‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 97 sur 141 · RATION PAR JOUR ET PAR KILOGRAMME VIVANT · texte numérisé non relu

RATION PAR JOUR ET PAR KILOGRAMME VIVANT

RATION JeURNALlÉRE POUR UN HOMME DU POIDS DE 65 KILOG.

Carbone.

Azote.

Carbone.

Azote.

Repos

Travail modéré

Travail actif

0Kr,20 0 ,30 0 ,38

234gr « 337 ,02 442 »

13Kr, »

Comme on le voit, la ration de travail doit être presque double de la ration d'entretien, M. de Gasparin est arrivé à un résultat exactement semblable, du moins en ce qui concerne l'azote. Les recherches qu'il a faites pour son Cours éCagricuUure lui ont donné les chiffres suivants :

Ration d'entretien. Ration de trayail. Ration totalo .

Azote...

Carbone.

Il en conclut qu'il faut doubler la proportion d'aliments azotés pour obtenir la ration du travailleur et ce résultat est en rapport avec les données de l'expérience empirique-

2*» CONDITIONS INDIVIDUELLES QUI FONT VARIER l' ALIMENTATION. — En

dehors du travail physiquQ et du labeur intellectuel, les principales

(1) Hkrvé-Manoon, Sur la ration moyenne de Phabitant des campagnes en Finance (Compre-rciulu de rAcadémic des sciences t. LXXIX, 26 octobre 1884).

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conditions qui font varier le régime, sont i*âge, le sexe, la taille et les influences climatériques.

aj Age. — L*àge est la condition qui exerce la plus grande influence sur ralimentation au point de vue de la quantité comme à celui de la proportion des principes. Dans l'enfance, il faut que la nourriture fasse les frais de Taccroissement si rapide pendant la première période. Il doit atteindre de 0,76 à 1 p. 100 du poids du corps dans le premier mois, de 0,70 à 0,1K) dans le second. Les enfants à la mamelle doivent produire 950«f' d'os par an (1). Dans la première année, Tenfant trouve dans le lait de sa mère tous les éléments nécessaires à la constitution de son organisme et de ses humeurs; on peut y suppléer avec le lait des animaux, mais le développement n'est plus aussi rapide Setherr a calculé l'accroissement par jour des enfants au premier %e, suivant la nourriture qu'ils reçoivent et il a trouvé les chiffres suivants :

AugmenUtion de poids par jour.

Enfant nourri au sein maternel 7ki',2

— avec du lait de vache 2 ,0

— — condensé 1 ,0

— avec de la farine Nestlé 0 ,0

Après l'allaitement, il faut quo l'enfant continue à trouver, dans la nourriture mixte qu'on lui donne, les matériaux de son développement^ sous peine d'un arrêt du développement total ou partiel, d'amaigrissement ou de rachitisme.

Dans les recherches que nous avons citées plus haut Smith a étudié qu'elle devait être la ration minimum d'entretien par jour et par kilogramme aux divers âges de la vie et il a trouvé les chiffres suivants :

Ration d'entretien minimum, suivant les Ages^ par jour et par

kilogramme vivant.

Carbone. Azote.

Enfance 9gr,84 Og%96

A l'ûgc de 10 ans 6 ,84 0 .40

A rage de 16 ans 4 ,27 0 ,38

A l'âge adulte 3 ,60 0 ,20

Arrivé à l'àgt^ adulte, l'homme n'a plus besoin que de s'entretenir et de fournir, comme nous Tavons vu, aux frais de son travail musculaire et intellectu(»l. Dans la vieillesse, la sobriété est absolument nécessaire et le régime domine toute l'hygiène.

b) Se^c, — En dehors de la grossesse et de la lactation, pendant lesquelles la femme doit fournir tout à la fois à son entretien et au déve-

(1) (Jabriel PorcuET, Encyclopédie d'hygiène {ioc. cit.), p. 792).

