ESSAI DES EAUX
L'analyse des eaux n'est pas du ressort de l'hygiène ; mais il est indispensable que le médecin connaisse les moyens d'apprécier la qualité de celles qu'on soumet à son examen, quUi sache mettre en pratique les méthodes simples et d'une application facile à l'aide desquels il peut se renseigner. Ces méthodes sont de trois ordres, suivant qu'elles permettent d'apprécier les propriétés physiques, chimiques ou microscopiques de l'eau.
(. Examen physique. — H porte sur la limpidité, l'odeur, la saveur et la température de l'eau.
l"" Transparence. — On l'apprécie en examinant une surface blanche à travers une couche d'eau d'une épaisseur déterminée. On se sert pour cela de deux éprouvettes de même dimension. L'une renferme Teau suspecte et l'autre de l'eau distillée, on juge par comparaison.
Une démonstration très élégante de cette expertise optique de l'eau a été donnée à l'exposition d'hygiène urbaine en 1886 et reproduite à l'Exposition universelle de 1889. Le service des eaux avait fait installer, dans un des pavillons de la ville de Paris, trois grands réservoirs contenant plusieurs mètres cubes de liquide. Celui du milieu était rempli d'eau de la Vanne, claire, limpide, avec un reflet bleuâtre ; celui de droite contenait de l'eau de Seine trouble et jaunâtre ; le troisième enfin était plein d'eau de l'Ourcq, presque bourbeuse (1). Un coup d'œil suffisait aux innombrables visiteurs de l'Exposition pour leur permettre d'apprécier la différence dans la qualité des eaux qu'on distribue dans Paris. M. Chamberland avait établi dans un compartiment voisin un cabinet noir dans lequel on constatait les qualités optiques de l'eau d'après la méthode de Tyndall et à l'aide d'un rayon lumineux dardé par un bec de gaz, à travers un ballon de verre rempli du liquide à examiner.
8* Odeur, saveur, température. ^ Pour apprécier la mauvaise odeur de l'eau, les chimistes conseillent de la chauffer à 40 degrés après y
(1) Jules RocHARD, L'hygiène en 1889 [Hevue des Deux-Mondes, n» du !•'' novembre
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avoir ajouté un peu do lessive de potasse. On lave ensuite à plusieurs reprises avec cette eau rintérieur d'une éprouvette cylindrique trei haute, puis on respire par le nez au-dessus de cette éprouvette. Ce procédé permet de saisir assez sûrement le fumet de i*hydrogène sulfuré.
La saveur de Teau n*est appréciable que lorsqu>lle renferme de SOcentK à jirr j^. ^i par jitrc» ; les sels de fer et de cuivre seuls se trahissent à la dose de o à t)*^"*»-'.
Enfin, il est bon de s^assurer <le la neutralité du liquide à l'aide do papier de tournesol.
La température (h* Teau s apprécie au thermomètre. Nous avons dit plus haut que c'est entre 7 et 11 degrés qu'il est le plus convenable df la boire.
11. Examen chimique. — Nous nous bornerons à indiquer les moyens simples et rapides de déterminer la composition des eaux potables.
Hydrotimktrie. — On donne ce nom à une métliode qui a pour bot de déterminer la dureté des eaux, c'est-à-dire leur richesse en sels calcaires <tt magnésiens. Elle a été inventée par Clark en Angleterre, perfectionnée et généralisée en France par Boutron et Boudet. Elle repose sur la propriété qu'ont les solutions de savon de précipiter les sels calcaires, en formant avec eux d<*s grumeaux insolubles de stéarate (^t d'oléate de chaux. L'eau ne commence à mousser que lorsque la précipitation est complète; on peut donc connaître la dureté des eaux en mesurant la quantité de savon qu'elles consomment avant de mousser. On se procure, pour cela, une solution de savon dans Teau alcoolisée qu'on titre avec soin. On prend ensuite un flacon gradué dit flacon ht/drotimctrtque : on y verse une quantité déterminée de Teau à examiner ; puis, avec un tube niesumir, nonnné burette, hydrotimétrigue^ on y laisse tomber, goutte à goutte, la solution de savon titrée et on s'arrête quand Teau coinmonee à mousser. La quantité de liqueur d'épreuve qu'il a i'allu consommer pour arriver à ce résultat, donne la proportion <K*s sels calcaires et magnésiens contenus dans l'eau qu on examine (1).
