous toujours béants, s alignaient le long du mur
du lianger, en nombre proportionnel à l'effectir (1)
et plongeaient, sans intermédiaire, dans une grande fosse, dont les éma-
Fis- 5ï.
a-un (i
admet gén^nleiiienl eu France iiu'il T^iut ctnc| tinettes par 1000 hommes J'cflectîr nombre n'est pas sufTIsanl. Il ne faut pas que les lioinmes tour et iju'ilt aient la lentalion de se passer <4'une place lilirc, siège pour 30 liamm^ et ce|a vaut mieux,
soient obligés d'atlciiilro leui pi Alleinigne, ou prévoit u
TRAITÉ D'HYGIËNE PUBLIQUE ET PBIVÊE.
Fig. 53. — Coquillo Bii grè> pour siège de cabincb (d'apris Richard).
nations se répandaient dans tout le voisinage. On voit encore quelque
chose de semblable dans les cabinets de certaines gares de chemins de
fer. On a cependant amélioré ce système trop primitif. Pour la défécation accroupie, on place sur le sol des coquilles en matières dures, inattaquables aux acides, comme le grès \eT~ nissé ou émaillé(fig. 5J). Elles sont percées d'un trou correspondantà la cuvette qui se trouve au-dessous ; des plaques cannelées indiquent la place où il faut mettre les pieds. Ces coquilles sont misse encastrées dans la paroi par un mortier """^ de ciment recouvert d'un enduit hydrofuge ; devant elles est placé un lerras-
son à retenue d'eau, recouvert d'une grille à panneaux méplats en fer
galvanisé. Ce réservoir aplati, peu profond, est lavé d'une manière continue par un pelit filet d'eau
ou par un réservoir de chasse
automatique.
Une disposition encore plus
perfectionnée est celle qui a
été adopter par Durand-Claye
pour la caserne Schomberg et
que représente la figure ci-
contrc (fig. S4).
Quelque soin qu'on apporic
dans la disposition des lieux,
les latrinesà la turque ne seront
jamais qu'un système défectueux. Aussi s'efforce-t-on de
les remplacer partout par des
sièges sur lesquels on est forcé
de s'asseoir. Il en est ainsi dans
les casernes d'Allemagne et ^'S'^^-
d'Autriche et les sièges sont ^ nriiice
inclinés de manière à ce que ii^vacuitiôp
- Plan (les lilrine» de la caserne S«)iODili«ii, i Paris.
ara du pot aboulissaiil lui liijam - > N, place dc« pieds ; — O 0,
1» hommos ne puissent pas CX"S^i.'trS'Z:„;: '■^^■'
monter dessus. snuillure du soi par les u - A A, pots d'i
à empM»er la E 0 K, couloir Le l> Richard est d'avis qu'il y aurait lieu de remplacer les trous à la turque par le système combi- »«(son qui fonctionne avec unpleinsuccèsàl'hôpitaldu Val-de-Gr4ce(l).
{D E. RiCHJkBii. L {Archivât de médecin
Unels d'aUaiKea dei HailisttatejtU mililairrr ■e militaires, l. IX, IS37, p. ilSlJ.
L'HABITATION. tll
l^s sièges habituels sonl remplact% par de solides ciivelles en faïence formant un tout avec le siphon obturateur ()). Celui-ci communiqtie avec le tuyau de chute (fig. SU). L'ouverture sup(>rieure de la cuvette a la forme d'un ovale dont la petite exlri.^niit^ est tournée en avant. Le siège est en chêne épais ; il est mobile et maintenu relevé par deux contrepoids en plomb. C'est le visiteur qui t'abaisse lorsqu'il veut s'en servir. Dans p. l'intervalle, la cuvette sert d'urinoir. Avec ce système, les cabinets d'ailoces sonl propres et sans odeur. Au Val-de-Gràce, les portes qui les font ipmmuniquer avec les salles restent ouvertes sans inconvénient (2).
Dans les hôpitaux, les sièges à la turque doivent être absolument
proscrits. On peut adopter soit la disposition qui a si bien réussi au
Val-de-Gràce, soit la forme de siège que j'ai déerile dans mon rapport
sar la construction des hôpitaux et qui fut adoptée par la Société de
Haiédecine publique l'A], Dans ce système, les sièges sonl en bois verni ou
^Êp ébonile et constitués uniquement par un anneau de cinq à six cenli-
^^B&ttrs de largeur appliqué immédiatement sur le bord de la cuvetle. La'
^^■nne en est ovale: les dimensions, y compris la largeur de l'a
■ le) ap[iareïli qu'an bbHque aujounl'liui, U cm ^'ence unïo cl il'une seule pièce.