loppement de son produit, le sexe n*a pas d'influence marquée sur l'alimentation, et la ratioi) d'entretien de la femme doit être la même que celle de Thomme, proportionnellement à son poids. Comme elle développe moins de force musculaire, comme elle est étrangère à toutes les professions qui causent une grande fatigue, sa ration de travail doit être moindre. Enfin, après Tàge de la ménopause, elle doit redouter les conséquences d'une alimentation trop riche et trop réparatrice.

cj Taille, — La taille n'influe pas d'une manière marquée sur l'alimentation quand elle n'est pas associée à un poids et à un développement musculaire en rapport avec elle. Si les hommes de haute taille sont en général de grands mangeurs, cela tient, aussi à ce que ces hommes appartiennent d'habitude à des races septentrionales, chez lesquelles le besoin d'une alimentation copieuse est tout à la fois une affaire de race et d'atavisme,

dj Climat, — Le séjour des climats froids augmente le besoin de réparation alimentaire et celui des pays chauds le diminue. Les races du Midi sont d'une sobriété légendaire. Ils n'ont pas besoin de faire une si forte consommation d'aliments hydro-carbonés et peuvent remplacer les corps gras par les féculents et le sucre qui dégagent moins de chaleur, tandis que les huiles et les graisses sont une nécessité pour les habitants des régions hyperboréales. On connaît la gloutonnerie des Esquimaux et la consommation énorme qu'ils font d'huile de phoque.

Les habitants des régions tempérées voient leur appétit redoubler en marchant vers le Nord et décroître sous la zone torride ; en même temps les goûts changent. L'appétence pour les aliments fortement réparateurs augmente en même temps que la température s'abaisse, tandis que le goût pour les fruits, les légumes, les aliments légers se développe à mesure que la chaleur s'élève.

La physiologie rend un compte satisfaisant de ces variations ; cependant, ce n'est pas tout à fait une affaire d'équation chimique. Les Arabes et les Espagnols qui ont eu avec eux de si fréquents contacts, sont vigoureux et susceptibles d'une somme de travail considérable avec une alimentation qui ne suffirait pas comme ration d'entretien à un homme du Nord. J'ai toujours été surpris de la petite quantité d'aliments dont se contentaient les Espagnols dont j'admirais la force, la musculature et la résistance à la fatigue.

La pression barométrique, d'après Forster, n'exerce aucune influence sur le besoin d'alimentation. C'est en effet la richesse du sang en hémoglobine qui règle la quantité d'oxygène susceptible d'être absorbée et les variations barométriques ont trop peu d'amplitude pour exercer une influence appréciable sur ce phénomène. D'après Paul Bert, il faut une pression de six atmosphères pour faire augmenter de 4 p. 100 le cot^fficenl de dissolution de l'oxygène dans le sang.

01. Rations journalières suivant les contrées et les professions. — Il ne suffit pas, pour entretenir la santé, de donner à rhomme la quantité rigoureuse de principes qui lui sont nécessaires pour faire face à la double condition de s'entretenir et de travailler, il faut encore que sa nourriture soit variée. Le mélange d'aliments de médiocre qualité vaut mieux qu'un mets de premier choix, mais toujours le même. Les expériences faites sur les animaux, les observations recueillies sur rhomme le prouvent et chacun peut le constater sur soi-même. Une alimentation monotone finit par inspirer un insurmontable dégoût.

La première condition d'une ration alimentaire bien entendue consiste donc dans la variété des éléments qui la composent. Il faut que les végétaux et les produits tirés du règne animal y figurent dans d'heureuses proportions. La seconde, celle qui résulte des faits antérieurement exposés, c'est qu'il faut que sa quantité soit proportionnée à l'intensité du travail physique ou intellectuel auquel le sujet est soumis. C'est à ce double point de vue qu'il faut se placer pour apprécier la composition des rations alimentaires dans les différentes professions, qu'elles soient réglées par les coutumes ou fixées par des règlements. C'est ce que nous ferons, lorsque nous serons arrivés à l'étude du régime alimentaire dans les différentes professions (1).

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