Lhydrotimétrie ne fournit que le poids des sels calcaires; pour se procurer une notion approximative de la proportion des autres éléments minéraux, il faut se livrera une série d'opérations qui sont plutôt du ressort de la chimie que de» l'hygiène et dont le détail ne saurait trouver place dans un ouvrage comme celui-ci (1). Quant à la matière organique, on en apprécie la quantité, d'une manière approximative, par celle du permanganate de potasse que l'eau décolore, en lui enlevant son oxygène.
(l Pour les détails de ro|»éralion, voyez A. CiAiTiER, Méthode.^ d'entiai *>( t/'un/ffyxe den faux potaUes diJirj/ciopf'dip d'/n/tjirnr^ t. Il, p. toi).
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UI. L'examen microscopique. — On peut recounidtrc à la loupe ou au microscope avec de faibles grossissements : les sables calcaires ou siliceux, Targile, les débris de végétaux (fibres de coton, de bois, débris de feuilles, etc.), les insectes, les fragments de plume, de laine, les conferves, les algues, les infusoires, etc. Il est parfois nécessaire de les colorer sous le microscope soit avec la teinture d*iode qui bleuit Tamidon, soit avec la solution de carmin dans la glycérine qui rougit les cellules végétales. Le violet de méthyle est réservé pour la recherche des bactéries. Celle-ci exige des grossissements considérables et demande les précautions suivantes (2) :
Les échantillons dont on veut faire l'analyse micrographique doivent être recueillis dans des éprouvettes mesurant environ vingt centimètres cubes, flambées, bouchées à Touate stérilisée et fermées par un bouchon de caoutchouc passé à la flamme.
L'analyse doit se faire aussitôt que possible, parce que les microbes se multiplient dans Feau avec une rapidité prodigieuse, même quand elle est conservée dans la glace. Pour procéder à Texamen, on agite vivement Téchantillon, et on y puise à Taide d'une pipette stérilisée et graduée quelques centimètres cubes de liquide destinés à Texamen direct et aux cultures.
1*^ Examen direct. — On dépose sur une plaque de verre une goutte d*eau qu'on recouvre d'une lamelle et on regarde, en faisant varier la lumière soit à l'aide des diaphragmes soit par la simple rotation du miroir. Les bactéries interceptent la lumière et se dessinent immobiles ou animées de mouvements rapides, sur le fond sombre de la préparation, on peut ainsi reconnaître leur présence, leur forme, constater leurs mouvements et apprécier leur nombre.
Pour colorer les bactéries, on fait tomber une ou deux gouttes d'eau sur une lamelle qu'on dessèche rapidement à l'étuve. On les passe ensuite lentement dans la flamme d'une lampe à alcool, on les colore en se servant de solutions fraîchement préparées. On peut alors les compter en multipliant le nombre de celles qu'embrasse le champ du microscope par le nombre de gouttes d'eau que renferme un centimètre cube. Si l'eau contient peu de bactéries, on les compte sur la préparation tout entière, si le nombre en est considérable, il est préférable de se servir d'un porte-objet divisé en petits carrés, comme celui qui sert à la numération des globules du sang. Il est alors indispensable d'immobiliser les bactéries. 11 suffit pour cela de toucher la goutte d'eau qu'on examine avec une trace de solution d'acide osmique au trentième. Cette méthode d^ numération n'a pas de grandes prétentions à l'exactitude ; mais les données qu'elle fournit suffisent dans l'immense majorité des cas.