{■Xi Virt. Manu:! d'hygii'nt mililairr, 2* édition, ISSS. p. flî. (3> J. ItocVAUD, Uapport sur la conalruclion Jtu liApiiaux i^Rrv
.e tiplioo >oat ea
(te 40 centimètres sur 33 ; la hauteur du siè^e au-dessus du sol est de 40 centimètres et sa direction légèrement inclinée d'arrière en avant, de façon à ce que les malades ne puissent pas monter dessus. C'est la préoccupation constante qui doit guider dans ces installations. Les hommes préfèrent tous la position accroupie et, lorsqu'on ne les nfiet pas dans l'impossibilité de l'adopter, ils souillent le siège, urinent sur le sol et infectent les cabinets. Tout en comprenant cette nécessité, je préfère pour les hôpitaux, le siège horizontal en bois ciré à relèvement automatique; il est plus hospitalier que la couronne d'ébonite; les malades y sont plus à l'aise et il faut songer à la faiblesse d'un grand nombre d'entre eux. Quant aux lycées, il est évident qu'il faut en proscrire également les latrines à la turque et les remplacer par un des systèmes que nous venons de décrire.
Urifwirs, — Le système adopté au Val-de-Gràce permet, avons-nous dit, à la cuvette de servir d'urinoir ; mais avec les autres systèmes, il est indispensable d'en installer dans les cabinets. Cette nécessité se fait encore plus vivement sentir dans les latrines des casernes où les sièges sont habituellement accaparés par des besoins plus sérieux. 11 existe trois types d'urinoirs : 1** ceux à plaque ; 2"" ceux à auge ; S"" ceux à bassin.
L'urinoir d plaque se compose d'une plaque verticale habituellement en ardoise, sur laquelle l'urine est projetée au moment de son émission ; elle coule sur cette surface lisse, tombe dans une rigole placée au-dessous et s'écoule à l'égout par un tuyau d'évacuation siphonné. Une conduite d'eau horizontalement dirigée le long du bord supérieur de la plaque, laisse écouler une petite nappe qui entraine l'urine et lave la surface qu'elle a souillée. C'est le système des urinoirs placés sur la voie publique : mais pour les habitations collectives et pour les maisons particulières, il est préférable d'adopter un des deux suivants.
Uurinoir à auge se compose d'une auge horizontale de 15 à 20 centimètres de diamètre fixée dans une boîte en maçonnerie. Elle est constamment pleine d'eau qui se renouvelle à l'aide d'un petit courant et dont le trop plein s'échappe par Tautre bout. La partie de la muraille qui surmonte cette auge et le bâti qui se trouve au-dessous sont revêtus de carreaux de grès vernissé ou couverts de tout autre enduit impi^rméable. L'auge a l'avantage de servir de vidoir et de diminuer d'autant le nombre des appareils récepteurs de liquides dangereux.
\j urinoir à bassin se compose d'une cuvette en porcelaine dont l'ouverture regarde en avant et en haut. Elle est appliquée contre la muraille et se continue par un tuyau d'évacuation en plomb portant un siphon i son extrémité. Lorsque plusieurs bassins sont alignés en série, un seul tuyau siphonné suffit pour en évacuer le contenu à l'aide de branchements que chacun d'eux lui envoie. La cuvette est en communication avec un petit rés(Tvoir de chasse automatique, dont la capacité est é^alc à l£^ sienne, Qe système est celui qui convient le mieux dan$
L'HABITATION. tl3
les cabinets d'aisances des hôpitaux, des hôtels et des maisons particulières (fig. S6).
ï° Système cT évacuation. — Les tuyaux d'évacuation des cuvettes et dos urinoirs viennent aboutir, comme nous l'avons vu, au tujau de chute des cabinets d'aisances. Ces derniers sont du m6me calibre que ceux des eaux pluviales, cest-a-dire de 8 a 16 centimètres 11 est reconnu aujourd'hui que plus ils sont petits, moins ils s encrassent, parce que les chasse!) \ sont plus actives (i) Il serait a désirer qu ils fussent en plomb et f^lircs a la presse hydraulique mais ce métal est trop cher ; on les fait presque toujours en fonte et, comme elle est corrodée intérieurement par l'urine et rongée par la rouille au dehors, il fautl'émaîllerau dedans et la peindre à l'huile extérieurethent, ou la rendre inoxydable par les procédés Barftel Bower (2).
