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V. Edifices consacrés aux cultes. Les églises et les temples

lont dans des conditions toutes différentes. Leur construction s'écarte

(t) Revue tC hygiène et f/e police sanitaire, 1891, t. XIII, p. 572.

complètement de toutes les autres. L'ampleur de leurs dimensions, la hauteur de leurs voûtes assurent un volume d'air considérable aux assistants, mais l'aération y est toujours très imparfaite. L'air frais entre par les portes, appelé par la chaleur que dégage la foule et par celle que fournissent les cierges; l'air vicié s'enfuit, comme il peut, par les hautes fenêtres très peu accessibles et qu'on a rarement la précaution d'ouvrir. Pendant les offices et lorsque les assistants sont entassés dans Tédifice, ils y ressentent, malgré la hauteur des voûtes, tous les malaises que produit l'air confiné. Il serait à désirer que le renouvellement de Pair y fut assuré, soit par des ventilateurs, soit au moins par l'ouverture des fenêtres haut placées par lesquelles l'air vicié ne demande qu'à s'enfuir.

Le chauffage des églises est également très imparfait. 11 est absolument inconnu dans les petites villes ; dans les grands centres, lorsqu'on y a recours, c'est le plus souvent à l'aide de calorifères dont les bouches de chaleur s'ouvrent sous les pieds de l'assistance. Une colonne d'air chaud s'élève de chacun de ces orifices et va se perdre dans l'immensité du vaisseau sans en élever notablement la température. Des douches d'air froid tombent sans cesse des hauteurs de sa voûte, sur les tètes nues des fidèles et il est impossible de s'en préserver. Dans certaines églises dont les dimensions sont plus petites et la voûte moins élevée, on est, au contraire, incommodé par la chaleur lourde et étouffante que soufflent les calorifères à air chaud. Les églises chauffées à l'eau chaude, comme Saint-Sulpice, sont la très rare exception.

L'éclairage s'obtient à l'aide des cierges, des bougies qui brûlent sur les autels, des lustres qui tombent des hauteurs de l'édifice et qui sont garnis de lampes ou alimentés par des becs de gaz. Quelques églises sont éclairées à la lumière électrique. On cite entr'autres, la célèbre église des franciscains de Vienne, le plus beau monument de style gothique de l'Autriche. Klle est éclairée par douze lampes à arc, quatre dans la nef et quatre dans chacun des bas côtés. La lumière est splendide, trop brillante même, pour un monument consacré au recijeillement; mais elle fait valoir les beautés des motifs architecturaux et des décorations de ce bel édifice.

Les édifices consacrés au culte ne sont pas très exposés à devenir la proie des flammes ; cependant le plus formidable exemple d'incendie dont on ait gardé le souvenir est celui de la cathédrale de Santiago (Chili). Toute la population de la ville était réunie, le 8 décembre 1864, dans l'église de rimmaculée-Conception. On y avait fait des préparatifs extraordinaires : les fleurs artificielles, les tentures, les décorations en papier peint étaient mêlées aux lumières de milliers de bougies allumées dans toutes les parties de l'édifice. Le feu prit à ces ornements et se

(1j Cosmos (lu 14 janvier 1893, p. 193. "O^mi-v .^ .v .w\t\ .<«,.

L'HAIUTATION. 501

n'^pandit en un instant, d'un bout de Téglise à l'autre. Les portes ouvraient en dedans ; les personnes qui en étaient le plus près, une quarantaine toul au plus, purent les franchir et se sauver. Tout le reste l'ut brûlé ou asphyxié. Pendant vingt minutes environ, on entendit des cris terribles, auxquels succéda un silence de mort. î^.400 personnes succombèrent ainsi. La plupart étaient intactes, leurs vêtements même n'étaient pas brûlés. On a trouvé plusieurs cadavres étouffés sous la cloche qui s'était détachée et était tombée dans la nef. Jamais ville n'avait subi un désastre pareil. Des familles entières furent éteintes et le souvenir de cet horrible événement est encore vivant dans la mémoire de tous les habitants du Chili.

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