(1) Voyez A. Cautier, Eaiix potables (Encyclopédie d'hygiène^ l. Il, p. 463). (% Cornu, cl Rabi^.s, Traité den hactériet.
i^ Cultures. — L*exainen direct n*apprend rien sur la nature da microbes ; pour la déterminer, il^faut recourir à la méthode des cultures sur gélatine^ pun* ou poptonisée.
Les plaques de gélatine convenablement ensemencées avec TeiD i examiner et conservées à l'étuve dans la chambre^ humide, ne tanknt pas à se couvrir de colonies de diverses espèces. On les examine d*aboni à l'œil nu ou à la loupe. Klles fluidifient ou ne fluidifient pas la gélatinf. Ce caractère permet déjà de les diviser en deux classes et on peut établir d'une manière générale que les microbes de la putréfaction, lessaprth phi/tes (de vanpô;, putride ; ^utov, plante) appartiennent à la premièif, tandis que les microbes ;>«^/(o^^'/2e5 rentrent dans la seconde. M. A. Prout a fait remarquer également que la liquéfaction de la gélatine était d*autant plus prompte que les eaux étaient plus mauvaises, c'est-à-dire qu'elles contenaient plus de microbes saprophytes.
Ce premier caractèn^ constaté, on observe les colonies avec un grossissement de cent diamètres qui permet de noter les différences de structure et de développement de chacune d'elles, celles qui paraissent de même espèce sont alors examinées à de forts grossissements et à l'aide de solutions colorées : toutes ces colonies doivent être successivement mises en culture dans des tubes ou sur des plaques nouvelles.
Cette méthode, bien qu'elle soit la meilleure, présente de nombreuses imperfections, elle ne suffit pas pour déterminer toujours et à coup sur le degré de nocuité des eaux, c'est-à-dire la proportion des microbes pathogènes qu'elles peuvent contenir et Tespèce à laquelle ils appt^ tiennent. On peut se procurer un complément d'informations en injectant aux animaux les liquides suspects ou les cultures qu'on en a obtenues. Si le résultat est négatif, on pense que les micro-organismes mis en expérience sont inoffensifs ; mais ce n\'st là qu'une présomption, car il peut exister des microbes inoffensifs pour les animaux et dangereux pour l'espèce humaine. Lorst^ue les animaux succombent, on compare les symptômes de l'intoxieatiou à laquelle ils ont succombé à ceux des maladies analogues de IN^spèce humaine et on en tire des conclusions qui ne sont pas, il faut le dire, plus rigoureuses que les précédentes.
En somme, c'est déjà quelque chose que d'avoir des présomptions sur un sujet semblable. La bactériologie (\st une science encore trop récente pour qu'on soit en droit de se montrer exigeant à son égard et les médecins de notre époque doiv(»nt tous être capables de se livrer aux recherches sommaires que je viens d'indiquer.
I. CSonservation de l'eau. — Dans les villes ou le service est inteW mittent, on est ol)ligé de recueillir l'eau dans des réservoirs au moment de la distribution. C'est un expédient regrettable puisqu'elle s'y échauffe et s'y altère, et lorsqu'on n(» les nettoie pas fréquemment il se fait au fond un dépôt boueux ou pullulent les microbes. Pour pallier ces incon-
vénients, il faut adopter des réservoirs en tôle galvanisée, les couvrir avec soin, les placer dans l'endroit le plus frais possible et les nettoyer souvent. Dans les villes où Teau n*est pas distribuée à domicile, on la conserve dans des cruches, qui ne sont pas recouvertes où les poussières tombent et dont il faut laver le fond toutes les fois qu'on les remplit de nouveau.
Le nombre des villes qui peuvent distribuer à leurs habitants des eaux de source ou dos eaux de rivière convenablement épurées est extrêmement restreint. Dans la plupart des localités, on leur livre les eaux comme elles sont ; dans ce cas, il faut toujours les considérer comme suspectes et il est prudent de les épurer avant de les boire. Il ne suffit pas. pour les rendre inoffensives et les débarrasser de leurs impuretés apparentes, il faut encore les dépouiller des micro-organismes qu'elles renferment et parmi lesquels il peut s'en trouver de pathogènes.