Les tuyaux de chute des
cabinets d'aisances s'élè-
•■-'*■ vent jusqu'au faitage où ils
s'ouvrent librement : ils
Clg. 56. -
- Urinoîn lie U caserne Schomberg. ■ valion sur E t' de la figure 5i, p. 410. A A \, pob [l'urinoirs en porcetainc ^maillée, appliqués '^ 1g lunç Je la parai ilu cablnel rnisant face i la pnraî soilt ventilés par les tuyaux ' d'aération dont sont munis les siphons placés sous les appareils récepteurs, et se terminent inférieurement d'une façon différente suivant le procédé d'évacuation adopté dans l'édifice dont ils font partie. Ces procédés sont de deux sortes. Les uns consistent à emménager provisoirement les vidanges dans des réservoirs, les autres à les éconduire sur le champ, soit par une canalisation spéciale, soit en les projetant tout simplement dans les égouts.
A. Réienroiri de vidanges. — Les uns sont mobiles. Ce sont de grands baquets nommés tinet/es, qu'on enlève et qu'on va vider au dehors; les autres sont des fosses creusées dans le sol et dont il faut opérer l'évacuation sur place.
(1) Un lujfau tte chute de 4 cenlimiilres mis en essai chei .M. Flicoleaux !i titre d'expérieoce el de dèmanstratioti, Tunctionne 1res bien depuis plusieurs années.
(2) Ponr la fabrication de ces tuyaux, leur misa m place, la fonnatian des joints, voyez : E. RICHAID, Prtci» d'hygiène appliquée \loc. cit.), p. 196.
4i4 TRAITÉ D'HYGIENE PUBLIQUE ET PRIVÉE.
Tinettes mobiles. — Elles sont en bois goudronné, en zinc on en tôle galvanisée; mais les vases métalliques sont préférables aux tonnelets qui sont sujets à fuir et s'imprègnent des liquides excrémentitiels. Leur contenance varie de 80 à 300 litres, suivant le chiffre de la population i desservir. Le tuyau de chute y plonge directement, il est enveloppé à sa partie inférieure par une sorte de chapeau mobile qui glisse sur lui et coiffe la tinette. Ces réservoirs doivent être placés dans un réduit au niveau du sol et facilement accessible. On les en retire en les prenant par les deux poignées latérales dont ils sont munis ; on y applique un couvercle et on les porte sur la voiture couverte et doublée en tôle qui les transporte à leur destination. Une autre tinette vide, lavée et désinfectée leur est substituée sur le champ. Ce renouvellement doit être fréquent.
Lorsque Tenlèvement se fait avec soin, que le matériel est convenable et bien entretenu, ce système est celui qui convient le. mieux pour les villes qui n*ont pas d'égouts et qui ne peuvent pas faire les frais d*une canalisation. Pettenkofer Ta conseillé à Munich, en attendant mieux, et il est certainement préférable aux fosses fixes ; mais, dans la plupart des villes où ce système est en vigueur, la vidange se fait mal ; les tinettes débordent souvent; on répand, en les enlevant, une partie de leur contenu ; les voitures de transport ferment mal et les rues infectent sur leur passage. Ce système est du reste inapplicable dans les grandes villes. M. Brouardel a calculé que, s'il existait dans tout Paris (1), il faudrait chaque jour faire circuler 2.300 voitures sur le pavé de la ville pour transporter les tinettes au dehors (2).
Pour remédier à ces inconvénients, pour supprimer Fodeur, on a eu ridée d'employer des poudres absorbantes, telles que la terre, la cendre projetées sur les matières fécales ou des désinfectants comme la chaux phéniquée ou chlorurée (3). La cendre ou la terre sont projetées parle visiteur, son acte accompli, soit avec une pelle à main, soit à Taide d'un mécanisme analogue à celui qui détermine l'écoulement de l'eau dans les water-closets. C'est ce qui a lieu ddnis Vearth-closet on eart?i-commode qu'on peut à la rigueur introduire dans les appartements (4).
Le système Goux qui a joui longtemps d'une grande faveur et qui existe encore dans un certain nombre de casernes, repose sur le même principe. Il consiste à tapisser la paroi interne de la tinette d'une couche
(1) Il n*existait plus dans Paris en 1892 que 16.879 fosses mobiles (Discours prononcé par M. Poubelle, préfet de la Seine, à la première réunion de la Commission de rassainiaement et de la salubrité de riiabitation].
(2) Brouardel, Rapport de la Commission de Tassainisscment de Paris. Imprimerie ntlionale, 1881, p. 41.
