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POUVOIR ÉCLAIRANT CONSOMMATION

par bougie.

CoDsomm. «^ ^ .^ ^

de gaz |»ar heure, horizoïit. à 45* horizon!. à 45*

Bnllcur à double courant. .. 230 21.9 19,4 lOi. 9 121. ft

Brûleur Siemens 110 3 160 65,3 46,9 7 05 9 15

Brûleur Wenham 256 28,i 44,5 8 77 3 77

BràleurAuêr 400 14. 4 10,5 6 60 9 88

Dans ce tableau, le pouvoir éclairant a été déterminé dans le plan horizontal passant par la flamme et dans une direction inclinée à 45* audessus de ce plan.

Le bec AQer a encon* un autn» avantage, c'est que, tout en répandant une lumière éclatante, il dégage moins de chaleur que les brûleurs ordinaires à éclairement égal.

On lui a reproché de dégager de l'oxyde de carbone dans les appartements. M. N. Gréhant a institué, pour vérifier le fait, des expériences dont il a rendu compte à l'Académie des sciences. Dans une première communication, il annonçait en avoir trouvé des traces dans les produits de la combustion de cet appareil. 11 estimait la quantité contenue à 1/MOO environ ; mais de nouvelles recherches, dont il a communiqué le résultat à TAcadémie le 30 juillet 1894, lui ont prouvé que la quantité d'oxyde de carbone répandue par le bec Aller dans une atmosphère confinée, n'est pas suffisante pour que ce gaz puisse être fixé par le sang. 11 n'v a donc pas d'accidents d'intoxication possible.

I/'avantage qu'a le bec Aûer de produire moins de chaleur que les becs ordinaires à éclairement égal est considérable ; aussi son usage se répandil de plus en plus. Je ne crois pas toutefois qu'il puisse rivaliser avec

celui dont il nous reste à parler surtout pour les théâtres, les salles de bal, etc.

II. h^CLAiRAGK KLECTRiQi'K. — Les premiers essais de lumière électrique ont été faits par Davy au commencement du siècle, et pendant longtemps ils ont été du domaine exclusif des cours de physique. Puis on y a eu recours pour éclairer, pendant la nuit, de grands travaux d'utilité publique; enfin, les appareils s'étant perfectionnés peu à peu, on les a employés pour l'éclairage des villes. Cette généralisation a été rendue possible par la substitution des machines magnéto-électriques de Gramme, aux piles de Bunsen et par l'invention des bougies fonctionnant mieux comme électrodes que les cylindres de charbon réfractaire que Léon Foucault avait substitués aux cônes de charbon de bois de Davv.

Les crayons Carré ont fait naître les bougies Jablochkoff, qui sont en usage depuis 1870, et ont fait adopter la lumière produite par Varc voltaujuc. développé entre les pointes de leurs deux électrodes. Celle lumière, éclatante, un peu violette, ne convient qu'aux larges espaces, à Féclairage des rues, des places, des gan^s de cliemins de fer, des ateliers.

Pour employer l'électricité à l'éclairage» domestique», il fallait arriver à produire de petits foyers peu dispendieux. C'(»st en cherchant la divisibilité de cette lumière qu'Kdison a trouvé les lampes â incandescence. Elles reposent sur la propriété qu'ont les conducteurs de s'échauffer jusqu'à l'incandescence (|uand ils sont traversés par un courant électrique d'une intensité considérable. Le» conducteur qu'on emploie est un filament de coton ou* de fibre végétale carbonisé. Il brûlerait et disparaîtrait en un instant, sous l'influence du courant, s'il était dans l'air; mais on l'enferme dans une ampoule de verre dans laquelle on fait le vide. Si^s deux extrémités sont fixées à deux fils de platine qui traversent le verre <»t se relient aux conducteurs dans lesquels circule le courant.