II. Epuration. — L'épuration à domicile peut s'obtenir par trois moyens différents : Tébullilion, la fillration et les «agents chimiques.
lo Ebulijtion. — L'ébullition est le moyen le plus simple et le plus sûr. C'est celui qu'on recommande dans toutes les épidémies et le seul qui soit à la portée des classes pauvres. Ou trouve en effet, dans les ménages les plus modestes, un petit fourneau sur lequel on peut faire bouillir, presque sans frais, les quelques litres d'eau destinés à la boisson de la famille. Kn faisant cette opération le soir, l'eau est refroidie le lendemain ; elle est parfaitement pure si on a eu soin de recouvrir le vase qui la renferme. L'ébuUition prolongée pendant 10 ou 15 minutes fait périr à coup sûr les microbes. Elle a, de plus, l'avantage de décomposer la matière organique, en coagulant les éléments albuminoïdes qui la composent; mais elle a Tinconvénient de faire perdre à l'eau st»s gaz et spécialement son acide carbonique ; elle précipite quelques-uns de ses principes minéraux (les carbonates terreux, le fer, l'argile) ; elle rend l'eau insipide et les personnes délicates la trouvent lourde à l'estomac.
ï" FiLTRATioN. — La fillration n'a aucun de ces inconvénients et c'est le moyen d'épuration par excellence, celui que toutes les familles aisées emploient aujourd'hui. Les filtres prônés par l'industrie sont extrêmement nombreux ; mais je ne m'occuperai que de ceux qui sont d'un usage courant. Il y a d'abord la fontaine filtrante qu'on trouvait autrefois dans la plupart des ménages de Paris. Elle est formée par un réservoir en calcaire ou en grès séparé en deux compartiments inégaux par une pierre poreuse, reliée aux parois verticales à l'aide d'un ciment spécial. On verse l'eau dans le compartiment supérieur et elle s'épure en passant à travers la cloison filtrante sous l'influence de la pression. Quand le ciment est bien intact, quand la pierre poreuse n'a pas de fissure, l'eau se dépouille, en la traversant, de ses matières en suspension et en sort
Traitr (IMiyiriônu piibli«|iu> et privée. 44
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claire ri liinpidr : mais, los micro-organismes passent facilement à travers les larges pores de la cloison.
La fontaine filtrante clarifie IVau, mais elle ne la stérilise pas; aussi a-telle été remplacée presque partout par le filtre Chamberland dont 11 supériorité a été reconnue dans le laboratoire de M. Pasteur. 11 est le seul employé pour les recherches bactériologiques et il a été rendu réglementain' dans les casernes, par une décision du Ministre de la Guerre en dair du 28 juillet 188».
11 se compose d'un tube en porcelaine dégourdie ayant 20**"' de long, 25«ni (\(^ diamètre intérieur et 2°"" d'épaisseur de parois. Cette i>ougieesl fermée à l'un de ses bouts ci munie, à l'extrémité opposée d'une bagne* émaillée terminée par une tétine pour l'écoulement de Teau filtrée. Cette bougie est contenue dans un cylindre en métal. L*eau traverse sa paroi de Textéricur à Tintérieur. L'étroitesse des pores de la porcelaine exige une certaine pression pour (jue ce passage s'opère. Tandis qu'il suffît d'une hauteur d'un mètre pour obtenir ce résultat dans les filtres ordinaires, avec les bougies (]hamberlaiuK il en faut au moins deux, poor avoir un débit suffisant. Une bougi«» neuve ou fraîchement neltoyi'f donne un débit d'un tiers de litre par heure et par mètre de pression. Comme elle a une surface totale de !()'*'"' carrés, il en résulte que la vitesse de filtration rst de 2'^"» à l'heure avec une pression de 1", de 10''*"' pour 5'", de 20*'"* pour 10° et de ^O*»'"* pour 15" de pression. Il ne faut pas dépasser cette limit(» sous peine de faire pénétrer de force les matières «n suspension dans les pores de la porcelaine. Il est préférable de rest(M* au-dessous, parce que la filtration est d'autant plus parfaite que la pression est plus faible v\ parce que le débit d'une seule bougie suffit largement pour fournir l'eau i\r boisson nécessaire à la consommation d'une famille.