(3) A Hull, à Glascow, à Manchester, on se sert des cendres fournies par les foyers domestiques A Rochdalc, où plus de 5.000 latrines sont à fosse mobile, les. tioeUes sMt garnies d'un désinfectant au chlorure de chaux ou à la chaux phéniquée.
(i) J. Arnould, Nouveaux éléments et hygiène (loc, cit.)^ p. 72^.
épaisse de substance poreuse fortement tassée et mêlée à une petite quantité de sulfate de fer (1). Le système Bonnefin sépare les liquides des matières solides et les utilise d'une manière fort originale (2). II a été expérimenté à la caserne de la Cité à Paris (3).
Nous n'insisterons pas sur ces procédés et nous ne nous arrêterons pas à les décrire, parce que ce ne sont que des expédients malpropres et mal odorants, et parce qu'ils servent de prétexte pour ne pas appliquer, dans les habitations collectives, les systèmes un peu plus dispendie^ix dont l'hygiène ne doit pas se lasser de réclamer l'adoption.
Système diviseur, — Il consiste, comme son nom l'indique, à séparer les liquides des matières solides, en les laissant s'écouler au dehors. Il a pour but de rendre la vidange moins fréquente, et par conséquent moins coûteuse ; il repose sur la croyance erronée que les liquides sont inoffensifs et peuvent circuler librement. La séparation peut s'obtenir très simplement, comme dans certaines casernes d'Allemagne, en installant les latrines de façon à ce que les excréments tombent dans un récipient, tandis que les urines sont projetées dans un autre. Ce système n'est applicable qu'aux réunions d'hommes. Â Paris, la division s'opère à Taide de tinettes filtrantes. Celles-ci firent une révolution dans la vidange, lorsque l'arrêté du 2 juillet 1867 en autorisa l'emploi (4).
Le modèle adopté par la ville de Paris consiste en un double cylindre en métal, dont l'extérieur sert d'enveloppe et dont l'intérieur est criblé de trous pour laisser passer les liquides, un couvercle distributeur s'applique sur le tout (5). Le fonctionnement est très simple. Les matières solides restent dans le cylindre intérieur; les liquides passent par les trous dont il est perforé, dans le cylindre enveloppant, et s'écoulent dans i'égout.
Les tinettes sont placées dans le branchement qui conduit à I'égout, on les enlève par les galeries, les puits de descente et les regards. Il en existait encore à Paris, en 1892, 34,653, et comme le système n'a été appliqué que dans les maisons construites depuis vingt-cinq ans, c'est dans les plus belles rues, dans les quartiers les plus élégants, c'est avenue de l'Opéra, rue des Pyramides,' allée des Champs-Elysées, qu'on voit en plein jour extraire ces réservoirs infects, par les regards d'égout, sous les yeux et sous le nez des passants.
(1) Nouveau système de vidanges prévenant la fermentation et les gaz insalubres. Paris,
(2) Bonnefin, Communication i\ la Société de médecine publique, séance du 28 juin 1882.
(3) H. Napias et A.-J. Martin, V Etude et les progrès de l'hygiène en France de 1818 à 1882, Paris, 1883, p. 203.
(4) Règlement pour l'écoulement des eaux-vannes dans le.^ égouts publics par voie directe (Arrêté préreetoral du 2 juillet 1867, article II, § 3 (signé Haussmann).
(5) Cet appareil est décrit et figuré dans l'ouvrage de MM. H. Napias et A.J. Martin, Etude des progrés de Vhygiène en France (loc. cit.), p. 192.
il6 TRAITE D'HYGIÈNE PURLIQUE ET PRIVÉE.
Tous les hygiénistes considèrent aujourd'hui le gystênm diviseur comme le plus dangereux de tous, parce qu'il réunit les inconvénients des fossrf fixes à ceux du tout à Végout. Comme les premières, il emtnagasine \f» matières fécales cl comme l'autre, il m?le aux eaux d'égout les liquides oxcréntentitiols chargés de tous les principes fermentescibles, do tous In germes susceptibles de transmettre les maladies infectieuses. Le contena des tinettes est sans cesse remué par l'arrivée de nouvelles maUères rt répand dans les caves une odeur infecte; enfin, si quelqu'obstruction sr produit, c'est une inondation dans le sous-sol. Le systèmediviseurcomportequelques variantes. C'est d'abord l'appareil, dilueur d'un architecte de Paris, H. Kugène Mourat (t). C'est celui de H. (îoldner de Baden-Baden, que k docteur Laborde a exposé devant li Société de médecine publique le % avril 1882 (2). C'est enfin la vidangeuse automatique Mouras présentée à l'Institut par l'abbé Moigno, aa mois de janvier 1883 (3).