La lumière produite par les lampes à incandescence (»sl douce au regard et ne vacille pas, Klle peut s(» fractionner à volonté. Les plus petites lampes ont une intensité lumineuse égale à 8, li ou 1() bougies. On en fabrique aujourd'hui qui vont de 50 à TiOO bougies. Quand elles sont bien faites, elles marchent pendant 000 à 1,000 heures sans que le filament soit usé. Ce mode d'éclairage s'est répandu rapidement. Aujourd'hui, rélectricité se produit industriellement au moyen de (ft/namos mus par la vapeur ou par des moteurs hydrauliques situés parfois à de grandes distances. Un assez grand nombre» de villes (»xploitent déjà, i)OUf s'éclairer, la force motrice» de cours d'eau situés à ï^O ou 30 kilomètres.

La ville de Rome est, depuis quelque temps, éclairée à l'électricité à l'aide de machines mues par la cascade d(î Tivoli. Les eaux utilisées représentent un volume de 4 mètres cub(»s avec une chute de 50 mètres ;

\l) <îARl£L, Edairuije tics vit 1cm [Knvyclopédie d'hytjiène, t. IV, p. 256).

elles mettent en action six turbines de 350 chevaux chacune et un nombre égal de d t/junn os produisani un courant alternatif de 5,000 volt^, La ligne électrique, longue de 25 kilomètres, se compose de quatre cordons de cuivre pur et est soutenue par 707 poteaux à double T, en acier. La distribution se fait à la Porte Pia,

Quel que soit le moteur, les torrents de fluide produits par les usiner, sont amenés par des conducteurs isolés jusqu'aux appareils qu'ils actionnent et alimentent à volonté des bougies Jablochkoff ou des lampes à incandescence*.

La lumière électrique est d'unc^ intensité extrême. Les lampes Edison qui ont remplacé les becs de gaz ont un pouvoir éclairant cent fois plus fort qu'eux. Leur lumière est de même nature, tandis qu(» celle produite par Tare voltaïque ressemble à la lumière solaire et permet, comme elle, d'apprécier les nuances les plus délicates des couleurs, tandis qu'à la clarté des flammes, on confond facilement le bleu et le vert, le blanc et le jaune.

La lumière électrique produit beaucoup moins de chaleur et no vicie pas l'air. En ce qui a trait à la chaleur produite, Tyndall a prouvé que les rayons obscurs sont trois fois moins abondants que dans la lumière du gaz. Renk a observé qu'une lampe de Swan de 17 bougies plongée dans neuf litres d'eau à 5",2 en élève la température de 7 degrés en 30 minutes, cc^ qui correspond à 42 calories par heure, tandis que, dans le même laps de temp?., un bec Argand en aurait produit 980, c'est-à-dire 23 fois plus.

La viciation de Tair est presque nulle. D'api*ès les expériences de Fontaine, une lampe voltaïqut», donnant une lumière de 100 becs Carcel brûle, par heure, cinq centimètres de charbon, pesant environ 12", d'où la production de 4'i*-''' d'acide carbonique par heure, quantité insignifiante. Renk fait remarquer, en outre, que l'électricité élève moins que le gaz le degré hygrométrique de l'air et n'y projette point de particules charbonneuses. Arnould fait observer avec raison que les lampes à incandescence presque seules employées pour éclairer les habitations, sont absolument incapables de vicier l'air puisque le fil lumineux est enfermé dans des vases hermétiquement clos et vides d'air. Du reste, en dehors de toute expérience, lorsqu'on entre dans une salle éclairée à l'électricité, on est frappé du peu de chaleur qu'on y ressent et de la facilité av(?c laquelle on y respire.

La lumière électrique» a pourtant aussi quelques inconvénients, son éclat éblouissant blesse parfois la vue. L'arc voltaïque produit surtout cet effet, aussi est-on obligé d'enferuier les appareils dans des globes dépolis ou de les élever à une hauteur assez grande pour qu'on puisse évit(»r de fixer sur eux ses regards. Les lampes à incandescence, lorsqu'elles sont trop multipliées comme dans certains théâtres, fatiguent aussi la vue ; mais c'est plutôt l'intensité que la qualité de la lumière, et les yeux trop sensibles peuvent s'en garantir avec des verres colorés.