La qualité maîtresse dr r<»au fournie par le filtre Chamberland est sa pur(»té. LorsquNMIe est neuve ou convenablcMuenl nettoyée, la bougie en porcelaine dégourdie ne laisse passer aucun germe. On s'en est assuré niaint<s fois à rinstilut Pasieur. A cet égard il n'y a pas de doute ; mais cette propriété a une durée liînit<''e. Lorsijue la bougie commence à s'encrasser, il se développe? des organismes dans la boue qui se dépose sur sa paroi extérieure. (]e mucus vaseux, très putrescible, constitue un (excellent milieu de culture pour les micro-organismes; ils y forment des colonies qui passent à travers les parois, sous l'influence de la pression (\o l'eau. Klh's augmente'iit de nombre» de jour en jour et il finit par arriver un moment où l'eau (jui a traversé le filtre en contient plus (|u'aupaiMvan(.
Le passage des microb(»s est (raulaiil plus rapide que la pression est plus forte, r<'au plus impure (M la te'Uipérature plus élevée. Ainsi, tandis que l'eau de la Vanne* peut être stérilisée par les bougies en porcelaine, pendant l'espace d'un mois, l'eau de Seine, quand elle est claire, n'est
purgée de germes que pendant huit jours et pendant quatre jours seulement lorsqu'elle est trouble. Quant à Teau de FOurcq, elle est très difficile à épurer pendant plus de deux jours quelle que soit la pâte de porceiaine employée. Ces faits, pressentis par M. A. Gautier, au début de ses recherches sur la filtration des eaux, confirmés par MM. Galippe, Bour- , quelot, Villejean, ont été bien étudiés par M. E. Lacour (1), et plus
îr* complètement encore par M. Miquel (2), mais ces expériences de laboratoire n'infirment en rien la valeur du filtre en porcelaine, elles prouvent seulement qu'il faut le nettoyer fréquemment et avec soin. « La bougie » Chamberland, dit M. Miquel a fait faire un pas immense à la question \ ^ de la filtration des eaux à basse température. Il a encore quelques » défauts, mais on peut les atténuer et on arrivera à les faire disparaître ». On a déjà fait des tentatives dans cette voie. On a expérimenté, il y a deux ans, des filtres en porcelaine d'amiante (3) dont les pores sont plus petits que ceux de la porcelaine ordinaire. Ces filtres, mis en expérience au laboratoire de toxicologie par MM. Durand-Fardel et F. Bordas leur ont paru de beaucoup préférables aux autres. Ils stérilisent complètement les eaux les plus souillées et, après six semaines d'emploi continu, ils arrêtent les microbes comme au premier jour. Des résultats analogues ont été obtenus par M. Girard, par M. Miquel et par M. Jungfleisch qui en a fait l'objet d'un rapport à l'Académie de Médecine (4). Ces avantages, s'ils sont bien réels, n'ont encore été constatés que dans le laboratoire et, comme le filtre Chamberland est en usage partout, qu'il continue à jouir d'une confiance méritée, il importe de bien connaître les précautions qu'exige son emploi.
Il faut le nettoyer d'autant plus fréquemment que l'eau est plus souillée, la pression plus forte et la température de l'air plus élevée. La
'^ pression ne doit pas dépasser dix mètres si on veut avoir une bonne épuration et plus l'eau est impure, plus il y a intérêt à filtrer lentement. Pour prendre une moyenne, ce qui est indispensable dans les ménages, il suffit de nettoyer l(»s filtres Chamberland une fois par semaine. Pour faire cette petite opération, on dévisse l'appareil, on en retire la bougie, on la brosse fortement pour enlever la boue jaunâtre qui la recouvre, puis on la met dans un vase plat rempli d'eau qu'on fait bouillir pendant un quart d'heure. Après cela, on la remet en place et elle peut fonctionner immédiatement. Je préfère ce procédé à celui que conseille
(1) E. Lacoir, Recherches chimiques et bactériologiques sur les fioues du filtre Chamberland (Hevue d'hyyiène, 20 juin 1892).