Nous n'insistons pas sur ces différents systèmes parce qu'ils ont toos les inconvénients que nous avom reprochés aux tinettes filtrantes. S'il fallait faire un choix parmi ces appareils, nous préférerions encore le dilueur Herscher (fig, 57), parce qu'il emmagasine peu de matières, qu'il a les angles arrondis et qu'il pnl se raccorder à un réservoir de chassie. Les matières arrivent par la tubulure A, elles tombent dans le liquide que contient le réservoir C et le trop plein se déverse à l'égout par la branche B. Les branches darrivrt et de sortie sont disposées de façon à former occlusion hydraulique et i empêcher le reflux des gaz.
Fosses fixes. — Les fosses fixes ont été le premier système régulier de vidanges qui ait été imposé aux populations des villes (4). Celait assurément un progrt's sur le tout au ruisseau, au point de vue de la propreté ; mais l'hygiène n'a pas eu beaucoup à s'en louer. Dans la plupart des villes, les fosses d'aisances ont infecté le sous-sol. En province, dan*
Fig.
Dilueur Hereclicr.
(1) J. Ahmoulu, Noiifcaia éUmenti dhygiéne {loc. cit.), p. 5S6, Bg. lU, 143 et lU.
(!) Revue d-liijgme 1882, i. IV, p. 418-
(3) H. Kapias et A.-J. Martin, L'Etwti- et le pi-osfès de Chygiéne en Fi-ance {loc. tit.), p. sot, Hg. I(>3.
()) Elle) Turent rendue) oliligatoirus par un arr^t du Pariemeot en ilate da 13 teplwbic 1533, lequel Tut coiifirniû par un iiil de Fran;oii 1*' en 1S39. Loan condilion* «cMAi ■ont niglécs par l'orilonnancc du il Beptcmbre 1319, modlBte par l'arrCU du 1*' wAt IStt.
toutes les petites localités, ce sont des puisards. On ne les vide jamais et le niveau du liquide resie constant, parce qu'il s'écoule dans la napp? souterraine. Il se mtMe à Teau des puits que cette nappe alimente etquion sont trî'S peu distants. Beaucoup d'épidémies de fièvre typhoïde et de choléra ne reconnaissent pas d'autre origine que cette souillure du sous-sol.
Dans les grandes villes et à Paris surtout, on fait ce qu'on peut dans la construction pour obtenir Tétanchéité des fosses. Les parois sont en briques et on les enduit à Tinti' rieur avec d:i ciment de bonne qualité. On arrondit les angles, on donne au fond la forme d'une voûte renversée et on ne les fait pas trop grandes pour qu'on soit forcé de les vider plus fréquemment : mais le meilleur ciment est attaqué par les matières fécales et l'urine; les tassements de terrains et les opérations de vidange sont aussi des causes de détérioration.
L'administration fait visiter les fosses le lendemain de la vidange par des employés spéciaux : mais la recherche des fuites esl lellement difficile qu'on peut la regarder comme illusoire et l'étanchéité est un n»ythe. Certains propriétaires vont pins loin ; r.iie fois la visite passée, ils font pratiquer un trou dans le fond de la fosse pour favoriser l'écoulement et économiser les frais de vidange (i). C(» qu'il y a de certain c'est que, dans un grand nombre de rez-de-chaussées, surtout par les temps humides, on sent une odeur de matières fécales qui dénonce Tnifiltration. Ce qui la prouve encore, c'est que dans les fosses la proportion des matières solides qui ne devrait pas dépasser la sixième ou la huitième pirlie du tout, en représente le tie^rs et souvent la moitié (2). Pettenkofer a constaté le fait d'une autre manièn». Il a calculé qu'à Munich, les voitures employées au transport des vidanges \\r sont pas en nombre suffisant pour enlever plus du dixième de la production lolale. Les neuf autres dixièmes passent en majeure partie dans le sol et uiu» petite partie se dégage dans l'atmosphère.
Il n'y a pas lieu, d'après cela, de s'étonner du degré de souillure qu'atteint le sol an voisinage des fi)sses fixes. L'analyse de ce sol adonné à Wolfhugel les résultats suivants, par mètre culx* de terre :
MATIKHKS SOU'BLF.S DANS l/KAl' FIUIIDE.
■ Ktini: I PKMTK
IVviij» r-ti n' »" r.nij:c.
Au vnisiiiagu de rosso> ciiiienlées
Ail voisiiia^'L* de fosses iiuii cimentées . . .
Sol normal ,
0 go:j
o.isri
il BSTà.NCK
«»r||^aiii(|>i<'.