On n'a observé de troubles visuels que chez les personnes que leur profession expose directement à Taction des grands foyers lumineux, comme ceux dont on se sert, à bord des navires de guerre, pour éclairer rhorizon. Les deux premiers cas ont été observés par le D*" Eugène Rochard, à bord du vaisseau le Suffren, en 1878 et en 1879 sur des officiers chargés de faire fonctionner le régulateur de Tapparcil. L'ophthalmie qui en résulta disparut au bout de quelques jours. Depuis cette époque, on en a recueilli d'autres observations et le D»" Terrier en a fait l'objet d'un travail inséré dans les archives d'ophthalmologie.

Nous ne parlerons que pour mémoire du coup de soleil électrique observé par le D»" Desfontaines, au Creuzot, dans le cours d'expériences sur la soudure directe de Tacier faites avec un appareil dont l'intensité lumineuse était égale à 10.000 lampes Carcel au moins.

Les chances d'incendie sont aussi beaucoup moindres. Le feu ne peut pas être mis par la lampe à incandescence, puisque la lumière se produit dans le vide. Si le globe de verre venait à éclater, la combustion du fil serait immédiate et amènerait l'extinction. L'incendie ne peut être allumé que par les conducteurs lorsqu'ils sont insuffisamment isolés. S'ils sont alors parcourus par un courant trop énergique, ils rougissent et, quand ils sont au contact d'une cloison en bois, ils y mettent le feu.

En France, cfes accidents sont rares, grâce aux conditions rigoureuses, d'installation imposées par les règlements de police et à la surveillance dont les appareils sont l'objet.

Les précautions à prendre ont été indiquées par le Conseil d'hygiène et rendues obligatoires par le décret du 13 mai 1888, qui a confié la surveillance des appareils au service des postes et des télégraplies (1). Les compagnies de leur côté redoutent les accidents dont elles sont responsables et entretiennent avec le plus grand soin l'isolement de leurs conducteurs. C'est à l'insuffisance de l'isolement que sont dues presque tous les accidents qui surviennent en Amérique. Les incendies et les morts par fulguration ne s'y comptent plus. Le correspondant du Bail t/ -News à New- York en a fait le compte et a trouvé qu'il y en avait eu 116, de 1880, époque à laquelle on a commencé à se servir des courants intermittents jusqu'en 1890. A cette dernière époque, Y Electrotechnische Zeitschrift, annonçait que la plupart des sociétés d'éclairage électrique de New- York venaient de suspendre leurs opérations parceque les autorités municipales, en présence du grand nombre d'accidents due à l'installation aérienne des fils conducteurs, avaient fait enlever tout le réseau hors terre et ses supports ; de sorte que, pendant la nuit, l'obscurité était complète dans les rues, en attendant le rétablissement de l'éclairage au gaz (2).

(1) Décret du 15 mai 1888 réglementant rétablissement et Tcxploitation des conducteurs électriques destinés au transport de la force ou à la production de la lumière.

(2) Revue d^hygiène et de police sanitaire 1893, t. XIII, p. 96,

A Paris, les conducteurs sont enfouis dans le sol, à distance suffisante des conduites de gaz et bien isolés. De plus on ne fait pas usage dans la ville des courants électriques alternatifs à forte tension qui sont les plus dangereux de tous(l). L'usine fondée par M. Marcel Despretz s'en sert à la vérité pour transporter le fluide, de son usine de SaintOuen à sa succursale de la-gare du Nord, mais elle le distribue à partir de là, sous forme de courant à faible tension. H n'y a pas lieu de s'étonner d'après cela que les accidents soient rares en France. Je n en ai trouvé que dix dans les recueils scientifiques, depuis celui qui eut lieu aux Tuileries en août 1882- (2). Il s'en est également produit en Allemagne et en Russie, mais en très petit nombre.