(2) .MiQi'EL, Du pouvoir atérilisatit dffs filtres en biscuit (ÀJVi'iles de micrographie^ mars 1S93, p. 138).
(3) Celle substance récciiimciil découverte a été Tobjet d'un rapport de M. (jaros présenté le 14 décembre 18IU, à T Académie des Sciences, par M. Berthelot.
(4) JuNr.Fi.EiscH, Happort mr la atéritisation et la filtration des liquides par la porcelaine d'am.aulc (Sranre de l'Académie'du î) février 1892).
U92 TUAITE D'IiYGlKNK M'BLlQl'E EF PKIVEE.
M. A. (jautior et qui consiste à plonger la bougie dans une solution d'acide chloriiydrique au dixième. Ce nioyin, excellent dans un lal>oratoire. me parait imprudent dans un ménage. On ne peut pas laisser sans danger un acide aussi viol<*nt à la disposition des domestiques.
Je n'ai parlé jusqu'ici qu«* de la filtration de l'eau dans les habitations privées : mais quand il s'agit d'en épurer de jurandes masses comme celles qui sont nécessaires pour une caserm*, un liôpital. un lycée, la question s<' complique. Nous renviMTons cette étude au chapitre de la profi*ssion militaire 1). ("'est également là que nous indiquerons les expédients auxquels on a recours, en campagne, pour suppléer à l'absence des filtres lorsqu'on ne peut s'en procurer.
3* Ar.KMs i.HiMioi Ks. — On n'a recours aux agents chimiques, à l'alun, à la chaux, au carbonate de souile. au permanganate de potasse que tlans les cas d'absolue nécessit**. Nous reviendrons sur la valeur de ces moyens. «*n parlant des circonstanciés »lans lesquelles on est forcé d'y recourir.
ARTICLE m - BOISSOIS
L'eau est la boisson naturtlle à l'homme comme aux animaux. Elle [h\i\ lui suffire et nombre de grns n'en consomment pas d'autres. Si l\*\îsleuce s'éooulait iIahs ile> iOn«iitions normales, hygiéniques, il serait inuiil*^ de tît-uKinder un«M'\i itation faclici- aux LK)isson> fermentt'-es. mais la L*i\iIi>;\tion. fii ini|>o<-.îit a Thoninir un pnrf de vie qui s'écarte notai'Irnir nt .i'- î'tMî -ir iMtiir.-, r w . \:^'»Aint >''ii\r nt «Ir lui un travail excessif, iles f.itiiZU' s pr.'l-.'!î^'''.--'. :ii[ ,i \xr. un :">":n -iv crtîe stimulation. C'est à oç- poin: î' M'*'- \\\:r [":.\^\ ',,'. : ■.* >•• j.!.i:r-: pour i-n apprécier les effets.
l.r> ^..^.s> ^:in .iu\ lu !'.' s ."Il A :■•-■•::> p.-::- rrinplaoer l'eau sont de .leu\ >.M".os. ; < ;::v > k-.Mî'.i :i!i' :/. : . à . ■ .1 r.t [r< auln:*s n'en renferîn/ir. p.i>. l.', ^ p: "n:- 1' > > tix :>- iv, ' '.". s-iu '.\i»< '-n deux cla^s*^ : I h*s iv'.s>o:'.> ". . > :.i!î> 'sp.: " > !"à"... .'■:! i-^'-- à>>..vié aux substances
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A.is. ;.i . •: i <:;:.:;*> !::..:> \ !.i: ■>. .. >:;:*-> A:v'vOi> et les liqueurs.
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