Dans une thèse présentée par M. D'Arsonval, le 22 janvier 1893, à la Société de biologie, Tauteur, M. Francis Beraud, cite 3o cas de mort produits par la fulguration électrique et un seul d'entreux avait été causé par les courants continus. Dans ces observations, la mort survient presque toujours par arrêt du cœur, de la respiration ou par arrêt des échanges et, dans la majorité des cas, on peut rappeler l'individu à la vie, en pratiquant immédiatement la respiration artificielle. L'electricilc peut en effet tuer de deux manières : i° en désorganisant, en brûlant les tissus, c'est ce que fait la foudre ; 2*» en déterminant Vinhtôition^des centres nerveux, c'est-à-dire la paralysie momentanée «de la partie du tube rachidien qui tient les mouvements du cœur et la respiration sous sa dépendance ; c'est l'effet que produisent les courants des dynamos. Dans ce dernier cas, la mort n'est qu'apparente et on peut ranimer les sujets en les traitant comme des noyés. M. D'Arsonval en a donné la preuve dans son laboratoire et l'exactitude du fait a été confirmée depuis. Au mois de mars 1894, au cours d'expériences de transport de force électrique, un ouvrier se trouva compris pendant cinq minutes dans le courant qui unit la gare de la Chapelle à celle d'Epinay-sur-Seine. Ce courant était de 5,000 volts avec IKi interruptions et mesurait 800 milliampères. L'ouvrier ne put être s(»couru qu'au bout de quarante minutes. 11 était immobile, contracture et semblait mort. On le rappela à la vie, en pratiquant la respiration artificielle, puis les tractions rythmées de la langue par la méthode Laborde. Depuis cette époque, on a obtenu le même résultat à New- York sur un condamné qui venait de subir Vciertrocution,

(1) A répoquo où les accidents devinrent si fréquents à New- York, Edison publia dans la North American î\evien.\ un travail dans lequel il divi^î en quatre cKisses, d'après leurs eflTeUi physiologiques, les courants employés par l'industrie : \^ Les courants C4}ntinus faibl«s traversent le corps sans produire de sensations désagréables ; 2-* Ceux qui sont voergiqucs commencent à devenir dan^^ereux ; 3» Les courants interniittcuts (scini-coutiiius) produisent la paralysie et parfois la mort ; 4o Les conduits alternatifs À forte tension tuent comme la foudre ceux qui en reçoivent le choc.

(2) C/était un jour de fôte au jardin des Tuileries. \\ était éclairé à rélcctricité : les conducteurs étaient tendus dans le fossé. Deux jeunes tjens voulurent s'y introduire frauduleusement et saisirent les conducteurs pour s'aider dans Tescalade. Ils tombèrent foudroyés.

En dépit de ces accidents, la lumière électrique est évidemment l'éclairage de Tavenir. La principale objection qu'on ait pu lui faire jadis, celle de son prix plus élevé, tend chaque jour à disparaître et lorsque les usines centrales d'électricité qui s'établissent actuellement dans toutes les grandes villes, seront en plein fonctionnement, le gaz n'aura plus sur elle l'avantage de l'économie (1).

L'arc voltaïque, deviendra vraisemblablement le mode d'éclairage de la voie publique, des jardins, des places, des gares de chemin de fer, des grands magasins et des grandes usines, tandis que les lampes à incandescence seront réservées pour les habitations particulières et les deux appareils s'associeront, comme ils le font déjà, dans les locaux très vastes où une grande lumière est nécessaire, dans les théâtres, les salles de cours, de concert, etc. On n'en continuera pas moins, pendant de longues années, à se servir de la bougie stéarique et des lampes parce qu'elles sont plus portatives et d'un emploi plus commode dans les appartements.

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